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Poésie classique
Davide : Noces d’albâtre
 Publié le 29/02/20  -  14 commentaires  -  1620 caractères  -  287 lectures    Autres textes du même auteur

Petite ballade en alexandrins.
Soixante-quinze ans de mariage. Le vieil homme ne retient de leur longue vie ensemble que les torrents de tendresse qui l’ont sans cesse abreuvé.


Noces d’albâtre




Laisse-moi t’habiller du vent qui nous caresse,
Du soleil de septembre en joyaux sur ta main,
Un vertige arc-en-ciel, une heureuse promesse
Et nos regards pensifs étreignant le chemin.
Les reflets nacarat d’un calice d’ormin*
S’éteignent sur ta lèvre où la candeur se hume,
Sourire cicatrice en poussières d’écume,
Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain.

Dans nos bras nus s’estompe, à jamais, la vieillesse,
Notre étoile filante expire à mi-chemin
D’un papillon-comète et d’un champ de tendresse ;
J’ai vécu sous ton aile un amour surhumain.
Et si le crépuscule est d’un pâle carmin,
Tendrement enlacés dans un voile de brume,
Unis, nous attendrons que le temps nous inhume,
Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain.

Cependant qu’une Parque, avec âme, détresse
Les fils raccommodant nos peaux de parchemin,
La Grande Ourse promet une ode enchanteresse
Entre brins d’immortelle et colliers de jasmin.
Tel un ange élevé sur mon temple romain,
Dans tes yeux bleus de nuit l’aurore se consume,
Océans souvenirs où j’ai trempé ma plume,
Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain.

Ma princesse ! Oserais-je un dernier baisemain,
Quelques mots fredonnés sans décor ni costume ?
Pour nous, qui nous aimons, l’éternel se parfume :
Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain…

*******


* Le nacarat désigne une précieuse nuance de rouge. Les fleurs colorées de l’ormin sont labiées (en forme de lèvres).


 
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   Cristale   
10/2/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Vingt-huit vers sur seulement trois rimes, trois huitains finalisés par un envoi d'une demie-strophe et voici une ballade plaisante à mes yeux.
Je préfère ce rythme décidé par l'auteur, l'alexandrin, qui donne plus d'ampleur et de fluidité à cette forme préconisée en octosyllabes.
C'est un très bon choix et la lecture n'en est que plus mélodieuse.

J'aime le romantisme et le chant poétique de cette déclaration où les seules beautés d'une très longue union sont offertes avec les mots du coeur à l'être aimé.

Une très jolie ballade, un plaisir de lecture, bravo !

Cristale
En E.L.

   Michel64   
20/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème qui chante un amour qui perdure jusqu'au bout de l'âge.
Au-delà des ses vers impeccables qui méritent, il me semble, le classique proposé, une grande sensibilité émane de l'ensemble.

Ce vers "Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain…" est mon préféré et j'aurais presque aimé ne le trouver qu'une fois à la dernière ligne pour ne pas l'user.

Seul m'interpelle un peu ce passage : "...une Parque, avec âme,...". J'ai eu l'impression d'un remplissage mais peut-être me manque t'il des références pour ma compréhension.

Merci pour ce partage.

Michel64 (en EL)

   bipol   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour et MERCI

je suis particulièrement touché

par ce magnifique poème

il est d'une beauté comme une pierre précieuse que l'on trouve en cherchant des cailloux au bord de l'eau

peut-être le plus beau sur Oniris

car cette tendresse magnifique qui est entrée dans les pas de la passion est sublime

   Hananke   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

La première chose à saluer dans cette forme de texte est le travail
que demande un tel ouvrage.

L'ensemble est joli et de bonne tenue mais la forme choisie
ne se prête guère à la fluidité des vers et l'on a souvent un style
télégraphique avec peu d'enchaînements entre les alexandrins :
la ponctuation démontrant cet effet.

D'un point de vue strictement poétique, le but semble atteint,
même si l'enrobage est par endroit quelque peu alambiqué :
vertige arc-en-ciel, reflets nacarat, papillon-comète, etc...

Mais bon, nous avons progressé par rapport aux dernières
publications de l'auteur : encore une petite dose de simplicité
et nous y serons complètement, comme une recette de gâteau
qui manque d'un ingrédient indispensable.

Mais bon, ne gâchons pas la fête, l'ensemble est agréable
malgré les inévitables concessions faites à la forme.

   papipoete   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Davide
comment dire à celle qui partagea notre vie, entre pire et meilleur, sans jamais nous maudire, combien ce chemin fit découvrir tant de coins et recoins où il fit bon s'arrêter !
le dire sous forme de " balade " qui plus est, n'est point mince affaire et j'espère que la Princesse est sensible à la poésie, et savoure les talents que l'auteur dut déployer pour lui dire son Amour indéfectible !
NB des mots beaux, des termes précieux, rien n'est trop beau pour célébrer ces noces " d'albâtre "...
Aujourd'hui " classique " et " libre " sur ONIRIS se côtoient de fort belle manière, bravo à cette vitrine de nous offrir un tel écrin !

   PIZZICATO   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il est des amours qui se rient du temps, ce Temps qui ne parvient pas à les éroder.
" Tendrement enlacés dans un voile de brume,
Unis, nous attendrons que le temps nous inhume ".

Une sensibilité omniprésente, de fort belles images, un poème superbe sur l'amour-passion qui ne s'éteint jamais.

" Pour nous, qui nous aimons, l’éternel se parfume ".

   sympa   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Magnifique poésie dédiée à cet amour d'une belle longévité et qui malgré l'âge avancé du narrateur, n'a pas pris une ride et la tendresse est toujours au rendez-vous.
Une abondance de romantisme et des alexandrins parfaits en font une lecture très agréable.

Bravo pour les "peaux de parchemin" pour illustrer cette peau vieillissante , "ratatinée" quand on sait que ledit parchemin revient toujours à sa forme initiale.

   eskisse   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Davide,


Mon vers préféré :
" J'ai vécu sous ton aile un amour surhumain" , très puissant. Il fait écho en moi.

Très belle poésie dont le vers refrain aurait gagné en force à être isolé selon moi.
Je tends moi aussi à davantage de simplicité et " Les reflets nacarat d'un calice d'ormin" me paraissent encore trop recherchés.

Mais l'ensemble est une belle réussite.
Merci pour le partage.

   Provencao   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Cependant qu’une Parque, avec âme, détresse
Les fils raccommodant nos peaux de parchemin,
La Grande Ourse promet une ode enchanteresse"

Sublime leçon forte, pour tout un chacun....heureuse promesse en cette époque qui ne désire plus que l'illimité...


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
29/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Alors que la mélancolie se promettait au rendez-vous de ce poème, ce seront des éclats, des passages qui me hanteront après les instants de la première émotion.

L'auteur nous oriente sans détour ; une ballade, un couple immense dont le monsieur narrateur se raconte depuis des mots en "torrents de tendresse", et puis ce titre qui scelle son amour infini.

Ces éclats sont en vers, reflets satin et grâce magicienne, les voici :

" Laisse-moi t’habiller du vent qui nous caresse,
Du soleil de septembre en joyaux sur ta main,
Un vertige arc-en-ciel, une heureuse promesse
Et nos regards pensifs étreignant le chemin.
".
En particulier le premier et le dernier vers à la très forte évocation.

" Sourire cicatrice en poussières d’écume,".
Un "sourire cicactrice"… au sens si ambivalent et chargé de ces "poussières d'écumes".

" Unis, nous attendrons que le temps nous inhume, "…

" Cependant qu’une Parque, avec âme, détresse
Les fils raccommodant nos peaux de parchemin,
".
J'aime beaucoup le double sens très à-propos de "dé-tresse", ainsi que celui des "peaux de parchemin" où la peau vieillie ressemblant à un vieux papier et aussi celle où tant de choses se sont inscrites…

" Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain. ".
Ce vers en anaphore qui englobe tout le poème et son "message", s'adressant au passé, source et référence, annonce l'avenir éternel du couple, signifiant par là que l'instant de la mort est désormais sans importance, car l'histoire du couple est à jamais écrite.
Et il faut noter l'intention superbe, essentielle, annonciatrice, de ce mot "lendemain" qui, par une quatrième occurrence, vient clore le poème s'ouvrant ainsi au devenir intemporel d'un couple "éternel". Une très belle inspiration.
De même pour "Ma princesse", qui vient en déclaration en début de dernière strophe, une sorte de re-déclaration d'amour, cela évoque ce qu'il est convenu d'appeler la "jeunesse du cœur" pour les vieux amoureux.

J'espère que l'auteur ne m'en voudra pas d'avoir un peu "tailladé" son expression pour mettre en avant ce qui m'avait particulièrement séduit dans son regard. Je me suis permis cela car je n'ai pas senti un fil narratif affirmé. Chaque strophe semble dévoiler des pensées en souvenances revisitées à l'impromptu dans ces "torrents de tendresse", qui colorent la plume et font chanter les émotions. (D'ailleurs, cette ballade est ce chant bien sûr, en " ode enchanteresse ", ces "Quelques mots fredonnés…", mais aussi cette balade vagabonde dans le passé qui demeure une éternel présent pour le couple de vieux aimants…).

Si j'avais à remarquer ce qui a limité mon entier assentiment, je signalerais deux choses dont un détail. Je n'aime pas trop le "temple romain", il a un côté baroque dans ces alexandrins élégants mais un peu désuet (alors que "la Parque" a tout-à-fait sa place par sa signifiance adéquate). Ce côté un peu désuet (bien que c'est un vieil élégant qui s'exprime mais tout de même) est le deuxième point qui me chiffonne légèrement, le registre et l'expression auraient pu se laisser aller à une architecture bien plus lyrique, et chargée, ce n'est pas le cas et tant mieux, mais reste le suranné qui étouffe un peu l'empathie qui s'invite naturellement ; comme si l'on regardait ces gens d'un monde qui n'est pas le nôtre (mais pourquoi pas, l'identification du lecteur vers le narrateur n'est pas impérative, oublions, mais dommage pour moi tout de même... !).

Le regard de l'auteur est plein d'une tendresse charmante pour son sujet, pour ce couple qui s'imagine sous ses yeux… La qualité de l'écriture ne serait rien sans cette attention chaleureuse qui perle dans ces éclats que j'ai vus et qui me suivent.

   Hiraeth   
29/2/2020
Je suis admiratif devant le travail produit ici, et l'optimisme irradiant du poème n'est pas pour me déplaire ; mais pour être honnête, cette balade ne m'a pas touché comme j'attendais qu'elle me touche après la lecture de ses deux très beaux premiers vers, et malgré d'autres belles trouvailles. J'ai trouvé par moments le poème trop décousu et les images trop précieuses, manquant de simplicité. Le rythme aussi ne m'a pas emballé, les alexandrins rendent le tout un peu trop massif à mon goût, je n'ai pas vraiment retrouvé le côté chantant que j'aime entendre dans les ballades.

Je ne mets pas de note parce qu'il s'agit de préférences personnelles et qu'il y a tout de même de très belles choses dans ce texte. Mais c'est dommage, je reste un peu sur ma faim.

   STEPHANIE90   
1/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe !!!

pour du classique, c'est du classique enchanteur. Ciselée avec délicatesse, cet amour n'aurai su écrire un plus beau lendemain. Merci pour cet amour au parfum d'éternité.
"Dans nos bras nus s’estompe, à jamais, la vieillesse,
Notre étoile filante expire à mi-chemin
D’un papillon-comète et d’un champ de tendresse ;
J’ai vécu sous ton aile un amour surhumain."

Juste pour ces quatre vers et la strophe finale, un passionnément. bravo pour ce travail d'orfèvre Davide.

Stéphanie

   Louis   
3/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le poème est un « présent » qu’un homme offre à son épouse pour célébrer trois quarts de siècle d’une vie en commun.
Un présent pour toujours. Un « présent » et surtout un «lendemain».
Le poème n’érige pas une statue d’albâtre sculptée dans la forme figée d’un passé, il célèbre le temps encore à vivre, il ne s’arrête pas à une période révolue de la vie, il célèbre ce temps auquel leur couple est encore dévolu, et qui ne manquera pas de « beauté ».
Ainsi le chante l’itérative, l’anaphorique, l’insistante reprise, en fin de chaque huitain : « Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain ».

Les vers s’écrivent dans la forme majestueuse des alexandrins, épousent la solennité qui convient à l’événement, mais ne s’inscrivent pas dans le marbre de ce qui est à jamais figé.
Dès le premier vers, on est dans l’aérien et le léger, dans ce qui n’est pas infléchi sous le poids du marbre des années écoulées ; on est dans le souffle qui doit porter, doux et caressant, vers l’avenir, vers l’encore d’un lendemain : « Laisse-moi t’habiller du vent qui nous caresse ».

Bien sûr, c’est du « soleil de septembre », des éclats d’une fin d’été qu’il convient de faire briller « les joyaux » sur sa main, mais ce sont des feux vifs encore, pour des jours qui n’ont pas encore été.
Le présent n’est pas dans le souvenir nostalgique d’un passé qui n’est plus ; le poème célèbre, il ne commémore pas.
Il trouve dans le présent, non les signes d’un passé à se remémorer, mais les feux d’une « heureuse promesse » dans un « vertige arc-en-ciel ».

L’époux écrit les mots d’une célébration, mais en réponse à une autre écriture, lisible dans la vie de sa compagne, sur son visage, sur sa peau « parchemin », dans les traces que le passé a laissé ( « ses yeux bleus… océans souvenirs où j’ai trempé ma plume » ) dans la nature aussi où leur vie se trouve projetée.
Ainsi lit-il dans la « candeur » des lèvres de son épouse la promesse d’un beau lendemain, elle qui dit mieux avec sa vie, avec son visage ce qu’il pourrait dire, lui, avec des mots.
Le poème s’inscrit dans une correspondance entre les vieux amants, où l’un met en mots ce que l’autre met en vie, ce qu’ensemble aussi ils mettent en existence.

Le passé se lit aussi dans la femme aimée, et aussi ses marques, et ses blessures : « Les reflets nacarat d’un calice d’ormin / s’éteignent sur ta lèvre… », et ce « Sourire cicatrice en poussières d’écume », cicatrice « Pour réparer des ans l'irréparable outrage », comme écrivait Racine dans Athalie. Mais ce qui importe, ce ne sont pas les stèles d’un passé figé, importe le passage : « Et nos regards pensifs étreignant le chemin », ce voyage qui, du passé mène au lendemain, ce voyage encore à poursuivre ensemble.

Ce qui se lit encore, dans les corps et dans ce qui advient, c’est une indéfectible union. Le deuxième huitain laisse parler un « nous » et non plus seulement un « je » « Dans nos bras nus s’estompent… », « Notre étoile filante… ». Une union qui se poursuivra et ne laissera pas chacun solitaire, quand vient le « crépuscule » de la vie : « Unis, nous attendrons que le temps nous inhume ».

Une autre dimension de lecture et d’écriture apparaît dans le troisième huitain. Alors qu’une « Parque » dévide les fils de leur destinée commune, alors qu’elle dénoue les fils avec lesquels s’écrit le livre du destin, dans leur « peau parchemin », d’autres signes se lisent dans le ciel, du côté des étoiles, du côté de la Grande Ourse, et ces signes sont une « promesse » de lendemains qui chantent, et enchantent, une « ode enchanteresse », que les mots humains ne sauraient écrire : « Je n’aurais su t’écrire un plus beau lendemain ».

La dernière strophe se veut écrite de « mots fredonnés », pour constituer un air, une musique, celle d’une harmonie qui a surmonté le temps, celle d’une mélodie « sans décor ni costume » issue de leur être à nu, des profondeurs de leur être même : c'est un air au parfum d’éternité.
« Hume » de ce « temps qui nous inhume », loin de la perte du dernier souffle, se fait respiration éternelle d’un air éthéré et parfumé.
Les mots pour finir se subliment dans une musique et dans un parfum.

Quand aujourd’hui tant de couples se séparent, tans de couples se déchirent, ce poème retrouve pour le célébrer le thème romantique de l’amour pour toujours, celui de l’amour éternel, en idéalisant un couple qui fête ses « noces d’albâtre ».

Merci Davide

   Mokhtar   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
75 ans de mariage ! On peut dire…qu’ils ont fait le plus gros.

Quand je choisis de lire un poème « classique », je ne peux me contenter du respect de la forme « légale », de celui des règles contraignantes et cadenassantes. J’ai envie de cette ambiance d’une autre époque, de ce ton quelque peu suranné, avec parfois ses emphases et ses académismes sophistiqués que l’on retrouve chez les romantiques, les parnassiens, mais aussi dans les œuvres du XVII siècle.

À partir du moment où Davide se lance explicitement dans un exercice de style clairement « daté », il faut rentrer dans son jeu. C’est ce que j’ai fait avec beaucoup de plaisir.

Ainsi, les « reflets nacarat d’un calice d’ormin » : expression d’une exquise élégance, qui confère un certain niveau de distinction, tout en…élargissant la culture du lecteur. Ici, la poésie « met ses habits du dimanche ».

Le thème y est certainement pour beaucoup, c’est dans le romantisme que baigne ce poème, avec, peut-être, une avant-dernière strophe plus parnassienne, où l’on va chercher Parque, Ode, temples romains… C’est cette dernière qui a ma préférence : elle est de poésie pure, sans affect.

J’aime beaucoup aussi le quatrain final, le vieillard que l’on imagine s’incliner : « Ma princesse, oserais-je un dernier baisemain » ; Touchant de tendresse raffinée, très galanterie « grand siècle ».

Les contraintes techniques, en matière de rimes et de construction, sont très délicates à respecter si l’on a à cœur de ne pas faire ressentir la rigueur des impératifs. L’auteur y a excellé.
Une remarque cependant concernant le vers « refrain », très beau au demeurant, dont la survenue doit se faire, en sens, dans la lignée des vers précédents. Ici, on est plutôt en « leit-motiv ». (je ne suis pas sûr d’être clair).

De la belle ouvrage. Sensible, riche et intéressant. Merci Davide.


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