Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
framato : Cinquante-trois secondes et quelques répliques
 Publié le 13/09/26  -  1 commentaire  -  2949 caractères  -  8 lectures    Autres textes du même auteur

Un mini-tremblement.


Cinquante-trois secondes et quelques répliques



1


Ce matin, la terre a tremblé.
Ce n’était rien, presque, pas grand-chose.
Un tremblement riquiqui, que même le tram de 05 h 32 aurait pu mieux faire.
Les vitres ont à peine vibré.
Pas un seul verre ‒ dans l’armoire de chêne ‒ n’a tintinnabulé.
Les murs bleus de l’appartement ne se sont pas mis à frissonner de peur.
Goupil, le chat roux n’a bougé qu’une oreille, tout vautré sur le radiateur à air pulsé.

J’étais assis sur le divan, sniffant à la fois la fumée bleue de sa cigarette mentholée et la vapeur sucrée de mon café au lait. J’aime le menthol, quand c’est elle qui le fume.

Je ne pensais à rien de précis quand la terre a frémi.
Un peu.
Un fifrelin de rien du tout.
Ça n’a pas fait de courant d’air.
Ça a juste chatouillé mes pieds posés au sol.
C’était quasi imperceptible, mais ma terre a tremblé.

Je crois bien que si ce truc n’avait pas fait Le Bruit,
Il serait passé aussi inaperçu que le reste de ma vie.

Cependant.
Et si.
Et si c’était juste à ce moment que la vie avait changé ?
Au moment précis où le chat s’est endormi.
Le premier Bruit a dévalé comme un ouvreur en hiver, avant-coureur du reste.

Et si ça
Et si ça avait
Et si ça avait été
Et si ça avait cet été
Et si ça avait cet été en plus
Et si avait été plus fort cet été
Et si ça avait été plus fort quand le second Bruit est sorti ?

Et si c’était lui qui avait tout cassé ?
Bien après la première secousse.

Et si juste après ça le troisième Bruit était arrivé, naturellement ?

Et
Si
Ça
Nous
Avait
Blessés ?

Et si ça nous avait tués ?
Hein ?


2


Se mélanger aux labyrinthes, que l’on croyait éternels dans un éclair de fulgurances, penser aux soirs d’orages dans lesquels nous nous sommes abandonnés.

Se perdre en sa mémoire, refuser d’y croire, ne plus se rappeler.
Tuuut, tuuut, tuuut, pas de messagerie.

L’homme ‒ en était-il un vraiment ? ‒ fumait, accoudé à la table.

Son coude gauche
Posé en équilibre
Coincé
Entre bois et vide
Maintenait un carnet sur lequel
D’une écriture inquiète
Se traçaient à l’encre verte
Des éponges
Des pieuvres
Des ventouses fécondes
Des méduses
Quelques mots importants
(Au moment où tout tremblotait)
Des ratures
Des extraits de pensées
Du vide
(Pas d’ordre, ni de volupté, juste Trois Bruits pour une onde)

3


Chercher, sur une feuille encore à salir, les traces éparses d’un avenir encore à naître, chercher les bribes d’un passé qui se refuserait encore à être, chercher pour ne plus trembler au moindre bruit !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Provencao   
13/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour framato,

J'ai bien aimé ces signes qui étonnent notre oreille, et si ils nous augurent quelque chose, quelqu'être semblable à nous : ils sont, pour ainsi dire les voix et sens de notre âme ; et, s’ils nous cisèlent aussi la solitude, ils nous révèlent que nous n’y sommes pas seul.

Cinquante-trois secondes et quelques répliques et si ... l’on ne peut entendre ni voix ni sens sans se dire à l’instant : une autre âme poétique est ici....

Au plaisir de vous lire,
Cordialement


Oniris Copyright © 2007-2025