Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
esperluette : Flagrant délit
 Publié le 04/03/15  -  11 commentaires  -  1365 caractères  -  236 lectures    Autres textes du même auteur


Flagrant délit



J'ai longtemps ignoré
Que les champs, les marais,
Les forêts, les taillis,
Pouvaient être assaillis.
Que des soldats en armes
Semaient partout l'alarme,
Que de nombreux guerriers
Sillonnaient les sentiers.
Et puis un jour j'ai vu,
J'ai passé en revue
Un puissant arsenal.
Quel ennemi brutal,
Quel puissant adversaire
Fallait-il mettre à terre ?
Et j'ai vu cette engeance,
Ces gibiers de potence.




Ils avaient doux pelage,
Beau et léger plumage.
Étalant ce butin,
On parla de festin.
Je dressais le couvert
Sur des regrets amers.
Je mis sur canapé
Des soupirs estompés.
Je parais tous ces morts
Avec quelques remords
Et puis je mis la table
Encore un peu coupable,
Je dis que je voulais
Leur offrir des palais…
Et… cynisme intégral,
Ce fut un vrai régal.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   LeopoldPartisan   
17/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
que dire sinon que c'est pas mal, franchement incorrect pour les petits bambis, panpans et fleurs réunis. Mais c'est drôlement bien rendu, avec dans la première partie des "beaufs" très Cabu et puis une fois qu'ils ont tous bien tirer leur coup... On étale bien la marchandise pour faire aussi délicat qu'un beau laché de salopes à la Bigard. On fait miroiter les palais tant aux gourgandines qu'aux petits notaires et de fait c'est un vrai régal.

   Hananke   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
J'aime bien ce petit poème aux vers courts et rapides
qui disent beaucoup de choses en peu de mots.
Oui, lorsque l'on voit l'arsenal déployé au bord des routes
de forêts ou des sentiers avec des panneaux, des gilets fluos,
on pourrait presque se croire en temps de guerre.
Et tout ceci pour quelques bêtes qui ne demandent qu'à vivre.

Mais ce qui est bien dans ce texte, est que l'auteur ne se cantonne
pas à dénoncer la chasse, il nous fait participer en participant
lui-même : les deux vers ultimes sont un régal !

   Arielle   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cruelle mise en bouche ! Mais comment résister à ces gibiers de potence qui nous enchantent le palais ? Généralement on préfère ignorer le prélude au festin mais cette lucidité, qui peu à peu se fait jour, est particulièrement bien mise en scène et tellement honnête qu'il n'y a rien à retrancher. Bravo !

   Robot   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Finalement, je reçois ce texte tellement bien écrit, comme un fabliau sur l'hypocrisie inconsciente. Le thème commence par une sorte de dénonciation ou de constat et s'achève sur le plaisir issu de ce qui est dénoncé. Ici cela concerne la chasse, mais l'ambivalence de sentiment montré dans ce poème est applicable à bien d'autres domaines à propos des armes ou d'autres sujets. Dénoncer la guerre et vendre des armes, pleurer sur les meurtres collectifs aux USA mais soutenir le lobbies des armes à feu, Protester contre la déforestation des forêts tropicale et acheter des meubles en bois précieux...

   PIZZICATO   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Robot s'est exprimé avant moi et définit tout ce que j'envisageais de dire après lecture de ce poème.
Ce texte est fort bien écrit pour dénoncer l'hypocrisie humaine grandiose.
J'ajouterai simplement que je suis végétarien...

   papipoete   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour esperluette; tout cet arsenal, ces hommes en armes, pour quel adversaire? Un cerf aux abois, une oie sur la mare, quel combat passionnant! Ici, point de lutte brave entre le sanglier solitaire tapi dans son cocon de ronces, et le courageux nobliau à la dague. Mais que peut-il présentement face à la balle explosive tirée d'un endroit sécurisé, comme le Marajah sur son éléphant?
Un fusil doit tuer, le gibier être écoulé; alors à l'occasion on ébranle une armada puis le tableau de chasse est fièrement exhibé sur l'herbe fraîche; l'on dresse couvert, on festoie et contre toute attente on se régale!
J'aime la première strophe et des vers tels ...je parais tous ces morts avec quelques remords...
le tableau est si criant de vérité, et la ponctuation qui lui donne ces touches respiratoires ne le rend que plus remarquable.

   Michel64   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du taillis à l'assiette. Dommage qu'entre temps il faille un massacre.
Votre poème est bien balancé et souligne bien l'hypocrisie des hommes.
Les vers à six pied donnent du rythme à tout cela de façon agréable.
Au plaisir de vous lire encore.

   Anonyme   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Je hais depuis longtemps ces tueurs ordinaires qui envahissent nos campagnes et nos forêts à certaines saisons. Ils perpétuent cette ancienne nécessité de prédateur inscrite en nos gènes.
Mais depuis le développement de l'agriculture, cette nuisance est devenue superficielle, une véritable perversion.
Pour retirer de nous ce goût carnassier pour les tueries du dimanche, il faut extirper de nos papilles ce " régal".
Beau poème, très réel, très bien écrit, sans rien de trop qui dégouline. Merci par ce texte délicieux de nous mettre, ou de nous remettre, ce doigt sur notre plus gros défaut après l'orgueil, notre hypocrisie.
A vous relire, et toujours avec beaucoup de plaisir.

   Anonyme   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour esperluette... Une première strophe que l'on ne comprend vraiment qu'en parcourant la seconde. Un poème très bien écrit et finement mené jusqu'à ces deux vers de chute où l'auteur, comme la majorité des humains, prédateurs que nous sommes, des gibiers de potence oubliera le destin en s'attaquant, cynique, au royal festin ! J'ai beaucoup aimé cette conclusion ! Merci...

   Automnale   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En effet, Esperluette, il est flagrant ce délit !

"Quel puissant adversaire/Fallait-il mettre à terre ?"... Eh oui... Un petit animal qui ne demandait rien, ne faisait aucun mal. Il mettait juste un peu de vie dans la forêt ou dans les champs...

"Je dressais le couvert/Sur des regrets amers"... Certes !

Ce texte, intelligent, original et bien écrit, fait réfléchir sur notre genre humain... Qui plus est, il a le mérite de ne pas juger... Certains (dont je ne fais pas partie !) apprécient le gibier... D'autres (dont je suis !) ont connu, ou connaissent, des chasseurs très sympathiques... Quant à la présentation du poème - comme deux plateaux d'une balance pesant le pour et le contre -, elle fait sourire...

Récemment, je regardais un reportage sur le métier de... Plumassière (ou Plumassier !). Un ami de la Plumassière allait à la chasse, au faisan, à la perdrix ou à la bécasse, juste pour que les plus belles plumes du malheureux volatile puissent orner une robe ou un chapeau... Mais quelle horreur !

Que nous raconterez-nous la prochaine fois, Esperluette ! Je me le demande !!

   Anonyme   
4/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau cynisme de tuer ces animaux pour les manger ensuite et en faire des trophées...

L'homme est un prédateur.

J'ai follement aimé ces vers cours et concis ainsi que la disposition décalée au niveau des strophes.

De plus, l'histoire est bien racontée, les mots sont justes et sonnent bien.

Bravo !


Oniris Copyright © 2007-2019