Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie en prose
embellie : Pugilat
 Publié le 03/03/21  -  14 commentaires  -  1283 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Deux arbres dans le vent.


Pugilat



De la fenêtre de ma chambre je vois deux géants touffus, enivrés par l’autan noir. Dès que le vent mollit, les longs bras pointus s’alanguissent. C’est le temps des secrets et des chuchotements. Mais quand vient la rafale dont la voix monte et se gonfle, les bras s’agitent en signes brusques, provocateurs. Les deux arbres, face à face, s’affrontent, s’invectivent, se répondent par de lugubres murmures accompagnés de gestes profonds et menaçants. Durant les instants d’accalmie les rameaux vibrent à l’horizontale en de légers frémissements. Chaque brindille d’une même branche suit le mouvement, participe à l’acquiescement ou à la dénégation, car il y a beaucoup de oui et beaucoup de non dans cette conversation. Quand il semble qu’un accord est trouvé entre les belligérants c’est de courte durée. Éole hurle sauvagement, et les voici à nouveau irrités, cimes échevelées, doigts levés au ciel puis rabattus vers le sol en de grandes démonstrations véhémentes et plaintes courroucées. Les corps ploient du même côté, comme pour fuir, s’élancer à la poursuite l’un de l’autre… Les pieds, hélas, enfouis dans le sol, rendent la poursuite illusoire. Je me dis : « La tempête fait rage... Mais non, voyons, ce n’est qu’une querelle de voisinage entre un cèdre et un épicéa ! »


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
11/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Depuis toujours je suis fascinée par le bruissement, puis le grondement, des arbres dans le vent, leur agitation, les feuilles qui, chacune indépendamment et pourtant dans un bel ensemble, tentent de s'exprimer avec une telle frénésie qu'elles risquent de se détacher... Bref, j'applaudis votre choix de sujet.

Et je trouve que vous lui rendez justice. Je me suis bien représenté les deux géants touffus en plein conflit, avec les temps d'accalmie et les reprises d'imprécations. J'ai toutefois deux bémols :
1) Une fois posée la scène au début, je ne crois pas utile de re-préciser le contexte dans la partie ci-dessous du texte
Quand il semble qu’un accord est trouvé entre les belligérants c’est de courte durée. Eole hurle sauvagement, et les voici à nouveau irrités, (...)
Je n'ai pas besoin de relire que le vent se renforce (surtout personnifié par son nom mythologique, pour moi cette préciosité n'a rien à faire ici) pour comprendre la reprise de la dispute.
2) La fin, à mon avis, est ratée, encore une fois trop explicative. Dans
« La tempête fait rage ... Mais non, voyons, ce n’est qu’une querelle de voisinage entre un cèdre et un épicéa ! »
j'ôterais carrément toute référence à la tempête comme raison du spectacle. Mais ça, bien sûr, c'est moi, et l'auteur ou l'autrice c'est vous.

   Robot   
21/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La transcription métaphorique des arbres pris dans la tempête démontre une belle observation poétique de la nature confrontée aux éléments. La personnalisation qui fait de ses deux arbres des adversaires est une comparaison intéressante.

Je me permettrai une remarque de forme sur ce passage:

"Quand il semble qu’un accord est trouvé..."
Formulation un peu lourde. Il était plus simple et plus léger d'écrire : - Quand un accord semble trouvé... - Ça évite aussi un des deux "est" de la phrase (est trouvé / est de courte durée)

Mais j'ai apprécié de lire ce texte en prose.

   papipoete   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour embellie
Quand se lève le vent, posez votre regard sur deux arbres se faisant face ! Vous les verrez alors tel deux lutteurs sur un tatami, tendre leurs bras pour s'accrocher, se bâtonner... puis le vent mollira, et ces deux-là retourneront dans leur coin, avant qu'une rafale ne sonne la reprise, jusqu'à ce que enfin meure Eole.
NB on s'y croirait ! Et l'on comprendrait presque les noms d'oiseaux qui fusent de ces ramures ! Mais comme un culbutto sur sa base, l'un et l'autre des belligérants, ne peuvent que se toiser, se provoquer, se cogner mais point de poursuite... au sol ils sont par les pieds, rivés.
Une scène spectaculaire pour " qui sait regarder vivre la nature ", mais cela parfois au risque d'être effrayant !
L'auteure a su trouver les mots pour humaniser ces deux arbres !

   dream   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dans une anthropologie végétale, alliée à un esthétisme des plus raffinés, le spectateur-poète, de la fenêtre de sa chambre, assiste au long conciliabule des deux grands arbres touffus qui s’agitent sous le champ lexical de la météo -le vent d'autan-, devant ses yeux émerveillés. On retrouve aussi le champ lexical de la parole, qui personnifie les deux « feuillus », perçus comme deux êtres vivants.

Tout simplement SUPERBE !

Un Grand BRAVO ! à l’auteur (e).
dream

   Cristale   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Deux arbres et du vent et voilà une très belle histoire que la prose a sublimée.
J'aime beaucoup ce récit où le réel fait place à un imaginaire digne d'un scénario "à la Hitchcock" .
Mais je reconnais également, au-delà de l'imaginaire, la véracité des scènes pour aimer contempler le ballet des grands arbres dans le vent.
La puissance décrite est en parfaite symbiose avec la personnification des acteurs que sont le cèdre et l'épicéa.

Un très beau texte, vivant, descriptif et poétique.
Bravo !

Cristale

   Edgard   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle idée, belle écriture. J’aime d’amour les cèdres…
Quelques petites remarques si j’ose.
Un tout petit peu répétitif, c’est ma première impression de lecture, et, pour un texte aussi court, ça se voit. Pas dans le fond, ce sont des bourrasques qui se suivent, mais dans l’expression.
« Géants enivrés (violence)
Le vent mollit (pause)
Quand vient la rafale (Violence)
Instants d’accalmie (pause)
Eole hurle sauvagement (Violence) »
C’est surtout que chaque passage est un peu alourdi par les conjonctions de subordination (ou préposition) qui introduisent ces quatre phases du pugilat:
Dès que …quand vient la rafale… durant l’accalmie… Quand il semble… On pourrait choisir des indépendantes … ou une autre forme pour dire le temps.

« Chaque brindille d’une même branche suit le mouvement, participe à l’acquiescement ou la dénégation, car il y a beaucoup de oui et de non dans cette conversation » très belle image mais un peu explicative. On peut sans dommage enlever « car il y a », deux points suffiraient. C’est beau ces milliers de oui ou de non que disent les petites branches. Peut-être pourrait-on rendre cela un plus spontané vivant.

« Lugubres murmures » (on attendrait qq chose de plus violent, dans le registre de « s’affrontent, s’invectivent »)
Eole : Me semble en trop dans un texte qui n’a pas besoin de référence mythologique. La description poétique se suffit à elle-même. (J’ai aussi une tendance prononcée à cette facilité… hihi)
Il y a de très belles trouvailles dans la seconde partie, cette poursuite impossible, mais le côté explicatif les alourdit aussi un peu.
« Les corps ploient du même côté, comme pour fuir, s’élancer à la poursuite l’un de l’autre… les pieds, hélas, enfouis dans le sol, rendent la poursuite illusoire » : deux fois « poursuite ». Les trois idées :
1) Les corps ploient du même côté. 2) Fuir, s’élancer à la poursuite de l’autre 3) Leurs pieds enfouis dans le sol… crac boum hue.
Un beau texte.

   Francois   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette personnalisation ("humanisation") de deux arbres est agréable à lire et plutôt originale, avec un peu d'humour pour terminer le texte.
Je ne ne suis pas trop amateur de poésie en prose mais ici, je suis convaincu par cette "querelle de voisinage"...

   emilia   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci à vous de nous avoir invités à partager ce joli spectacle de deux géants qui dansent avec expressivité sous les effets du vent dont l’emprise les rend ivres, au rythme d’une musique qui marque le tempo, dans une succession contrastée d’accalmies et de déchaînements bien observés…

   jfmoods   
3/3/2021
I) Une scène épique

Au fil du poème, le lecteur voit se développer les escarmouches d'adversaires colossaux ("deux géants", "les longs bras pointus s'alanguissent", "C’est le temps des secrets et des chuchotements", "les bras s’agitent en signes brusques, provocateurs", "face à face, s’affrontent, s’invectivent, se répondent", "de lugubres murmures accompagnés de gestes profonds et menaçants", "l’acquiescement [ ...] la dénégation", "il y a beaucoup de oui et beaucoup de non dans cette conversation", "il semble qu’un accord est trouvé entre les belligérants", "irrités", "doigts levés au ciel puis rabattus vers le sol", "grandes démonstrations véhémentes et plaintes courroucées", "Les corps ploient du même côté, comme pour fuir, s’élancer à la poursuite l’un de l’autre").

II) La puissance de l'imaginaire

En réalité, ce choc de titans est le fruit d'une mise en scène toute personnelle de la poétesse. Depuis son poste d'observatrice ("De la fenêtre de ma chambre"), elle transfigure en effet, par son jeu de personnifications, la beauté du spectacle que la nature lui offre ("Les deux arbres", "Durant les instants d’accalmie les rameaux vibrent à l’horizontale", "Chaque brindille d’une même branche suit le mouvement", "cimes échevelées", "un cèdre et un épicéa") sous la baguette du vent ("l’autan noir", "la rafale dont la voix monte et se gonfle", "La tempête fait rage"), chef d'orchestre au génie absolument inégalable.

Merci pour ce partage !

   Castelmore   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir embellie,

Voilà que je commente ma première poésie en prose !

Je n’aime généralement pas ;
j’ai beaucoup de mal à y placer ma lecture; les paragraphes me semblent de lourds pavés,
bref je m’y sens,sauf exception millénaire, mal à l’aise.

Et là... je suis ravi, emporté !
À part le titre que je trouve un peu snob, j’ai tout aimé:
la langue... superbe, les images, les bruits, les dialogues - oui je les ai entendus - le scénario...

Certes la nature s’est bien mise à votre service, et vous n’étiez qu’au montage final ... mais pour moi il est parfait...
Trois oscars (c’est bientôt l’époque) sont pour moi un minimum !

Castelmore

   hersen   
3/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un très beau regard sur la nature et sa force.
Il n'y a que regarder, tout bouge autour de nous, et le talent est ici : savoir en surprendre l'essence, le mettre en mot et, comme un clin d'oeil, le ramener à sa juste valeur : une querelle de voisinage !

c'est tout à fait bien observé.

merci pour ce joli texte !

   ferrandeix   
4/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Une description très focalisée sur le sujet qu'elle propose. L'animiste se manifeste par une multitude d'images suggestives. Je regrette des phrases qui manquent parfois d'incisivité, trop longues, ce qui dilue un peu le lyrisme du tableau. On est trop dans le style discursif, ce qui éloigne de l'objet d'écrit. Le développement trop important nuit également à l'effet descriptif. Un bon texte, mais à mon avis qui ne crée pas l'effet qu'il pourrait atteindre

   ANIMAL   
10/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème magnifique, court et intense, très visuel. J'aime ce regard du narrateur qui personnifie ces arbres que le vent transforme en combattants.
On ressent chaque instant de cette querelle de voisinage, entre violence et accalmies. On vit le mouvement.
Un très beau moment de lecture. Bravo.

   Donaldo75   
11/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne vais pas bouder mon plaisir quand un poème parle des arbres parce que c'est un thème que j'aime voir abordé. Ici, le combat végétal est bien exposé aux yeux du lecteur qui voit dans cette prose plus qu'une narration et presque un tableau. Il y a de la vie dans ces braches et le spectacle devient vite hypnotique. Le poème réussit à embarquer ma lecture dans ce sens.

Un bémol, cependant, réside dans la dernière phrase que je trouve de trop, qui casse la tonalité poétique et ramène le texte à des considérations plus convenues, comme si elle voulait l'expliquer, au cas où le lecteur n'aurait pas compris. Dommage.


Oniris Copyright © 2007-2020