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Poésie libre
dom1 : Les pas perdus...
 Publié le 24/03/17  -  7 commentaires  -  718 caractères  -  175 lectures    Autres textes du même auteur

Partager une visite dans un musée et déambuler le long des couloirs où se multiplient les raisons de s'arrêter pour admirer les toiles aux contours anciens. Puis y revenir, seul, sans la présence de l'autre disparue, mais si présente, donne à cette visite solitaire un caractère irréel et hors du temps. Entre splendeur et amertume…


Les pas perdus...



Les ecchymoses de ton sourire
gravées
Ne s’effacent pas de ma mémoire ;
Les gestes de ta soif de rire
posée
Ne lassent pas mes sens de croire…

Tu es loin, je te vois, et pourtant
si près
Là, dans cette salle où tu marchas ;
Contemplant les vestiges de ces temps
passés
Butinant les peintures à grands pas…

Il me faut en payer le prix
salé
Le revers de ce lieu souvenir ;
De cet art de montrer la vie
passée
Est de s’y plonger sans mentir…

Les futiles images repassent
bleutées
S’imposant comme le silence ;
De ces salles pleines de carcasses
figées
Par la magie des traits d’évidences…


 
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   Proseuse   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Pas perdus dans les couloirs, mais, pas perdus dans la mémoire!
un poème qui laisse une grande place à celle ( ou celui) qu' on ne voit pas
J' ai bien aimé vous suivre dans cette visite du passé
merci et à bientôt de vous lire

   papipoete   
24/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour dom1,
Je déambule seule à présent, dans ces salles aux toiles, aux sculptures que tes yeux savouraient .
Je suis seul, mais derrière ton ombre me suit et me guide là où ton regard ne pouvait se détacher .
NB que son sourire devait être triste, pour que le héros le voit abimé d'ecchymoses ; " il butinait les peintures à grand pas "

   PIZZICATO   
24/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Les ecchymoses de ton sourire
gravées
Ne s’effacent pas de ma mémoire ". C'est, dans ce texte, l'image que je retiens en priorité. A mon sens, elle traduit bien ce mal qui nous assaille lorsqu'un endroit, une situation, font ressentir l'absence de l'Autre. "Le revers de ce lieu souvenir "

   Anonyme   
24/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je ne suis pas sensible d'ordinaire à ces retours à la ligne, mais là, je dois reconnaître que cela est très "intelligemment" posé, cela accentue l'émotion troublante qui se dégage de ce poème. Donc j'ai particulière aimé la forme qui met bien en évidence le fond si prenant, et très parlant. Les mots s'imposent et ont de la résonance.

C'est un très beau texte, très fluide qui se lit et se relit aisément. J'ai eu l'impression de parcourir avec vous cet endroit, la nécessité d'y revenir, partageant cette "tristesse" car la disparition d'un être ne peut laisser indifférent, elle vous ramène à vos propres douleurs.

L'ensemble de ce texte a particulièrement attiré mon attention, je suis longuement attardé en faisant plusieurs lectures, avec un ressenti qui va croisant.

   Eccar   
25/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai trouvé dans ce poème quelques merveilles, rythme et sons des mots semblent organiser le sens, le souvenir, la douleur: " ecchymose d'un sourire gravé, gestes de ta soif de rire, butinant les peintures à grands pas, salles pleines de carcasses figées..." autant d'images qui surgissent et où l'on aperçoit ce fantôme de l'amour perdu dans des mouvements furtifs notamment dans "butinant les peintures à grands pas".
Un très beau texte, des pas pas si perdus que cela, apparemment, que j'ai beaucoup appréciés.
Bravo

   Somnium   
25/3/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Je n'ai pas aimé cette façon de répéter sans cesse, à la ligne, "gravées/posée, etc.". Je n'en vois pas l'utilité car cela casse le rythme et je trouve cela pénible. C'est dommage car il y avait matière à faire.

   jfmoods   
27/3/2017
Ce poème, de forme libre, est composé de quatre sizains.

Il présente une certaine régularité. Dans chaque strophe, les vers 2 et 5 sont des distiques et les rimes, pauvres, suffisantes et riches, suivent le modèle 1/3, 2/5, 3/6. Deux éléments de ponctuation, les seuls du poème, se répètent : le point virgule en fin de vers 3, les points de suspension en fin de vers 6.

Cette stabilité apparente camoufle des effets de décrochage. On constate un glissement assonantique des rimes entre les vers 8 et 11. L'octosyllabe déborde vers l'ennéasyllabe et le décasyllabe.

La construction bien particulière du poème n'est pas étrangère à l'intérêt qu'il suscite.

La première strophe se présente comme une réflexion d'ordre général sur la douleur de l'absence (métaphores : "les ecchymoses de ton sourire", "les gestes de ta soif", participe passé : "gravées", négations : "ne s'effacent pas", "ne lassent pas").

La deuxième strophe va réactiver, par la visite du musée, une mémoire particulièrement vive de l'Autre (antithèse : "loin" / "si près", prégnance d'un sens : "je te vois", adverbe de lieu : "là", groupes nominaux assortis d'adjectifs démonstratifs : "cette salle où tu marchas", "les vestiges de ces temps passés", participes présents : "Contemplant", "Butinant"). L'expression "à grands pas" ne manque pas de faire sourire, car le butinage exige une attention minimale, ce qui laisse entendre que l'Absente n'était sans doute pas une véritable amoureuse de l'art...

La troisième strophe amorce alors, dans le contexte précis d'un retour sur un territoire connu (adjectifs démonstratifs : "ce lieu souvenir", "cet art de montrer la vie / passée"), la leçon bénéfique que le locuteur va devoir tirer d'une expérience douloureuse (modalisation : "Il me faut", expression : "payer le prix / salé", groupe nominal : "le revers", forme infinitive : "s'y plonger sans mentir").

Au fil de la dernière strophe s'établit alors un parallèle (comparaison : "comme le silence") entre l'histoire intime et les tableaux du musée : celui de la cristallisation du regard ("la magie des traits d’évidences"). Comme l'amour est désormais mis à distance (groupe nominal à visée dépréciative : "les futiles images"), le lieu n'apparaît plus, pour le locuteur, que comme un réceptacle vide de sens (groupe nominal dépréciatif : "ces salles pleines de carcasses / figées").

Le regard du lecteur se reporte alors sur le titre ("Les pas perdus"). Est-il question ici du temps perdu à suivre une femme qui marchait "à grands pas" ? L'hypothèse, un brin capilotractée, apparaît peu satisfaisante. D'autant moins satisfaisante qu'elle schématise le poème, qu'elle ne tient pas compte de sa progression. Par ailleurs, un élément se tape l'incruste depuis le début, élément dont le lecteur a bien du mal à ne pas tenir compte : le retour d'un mot ("salle", "salles") qui vient machinalement s'accoler au titre. La salle des pas perdus, oui. Ça, ça pourrait avoir du sens... Un locuteur qui s'apprêterait à passer par profits et pertes, au tribunal de sa conscience, une relation amoureuse.

Merci pour ce partage !


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