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Poésie contemporaine
Damy : Sur l’airial de Belot
 Publié le 10/08/16  -  11 commentaires  -  1013 caractères  -  246 lectures    Autres textes du même auteur


Sur l’airial de Belot



Rafales de vent froid, averses coléreuses,
brûlantes éclaircies, l’été me plaît ainsi.
À l’abri du tilleul, sur l’airial de Belot,
des mots tant attendus s’écrivent seuls. Ma plume
n’est qu’un médium peureux, hésitant et tremblant.
La poésie n’est plus, Prosodie la rend dure
dans la mélancolie où mon âme s’épuise :
peu d’émotions, plus d’illusion, pas d’élision ;
toi seul, ô rythme antique au tempo lent,
chantes encore un peu dans mes artères,
arpège mélodieux d’un air profane,
De Profundis maudit sans profondeur,
comme l’eau à l’étiage
ou la mer à l’étale.
Belot et son tilleul propagent quelques ondes
de retour en écho dans la chambre d’hospice
où les mots sous Anafranil
se sont pendus au bout du fil.

Poème pathétique ou chanson de détresse,
Dans l’offrande honteuse aux regards rassasiés
J’ai bien peur pour vos os, pourtant, je le confesse,
C’est un plaisir confus d’embraser vos brasiers.


 
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   papipoete   
24/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain,
sur l'arial de Belot, je regarde passer l'été, et je me souviens de ces vers que j'écrivais quand l'anafranil n'était pas à mon menu quotidien. Aujourd'hui, mon âme s'épuise et bute contre la barrière prosodique, et la poésie n'est plus .
La musique chante encore en moi cet arpège connu, je ne l'ai pas oublié .

   MissNeko   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Si j'ai bien compris, il s'agit d'une personne âgée qui assise dans le jardin de la maison de retraite /hospice, se rend compte qu'il n'y a plus d'inspiration mais les mots sous anafranil.
Poème dur mais réaliste.
Je n'ai pas trop compris les deux derniers vers.
Une lecture agréable.
Merci pour ce partage

   Robot   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai visité Marquèze (écomusée) et ses fermes à airial. Celui de Belot (que je ne connais pas) évoqué ici donne une idée de ces paisibles espaces verts gascons et landais propres à inspirer un poète et sa mélancolie, poète dont la plume ne semble plus suffire à son bonheur.

   PIZZICATO   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'atmosphère est sombre dans ce texte.
" Ma plume
n’est qu’un médium peureux, hésitant et tremblant.
La poésie n’est plus "
La vie semble déjà se figer ; il ne reste même plus le refuge de l'écriture.

" dans la chambre d’hospice
où les mots sous Anafranil
se sont pendus au bout du fil." l'image est doublement éloquente.

"J’ai bien peur pour vos os, pourtant, je le confesse,
C’est un plaisir confus d’embraser vos brasiers."
Allusion à l'incinération ?

   Cordiale   
10/8/2016
Commentaire modéré

   Cristale   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ce poème déchirant dans l'impassibilité apparente des mots qui se balancent, au bout du fil... semble être la continuité de vos précédents textes. Je connais la magie de ces lieux qui se nomment "airial" dans les Landes et je comprends cette belle image sous le tilleul.
La plume désobéit comme elle le peut malgré l'encre qui s'accroche à la réalité... Dans la souffrance extrême, celui qui a toujours écrit de la poésie expire sa douleur en offrant ses dernières forces "aux regards rassasiés", le croit-il, comme si ses lecteurs n'en pouvaient plus de le lire.
Au plus profond de vos lignes, la dépression mélancolique donne à vos vers une intensité, je dirais même une nudité touchante à vos angoisses. La musique, toujours présente se fait ici lancinante tel ce "De Profundis" de Lalande, dont il se dit de son auteur "Ne pas avoir écouté son De Profundis est se priver d'une émotion musicale intense...", vous semblez ne pas vous en priver, comme le "Miséréré" d'Allégri qui transporta d'autres de vos écrits.
L'espoir de s'en sortir, je le trouve dans le superbe quatrain de forme classique en alexandrins, posé là, à la fin, après une strophe unique sans prétention prosodique (bien que l'inné laisse des traces...) comme une offrande, un médaillon que j'ai lu ainsi : confesser le plaisir confus d'embraser les brasiers des poèmes pathétiques et des chansons de détresse...c'est bien vous qui écrivez ceci et c'est très beau.

Moi je ne suis et ne serai jamais rassasiée de vos mots.
Revenez-nous vite Damy !

Cristale

Edit : dans l'attente c'est moi qui suis revenue hausser ma note, une plume comme celle-ci mérite bien quelques trophées.

   Anonyme   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Damy... J'ai eu quelques difficultés à entrer dans ce poème et c'est Cristale qui m'a donné la clé pour apprécier vos vers à leur juste valeur. De l'airial de Belot à la chambre d'hospice, le chemin de croix était pourtant parfaitement lisible.

-La poésie n’est plus, Prosodie la rend dure
dans la mélancolie où mon âme s’épuise :
peu d’émotions, plus d’illusion, pas d’élision ;

-Belot et son tilleul propagent quelques ondes
de retour en écho dans la chambre d’hospice

Les quatre alexandrins finaux sont à la fois de toute beauté et tellement douloureux mais je veux croire que ce n'est qu'une fiction...

Merci Damy

   Vincente   
12/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Damy,

C'est un plaisir de retrouver l'élégance de votre façon d'écrire, tout en retenue respectueuse de votre lecteur mais riche d'images inspirées. Malgré la simplicité de la forme de ce poème, votre évocation est forte, douloureuse. Vous faites état de votre sensation d'émoussement de votre plume ; en vous lisant nous vous entendons, mais nous voyons aussi la qualité du choix de vos mots, l'acuité de votre regard, qui sont vifs et délicats.
Alors si vous avez voulu déclarer dans votre très belle et émouvante dernière strophe, votre peur ("offrande honteuse") de partager avec vos lecteurs qui sont déjà bien nourris en littérature ("aux regards rassasiés"), et si vous craignez de les décevoir, sachez que je serai très heureux de vous lire encore et encore, et je ne peux être le seul. Votre "plaisir confus" n'a pas à l'être puisque profiter de vos textes est une réjouissance. Nos "brasiers", nos regards critiques seront surtout adoucisseur de votre mélancolie.

Merci pour cette "offrande" désireuse...

Edit : J'ai repensé cette nuit à votre texte, je le relis ce matin et confirme mon impression première, mais il m'attrape plus encore aujourd'hui. D'ailleurs j'aurais voulu trouver les mots de Cristale, je m'associe à son commentaire superbe dans sa sensibilité autant que dans sa facture.
Mon évaluation voulait donner une graduation sobre pour ne pas risquer l'emphase, mais je regrette aujourd'hui d'avoir bridé mon sentiment, je la modifie donc pour l'accorder à la qualité de votre poème.

   leni   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
c'est dur très dur il faut se mettre en condition pour comprendre qu'une plume peut écrire en Anafranil La prise de conscience de la situation est d'une grande tristesse Les mots remplaceront petit à petit les idées Le tout aboutira en connivence avec soi-même Possiblement dans une grande solitude cela doit être très dur à vivre
J'ai eu l'occasion de te dire combien je respectais tes propos AMI DAMY toutes mes amitiés LENI GASTON

   Sodome   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour le "De Profundis" sans profondeur, je mets que j'aime beaucoup ; belle idée, plutôt très bonne.

   plumette   
14/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Damy

la poésie est bien vivante, malgré le découragement (?) du poète, ce très beau poème en est la démonstration.
j"aime beaucoup : Ma plume
n’est qu’un médium peureux, hésitant et tremblant.
La poésie n’est plus,
malgré cette peur, le poète s'avance et tente encore de nous émouvoir avec ce qui lui reste de ce "rythme eu tempo lent" et c'est réussi.
je n'ai pas compris la dernière strophe... merci pour votre éventuelle explication!

Plumette

   Anonyme   
20/8/2016
Bonjour Damy,

Je vous lis et vous relis, et je reste tout en retenue pour commenter ce texte, car si j'osais des mots, j'aurais l'impression que ceux-ci ne seraient que maladresse.

Il m'arrive qu'un texte me procure une émotion bien trop profonde qu'il ne me permet pas de m'exprimer, comme par respect pour ces mots posés, car leur ampleur est immense. Je suis l'oreille très attentive à l'écoute de l'intense ressenti, et je ne suis pas pour l'instant en mesure, de l'affronter, de vouloir lui donner une portée autre que la sienne proprement dite.

C'est un écrit bien troublant, il bouscule l'affectif, il déstabilise quelque peu. Il ne me semble pas être un poème anodin, il en émane une telle sensation, trop saisissante qu'il m'est difficile d'apporter une évaluation.


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