Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Davide : À neuf ans et demi
 Publié le 13/12/18  -  10 commentaires  -  725 caractères  -  296 lectures    Autres textes du même auteur

Quand un être qu’on aime s’en va…


À neuf ans et demi



Je me rappelle un ciel à l’ouvert d’un volet,
Un soliflore, une pensée, comme une image,
Comme un conte d’antan, au tourner d’une page,
Ravive de sa prose une époque envolée…

J’aurai vécu, ainsi, rêveur inconsolé,
À demi-mot, à demi nu, sur un nuage,
Songeant en demi-lune au clair de ton visage,
À ces instants si doux que les jours m’ont volés :

Non, jamais je n’ai su oublier tes tendresses,
Et non plus de t’aimer, et non plus tes caresses
Qu’aujourd’hui je n’ai plus. Oh, la joie m’est ravie !

Combien peu m’ont coûté, à cet âge si tendre,
De goûter au bonheur de te voir, de t’entendre,
De t’aimer simplement comme on aime la Vie.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Gemini   
22/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai bien aimé ce titre, tout à fait enfantin, temps ou les années se comptent encore par demi (seuls les vieillards malicieux vous diront : j'ai quatre-vingt-treize ans et demi !).
La « pensée » du vers 2 peut avoir double sens, puisque rattachée aux deux mots qui l'entourent. C'est fin. Le trimètre du vers 6 m'a surpris, vu la catégorie, mais je le trouve bien pesé.
Pour l’écriture, si la nominalisation de l’infinitif « tourner » v3 ne pose pas grand problème, je bute par contre sur la nominalisation de l’adjectif « ouvert » v1. Il n’est en tout cas pas classé comme substantif par le CNTRL.
Dans le premier tercet, la construction de la phrase « je n’ai su oublier tes tendresses et non plus de t’aimer » me semble fautive. Parce qu’en déstructurant, cela donne « je n’ai su oublier non plus de t’aimer ».
Enfin, dernier tercet, je crois que le pluriel de « m’ont couté » est fautif aussi, puisque suivent des compléments indirects introduits par « de », et non des sujets qui auraient été introduits par « le ».
La rime tendresses / caresses est assez plate.
Pour l’ensemble, on éprouve un élan de sympathie pour cet être disparu il y a fort longtemps et pour qui le narrateur n’a su pendant cette période formuler les mots pour exprimer sa peine.

   Vincente   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une belle fluidité, tendrement chantante et mélancolique, le cadre délicat du sonnet comme un tableau d'artiste, et des mots simples au cœur de l'émotion, l'ensemble est plein de sensibilité et de finesse.
Seul "soliflore" vient décorer d'un peu de préciosité jolie, mais judicieusement saillante et juste, le début du poème.
Une petite réserve cependant concernant le premier vers de la dernière strophe. Je ne trouve pas très approprié, ni gracieux, ce "combien peu m'ont coûté" pour exprimer le plaisir sans souffrance "de goûter au bonheur de te voir". C'est comme si pour dire une chose belle, vous placiez en opposition une chose laide, ou pour déclarer le positif vous convoquiez le négatif (presque en désespoir de cause). Cette requête aurait pu se justifier (et encore...?) au milieu du texte, mais en final, je la trouve décevante. Il y aurait d'autres arguments pour affirmer l'emportement radieux qui vous animait vers cet enfant (par exemple : "combien ai-je été ressourcé" ou tout autre sensation...).
J'ai trouvé très pudique et pertinente le fait de ne pas dévoiler la destination de l'enfant. Ainsi peut être suggérée l'universalité du sentiment que crée le départ d'un jeune proche.

   papipoete   
24/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
se rappeler de ces moments charmants, que nous prodiguait tout simplement Maman, et bien qu'imprimés au fond de notre coeur, savoir que la main qui caressait ; la voix qui susurrait ; ce visage qui rayonnait ; tout cela est maintenant éteint à jamais !
NB qu'en termes charmants, ces regrets sont écrits " songeant en demi-lune au clair de ton visage " et le tercet final tel un cri dans la nuit, où la Mère n'est plus !
La forme " néo-classique " me semble respectée, mais l'abondance de hiatus pèse quand-même !
papipoète

   sympa   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un bel homage à une mère disparue trop tôt.
Une poésie écrite tout en pudeur et emplie d'émotion que l'auteur à su faire passer.

   TheDreamer   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a dans cette tentative de sonnet une belle musicalité toute de tendresse aimante, de nostalgie et de simplicité. Il me fallait le souligner. Les vers coulent doucement sur un rythme qui pour être égal a dès le début été maitrisé (ce n'est pas si évident).

Ici pas de mièvrerie, mais, une forme d'attendrissement qui court tout le long du poème, attendrissement évoqué avec douceur de vers en vers. Le côté quelque peu apprêté de certaines tournures de phrases ajoute encore à la douceur du souvenir évoqué.

   PIZZICATO   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un terrible coup du sort pour un enfant de perdre sa maman bien trop tôt.
De belles images, une écriture est sobre, sans pathos ; la sensibilité est bien présente dans cette poésie.

" Comme un conte d’antan, au tourner d’une page,
Ravive de sa prose une époque envolée "

" Songeant en demi-lune au clair de ton visage "

" Combien peu m’ont coûté " j'ai trouvé la tournure un peu maladroite pour exprimer l'intensité du bonheur de ces moments.

   Francis   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un registre lexical simple pour traduire ces souvenirs d'une mère aimée. De l'émotion, de la pudeur,de la douceur sous une plume qui ne manque pas de qualités. Ce poème se lit facilement et le lecteur ne peut que partager ce moment intime de vie.

   Lulu   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Davide,

Ce texte m'a vraiment plu. J'y ai lu une sincérité et une simplicité touchantes.

J'ai aimé l'expression "à l'ouvert d'un volet" - c'est original et chouette…

C'est assez bien rythmé, même si ce n'est pas ce qui m'a le plus marquée.

J'ai surtout apprécié cette émotion palpable qui court d'un bout à l'autre du poème. Emotion renforcée par le titre : A neuf ans et demi.

J'émets juste un bémol pour la répétition de "à demi" ; "en demi"... d'autant qu'on trouve ces termes dans deux vers consécutifs.

La majuscule du mot "vie" dans le dernier vers ne me semble pas indispensable. Je pense que le mot a son importance du fait de son sens, et cela est renforcé par le fait qu'il soit exprimé en dernier lieu pour le mettre en évidence. Mais je chipote…

Mes encouragements.

   embellie   
14/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis touchée par ce poème empreint de tendresse et de nostalgie, mais s'il s'agit, d'après le titre, d'un enfant et de la perte d'une mère, il y manque à mon avis une notion de souffrance. Le "manque" qui doit perdurer n'est pas assez mis en relief. Cela dit, je l'ai relu trois fois, avec la même émotion. Merci Davide.

   jfmoods   
18/12/2018
Je ne vois pas ce qui justifie le pluriel du vers 12...

"Combien peu m’ont coûté"

Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines et consonantiques. À noter, le glissement assonantique du vers 4.

Le sonnet présente la formidable force d'expansion d'un souvenir ("Je me rappelle") qui cristallise l'enchantement d'une enfance (titre : "À neuf ans et demi", complément de temps : "à cet âge si tendre", gradation : "un ciel à l’ouvert d’un volet, / Un soliflore, une pensée", comparaisons : "comme une image, / Comme un conte d’antan, au tourner d’une page, / Ravive de sa prose une époque envolée", constat de l'adulte : "J’aurai vécu, ainsi", champ lexical de l'onirique : "rêveur inconsolé", "sur un nuage", "Songeant", écho fasciné des mots : "À demi-mot", "à demi nu", "en demi-lune") vécue sous la calme tutelle d'une mère aimante (métonymie : "au clair de ton visage", démonstratif : "ces instants si doux").

Sur ce temps béni du bonheur, aujourd'hui si lointain (allégorie : "que les jours m’ont volés"), mais dont la saveur inestimable demeure intacte (litotes : "Non, jamais je n’ai su oublier tes tendresses", "Combien peu m’ont coûté", parallélisme : "Et non plus de t’aimer, et non plus tes caresses", gradation : "De goûter au bonheur de te voir, de t’entendre, / De t’aimer simplement", comparaison assortie d'une majuscule élective : "comme on aime la Vie"), la chape de plomb de la mort s'est posée (euphémisme de l'entête : "Quand un être qu’on aime s’en va…", subordonnée relative : "Qu’aujourd’hui je n’ai plus", exclamative de douleur : "Oh, la joie m’est ravie !").

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2020