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Poésie contemporaine
Edgard : Pour un simple cri
 Publié le 12/03/15  -  13 commentaires  -  1777 caractères  -  309 lectures    Autres textes du même auteur

Mais quel pouvoir ont-ils, ces mots alignés sur une page ?


Pour un simple cri



Pour un simple cri si lointain ténu,
à peine entendu, ce chuchotement…
pour un cri d’enfant,
oison sans le nid, pousse à peine née,
notre Terre entière, unique et fragile,
sans yeux sans oreilles, montagnes, rivières
dans l’éclat vermeil, campagnes et villes,
notre Terre entière devrait s’arrêter !

On est loin ici ? Sur quelle planète ?
Poussière et soleil ou larmes de pluie,
lenteur de l’ennui ou couleurs des fêtes,
on est loin ici…

La mort est-elle blanche, comme l’avalanche,
jaune la putain à l’âge des tresses,
ou noire la faim ;
rouge, corps brisé, étrange caresse,
par l’éclat d’acier ? Au moment des fleurs,
à quelle couleur sont-ils arrangés,
le corps violenté, la vie sans espoir,
l’âme sans savoir et sans liberté ?

Pour un cri d’enfant sur le tas d’ordures,
ce gémissement, pour cette brûlure,
pour ce fer sur l’âme
de honte rougi, cette déchirure…
Chaque heure est perdue, qui n’œuvre à défaire
aux poignets les fers de l’enfant qu’on tue !
Notre Terre entière, grand radeau sans rames,
déserts et prairies, bourrasques et lames,
devrait s’arrêter.

On est loin ici ? Sur quelle planète ?
Poussière et soleil ou larmes de pluie,
lenteur de l’ennui ou couleurs des fêtes,
on est loin ici…

N’entendez-vous pas, passants qui passez,
venant de là-bas, d’autres continents,
porté par les vents,
hésitant, timide, ou parfois d’ici
jusqu’au creux des lits, passants qui rêvez,
faible tellement, comme un frôlement,
l’appel d’un enfant, qui fend nos nuits vides ?
Notre Terre avide, nos mots, notre sang
devraient s’arrêter !


 
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   Anonyme   
28/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,
Éblouissant, ce poème, à peine ces mots lus d'une seule traite, les larmes me sont venues aux yeux.
Que d'émotion, que de force, que ce cri est puissant et pourtant " N’entendez-vous pas, passants qui passez,
venant de là-bas, d’autres continents,
porté par les vents,
hésitant, timide, ou parfois d’ici
jusqu’au creux des lits, passants qui rêvez," et puis cette fin si lucide et magnifique "Notre terre avide, nos mots, notre sang
devraient s’arrêter !"
Comme un hymne à la douleur, à la souffrance des hommes portés par les hommes, à cette pathétique caricature qu'est notre civilisation, portons haut ce texte dans nos cœurs, dans nos assemblées, et dans notre avenir si nous voulons encore qu'il soit.
Les mots me manquent pour commenter davantage. Au delà de la littérature, de la musique, de la poésie, voici le véritable cri du monde, le plus pur, celui qui hurle en chacun de nos gestes si maladroits.
"Chaque heure est perdue, qui n’œuvre à défaire
aux poignets les fers de l’enfant qu’on tue !" C'est là l'esprit et le style de Victor Hugo. MAGNIFIQUE
Je pourrais ainsi prendre en exemple chaque vers.
Mille applaudissements à l'auteur.

   Pimpette   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Texte bouleversant. Et cependant, retenu.
les trois premiers vers disent tout avec une discrétion qui remue le lecteur.

Richesse du vocabulaire. les mots sont simples mais ils sont là, en abondance,libres puisque la forme n'empaille pas le texte et c'est un vrai bonheur pour une vraie sensibilité, une poésie toute pure.

Il fallait cela pour ce sujet qui nous mord et nous rend triste à fond;

"...n'entendez-vous pas
l’appel d’un enfant, qui fend nos nuits vides ?
Notre Terre avide, nos mots, notre sang
devraient s’arrêter !"

Sacré texte!

   Francis   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ces mots ont le pouvoir d'émouvoir ! Ils font entendre le cri de l'enfant sous le sein desséché à l'ombre du pisé. Ils font entendre le cri de Laurelyne assassinée par son père... Enfants affamés, enfants maltraités, enfants nés au mauvais endroit, enfants privés de droits...déchirent mon cœur. J'ai parfois honte d'appartenir à cette humanité. Ces vers ont porté votre cri au plus profond de mon âme.

   Arielle   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Superbe ! L'émotion, la beauté des images, la musique des vers auxquels leur liberté donne encore plus de force et de grâce, tout dans ce texte est de la patte d'un grand poète et je ne me souviens pas avoir lu récemment quelque chose qui comble à ce point toutes mes attentes sur un sujet aussi universel.
Un cri, un auteur que je ne suis pas prête d'oublier.

Profond respect.

   papipoete   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Edgard; on est loin ici? sûrement pas sur la Terre, où la place ne manque pas; l'eau coule à volonté; les champs ondulent sous les blonds épis; les forêts respirent à perte de vue; les greniers sont pleins à craquer! La paix règne partout, d'Est en Ouest, du Nord au Sud; les hommes s'entraident; tendent la main au faible; la liberté n'a pas de couleur, et chaque peuple vit heureux en son pays.
Un "djingle" à la radio me tire de l'assoupissement où je rêvais; le présentateur évoque un nouveau massacre en Syrie, des fillettes, des bambins portant en grigri une croix (pas la bonne) que des barbus égorgèrent ce matin dès l'aube.
"on est sur quelle planète, on est loin ici?
Votre récit pourrait s'accompagner de la musique de la Marseillaise, tant sont fortes les paroles; la dernière strophe en particulier!

   Robot   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très agréable à parcourir cette lecture musicale et fluide. La preuve qu'un poème long peut retenir s'il provoque des sentiments. Seul petit regret : ce "passant qui passez" en entame de la dernière strophe. Pourquoi pas par exemple "passants qui voyagez" qui correspondrait à l'idée des vers suivants:
"venant de là-bas, d’autres continents,
porté par les vents,"
Mais ce n'est qu'une remarque anecdotique par rapport à l'ensemble qui m'a transporté.

   Coline-Dé   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est beau et ça réveille !
Voilà un genre de poésie qui me comble : un message fort et émouvant qui semble sortir d'un jet, tant la forme s'adapte, se coule dans le sujet sans aucune aspérité gênante ; tout ici concourt à rendre le sujet plus vivant, plus sensible, jamais un vers ne parait forcé, les mots s'ajustent au ressenti et nous bouleversent. Bravo !

   Anonyme   
12/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Côté forme c’est un très beau poème, grande question, images superbes où déboulent l’énergie des éléments, et l’homme (la putain ou l’enfant) souffrant ou qui s’interroge, et cri, fragile élément lui-même, ou évènement et pourtant terrible aussi…

Côté sens il y a des choses (sentiments) très denses exprimées…mais, et si je dis mais c’est parce que je pourrais avoir– sur le fond – le même constat (discours); comme que la souffrance universelle fasse s’arrêter la rotation terrestre (heureusement que non, la souffrance serait pire, mais j’ai écrit quelque chose du même genre au moins une fois, ha! les images..).
Et peut-être ce cri du cœur est-il nécessaire et légitime même s’il semble presque naïf de l’émettre…après coup.

Quel pouvoir ont-ils ces mots alignés sur une page ? On verra…au moins vous les dites et bien et posez la question. Bravo.

C.

   pieralun   
13/3/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup de musique dans ce poème.
Une sorte de petites inspirations placées entre les virgules, étouffantes, jusqu'à l'expiration libératrice: " notre terre.........devrait s'arrêter."
Puis le temps de repos du refrain: " on est loin ici "

Les images délivrées par Edgard sont belles, une belle écriture, simple, de multiples traits de poésie:
- oison sans le nid, pousse à peine née.
- au moment des fleurs
- grand radeau sans rames.........bourrasques et lames
- passants qui passez
- de honte rougi

Après, et là j'ai moin aimé, quelques poncifs:
- larmes de pluie
- la vie sans espoir
- porté par les vents
- qui fend nos nuits vides


Le thème est on ne peut plus consensuel.
On mettrait bien un passionnément au bout de quatre vers...
Sauf que, et c'est moins habituel chez Edgard, on fait un brin appel au pathos:
- noire la faim
- rouge, corps brisé
- corps violenté
- sur un tas d'ordures
- gémissement
- brûlure, déchirure
- poignets de fer de l'enfant qu'on tue
Le dernier paragraphe me semble beaucoup plus subtil, le cri apparaît plus lointain, comme un frôlement, et le message plus fort en ce qui me concerne.
Un bon moment

   myndie   
13/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Edgard,

Ce cri est tout simplement magnifique. Le cri n’est-il pas le symbole du langage inarticulé ? Et pourtant, en l’habillant de votre poésie, vous en faites le messager de vos émotions, de vos indignations, de vos interrogations .
Cri de rage, lancé comme pour se sortir d’un étouffoir et trouer toutes les couches de malheur et de souffrances que des hommes font peser sur sur d’autres hommes.
Cri qui répond à l’oppression politique, culturelle ou guerrière qui semble être le destin de l’humanité.
Cri comme une plainte qu’on entonne quand l’indifférence du passant qui passe et qui rêve fait de la désespérance le seul horizon possible – et qui rend la fin du poème tellement belle.
Votre écriture est éruptive, comme si le poème faisait exploser l’accumulation des mots (maux) et des émotions et en même temps, vos vers ont une musicalité remarquable qui me fait dire que votre texte est un chant verbal qui trouble et qui bouleverse.

   Pussicat   
28/3/2015
Bonjour Edgard,
c'est très bien écrit, superbement, et pourtant j'ai peur de ne pas oser crier avec les loups et de vous dire mil bravos parce qu'il me semble avoir lu, entendu, ces mots déjà, il y a longtemps, dans les bouches des autres... dans la bouche d'un autre, dans la bouche d'une autre... ce qui ne retire rien à votre texte et à sa qualité que je reconnais.
Mais j'ai l'impression vive et malheureuse d'avoir déjà entendu ce cri...
trop personnel pour être commenté, peut-être...
à bientôt de vous lire,

Je reviens pour préciser mon propos : votre poème a résonné en moi d'une telle force qu'il m'était impossible d'en dire plus. Les semaines ont passé et je peux reconnaître aujourd'hui la beauté
déchirante de ce texte... j'ai pleuré à sa première lecture - pour des raisons personnelles - et c'est la gorge serrée que j'ai tout de même posé quelques mots, parce qu'il le fallait, comme un devoir.
aujourd'hui, plus sereine, je vous dis : merci !
à bientôt de vous lire,

   melancolique   
22/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Edgard,

Ce texte est magnifique! Les mots sont justes et forts, le rythme est tellement fluide, le message transmis est poignant. Un sujet assez délicat mais que vous traitez ici d'une manière poétique et pleine d'émotion. J'en reste le cœur serré, oui "notre Terre entière devrait s’arrêter"!

Mes passages favoris sont :
"Chaque heure est perdue, qui n’œuvre à défaire
aux poignets les fers de l’enfant qu’on tue !"

"Notre Terre entière, grand radeau sans rames,
déserts et prairies, bourrasques et lames,
devrait s’arrêter."

Et toute la dernière strophe.

Merci beaucoup pour cette lecture, et au plaisir de vous relire.

   AnneMariesquieu   
30/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un simple cri ,oui !
Un seul souffle ,
Mais un souffle épique !
Après cette lecture , j'ai l'âme un peu moins
Sans savoir et sans liberté ..


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