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Poésie libre
Donaldo75 : Noël tralala
 Publié le 23/06/18  -  16 commentaires  -  1227 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

« Certaines nuits mon cœur craque comme le tonnerre
Je ne sais pas pourquoi il n’explose pas
Alors que tout le monde dans cette ville puante a un pied dans la tombe »

Tom Waits


Noël tralala



Des cow-boys en costume caracolent sur des chevaux vapeur
dans un monde de béton et de verre au goût amer de nulle part
rythmé par le son des klaxons et la lumière des feux tricolores.

Les magasins dégueulent de foies de canards morts
de coquillages gluants de dindons pleins de farce
la promesse assurée d’une sacrée soirée en famille.

De sculpturales beautés en plastique enrobé de soie
me regardent attristées de leurs yeux sans fond
perdues dans les grandes vitrines pleines de paquets vides.

Les mendiants sourient de mille dents pour garder une petite place
dans ce théâtre humide leur cul planté dans les tréfonds du macadam
où des requins de bitume attendent la nuit pour les manger tout crus.

De pauvres gars vêtus de rouge rient dans leur fausse barbe blanche
chatouillent les enfants
flattent les mamans
racontent des histoires à dormir debout
et à finir par terre.

Cette ville est devenue trop grande
un univers de silhouettes
une illusion de bonheur
les hochets à gogo
les prêts à taux zéro
les sept bons numéros
une belle promotion sur les frais funéraires.


 
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   Queribus   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai trouvé l'écriture de ce texte qui sort des sentiers battus très intéressante; malgré sa forme "moderne" l'ensemble a gardé un côté assez carré avec notamment les quatre tercets qui se suivent. L'ensemble n'est pas trop long et se laisse lire facilement. Le tout contient de très belles images poétiques (pratiquement à chaque ligne). Le tout témoigne d'un grand métier et d'une grande maitrise de la poésie et incite au respect.

Le fonds va à contre courant des idées concernant Noël et son bonheur associé; bien que pas très optimiste, l'ensemble est exprimé de façon réaliste et très habile.

En résumé, de la très belle ouvrage mais venant de vous, cela n'a rien d'étonnant.

Bien à vous.

   Palrider   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai trouvé le propos très juste, la désillusion de Noel pour les lucides, la société devenue un théâtre où les misérables sont en représentation, il y a le laissé-pour-compte sur le macadam(bravo pour les requins du bitume), il y a le producteur pauvre qui rame et produit au profit du jouisseur blindé qui ne travaille pas, et le père Noel à fausse barbe...bravo

   papipoete   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour Donaldo
La " magie " de Noël vue par un grand, pour qui les souliers au pied du sapin, tellement usés par les artifices matériels, ne marchent plus ; ni sur le macadam, ni dans les rêves oubliés !
Tout est artificiel, même les " pauvres gars vêtus de rouge " sont à côté de leur personnage, et sonnent faux !
Du foie gras au articles funéraires, on trouve tout en promotion ! << Mourez, c'est le moment ! la redingote en sapin soldée à défaut de l'arbre décoré de guirlande ! >>
NB un poème doux-amer sur les " réjouissances " de fin décembre, où la profusion de victuailles, de sourires rétribués, butent aux trottoirs de la réalité !

   Annick   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le narrateur prend le contre-pied de ce que peut être la période de Noël : magique, aux images d'Epinal. Celui ci, désillusionné, en dresse un tableau effrayant jusqu'à l'écoeurement. C'est une joie artificielle qui ne génère qu'amertume, tristesse. Le ton est parfois ironique.
C'est un tableau de la société de consommation, où le bonheur dégouline sur commande, en veux-tu, en voilà, artificiel, et qui n'est qu'un théâtre de guignols tristes.
C'est un certain regard : amer, tranchant, désabusé.
L'écriture est précise, au scalpel. Elle fait mouche.

Mon Noël, à moi, du moins l'idée que je m'en fais à été un peu égratignée mais j'aime bien les choses qui décoiffent et font réfléchir.
Bravo pour votre texte qui a atteint son but.
Et moi, je retourne à mes rêves où l'esprit de Noël existe peut-être quoiqu'on en pense.

" Les magasins dégueulent de foies de canards morts
de coquillages gluants de dindons plein de farce
la promesse assurée d'une sacrée soirée en famille."

   PIZZICATO   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un trait bien acéré qui cible tout à fait le grand " tralala " qu'est devenu Noêl. La grande bouffe, l'artificiel jusqu'à plus soif face à la misère toujours présente.
" Les mendiants sourient de mille dents pour garder une petite place "...

" un univers de silhouettes
une illusion de bonheur "

J'ai beaucoup aimé ce texte vrai.

   Recanatese   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah ça j'aime beaucoup!
Je retiens particulièrement cette strophe :

"Cette ville est devenue trop grande
un univers de silhouettes
une illusion de bonheur
les hochets à gogo
les prêts à taux zéro
les sept bons numéros
une belle promotion sur les frais funéraires."

C'est grinçant, dérangeant et tellement vrai! Un bon pied de nez au soi-disant "esprit de noël" avec ses gens heureux, ses guirlandes et la bonne odeur de vin chaud sur les marchés. J'aime aussi beaucoup les strophes 3/4/5. J'ai en revanche été moins convaincu par la deuxième, moins poétique que les autres à mon avis.

Merci pour ce texte qui parle de notre temps.

À vous relire

Recanatese

   Robot   
24/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte d'une écriture efficace où la force des mots donnent à la lecture un rythme qui happe et retient, qui accentue aussi l'aspect visuel de chaque vers. J'ai beaucoup aimé. Ce récit fait partie de ceux qu'on a envie de relire immédiatement et plusieurs fois pour en rechercher tous les sentiments qu'il révèle.

   Lariviere   
24/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce poème. Je le trouve bien écrit. C'est bien. Dans la forme, la construction impeccable donne avec une vigueur contagieuse à la lecture l'axe de traitement et le ton choisis par l'auteur, par son rythme d'ensemble, par la force d'évocation et par la force assez bluffante personnellement de ce portrait de "fête" de Noël moderne, dessous les lumières aveuglantes des guirlandes multicolores, du décorum municipal "merveilleusement" tape à l'oeil, des fausses barbes de père noël de centre commercial et des néons des rayons surgelés : les images, leurs rythmes fonctionnent parfaitement, mais surtout il y a la justesse de l'émotion suscitée dans ce choix de traitement à la Daumier, dans le ton caustique mais malheureusement, cruellement réaliste des descriptions... Pour moi ces évocations sont juste au top pour exprimer tout ça ; j'ai l'impression que l'auteur a réussi à décrire les rues, les magazins, l'ambiance plaqué-or toc, le dégoulinage l'inondation écœurante de faux bons sentiments dont fait preuve ma ville, lors de "ce moment de partage et d'amour" avec une précision remarquable... alors bravo à lui pour cette magie de noël, la vraie, la dégueulasse, la mercantile, l'envahissante, celle qui ici en occident broie tous les sentiments humains sur son passage, une fois les cadeaux et les jouets "achetés" (le mot d'ordre : si vous aimez : dépensez !!!) avec une joie perverse, et cette très belle réussite, technique, en terme de "part du lecteur" !...

Pour moi, c'est une formidable lecture et aussi, une petite leçon de ce qu'on peut faire de qualité dans le genre, en terme de cohérence, d'émotions communicables, sur un tel format (le poème).... J'ai aimé.

Encore bravo à l'auteur et merci pour cette lecture agréable. Je lui souhaite une bonne continuation dans sa démarche d'écriture.

   Luz   
24/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo75,

J'ai beaucoup aimé ce poème (y compris le titre.)
C'est tellement vrai : à Noël, c'est la trêve, des armes, de la compétition pour le petit pouvoir de chacun ; on est tous amis...
Et le lendemain tout est oublié.
Très bien vu : "des requins de bitume attendent la nuit pour les manger tout crus."
Merci.

Luz

   Ombhre   
24/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

un très beau texte, violent et fort, qu'il faut relire plusieurs fois (ce que je n'ai pas manqué de faire :-)).
Les images sont dures et justes, le théâtre de Noël peut à peu se décompose sous ta plume acérée.
J'adore la chute qui clôt bien le poème, et déshabille soudain cette scène trop pleine de dorures et de faux semblants.
Un seule remarque: selon mon ressenti, le texte serait plus fort encore en prose.

Bravo pour ce beau partage !
Ombhre

   Pouet   
25/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

une description noire, cynique, réaliste.

Bien aimé ce côté sans concessions. Une écriture qui va à l'essentiel, c'est bien.

   jfmoods   
25/6/2018
I) Une métropole pendant les fêtes

1) La dureté du décor

Le lecteur se trouve projeté dans un cadre urbain passablement oppressant ("un monde de béton et de verre", "le son des klaxons et la lumière des feux tricolores", "les requins du bitume").

2) Une abondance écoeurante

La saturation de la nourriture n'ouvre guère l'appétit. Elle donne même la nausée ("dégueulent de foies de canards morts / de coquillages gluants de dindons pleins de farce").

II) Le meilleur des mondes

1) De l'artifice à tous les étages

La convivialité ressemble à un jeu de masques triste et glaçant ("Les mendiants sourient de mille dents", "De pauvres gars vêtus de rouge rient dans leur fausse barbe blanche").

2) Les promesses du vent

Partout dans la ville s'affichent les tentations, le miroir aux alouettes de la société de consommation ("les hochets à gogo / les prêts à taux zéro / les sept bons numéros").

Merci pour ce partage !

   Cat   
26/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'applaudis des deux mains la poésie qui trousse chaque vers avec maestria. Même si je verse moins dans le couplet cent fois rebattu des tralalas indigestes de Noël. C'est du too much pour moi.

Chaque année on décrie et chaque année on remet les pieds sous la table, pas vrai ?

Mais c'est très bien écrit et au travers des foies morts qui dégueulent, ce sont des images d'une grande précision, à l'abondance écœurante qui enguirlandent ^^ ma tête.

A te relire, Donaldo


Cat

   Jocelyn   
26/6/2018
J'aime beaucoup. au fond ça sert à cela la poésie: fustiger ce qui laisse à désirer et l'urbanisation n'est pas forcément en reste. à force de faire de la nature un tas de beton et de bitume, nos coeurs deviennent des betons et des bitumes de nature. cela laisse comme un arriere gout amer. votre texte rappel l'importance de se détacher de tout cela pour renouer avec soi ailleurs que dans ces tours de Babel

   Donaldo75   
2/7/2018

   Maxdellillo   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Il y a de jolies fulgurances dans votre poème et une forme de désespoir révoltant et amusé au service de ce diaporama loufoque des fêtes de fin d'année.

Bonne continuation.


Oniris Copyright © 2007-2018