Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
embellie : Le sommeil
 Publié le 05/03/19  -  13 commentaires  -  1025 caractères  -  205 lectures    Autres textes du même auteur

Poème écrit d'après le tableau "Le sommeil" de Gustave Courbet.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sommeil_(Courbet)


Le sommeil



Sur un lit dévêtu de satin bouillonnant
Deux corps entremêlés au sortir d’une fête,
La rousse vers la brune à demi se tournant,
Ont fait don à Morphée de leurs formes replètes.

La pose est alanguie, la lourdeur des paupières
Et les bras étendus témoignent du repos
Succédant aux ébats d’amantes coutumières
Des plaisirs souverains tant chantés par Sapho.

La grande aux cheveux noirs a renversé la tête.
La rousse appuie sa joue sur un sein, doucement.
Ces modèles parfaits pour un tableau d'esthète
S'offrent à nos regards dans leur dépouillement.

Rondeurs épanouies, fins poignets et chevilles,
Quelques bijoux épars sur fond de liliacée,
Parfum de liberté auréolant ces filles
Et discrète impudeur habilement tracée.

Grincheux, de Cupidon ne détournez les flèches.
Pour ma part je ne vois que jeunesse ravie,
Délaissez vos tabous et vos mines revêches,
Rare est la tolérance et trop courte la vie !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Castelmore   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pas d’emphase ... des mots justes, simples qui, parfaitement agencés, créent une très belle harmonie et nous content cette scène sans rien omettre.
Cela semble facile, couler de source ... un très joli « travail » dans le respect d’une forme quasi classique !

Grincheux ne détournez pas la tête de ce «  néo » plein de charmes

Et la morale finale est dessinée avec délicatesse

Bravo
Castelmore en EL

   Corto   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte plaisant par son caractère badin sur une peinture qui a dû scandaliser quelques piliers de bénitier.

L'auteur aggrave son cas avec son ton provocant très bien venu:
"Grincheux, de Cupidon ne détournez les flèches.
Pour ma part je ne vois que jeunesse ravie,
Délaissez vos tabous et vos mines revêches,".

Vive la vie
Bravo

   papipoete   
12/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
néo-classique
Deux amoureuses alanguies se confient à Morphée, éreintées par une nuit d'ébats...Comme figées dans leurs empreinte lascive, elles semblent poser pour Courbet, qui ne peut faire le moindre bruit, au risque d'altérer l'arrêt sur " pause " le temps du premier croquis ! Telle une visite dans la galerie d'Ornans, nous suivons le Maître et là marquons le pas ; n'est-ce pas beau un corps de femme ?
NB " parfum de liberté auréolant ces filles ", comme ce vers est important, alors qu'en ces temps la LIBERTE souffre sous des signes de xénophobie, homophobie, et haine de l'autre ( juden aujourd'hui, avec des croix gammées au portrait de Simone Weil et autres outrages )
La dernière strophe est fort noble, alors qu'on sourit de plaisir devant ces beautés !
je vois un " néo " sans faute !
papipoète

   Donaldo75   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour embellie,

Voici un poème bien tourné pour un tableau du maitre Gustave Courbet qui a du faire grincer des dents à l'époque et même après.

Le style va bien avec la peinture, paisible, reposant, décrivant avec douceur la toile exposée devant nous.

"Sur un lit dévêtu de satin bouillonnant
Deux corps entremêlés au sortir d’une fête,
La rousse vers la brune à demi se tournant,
Ont fait don à Morphée de leurs formes replètes."

Et tout au long du poème, c'est ce sentiment de contempler une belle œuvre d'art qui domine. Le lecteur se met à la place du spectateur, avec précision et également sensation.

La fin est très intéressante car elle dépasse le tableau, la représentation, et entre sur le terrain de la morale, du regard social.

"Grincheux, de Cupidon ne détournez les flèches.
Pour ma part je ne vois que jeunesse ravie,
Délaissez vos tabous et vos mines revêches,
Rare est la tolérance et trop courte la vie !"

Bravo !
Merci pour le partage, moi qui ne suis pas un fan des toiles de Gustave Courbet, j'ai apprécié celle-ci.

   Annick   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le ton du poème est fidèle au tableau de Courbet, mêlant réalisme et sobriété. Pas d'emphase. S'il y a provocation, chez ce peintre, c'est bien dans le sujet choisi et non dans la manière de le représenter.
Pas d'idéalisation, même si les personnages ne manquent pas de charme, ne serait-ce que dans leur rondeur épanouie et la finesse de leurs attaches.

Les jeunes femmes sont peintes et capturées dans une pose naturelle, celle du sommeil, après des ébats :

La pose est alanguie, la lourdeur des paupières
Et les bras étendus témoignent du repos
Succédant aux ébats d’amantes coutumières
Des plaisirs souverains tant chantés par Sapho.

La grande aux cheveux noirs a renversé la tête.
La rousse appuie sa joue sur un sein, doucement.
Ces modèles parfaits pour un tableau d'esthète
S'offrent à nos regards dans leur dépouillement.

Le dernier quatrain s'adresse aux grincheux de tous poils et peut-être aussi aux peintres plus académiques habitués à lisser et à idéaliser leurs personnages :

Grincheux, de Cupidon ne détournez les flèches.
Pour ma part je ne vois que jeunesse ravie,
Délaissez vos tabous et vos mines revêches,
Rare est la tolérance et trop courte la vie !

Bravo pour ce beau poème tout en nuances délicates.

   PIZZICATO   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte nous offre une étude précise de ce tableau, le souci du détail, afin de nous mieux faire apprécier cette image d'amours saphiques.

" Ont fait don à Morphée de leurs formes replètes." Rien n'est omis (sourire)...


" Grincheux, de Cupidon ne détournez les flèches.
Pour ma part je ne vois que jeunesse ravie,
Délaissez vos tabous et vos mines revêches,
Rare est la tolérance et trop courte la vie ! " Voilà tout est résumé dans ce quatrain.



Un bel écrit.

   Vincente   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une poésie descriptive certes, peut-être un brin trop, mais avec une réelle délicatesse. Des mots simples qui auront su porter l'harmonie qui s'affiche sans pudeur sur la scène endormie. J'ai apprécié les rimes adroites qui colorent le récit sans forcer le trait par des choix importuns.

Le regard a l'élégance de la tolérance qui vient dans le vers épilogue rappeler sa regrettable rareté, d'autant plus qu'est "trop courte la vie".

   hersen   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour embellie,

J'ai vraiment aimé lire ce poème, chaleureux dans la tiédeur des draps.
par petite touche des fins poils du pinceaux, tu nous fais une description de l'assouvissement, de la volupté.

En plus, j'adore le mot "replet" :)))

par contre, j'ai été déçue du dernier quatrain, non pas dans son écriture, mais dans ce rappel social; car justement, la beauté du sujet est d'évincer tout ordre social, d'admirer une fleur simplement parce qu'elle mérite de l'être.

merci de cette jolie lecture !

   senglar   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Embellie,


"Quelques bijoux épars sur fond de liliacées"
Ô que j'aime ce vers ! Comme vous commentez ce tableau avec élégance Embellie - delicatessen -. Les censeurs eux-mêmes sont gourmandés gentiment, qualifiés de "Grincheux".
"Deux corps entreba..." il me prend des envies de réécrire ce poème, en plus émolliant, c'est tentant ; mais je vois Sapho qui me regarde et je n'ai pas de tombe où me cacher, c'est qu'elle risque d'être moins magnanime que vous.
Et puis je l'aime bien moi Sapho (j'ai même acheté son livre de poèmes ; enfin ce qu'il en reste).
J'intitulerais ce tableau "Au plaisir des reines".
Et vive la liberté des sexes :)

Senglar de Brabantie

   STEPHANIE90   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Embellie,

une visite à ce tableau de premier choix, magnifique et voluptueux. Vous l'avez très bien détaillé, avec art, si bien qu'on le visualise assez facilement.
Un très bon faux classique. Lol

Je suis moins fan de la dernière strophe un peu moralisatrice, je trouve que cela gâche un peu "le tableau".
Mais bon pas de quoi jeter le pinceau, merci pour cette lecture et hop ! un petit détour par Ornans (25) sa ville et son musée où il y a toujours de belles expositions...

StéphaNIe

   VictorO   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Description fidèle, adroite et précise du tableau. À cela s'ajoute progressivement les considérations du narrateur, observateur de la scène. Cela débouche sur cette dernière strophe très contemporaine et très juste ayant valeur de moralité.

   plumette   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Embellie,

j'ai commencé par regarder le tableau que votre poème restitue fidèlement, ce qui comble mon goût de la précision et du détail.
Je trouve la forme utilisée plutôt mélodieuse.

La quatrième strophe est ma préférée, c'est la strophe de transition dans laquelle la poétesse s'éloigne un peu de l'image pour donner aussi quelque chose de son ressenti: parfum de liberté, discrète impudeur

le changement de ton de la dernière strophe m'a dérangée à la première lecture mais comme je suis tout à fait d'accord avec le fond j'accepte la forme!

   Cristale   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour embellie,

Je ne puis qu'aimer cette poésie sur toile tracée de votre plume élégante.

De ce tableau ravissant où les "formes replètes" de l'époque chatoient les regards gourmands de ces rondeurs féminines, l'auteure brode une fine description des détails :

"Deux corps entremêlés" "La rousse vers la brune à demi se tournant," "La pose est alanguie" "fins poignets et chevilles," "la lourdeur des paupières" "Quelques bijoux épars" "discrète impudeur"

Je ne peux tout relever mais la description est fidèle à la peinture de Courbet et tellement poétique.

Cristale


Oniris Copyright © 2007-2019