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Poésie classique
Davide : Le chant de la mer
 Publié le 20/05/20  -  17 commentaires  -  731 caractères  -  326 lectures    Autres textes du même auteur

« Qui sait si cette mer cruelle
La ramènera vers mon cœur ? »
Maurice Bouchor, La fleur des eaux


Le chant de la mer



Nos deux noms sont gravés au bas d’un parchemin :
Il fait beau sur la rive et l’amour nous honore,
Côte à côte, embarquons dans l’éclat de l’aurore,
Qu’importe si la vie augure un lendemain !

Dix mois : l'air coagule en nuages carmin,
Apparaissent, non loin, les feux d’un sémaphore,
Devons-nous redouter le temps qui s’évapore ?
D'immenses tourbillons me dérobent ta main.

Nos souvenirs heureux chavirent sous l’orage,
Ma lèvre impétueuse à ton cou fait naufrage,
Que ne puis-je amarrer le jour qui s’amenuit…

Dans le sillage obscur de millions de voiles,
Viendras-tu me rejoindre où commence la nuit ?
Je te garde une place à l’abri des étoiles.


 
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   papipoete   
22/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
un papier l'atteste, nous sommes unis pour la vie, mais l'amour ne semble pas respecter les clauses du mariage ; je vois bien qu'il prend l'eau, et ma bouche qui vers toi s'approche cueillir un baiser, trébuche sur la tienne qui se détourne. Je ne jette pas mon espoir à l'eau, mais j'attendrai de toi le signe, qui me dira " viens ! "
NB ah l'amour qu'on faisait, ah les mots qui l'accompagnaient, ah ces promesse pour toujours... des mots comme dépecés de leurs syllabes.
le premier tercet est mon passage préféré !
je suis jaloux de votre aisance poétique ; eh oui, la forme " classique " ici sans la moindre faute, parait si facile !!!
papipoète

   Gabrielle   
24/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte évocateur de la censure qui marque notre époque.

Les amours aimées deviennent amours gelées.

Le texte prend fin sur un questionnement qui interroge.

Merci à l'auteur(e) d'évoquer un tel sujet.

   Anje   
28/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Classique
Je vois ici un classique impeccable et une histoire où beacoup de couples peuvent voir la leur. "Je te garde une place à l'abrides étoiles". Un excellent dernier vers en guise d'espoir, de peut-être, de point de suspension, qui laisse l'imagination continuer à voguer.
Une place sous les plumes attend sans doute ce magnifique sonnet.
Anje en EL

   Miguel   
1/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De fort beaux vers et une heureuse réminiscence "brassensienne" en ouverture. Mais on a (j'ai) du mal à saisir si on est dans l'évocation d'une situation réelle ou dans la métaphore filée. "L'amour nous honore" ne me semble pas opportun : n'est-ce pas plutôt les amoureux qui honorent l'amour ? J'avoue ne pas tout comprendre, (le vers 10 malgré le mot "naufrage" m'apparaît comme positif mais le contexte contredit mon impression) mais le charme des vers l'emporte ; comme chez Mallarmé, finalement ... ce n'est pas une moindre référence.

   eskisse   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Davide

Très beau sonnet : le rythme fluide des alexandrins accompagne l'évocation de cet amour des flots.
J'ai beaucoup aimé :
"côte à côte embarquons dans l'éclat de l'aurore" et
"Ma lèvre impétueuse à ton cou fait naufrage"
moins le verbe " coagule" du vers 5.

Merci pour le partage.

   Corto   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Le chant de la mer" posé ici comme un chant d'amour est une très belle évocation.

Une petite référence au grand Georges, et nous embarquons avec ce couple "dans l’éclat de l’aurore".

Les métaphores se succèdent, bien choisies, pour une ambiance où l'amour est fragile et si fugace.
Pour autant "Devons-nous redouter le temps qui s’évapore ?".

Le choix des mots et des images est raffiné et délicat.
Jusqu'à ce dernier vers qui fait preuve d'espoir et de tendresse à jamais: "Je te garde une place à l’abri des étoiles."
Le sentiment ne se laissera pas décourager.

Bravo Davide.

   Vincente   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Chant de mer, chant d'amour, l'un et l'autre espaces ouverts à l'infini mais pourtant menant à des contours souvent accores.
J'ai été touché par le ton mélancolique qui écrit comme se redisant à lui-même le basculement de l'amour en chagrin, refaisant le chemin qui n'a pas pu contourner les obstacles du quotidien, ceux qui ont eu raison de la passion qui désormais parait si éphémère. "Dix mois" et ce bonheur qui "coagule en nuages carmin".
"Dix mois" et une place à l'abri pour toujours dans ce cœur aux "étoiles"…

L'écriture avoue une modestie se frayant un chemin de réminiscence, à peine en reconstruction, parmi des mots et images sans excès ni prétention ; elle évoque un couple naufragé sur/dans l'immensité, comme pour ne pas l'oublier, et lui garder bonne place en mémoire.

J'ai particulièrement aimé le premier tercet, et en premier lieu son deuxième vers :

" Nos souvenirs heureux chavirent sous l’orage,
Ma lèvre impétueuse à ton cou fait naufrage,
Que ne puis-je amarrer le jour qui s’amenuit…
"

Et puis ce double sens qui, par licence poétique, s'immisce dans la fin de son dernier vers, "le jour qui s'amenuit…", si finement amené par la conjugaison du verbe "s'amenuiser" dévoyée en "du jour qui s'amène nuit" au lieu d'un emploi normal qui se serait écrit "s'amenuise".

   Castelmore   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Davide,

Comme des millions d’autres, cette « voile », pourtant très bien gréée à son départ... ne subira pas les tempêtes sans grands dommages .

Ainsi en va-t-il de l’amour qui unit les couples tout au long d’une vie ...

La double métaphore filée de cette traversée maritime depuis un lever de soleil jusqu’à son coucher ... arrive à très bon port pour ce qui est de sa mise en forme poétique.

Pour le reste ... la question demeure en suspens dans ces deux derniers vers superbes .

« Viendras-tu me rejoindre où commence la nuit ?
Je te garde une place à l’abri des étoiles. »

De très belles images dans une forme classique sur laquelle vous semblez naviguer comme sur une mer intérieure.

Bravo

   Myo   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Davide,

Bravo pour la forme, une lecture sans houle, harmonieuse et très agréable.

Pour le fond, j'émets quelques petites réserves sur le choix du verbe "coagule" et suis un peu étonnée par ce " Dix mois" du 5e vers.
Est-ce mis à l'échelle d'une traversée, cela représente t'il 10 ans de vie commune ? Sinon, cela me semble bien rapide pour cette remise en question.

J'aime beaucoup le 12e vers ainsi que le bel espoir des 2 derniers.

Merci

   Cristale   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oserai-je lire : le chant de l'amer ?
Mais j'ose dire que l'auteur a gagné en aisance et fluidité dans le déroulé de ses vers. De jolies notes voyelles "a" "o" couronnant les rimes des quatrains et des tercets ajoutent un + à la musicalité.

Une histoire étrange qui semble évoquer un mariage, puis un éloignement, et une séparation...et une invitation à un autre départ.

Histoire d'amour, sonnet bien écrit, soigné, et non bâclé sur la nappe en papier d'un coin de table...l'auteur respecte ses lecteurs en soumettant un poème abouti, et j'aime ça.

C'est joli aussi : "le jour qui s'amenuit"..."coagule" un peu moins ^^

Merci et bravo Davide !

Cristale
qui aime les histoires d'amour

   Hiraeth   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
De très belles choses dans ce poème maîtrisé et rayonnant de simplicité, aux images enfin épurées ! Fluide, désencombré, on n'y retrouve pas les excès coutumiers de l'auteur, ce qui explique ma note. J'espère que vous saurez poursuivre sur ce chemin, le seul sur lequel je puisse vous suivre avec plaisir -- mais bon, hein, vous faites ce que vous voulez !

L'amour nous honore, oui : c'est lui qui nous choisit et non l'inverse.

"D'immenses tourbillons me dérobent ta main" : il fallait au moins ça pour nous éloigner l'un de l'autre ! (Je me mets à commenter comme papipoete.)

"Ma lèvre impétueuse à ton cou fait naufrage" : que c'est beau ! Cette personnalisation du baiser me fait penser au poème "Rêvé pour l'hiver" de Rimbaud, que je vous invite à lire si ce n'est pas encore fait.

Et le vers qui suit est magnifique aussi : "le jour qui s'amenuit", qui aurait cru qu'un jeu de mots aussi simple serait aussi puissant ?

"à l'abri des étoiles" peut signifier "sous la protection des étoiles" ou au contraire "protégé des étoiles" ; il va sans dire qu'il s'agit à l'évidence du premier sens ici, mais il n'empêche que le second a arrêté mon attention un instant et jouit d'une certaine fertilité poétique.

Bravo, donc.

PS : Vous semblez beaucoup aimer le mot "carmin"...

   Eclaircie   
21/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Davide,

(Pas régulièrement sur Oniris, je ne pensais pas que vous écriviez en classique, un passage sur votre profil et je m'aperçois que vous êtes pluridisciplinaire et avec un égal talent, bravo !)

"Le chant de la mer"

J'avoue que la poésie classique n'est pas ma préférée, car depuis longtemps "utilisée", il est difficile de se démarquer de ces thèmes de prédilection et de la manière de les aborder (par le registre de vocabulaire, le sujet).
Là j'avoue que je ne suis pas vraiment enthousiaste.
Certes, la lecture est fluide et harmonieuse, mais il me manque un petit grain d'originalité pour aimer vraiment.
Le premier vers me semble bien convenu, le verbe "faire" au deuxième vers, plutôt banal.
Puis , j'ai été surprise au 4 vers par "la-vie-augure" (je ne connais pas les règle précises du classique mais le "e" muet à la césure me surprend)
J'ai beaucoup plus apprécié le second quatrain (il a ce petit plus que je ne sais vraiment définir)
Le verbe s'amenuir (moyenâgeux) au vers 11 est un plus, bravo !

Merci du partage,
Éclaircie

   jfmoods   
21/5/2020
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines et consonantiques.

Je ne comprends pas la ponctuation qui clôt les vers 2, 3, 5, 6, 9, 10. Pour moi, ce glissement de vers à vers est trop furtif : il ne correspond pas au véritable rythme du poème.

Le champ lexical de l'aventure maritime structure le texte.

L'histoire amoureuse, pleine de promesses (titre : "Le chant de la mer"), est figurée par la traversée d'une rive de l'existence à une autre rive.

Le couple, fraîchement marié (vers 1), prend la mer. Fort de sa confiance ("Il fait beau", "l’amour nous honore", "Côte à côte", "dans l’éclat de l’aurore"), il ne veut pas s'interroger sur l'avenir qui l'attend (exclamative du vers 4).

Le marqueur temporel du vers 5 ("Dix mois") signale l'arrivée rapide du gros temps ("l'air coagule en nuages carmin", "Apparaissent, non loin, les feux d’un sémaphore"). La question fermée du vers 7, un brin anxiogène ("Devons-nous redouter le temps qui s’évapore ?"), marque le point de bascule du poème.

Le coeur humain connaît de terribles tempêtes. Celle-ci va faire irrémédiablement sombrer le couple ("D'immenses tourbillons me dérobent ta main", "Nos souvenirs heureux chavirent sous l’orage, / Ma lèvre impétueuse à ton cou fait naufrage").

La construction hypothétique du vers 11 ("Que ne puis-je amarrer le jour qui s’amenuit…") porte toute l'amertume du locuteur / de la locutrice devant la douloureuse évidence de la perte. Habile construction antithétique qui, en quelques syllabes, nous fait passer de la clarté à l'obscurité !

La question fermée du vers 13 ("Viendras-tu me rejoindre où commence la nuit ?") évoque alors cet ultime espoir : comme tant d'autres couples qui ont connu l'échouage en pleine traversée ("Dans le sillage obscur de millions de voiles"), retrouver l'Autre outre-tombe, là où la paix est retrouvée, où la concorde est enfin garantie (citation de l'entête, "Je te garde une place à l’abri des étoiles").

Merci pour ce partage !

   Provencao   
21/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Dans le sillage obscur de millions de voiles,
Viendras-tu me rejoindre où commence la nuit ?
Je te garde une place à l’abri des étoiles. "

J'ai beaucoup aimé ces " millions de voiles", ou je dirais que nous sommes des «"millions de voiles », qui évoluons sans cesse, et nous ne nous embarquons jamais tout à fait dans le même moi, mais nous nous devons de rester attentif à celui que nous sommes dès lors que nous l'avons promis...

" Je te garde une place à l’abri des étoiles. "

Belle promesse qui existe...... avec ce petit quelque chose qui nous ferreà notre histoire , en plus du souvenir....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   emilia   
22/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Depuis Pierre de Marbeuf, l’amour et la mer forment un couple indissociable dans cette analogie de nature allégorique où les paronymes amour/amer, ainsi que le couple orage/naufrage soulignent la thématique de la passion malheureuse : une histoire d’amour qui avait bien commencé avec « deux noms gravés pour l’éternité » dont votre poème déroule très rapidement un parcours tourmenté… ; à peine « dix mois » de partage dans l’insouciance marqués par l’adverbe « « Qu’importe… » que , déjà « le temps s’évapore… » et l’inquiétude se fait jour « Devons-nous… ? », dans la strophe suivante se formule un vain souhait : « Que ne puis-je… ? », puis l’expression d’une attente : « Viendras- tu… ? », sans que l’imploration soit certaine d’être entendue… Dans le dernier tercet, cependant, se réaffirme la force de cet amour profond, inaltérable, dont le souvenir, à l’instar du poème cité en exergue et signé de Maurice Bouchor (qui a si bien chanté l’amour romantique porté à l’aimée, entre rêves et fantasmes…) accompagnera toujours le narrateur, porté à lui réserver à jamais cette place privilégiée : « Je te garde une place à l’abri des étoiles… » !

   Quidonc   
22/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Davide,
La promesse du bonheur, le drame, la douleur et enfin l'espoir de retrouver le bonheur perdu trop vite.
Voila un drame décliné en sonnet. Rien n'est vraiment expliqué mais pourtant tout y est dit. Il y a une force qui se dégage de votre sonnet qui rend toute autre explication inutile. C'est un orage qui vous bouleverse, brutal, douloureux, inquiet.
Merci pour ce partage
Quidonc

   Louis   
25/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C’est le chant d’une journée d’amour.
Non pas : l’amour a pour durée tout un jour, tout un temps indépendant de lui.
Non pas : l’amour s’étend dans la durée.
Non. Mais l’amour c’est temps.
Oui, l’amour fait naître un temps, celui du jour. Dès « l’éclat de l’aurore » initié, jusque dans le soir au crépuscule, quand l’amour meurt.
L’amour donne au temps sa dimension, avec un début, une fin, et la durée qui joint l’un à l’autre.
Et « Dix mois » de marées, dix mois de mariés ne font qu’un jour, par ces temporalités multiples où se mêlent subjectivité du temps et temps objectif.
L’amour crée le jour d’hui et « qu’importe si la vie augure un lendemain ». Il y a aura une fin, un autre jour sans amour, un autre jour au-delà de l’amour.
L’amour élance le temps, il sait pourtant qu’il ne crée pas l’éternel, qu’il ne produira pas le toujours d’un perpétuel, malgré les gravures "au bas d’un parchemin".
Les signes écrits ne s’inscrivent pas dans la perpétuité, signes toujours d’une fragilité.

L’amour élance le temps, étend la mer, distend les rives tout en plaçant les amants dans l’union, « côte à côte ».
Étend la mer, ses rives, ses dérives, jusqu’aux eaux délétères, jusqu’au cimetière marin des amours mortes, où l’amour se meurt d’être né, dans l’ouverture d’un temps.
Donne à la mer du champ et sa musique, un chant qui enchante, harmonie des cœurs, fluides accords des âmes et des corps, ententes amiables et charnelles, avec leurs croches et leurs accroches.
La musique, son chant, un temps, un tempo. La musique est un temps.
La musique a ses vagues, et ses élans sur les vagues, ses rives au départ, ses emportements, son appassionata, et son lamento.

L’amour s’est donné un temps court et vif, une journée de griserie et d’embrun, l’allegro aux éclats d’un matin, « dans l’éclat de l’aurore», et la mélodie du soir « aux nuages carmin », plaintive et douloureuse. Bien sûr, ils eurent des orages, les grondements d’une cacophonie menaçante, et les douleurs allegro furioso, et les couleurs indigo carminées.
« La douleur est chose très musicale, on peut presque en parler en termes de musique » : disait Paul Valéry.
Oui, Et l’amour aussi.
L’amour qui, par-dessus la mer, s’est donné un ciel encore, « à l’abri des étoiles ».

Merci Davide


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