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Poésie néo-classique
Damy : Mes univers
 Publié le 13/10/13  -  10 commentaires  -  1006 caractères  -  246 lectures    Autres textes du même auteur

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Charles Baudelaire (La Musique)


Mes univers



Tapis sous les oyats, j’observe et je m’amuse
D’un scarabée, ainsi que Sisyphe entêté
Roulant jusqu’à l’euphorbe un zeste de l’été.
De ses élytres bleus je ferais bien ma muse.

Quand, de l’alysson jaune, un gravelot abuse
Mes rêves de poète et de peintre raté,
Alors, levant les yeux, j’aperçois, hébété,
La houle vagabonde, ardente et folle intruse.

Amoureuse sauvage – et la laisse soumise –
Elle lèche ou dévore en un vacarme sourd
Une grève déserte au souvenir si lourd.
Je ne garde de vous qu’une simple chemise.

Tourné vers l’orient, c’est une plaine verte :
Les cigales encor chantent timidement.
Je me sens troubadour, l’amour cupidement
En allé dans les flots se riant de ma perte.

Puis, vieux fou, possédé – Poséidon m’en blâme ! –
Nu comme un idiot, les yeux implorant Dieu
Sous l’orage d’automne et le vent de l’adieu,
Je souffle sur mes vers volant vers vous, mon âme.


 
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   Hananke   
16/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très beau poème classique sur le regret d'un amour envolé :

Une grève déserte au souvenir si lourd.

Beaucoup de richesse dans le vocabulaire.

Quelques bémols cependant sur la forme :

Des échos : troubadour, amour. yeux, Dieu.

Le rejet de mon âme en fin de vers paraîtra artificiel
à certains.

   Pimpette   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Baudelaire est meilleur que toi...de pas beaucoup!
:-)

Tu travailles bien dans ce genre là et si le dernier vers me fait rire par son manque total de simplicité, c'est la faute à Pimpette qui a le piton à la rigolade ce matin!

C'est bien mon Damy!

PS 'mes zunivers' c'est un peu gonflé aussi?

   jamesbebeart   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte qui m'a séduit par son champ lexical judicieusement choisi. Et la dissonance du dernier vers est splendide. Merci pour cette belle lecture.

   PIZZICATO   
13/10/2013
Poème au ton précieux dont les classiques raffolent.
Très belle description de ces "univers", servie par des mots choisis.
La forme est séduisante.

   Robot   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Là on est au cœur du classique cher à Boileau. Avec des mots porteurs de notre belle langue française. On voit que l'ouvrage a été passé et repassé au métier.

   senglar   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Damy,


Alors là vous vous êtes surpassé Damy, que dis-je "surpassé" ? Vous vous êtes sublimé ! J'ai retrouvé dans ce poème l'esprit de l'exergue, mais c'est bien à du Damy que j'ai à faire ici, avec sa spécificité, sa culture et son vocabulaire. Un esprit qui sait rester léger tout en étant profond.

Fripon qui s'en dédie !

Senglar-Brabant


p s : Un fin bec que ce gravelot ! Alors que l'alysson blanc prolifère il s'en va dégotter des pétales d'alyssum alyssoides jaunes dans leur jeune âge. Tu (en ps je tutoie :D) me dis si je me trompe :)
Un goût de chou au miel (ça relève du palais germanique, le palais gaulois c'est l'aïl) M'en vais goûter ça, vais enfin me sucrer des filles...
Merci à toi !

:))) ))) ))) )))

   Anonyme   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Damy... Une série de quatrains à l'écriture classique sans la moindre faille. L'euphorbe et l'alysson ont nécessité l'aide de Larousse mais ça tient aux limites du lecteur que je suis et non pas à l'auteur...
Juste un vers que j'aurais bien vu arrangé autrement pour faciliter la lecture...
Levant alors les yeux, j'aperçois, hébété
au lieu de :
Alors, levant les yeux, j’aperçois, hébété;

Détail qui n'engage que moi !

Ah oui, autre chose ! Pourquoi "Mes" univers ?

Bon, je pinaille un peu car ce poème est fort bien construit et ce vieux fou, nu sous les oyats, a toute ma sympathie. Bravo !

   Folibri   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je ne parlerai pas du fond de ce poème que je n'ai su pénétrer.

Les deux premiers quatrains semblent annoncer un sonnet, avec des rimes embrassées sur deux sons et sans alternance des genres d'une strophe à l'autre. Mais le poème continue par d'autres quatrains qui ne rappellent jamais les mêmes rimes, et là, un déséquilibre se fait. D'une part, les échos des deux premières strophes sont plus forts que les suivants, d'autre part, la non-alternance des genres entre les quatrains ne paraît pas grandement justifiée.

"ardente et folle intruse" me semble lancé à bout de souffle, forcé par la rime.
"au souvenir si lourd" manque de fluidité à mon avis.
"Tourné vers l'orient, c'est une plaine verte" me paraît étrange. "Je" est tourné vers l'orient, et "Ce" est une plaine verte ? J'imagine que oui, mais le vers manque de naturel pour moi.

Et si le vocabulaire m'est souvent trop précieux, si certains vers ne me charment pas, si les références mythologiques m'ennuient, si la forme me semble malhabile, je vais au plus bas que je le puis dans la note au regard des trois derniers vers qui m'échappent mais me suggèrent de larges beautés.

   cottington   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La botanique sonne et résonne de façon magnifique dans ce poème, je suis assez charmée par la musique des plantes et autres "poacées"...
Il fallait oser, sans tomber dans le catalogue de pépiniériste, c'est réussi!

Votre poème est ciselé, rythmé, c'est délicieux!

   Miguel   
13/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La belle strophe malherbienne, ce quatrain à rimes embrassées gardant la même disposition de féminines et masculines tout au long du poème. Forme (et sujet) très classique donc, mais avec dans le ton une désinvolture assez moderne et, ma foi, pas trop malvenue. Je lis le pathétique de la fin avec quelque distance, et j'y vois volontiers une intention un peu parodique.
Notre ami était apparemment parti pour un sonnet mais il a dû trouver cette forme trop courte pour tout ce qu'il avait à dire. Or cette similitude de rimes est un peu gênante ; ou alors il aurait peut-être fallu unir ainsi les quatrains par deux tout au long du poème.


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