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Poésie classique
Damy : La bête
 Publié le 08/07/14  -  14 commentaires  -  3364 caractères  -  194 lectures    Autres textes du même auteur

À Érato… ou peut-être à Polymnie.


La bête



J’ai voulu tant chérir, mais la haine fait rage.
N’ai-je pas dans leur nid nourri nos oisillons ?
N’ai-je dans ton écrin mis tous les papillons ?
N’ai-je de nos amours fait rougir mon ouvrage ?

Mon âme, triste et lasse, infertile au labour,
Terre jaunâtre, aride, et que rien ne falune,
Étiage d’un ru, sève de vieille lune,
Mon âme est condamnée à vivre à contre-jour.

L’aubépine fleurie ornant le talus mauve
De la callune en pleurs sous la rosée, au bord
D’un chemin où mes pas glissent sur le remord,
Balise au petit jour mon esprit qui se sauve.

Où me guidera-t-elle ? À quel vain carrefour ?
Le chemin sablonneux conduit-il aux fontaines
Pour étancher ma soif d’autres amours certaines ?
Ou devrai-je me perdre au ciel du sans retour ?

Une vipère folle, échappant à la buse,
A mordu mes souliers. Par chance, le venin
N’a pas percé ma peau couverte de tanin.
Mes pas vont hésitant. La vieillesse s’amuse.

Je trébuche, et le spleen, mon plus fidèle ami,
Chante d’un air plaintif ma peur de ne survivre
Tout seul dans la forêt, sous le vent qui rend ivre.
Je vois venir la mort, les yeux clos à demi.

Un rayon vient roser la pâleur matinale ;
L’ombre des chênes verts traverse le sentier ;
Un écureuil craintif descend d’un noisetier
Et détale en voyant mon fantôme en cavale.

Près de l’étang brumeux où s’abreuve un chevreuil
Mes yeux vagues et lourds fixent les vaguelettes
Et d’hypnose en torpeur figent toutes mes dettes.
Je me mets à rêver d’un lit dans un cercueil.

Mon corps s’est engourdi, mon esprit s’évapore.
Je ne suis plus bercé que par les clapotis.
Marie ! Ô Sainte Vierge, en vos bras me blottis.
J’ai voulu tant aimer, hélas. Je vous adore.

Vous avez sur le cœur, gisant dans son linceul,
Le Verbe de l’Amour mourant de sa blessure
Et désormais sans voix, plus le moindre murmure.
Aurais-je mal aimé quand Jésus m’aimait, seul ?

Levant les yeux au ciel, à travers un nuage,
Je prie à leurs chevets mes rêves engloutis.
J’entends, de loin en loin, un léger chuchotis.
Mon Dieu ! ce sont les cris d’un terrible naufrage !

Ce sont des djinns hideux gîtant au fond des bois
Qui vont hanter ma foi puis dévorer ma lyre.
« Je suis ta muse, ami, tes vers sont un délire
Et ta peine en ce lieu met ton âme aux abois.

– Nymphe de l’océan ! Elfe de haute dune !
Chrysalide chérie ! Où m’en étais-je allé ?
Te voilà près de moi, mon cœur s’est emballé.
À nouveau je peindrai l’arc-en-ciel sur la lune. »

Elle n’a pas dit mot, mais pour tout réconfort
Me fit un doux baiser et puis s’est envolée
Au soleil, et la Lande a pleuré, désolée.
Alors, ma solitude embrassa le bois mort.

Mais la blanche aubépine ornant les talus mauves
Réveille mes instincts. Je reprends le layon
Tandis qu’en buis doré je fabrique un crayon.
Qui sait si j’écrirai les vers de mes nuits sauves ?

Un bouvreuil qui s’envole allège mon fardeau
Quand la bête affamée enterre ma fortune ;
Et la mousse moelleuse offre sur la lagune
La fraîcheur de son lit, et la paix en cadeau.


 
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   socque   
25/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Désolée d'avoir à dire que ce poème m'a profondément ennuyée. Il présente plusieurs caractéristiques qui me l'aliènent :
- je ne vois pas trop de quoi il parle ; le narrateur se promène en forêt, un tourment le ronge ; bon, et puis ?
- pour le peu que je comprends dans le vague du propos, le narrateur se révèle être un poète, peut-être parle-t-il de la poésie et de ses efforts pour la servir : sérieux, il n'y a pas d'autres sujets ? Celui-ci est tellement rebattu !
- toujours pour le peu que je saisis, j'ai l'impression d'un ressassement, d'un mouvement patinant du poème qui répète la même chose : ah, la poésie c'est pas facile, d'ailleurs voyez il me faut 16 * 4 = 64 alexandrins rien que pour le dire.

Bon, mais y a-t-il au moins de beaux vers, des images puissantes, de l'expressivité ? Eh bien, pas tellement me semble-t-il. On voit se pointer la muse obligatoire qui "n'a pas dit mot", la Lande avec sa majuscule pleure, l'aubépine fleurit blanche, le bouvreuil s'envole allégeant le fardeau du narrateur (pourquoi ?), on trouve de la mousse moelleuse sur la lagune (ça, c'est fort, la mousse dans l'eau), l'âme est triste et lasse comme il se doit, le spleen est un fidèle ami, la peau des pieds couverte de tanin, ce qui me paraît bizarre et appelé par la rime, le chevreuil s'abreuve à l'étang brumeux, le narrateur voit venir la mort... Des figures obligées ou maladroites qui s'alignent ronronnantes. Les rimes me paraissent solides mais guère inventives.

Je trouve tout de même des oasis, des moments où, presque malgré vous j'ai l'impression, un peu de force d'expression transparaît :
"La vieillesse s’amuse."
"Et détale en voyant mon fantôme en cavale."
"Alors, ma solitude embrassa le bois mort."

... Mais cela, pour moi, ne suffit pas à sauver le poème de l'ennui, du convenu et du fatras d'images romantiques éculées. Reste le travail d'avoir pu respecter (pour autant que je puisse en juger) les contraintes du classique en des vers syntaxiquement clairs. Ce n'est pas évident mais, à mes yeux, ne suffit pas.

   Hananke   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un beau poème classique que cette divagation de l'esprit
ou ce dédoublement de la personnalité.
Le poète vit dans son monde à par où nul ne peut pénétrer :
cet état est bien rendu même s'il n'est pas accessible au commun
des mortels.
Hauteurs de la pensée poétique qu'il n'est pas aisé d'atteindre
mais que de beaux vers !
Romantisme pas mort ou refusant de s'éteindre pour le bonheur
du lecteur que je suis.
Mais je me doute qu'à notre époque de vitesse dans tous les domaines, un si long poème puisse rebuter les toujours pressés.

   Robot   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
A coup sûr c'est un vrai poème classique. Mais que nous dit-il ? La Bête, serait-ce la dépression ? Si c'est cela, il faut la chercher dans les circonvolutions des vers.
Je trouve le texte un peu fourre tout. L'incipit nous parle d'Erato et Polymnie, mais ici on n'y mêle Jésus avec les nymphes, Sainte Marie avec les djinns. Un enchevêtrement de mythologies incompréhensibles pour moi.
Et des formules lourdes aussi: Le ciel du sans retour. Mes nuits sauves.
Des images approximatives.
Comment peut-on dormir sur "la mousse d'une lagune".
"N’ai-je de nos amours fait rougir mon ouvrage ?" Je ne saisis pas le sens de la métaphore.
"Mes yeux vagues et lourds fixent les vaguelettes
Et d’hypnose en torpeur figent toutes mes dettes."
La rime en ette est respectée mais sur le sens ? Des yeux qui figent des dettes ça veut dire quoi ?
A un moment l'écureuil fuit le fantôme du narrateur et le quatrain suivant celui-ci fait mention de son corps. Un spectre avec un corps, bizarre.
Et puis un moment il est amoureux, puis il regrette d'être amoureux, puis il réclame d'être amoureux.
Le poème part dans tous les sens, disperse ses sujets et manque de cohérence. En tout cas je ne l'ai pas perçue.
J'arrête là mais bien d'autres incohérences me sont apparues au long de ce texte. Beaucoup de travail surement mais pour un résultat mitigé.

   Arielle   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Désolée Damy mais je me suis perdue dans les circonvolutions de ce chemin qui ne m'amène nulle part.
Je n'ai pas compris ce que tu fuyais à travers ces halliers ni quel secours tu espérais de ce fouillis de mythologies diverses.
J'ai même pensé un moment qu'il pouvait s'agir d'une sorte de satire tant tu accumules les poncifs d'un romantisme exacerbé.

Rien à dire sur la forme d'un classicisme auquel je ne saurais rien reprocher si ce n'est la lourdeur de certaines formulations, par exemple :
"Je trébuche, et le spleen, mon plus fidèle ami,
Chante d’un air plaintif ma peur de ne survivre
Tout seul dans la forêt, sous le vent qui rend ivre."
Le "demi" du vers suivant me semble trop manifestement là pour la rime avec "ami"
Bref, je t'ai connu bien meilleur dans tes oeuvres, Damy !

   Anonyme   
19/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Damy... Je pèse le travail que représente un tel poème, une suite de quatrains parfaitement conformes à la sacro sainte prosodie classique et pour cet exercice parfaitement mené à terme je dis... bravo ! Un seul bémol pour ce qui est de la forme, j'aurais plutôt écrit : Un craintif écureuil au lieu de... Un écureuil craintif ; un détail sans grande importance, je l'admets.
Bien qu'ayant lu et relu une demi-douzaine de fois les susdits quatrains, je ne suis pas arrivé à définir avec certitude ce qu'était cette bête que le titre nous annonce... la vieillesse, la mort, le désespoir ?
Je ne vais autopsier ce poème mais, mon cher Damy, autant "Les chapeaux" m'avait semblé clair, autant le présent texte m'a paru brumeux et, ce qui n'arrange rien, sans doute un peu trop long pour tenir le lecteur en éveil...

Ces deux vers m'ont toutefois donné à réfléchir :
« Je suis ta muse, ami, tes vers sont un délire
Et ta peine en ce lieu met ton âme aux abois...

Et si l'auteur avait simplement souhaité égaré le lecteur ?

Dans le doute, en attendant plus amples informations, je me garderai de porter une quelconque appréciation...

Edit... J'ai obtenu les informations que je souhaitais et ma vision de ce poème est toute autre. Merci l'ami

   Miguel   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Si je devais retenir quelques-unes des réserves exprimées à l'égard de ce poème, je garderais son sens non pas obscur mais parfois un peu flou, son éparpillement dans des sentiments contraires et des formes de spiritualité assez contradictoires, et peut-être sa longueur, non parce qu'elle serait un défaut en soi mais parce qu'on ne sait trop où elle nous mène.
Toutefois l'esthétique classique est pour ma sensibilité un atout, surtout quand elle est aussi parfaitement servie par la technique. Les clichés ne me gênent pas ; je les attends, pourvu qu'il y ait ici ou là un peu d'invention. La grâce naît ici de la mélodie des vers, élément fondamental de la poésie. Je regretterai seulement l'emploi incongru des dettes et du verbe "fabriquer", mais j'ai trouvé assez de charmes à ce doux chant, le "je-ne-sais-quoi" dont parle Boileau, pour oublier dans ma lecture la confusion un peu longue de l'ensemble. Je n'ai pas de leçon à donner à Damy, mais pour ce qui me concerne j'évite les poèmes longs, sachant qu'il est difficile d'y maintenir au même niveau, tout au long, son souffle poétique.
Mon impression générale est clairement positive, j'ai eu plaisir à lire ce poème. Je dois ajouter que je m'étais forgé cette opinion avant d'y rencontrer Marie et Jésus. Leur évocation ne suffit d'ailleurs pas à faire un bon texte, témoins les chants affligeants de la liturgie catholique d'aujourd'hui (les paroles et les airs).

   RB   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'incipit cite Erato
{"Dans la mythologie grecque, Érato (en grec ancien Ἐρατώ / Eratố) est une des neuf Muses, fille de Mnémosyne. Elle est la patronne de la poésie lyrique et érotique. Elle est représentée couronnée de roses et de myrtes, et portant une lyre à la main. voir Wiki}

et Polymnie {"Dans la mythologie grecque, Polymnie ou Polhymnie (en grec ancien Πολυμνία / Polymnía ou Πολύμνια / Polymnia « nombreux chants, aux chants multiples, abondance, bonne chère ») de Polyhymnie (Πολυύμνια nom composé de deux mots grecs qui signifient beaucoup et hymne ou chanson) est la Muse de la Rhétorique. On lui prêtait la faculté d'inspirer les aèdes et auteurs des poèmes et des récits les plus admirables. .... Sa main droite est en action comme pour haranguer, et elle tient de la main gauche tantôt un sceptre, tantôt un rouleau sur lequel est écrit le mot latin suadere (persuader). Elle est parfois considérée comme la mère d'Orphée et d'Éros. - source Wiki}...

J'avoue donc ne pas savoir exactement laquelle de ces deux références pourrait m'aider à décrypter le sens du poème ni qui est en fin de compte "la bête".

Je le ressens comme une évocation de références mythologiques que l'auteur lui-même, conscient des pulsions érotiques d'un amour perdu, (sa muse probablement ), pulsions toujours présentes en lui, tente de sublimer dans la poésie.
Sublimation d'autant plus ardue qu'elle se veut dans la rigidité de la poésie classique à laquelle il s'astreint...

Et comme cela reste très trouble tant la douleur "ricoche" en lui, l'auteur "laisse" alors les mots vagabonder, les images éclater dans ce carcan.

Ce parcours - long, soit mais très bien écrit...quelle belle balade de mots et de vers- le conduit à se poser la question même de son écriture, comme si le texte qu'il ne peut s'empêcher d'écrire et qu'il nous donne à lire n'en était pas : "Qui sait si j’écrirai les vers de mes nuits sauves ?"

Mais il se sait "coupable"
(J’ai voulu tant chérir, )
(Mes yeux vagues et lourds fixent les vaguelettes
Et d’hypnose en torpeur figent toutes mes dettes.)
et, finalement coupable de quoi ?
Coupable d'écrire sous l'emprise d'une muse perdue ?

C'est ce que je me plais à imaginer à la lecture de ce texte surprenant, fruit comme déjà commenté d'un travail important mais qui, une fois n'est pas coutume en classique, n'est pas linéaire, d'où sa force...

   TOTO   
8/7/2014
Commentaire modéré

   TOTO   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Resalut c'est ROTOTO;

TOTO ayant été modéré, il va recommencer avec plus de modération.Seulement, il ne se rappelle plus ce qu'il avait dit.
C'est beau mais c'est long et les longs poèmes ne sont plus lus avec assez d'attention, dommage, celui-ci le mérite, pourtant.Il possède un petit quelque chose du Vallon du "grand cygne".Même si TOTO n'a pas tout compris mais il lui semble que l'essentiel est là.
De jolis vers pour un travail remarquable, TOTO est subjugué.Comme il voudrait écrire des poèmes comme celui-ci.
Avant la modération, TOTO voulait simplement dire que ce poème n'aurait pas les commentaires qu'il mérite.

   margueritec   
12/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup de mal avec la catégorie de la "poésie classique" que je trouve souvent conventionnelle dans le fond. Ici, le texte est autre et, après avoir déambulé dans ce poème plusieurs fois, j'y vois quelques beautés qui m'avaient échappé aux premières lectures.
- Mon âme est condamnée à vivre à contre-jour.

-Ou devrai-je me perdre au ciel du sans retour ?

- L’ombre des chênes verts traverse le sentier ;

-Le Verbe de l’Amour mourant de sa blessure


Finalement j'ai été emportée par la musique et l'alliance des mots même si la bête me reste impénétrable.

Merci de me réconcilier.

   Beaufond   
7/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il manque à ces vers ce petit travail qui les rendrait syntaxiquement cohérents (parfois un article, parfois pas, des négations tronquées…), et je crois que j'aurais apprécié une forme de morale à l'ensemble, mais de nombreux vers sont d'une rare élégance et le poème est d'une générosité admirable ; mon commentaire le sera moins, tant la critique précise d'un poème d'une telle envergure demanderait de travail.

« Mon Dieu ! ce sont les cris d’un terrible naufrage ! »

   Cristale   
19/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir,

Un commentaire de ma part serait bien inutile devant cet océan d'images toutes plus poétiques les unes que les autres.

Quelle maîtrise du classique et quel joli langage ! Mais quelle désolation de constater que ce poème n'a pas reçu les palmes qu'il aurait mérité.

J'aime l'encre de votre plume Damy.

Cristale

   Rain   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
La maîtrise de la technique : irréfutable.
Il semble même que vous venez, là, l'étaler.
Belle plume, c'est évident, manque l'enchaînement du conteur, cet égard pour le lecteur qui surveille vos vers tout en voulant plonger dans une histoire, un conte, un roman, une biographie.
Rien de tout cela. L'application de la versification, avec souvent une carence de mélodie.
Les puristes ne peuvent rien reprocher.
Mais la poésie a besoin de sensibilité, et je ne l'ai trouvée en aucun de ces nombreux quatrains.

   Vincente   
25/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Damy,

S'est développée sous mes yeux éberlués la lancinance de votre lutte devant la "Bête", votre "Bête". Vous recréez dans ce poème la réalité de vos sensations, par des phrases introspectives aux vers élégants. Vous semblez tellement pris au dépourvu devant votre trouble, que vous déclarez sans échappatoires votre dénuement. Cette sincérité vous honore, elle est bouleversante pour votre lecteur, d'autant que vous l'enveloppez dans les draps si gracieux de votre prosodie.

Si vous "avez voulu tant chérir" et que la haine vous enrage, l'on devine, et se confirme dans votre suite, qu'elle n'a pas de destinataire identifiable, c'est l'omniprésence de cet ennemi volatil qui vous affecte. Votre quête va aller par monts et par vaux pour dénicher quelques indications, elle divague comme l'esprit fatigué, autour de la douleur de constater le noir de ses aboutissements. Ce noir et ses nuances sont "l'encre argentique" de votre tableau en négatif photographique, les contrastes y sont incisifs, ce mal qui vous ronge y est corrosif.

De "Mon âme est condamnée à vivre à contre jour." en fin de deuxième strophe à votre final, votre soif de vivre et de voir le beau va révéler ce que l'on espérait avec vous :
"Et la mousse moelleuse offre sur la lagune
La fraîcheur de son lit, et la paix en cadeau."
(Je ne peux croire que vous y ayez dit la fin de vie !)

Merci pour ce touchant partage.

   Anonyme   
25/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Damy,

A part la répétition des mots "sauve" et "mauve" à la rime des 3è et avant-dernier quatrain (qui à vrai dire ne m'a pas dérangé), votre poème est magistral. Pas moins de 64 vers d'une technicité et d'une fluidité parfaite. De plus, l'image de la "bête" est évoquée avec justesse. Bravo pour ce pur moment de bonheur poétique.

Wall-E


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