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Poésie classique
Damy : La valse des vendus
 Publié le 02/12/12  -  7 commentaires  -  1539 caractères  -  169 lectures    Autres textes du même auteur

« Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre. »

Une grande ballade en guise de rébellion moderne de Thibault, en pensant à toi, François.
C’est pourquoi j’ai préféré la scansion moderne 5/5 à l’antique 4/6.


La valse des vendus



Comme un gueux errant sur tes vers d’adieu
Aux gens de l’esprit, de la courtoisie,
Thibault tu t’en vas, las de ce non lieu,
Expier l’amour et la poésie
Fuyant la vindicte et la fatrasie.
Maîtresse félonne et fières catins,
Saintes bonnes sœurs, songes enfantins,
Sécheront tes pleurs au creux du silence.
La bouche fermée, au dam des pantins,
Tu déclameras ta plus belle stance.

Ah ! La basse cour du Droit du milieu
Canonique et veule, à la bourgeoisie
Vendu comme on vend son âme au Bon Dieu,
N’a pas rendu grâce à ta fantaisie.
Tu mets à la voile en toute hérésie.
Tes chemins d’exil, aux petits matins,
Saignent tes genoux, supplique aux destins.
En rimeur sans chair, faisant allégeance
Au Mécène Roi, sur de doux satins
Tu déclameras ta plus belle stance.

Mon doux coquillard, sur le bas prie-Dieu
Tu confesseras ta villonnésie.
Humble est le Très-Haut selon saint Matthieu !
Tu t’inclineras vers la parousie
En robe de bure, et fesse rosie,
Laissant les bouffons argoter, crétins,
Des miserere, quelques vers latins.
Nul ne t’a pleuré dans ta folle absence.
Seul sur le pavé, les becs blancs éteints,
Tu déclameras ta plus belle stance.

Prince ! Oh ! Mon Thibault ! Loin des philistins,
Parnassiens du jour, nobles galantins,
Je lis désormais suivant ta cadence
Ta Grande Ballade en de grands festins.

Tu déclameras ta plus belle stance.


 
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   Miguel   
22/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Ma foi, le balancement du déca moderne ne va pas si mal à cette ballade. Mais le vers refrain, bien amené dans les dizains, fait un peu pièce rapportée dans l'envoi. Bien que ce nom, Thibault ainsi orthographié qui plus est, revête une connotation toute médiévale, il me semble qu'il fait plutôt nom de gentilhomme que de paria. Il y a une atmosphère, mais enfin je ne comprends pas bien ce qui se passe : il n'est pas mort puisqu'on sèchera ses pleurs ;alors pourquoi dira-t-il sa stance la bouche fermée ? Où va-t-il ? Pourquoi part-il ? `Grammaticalement, je ne vois pas à quoi se rapportent les "gens de l'esprit, de la courtoisie", ni le "vendu" de la deuxième strophe ; je ne sais de quels festins il s'agit, ni ce que viennent faire les Parnassiens. Enfin, le "e" interne de "prie-Dieu", non règlementaire en prosodie classique, me gêne.

   CharlesVerbaud   
2/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La césure du décasyllabe se trouve entre la quatrième et la cinquième syllabe, non entre la cinquième et la sixième.

Frères humains // qui après nous vivez
N'ayez les cœurs // contre nous endurcis,
Car, se pitié // de nous pauvres avez,
Dieu en aura // plus tost de vous merciz.
etc...

parnassiens devrait prendre une diérèse.

C'est sans doute un texte qu'il faut replacer dans un certain contexte, private joke ?
N'en ayant pas les clefs, l'intérêt m'en échappe.

   brabant   
2/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Damy,


'Hé !... la ballade selon Damy c'est du riche ! Y a des mots que j'avais oubliés : "fatrasie", et il y a du délire dans ces vers pas patelins pour un sou ; "parousie" ; je vois dans ce texte une verve rageuse dans la rébellion et la dénonciation des philistins et autres parnassiens.

Et l'humour, cher Damy, l'humour ?...

Seriez-vous Thibault et auriez-vous décidé de fuir ce lieu ? Alors je vous retiens par les pans de votre envoi !

Quelle "villonnésie" vous commettriez ! A confesse et en vitesse !


lol

   Artexflow   
2/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte somme toute facile à lire, et riche en vocabulaire, c'est un bon point !

Pour ma part, je n'ai pas ressenti ce manque de précisions sur la situation du personnage, j'ai plutôt interprété ça comme un cri du coeur, comme si, oui, vous étiez en quelque sorte ce Thibault, comme si ce Thibault vous servait de métaphore pour mieux crier ce qui vous déplaît.

La remarque de Charles Verbaud, monsieur très scrupuleux si j'ai bien compris, me semble juste ; elle n'a néanmoins pas gêné ma lecture, mais peut-être le classement n'est-il en effet pas justifié... Manquant cruellement de connaissances dans le domaine je ne saurais pas défendre votre cause ahaha !

Je me suis plutôt reconnu dans ce cri du coeur, il n'y a selon moi pas de véritable défaut, à moins peut-être comme un léger manque de profondeur. Je dirais que votre poème, loin de ne pas être fluide, peut également manquer de musicalité, j'ai un petit regret sur vos images qui sont réussies mais auraient peut-être pu porter encore plus de force !

Je partage l'avis selon lequel le vers refrain peut sembler mal amené, ça m'a gêné à ma première lecture.

Bon en conclusion, sincèrement ça m'a plu. Rien ne m'a profondément dérangé, touché non plus cela dit, mais j'ai réussi à bien m'identifier au personnage.

Je commence à me répéter donc j'en resterai là ahaha !

EDIT : Visiblement, vu la note de l'auteur, je n'ai rien compris à ce poème ! Bon, je le prends comme une erreur de ma part ;)

   rosebud   
3/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Malheureusement, après la lecture et la relecture de cette ballade, ne me reste que la désagréable impression d'un étalage vain de mots recherchés et vieillis.
Bien sûr, le jeu peut en valoir la chandelle, à condition que la ballade ait du corps et pas que de beaux habits. Il me semble que Villon, dans son François qui nous paraît tout étrange aujourd'hui, nous émeut encore parce qu'il avait quelque chose à nous dire et qu'il n'y mettait pas de chichis.

   Cristale   
3/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Villonésie ! Bravo! Bien trouvé, rien que ce mot égaye ma lecture.

L'histoire de François, incarnée par Thibault résonne à mon oreille comme l'ode d'un baladin-conteur se donnant en public sur la place d'un village médiéval.

Un peu trop de "bondieuseries", à mon goût, vient gâcher cette ambiance "villonésique" mais chacun sait que je manque de foi..

Un poète maltraité par les hautes instances et la bourgeoisie hypocrite des prie-dieu, en fait, rien n'a vraiment changé et vous nous l'écrivez noir sur blanc.

J'ai tiré sur le premier délié de votre encre et, en déroulant le fil de ce texte, j'ai découvert une ballade un peu taquine, un peu dramatique, un peu chansonnette, beaucoup humaine, bref une belle parodie musicale et nostalgique, une ambiance aussi médiévale que contemporaine. (faut l'faire!)

Un regard particulier sur le monde, qui vous est propre, mais tellement original...Gardez-le, c'est une qualité rare.

Belle transposition d'un morceau de vie de François Villon, son errance, son désir de reconnaissance, son séjour en prison, et l'évocation de son chef-d’œuvre "La ballade des pendus"!

Joli clin d’œil avec le titre : "La valse des vendus"

L'écriture est chaude, dense, l'auteur s'investit dans sa création,
travaille ses textes, rien n'est dit à la légère et ça, ça me plait!

Tout cela mérite un +.

Merci.

   Ioledane   
4/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà un poème très travaillé, au vocabulaire recherché et qui nous emmène résolument en ces temps reculés des "villonnésies".

Le rythme en 5+5 passe très bien (juste une interrogation sur "prie-Dieu", le e peut-il être considéré comme muet ici ?).

Le dernier vers tombe à mon goût un peu artificiellement, c'est dommage.

Ce texte n'en reste pas moins un beau morceau de choix. Bravo.


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