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Poésie contemporaine
emju : Au bal des queues d'épi
 Publié le 28/10/18  -  10 commentaires  -  1394 caractères  -  131 lectures    Autres textes du même auteur

La moisson.


Au bal des queues d'épi



Les têtes blondes en queues d'épi
Attendent le signal fatal
Mûres, joufflues, dorées et jolies
Elles vont connaître leur premier bal

À l'entrée du champ pour la lice
Plusieurs musiciens prédateurs
Ont déposé leur vile milice
Et s'apprêtent à former le chœur

D'un coup de baguette, ils entonnent
Le requiem de l'agonie
Sur la piste, les danseurs fredonnent
La valse du blé en queues d'épi

La salle de bal est une arène
Pleine de fauves aux dents de loup
Qui déchirent les habits de scène
Des valseurs épuisés et à bout

Acculés, ils s'embrassent, s'enlacent
Tournoient, s'enivrent sur un tempo
C'est la danse du grand face à face
D'un mal qui leur colle à la peau

Dans l'enceinte bruyante, étouffante
On titube, on glisse dans la foule
On s'accroche, on résiste, on tente
Un pas de deux puis on s'écroule

Le soleil d'un air goguenard
Embrase, échauffe les suppliciés
Qui dans l'horrible traquenard
N'arrêtent pas de valser

L'orchestre de la mort s'arrête
Sur la pierre tombale, emmêlés
Gisent et tressautent des corps sans tête
Punis pour maturité

La longue curée est terminée
Sous les grosses meules pyramidales
Les corps serrés, décapités
N'iront plus jamais au bal


 
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   papipoete   
12/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
libre
C'est le temps des moissons, le début de la richesse pour le grenier, le silo à blé ; c'est le temps des moissons, le début de la fin pour les blonds épis, les " queues d'épi " dont les têtes blondes vont tomber, rouler à terre sous le fer des grandes " faucheuses " .
NB une idée originale que de donner apparence humaine à un épi de blé, ( moi, je fais parler les animaux ! )
C'est diablement animé, et la valse devient funèbre lorsque au champ, gisent les " corps serrés, décapités " en meules, et qu'on emporte les têtes tombées sous les " fauves aux dents de loup " !
Un récit extraordinaire qui m'apparait plus en forme " contemporaine ", que " libre " .
papipoète

   LenineBosquet   
12/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,
Je trouve ce texte fort sympathique, plein d'humour malgré la mort qui rôde sur ce champs de blé.
Le titre à lui seul vaut le détour, bien joué.
C'est vraiment une bonne idée que de comparer la moisson à une danse de la mort.
Pour ce qui est de la forme, vous présentez ce texte sous la forme dite "libre", je le vois plutôt en "contemporain" (rimes alternées et présentation en quatrains). J'aurais d'autant plus apprécié un effort sur la métrique ainsi que sur la ponctuation.

   izabouille   
13/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très beau, j'ai bien aimé. J'ai été emportée, j'ai valsé et dansé dans les champs. Les images que vous mettez en scène sont bien rythmées, j'ai vraiment eu l'impression d'assister à la moisson ou même d'y participer.
Merci pour ce bon moment de lecture

   Anje   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En salopette ou queue de pie,
En sabots ou petits vernis,
On ne chaumera pas à lire
Ces trent'-six vers avec plaisir.
Ce poème emporte ma paille
D'un grand il a presque la taille.

En vous souhaitant une moisson de plumes.

   PIZZICATO   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cet anthropomorphisme dédié aux épis de blé qui subissent la moisson comme une mise à mort est subtil autant qu'original ; il fallait y penser.

Depuis l'entrée de " la vile milice ", jusqu'aux " grosses meules pyramidales ", un tableau de la moisson et son déroulement décrit en crescendo.

" Gisent et tressautent des corps sans tête
Punis pour maturité " excellent !

Un très beau travail.

   jfmoods   
28/10/2018
I) Une danse

En un lieu spécialement dédié ("La salle de bal"), le poème met en scène un cérémonial social dont trois verbes signalent l'entame imminente ("Attendent", "Ont déposé", "s'apprêtent"). D'un côté, on trouve les danseurs ("Les têtes blondes [...] Mûres, joufflues, dorées et jolies / Elles vont connaître leur premier bal") ; de l'autre, l'orchestre ("Plusieurs musiciens", "le chœur"). Le spectacle va alors pouvoir commencer ("D'un coup de baguette, ils entonnent", "Sur la piste, les danseurs fredonnent / La valse du blé en queues d'épi").

II) La chronique d'une mort annoncée

Au fil du poème, le tragique imprime sa griffe ("le signal fatal", "prédateurs", "Le requiem de l'agonie", "une arène / Pleine de fauves aux dents de loup / Qui déchirent", "épuisés et à bout", "Acculés", "un mal qui leur colle à la peau", "On titube, on glisse dans la foule / On s'accroche, on résiste [...] on s'écroule", "Le soleil d'un air goguenard / Embrase, échauffe les suppliciés", "l'horrible traquenard", "Sur la pierre tombale, emmêlés / Gisent et tressautent des corps sans tête", "La longue curée est terminée", "Les corps serrés, décapités").

III) La moisson

Le détournement de l'image classique, paisible, de la moisson - moment de festivité et d'allégresse - oblige le lecteur à considérer ce poème comme une métaphore de la condition humaine. La vie est une joute ("À l'entrée du champ pour la lice"), une lutte pied à pied pour se faire sa place dans la société ("l'enceinte bruyante, étouffante"). C'est un combat stérile contre le destin ("grand face à face"), destin aveugle qui nous désigne déjà notre tombe ("Sous les grosses meules pyramidales"), la fin du chemin ("N'iront plus jamais au bal").

Merci pour ce partage !

   JcJaZz   
28/10/2018
Le dernier chant, la dernière danse des condamnés à mort résignés
Inexorable, implacable, intransigeante
Cela n'empêche ni la dignité, ni la beauté et la grâce, ni la tendresse et l'amour des condamnés
Et la métaphore des épis de blé parfaitement maîtrisée qui décrit tout cela
Un très beau et profond poème
Merci

   Robot   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Avec ces épis transportés dans le tourbillon du bal de la moisson ce texte propose une intéressante métaphore de la vie.
Faut-il considérer que l'existence est une supercherie du destin puisque nous voici dés la prise de conscience de notre humanité en route vers l'inéluctable.

Le récit semble nous dire qu'il faut se résigner à ce qu'il n'y ait plus rien aprés la fin du bal.

   Castelmore   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte très bien construit, des vers mélodieux, au service d'un thème auquel je reste totalement insensible. Métaphore de la vie ?
Les images sont outrées et me semblent concourir à affaiblir l'ensemble .
Avec un sourire.

   Corto   
18/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Difficile d'adhérer totalement à ce poème. Des expressions très discutables: "Elles vont connaître leur premier bal" alors qu'il s'agit plutôt de leur "dernier bal" après une saison de croissance et d'insouciance..."vile milice" associé à "chœur" me parait incohérent. "L'orchestre de la mort s'arrête sur la pierre tombale" parait plutôt curieux.
Ceci dit on saisit bien l'ambiance de fin de vie de l'épi malgré des images qui auraient pu être améliorées.
Bonne continuation


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