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Poésie néo-classique
David : Tous les jours j'éjacule
 Publié le 17/03/18  -  15 commentaires  -  721 caractères  -  434 lectures    Autres textes du même auteur

Nul n'est Rubens à son cru, Zoé.


Tous les jours j'éjacule



Hurlements de dragons aux truffes écumantes ;
Incendié l'écheveau des toiles d'araignée
Où se terre la faim, souffrant d'être baignée
Avec tant de fureur que pour cent mille amantes !

Et je projette à tout ce qu'enfin tu n'aimantes
Pas, viens que je m'étrangle une verge saignée
À la bouche muette, avide, dédaignée
Des abysses – du gouffre aux eaux noires ! – dormantes.

Avec la sécheresse ivre de désarroi,
Son sable rêche enduit de ce crachat de roi
Ahane en une dune ombrée au crépuscule.

Une langue léchant la blessure échancrée
Et reste à la dérive en un peu plus ancrée
Le bout de mon nombril, tous les jours j'éjacule.


 
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   Provencao   
1/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sublime poésie néo-classique où vous avez su nous transporter au delà même des limites, avec ces mots au tempérament entraînant, avec ces effets de lumière et ces reliefs qui s’interpénètrent au lieu de se juxtaposer...

Très impressionnant :"Hurlements de dragons aux truffes écumantes ;
Incendié l'écheveau des toiles d'araignée
Où se terre la faim, souffrant d'être baignée
Avec tant de fureur que pour cent mille amantes !"

Ces vers qui nous donnent davantage le sentiment d'être piégé par la représentation de la scène et se sentir absorbé par elle et en elle..

"Et je projette à tout ce qu'enfin tu n'aimantes
Pas, vient que je m'étrangle une verge saignée
à la bouche muette, avide, dédaignée
Des abysses - du gouffre aux eaux noires ! - dormantes."

En ce quatrain, vous nous interpellez par le regard saisi, entre une posture active et une posture passive...

"Une langue léchant la blessure échancrée
Et reste à la dérive en un peu plus ancrée
Le bout de mon nombril, tous les jours j'éjacule."

Véritable jeu proposé en vos vers où on se glisse entre le temps du voir et celui d'être vu...."le crachat" "dune ombrée" "la langue léchant" " la blessure échancrée" ..

Bravo pour ce poème courageux et si fort.
Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Fowltus   
3/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Évidemment le titre est provocateur.
L'incipit est quant à lui marrant (Robinson Crusoé).
Pour le reste, je trouve l'écriture châtiée mais le poème châtré.
Il lui manque à mon sens son attribut principal, à savoir l'émotion.
De fait je considère ce texte plus comme un exhibitionnisme verbal que comme un poème.
La petite flèche pointée vers le haut sera cependant pour la qualité manifeste de l'écriture stricto sensu, en dehors du motif qu'elle sert.
Bonne continuation.
Fowltus en EL

   dom1   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Nul ne jacule en son pays...
Ouïr à l'envie, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas.
mais qui sait où votre pénis vous mènera...?
Bel écrit...
domi...

   Hananke   
17/3/2018
Bonjour

Pour répondre au titre : tant mieux ! C'est la Vie !

Autrement, je reste mitigé sur le texte lui-même : une alternance
de fulgurances et de passages obscurs en rendent la compréhension
d'autant plus délicate que le sujet est scabreux.

Pas d'appréciation, mon immersion dans ce poème demeure
trop aléatoire.

   Robot   
17/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les fleurs du mal, Sade et Don-Juan, secouez le mélange et vous obtenez un texte dont je retiendrai la force.

C'est la vigueur de l'expression qui m'a convaincu plus que le récit.

A relire plusieurs fois et ne pas oublier de le dire, c'est dans l'oralité que réside la valeur de ce texte: comme un cri libérateur, au moment d'un orgasme réel ou symbolique.

   papipoete   
17/3/2018
bonjour David
Comme Courbet avec son " origine du monde ", vous osez versifier un sujet " ohhhh ! " que Christine Boutin marquerait d'un signe de croix, pour éloigner le Diable de ce poème où " Satan l'habite ... "
NB si prude est mon regard, que je me contente de vérifier " l'érection " de l'ouvrage où je vois des alexandrins au " garde-à-vous ", en rangs impeccables !
Je tente de lire tout ce qui parait ici, mais parfois, rude est l'exercice ! Cependant, point de méchanceté, point de harcèlement dans ce sonnet, que de " l'amour " un peu " rut " !

   PIZZICATO   
17/3/2018
Sans pruderie aucune, je ne suis pas parvenu à entrer (!) dans ce texte ; l'idée n'a pas suscité un intérêt sensible chez moi.
Mais je reconnais sans peine que l'écriture est soignée.

A vous lire une prochaine fois.

   myndie   
17/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour David,

Lu et relu en espace lecture, votre poème m'avait inspiré beaucoup de réflexions que je n'ai malheureusement pas eu le temps de formuler comme j'aime le faire, avec l'anonymat de son auteur.

Il est étonnant d'abord, car il contient à la fois toute l'élégance racée et la vigueur d'un texte classique, par l'écriture, la ponctuation, le rythme; et le côté hermétique d'une expression en totale liberté qui m'amènerait plutôt du côté des surréalistes.

Je ne suis pas fan du titre, non par pudibonderie mais juste parce qu'il « dit » immédiatement et qu'il empêche toute surprise. Et puis, pardon mais, on croirait bien voir là là comme un besoin de vous rassurer ^^
Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup apprécié le fond et la forme.

La strophe la plus réussie est à mon sens la première où tout se parle et se répond, où les termes minutieusement choisis éclatent en couleurs, en sons, en rage et en démesure.

Les deux tercets souffrent un peu,par comparaison avec les deux quatrains, de leur manque de fougue, comme si votre plume s'était un peu essoufflée.
Et puis enfin, la dernière strophe est restée pour moi complètement absconse et je pense que c'est sa construction qui m'échappe et qui fausse ma compréhension. Peut-être m'expliquerez-vous...

Mais qu'importe. Pour avoir moi aussi tâté de cette poésie là, je sais combien son écriture est difficile. Il ne s'agit pas de tomber dans le graveleux ou le vulgaire ; il ne s'agit pas plus de stagner dans la mièvrerie et le cul-cul la praline, bref, c'est un jeu d'équilibriste et saisir cet équilibre est ardu.
Je trouve que vous y avez réussi.
Pour ma part, j'aime à glisser un peu de sensualité quand mes vers sont érotiques ; ça m'a quand même manqué un peu dans ma lecture. Cependant écrire la seule crudité n'est pas faillir à la qualité du genre ; la route a été tracée il y a déjà fort longtemps par bien plus talentueux que nous tous réunis. (ex. « Les poètes l'ont si bien dit » Ronsard – ou encore la fabuleuse lettre de George Sand à Musset qu'il faut lire une ligne sur deux).

Alors en conclusion, merci et bravo à vous. Les poèmes érotiques ne sont pas légion sur Oniris et c'est dommage...

myndie

   Anonyme   
17/3/2018
Bonjour David... La lettre de Georges Sand à Musset m'a toujours fait sourire... même en la lisant une ligne sur deux !
Hélas, ces quatorze vers, que vous nous présentez tel un sonnet, ne sont pour moi que le fruit d'une fastidieuse masturbation intellectuelle qui mène inévitablement à une non moins fastidieuse lecture pour le lecteur lambda que je suis...
Ne m'en veuillez pas mais je m'en retourne à Georges Sand et à sa Mare au diable, un autre genre poétique qui me convient bien mieux !

   Cristale   
17/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce n'est pas une histoire d'homme que je lis ici mais celle d'un volcan, en éruption, "Hurlements de dragons aux truffes écumantes", peut-être celui situé sur la "ceinture de feu du Pacifique" le Sinabung, entré en éruption violemment, "ce crachat de roi", très récemment, l'un des 129 volcans actifs de l'archipel "Incendié l'écheveau des toiles d'araignée", projetant une immense et épaisse colonne de fumée, "Ahane en une dune ombrée au crépuscule." et des langues de laves s'écoulant dans des failles jusqu'au fond de l'océan
"...viens que je m'étrangle une verge saignée
À la bouche muette, avide, dédaignée
Des abysses – du gouffre aux eaux noires ! – dormantes."
...
"Une langue léchant la blessure échancrée
Et reste à la dérive en un peu plus ancrée"

"Le bout de mon nombril, tous les jours j'éjacule."

En prenant le sens du verbe "éjaculer" : projeter un liquide au loin, le poème prend tout sa dimension devant le spectacle évoqué.

Une lecture intéressante dans le style "prosopopée", un phrasé peu commun, des métaphores puissantes.

Mais peut-être suis-je restée à côté d'une plaque technique et tonique glissante...

Le peintre a posé ses couleurs, mon regard les a interprétées.
Merci David

   Donaldo75   
18/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour David,

J'ai trouvé ce poème gravement chargé, au point qu'il en était fort dans le genre gothico-punk. Les images, le champ lexical, la forme utilisée - sorte de sonnet moderne - le sens - avec une pointe d'humour noir - tout concourt au décalage, ce qui le rend à la fois gothique et à la fois punk.

Bravo !

Donald

   Jano   
19/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'y comprends rien mais j'aime beaucoup. J'aime les mots qui se télescopent dans ce bouillonnement verbal, les images furieuses qui s'en dégage et tous les non-dits qui se dissimulent derrière la tempête. Plus le cri est fort, plus les failles sont béantes.
Son insertion en néo-classique plutôt qu'en libre est judicieux, confère des habits esthétiques à cet élan et l'ordonne. De l'ordre dans la pulsion, de la raison dans la folie. Et le titre, une poésie à lui tout seul !

   jfmoods   
20/3/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, presque exclusivement féminines.

La violence de l'instinct sert de point d'appui à ce poème (animalité : "Hurlements de dragons aux truffes écumantes", comparatif d'égalité à visée hyperbolique : "Avec tant de fureur que pour cent mille amantes"). Dans une soumission douloureuse (participe passé : "Incendié", participe présent : "souffrant", verbe pronominal : "je m'étrangle", hyperbole : "ivre de désarroi", expression : "à la dérive"), le locuteur déroule un univers fantasmatique (titre : "Tous les jours j'éjacule", point de fuite d'une relation amoureuse : "tout ce qu'enfin tu n'aimantes / Pas",
allégorie : "se terre la faim", image du cinéma intérieur : "je projette", lexique : "verge", "bouche muette, avide", "ce crachat de roi", "Ahane", "Une langue léchant la blessure échancrée") issu des profondeurs de son inconscient ("l'écheveau des toiles d'araignée", "abysses", "gouffre aux eaux noires ! – dormantes").

Cependant, le thème abordé ici est-il bien celui qu'on croit ? Certains éléments permettent d'en douter. Assorti d'un jeu de mots, l'entête ("Nul n'est Rubens à son cru, Zoé") renvoie à l'art, aux affres de la création, à une aridité qui semble confirmée par les mots "sécheresse" et "rêche". Il se dessine un point de fuite dans la relation au monde ("tout ce qu'enfin tu n'aimantes / Pas"). L'image de Robinson Crusoé suggère ici, par contraste, une incapacité à faire face à l'adversité. Un double sens s'ébauche qui pointe l'écriture ("ancrée" / "encrée"). Le "nombril" lève l'hypothèse d'un retour permanent à soi.

Plus prosaïquement, le sonnet pourrait aussi bien décrire la hantise d'une éruption volcanique.

Par son style mystérieux si caractéristique, le poète se plaît à brouiller les pistes en les multipliant.

Merci pour ce partage !

   Quidonc   
20/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour David,

Je dois avouer que j'étais resté très dubitatif à la lecture de votre poème. Et je ne savais pas quoi penser, sans vraiment aimer je le trouvais plutôt bien ficelé.
Après avoir lu les avis de beaucoup et notamment celui de Chrystale, j'ai mieux compris et j'ai adhérer à cette vision d'une éruption volcanique.
Alors dans ce cas je dis bravo

Merci
Quidonc

   David   
25/3/2018
Merci à vous, quelques mots par ici !


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