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Poésie contemporaine
Francis : L'estaminet d'Alice
 Publié le 30/05/15  -  24 commentaires  -  720 caractères  -  334 lectures    Autres textes du même auteur

Ils n'avaient que leurs bras à offrir en partage. Le monde n'était pas encore aseptisé. L'estaminet était un lieu de convivialité.


L'estaminet d'Alice



Le soir, ils chopinaient, amarrés au comptoir
Le coude sur le zinc, les yeux dans les étoiles.
Le tabac gris mêlait ses volutes, ses voiles
Aux effluves d’anis, aux reflets du miroir.

Dans la douce chaleur du vieil estaminet,
Visage buriné, narines dans la mousse,
Les compères trinquaient à la blonde, à la rousse
Oubliant le labeur, la moisson de juillet.

Valets devenus rois le temps d’une belote
Le ballon à la main, ils s’arrosaient la glotte,
En riant aux éclats. L’atout, c’était le cœur !

Enivrés et heureux, sous la lune complice,
Paletot bleu ouvert, urinant sur les fleurs,
Titubant, ils quittaient l’estaminet d’Alice.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   bipol   
7/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le soir, ils chopinaient, amarrés au comptoir
Le coude sur le zinc, les yeux dans les étoiles.
Le tabac gris mêlait ses volutes, ses voiles
Aux effluves d’anis, aux reflets du miroir.

votre texte est bien écrit

Dans la douce chaleur du vieil estaminet,
Visage buriné, narines dans la mousse,
Les compères trinquaient à la blonde, à la rousse
Oubliant le labeur, la moisson de juillet.

mais j'ai l'impression peut-être à tort

que cela reste descriptif

on voit bien se vieil estaminet

mais je ne ressens pas la puissance , la force

j'ai bien aimé sans plus

   papipoete   
10/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
il fut un temps où l'estaminet était un sanctuaire, quand les volutes de tabac gris, les effluves d'anis n'avaient rien de diabolique. Cela illuminait le visage buriné des travailleurs fatigués de la moisson de Juillet. Une partie de belote les intronisait rois éphémères, ces valets au service " d'autres "; puis saouls et heureux, ils rentraient en arrosant les fleurs, le pantalon ouvert. C'était bien chez Alice, c'était chouette...
Il suffirait de presque rien... pour que ce poème jubilatoire ne s'habille de " classique "!
Le premier tercet est attendrissant.

   Robot   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On pourrait bien sûr regretter que ce poème soit seulement descriptif mais c'est tellement détaillé justement que ce milieu apparaît, un peu comme l'image de ces peintures des Le Nain qu'il faut observer pour percevoir l'humanité des personnages et les détacher du fond du tableau pour s'en imprégner.

   troupi   
17/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui, il n'y a que les jeunes générations pour n'avoir pas connu ces estaminets.
Ce sonnet est superbement écrit et il raconte une histoire, une époque où les loisirs n'étaient pas nombreux, ces lieux de vie permettaient à des populations souvent harassées de travail de se changer les idées.
L'alcool et le tabac faisaient des ravages ; peu en étaient conscients et le parti pris de l'auteur est d'ignorer ce revers de la médaille. c'est un choix.
J'apprécie beaucoup le vocabulaire qui rend bien compte de cette époque révolue.
L'avant dernier vers m'évoque tellement Brel que j'aurais poussé jusqu'à utiliser "en pissant" en lieu et place de "urinant".
Je trouve que c'est vraiment un très beau sonnet et je me demande ce qui l’empêcherait de figurer en catégorie "Néo". Choix de l'auteur ?
Peut-être aurons-nous la réponse lors de la parution.

   Robot   
30/5/2015
Erreur: Double com

   Anonyme   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Francis... Quatorze vers qui me ramènent soixante ans en arrière ! Par chez moi l'estaminet était bistrot, le "gros" rouge remplaçait le pastis et les ouvriers les valets de ferme mais c'était la même ambiance pour les mêmes résultats...
L'espérance de vie augmente tous les jours mais nous avons perdu la convivialité de ces temps pas si lointains...
Faut-il applaudir ou se lamenter ? A chacun sa réponse !
J'ai la mienne car mon père, paix à son âme, fréquentait malheureusement, et trop souvent à mon goût, ces lieux de "fraternité"...

Un texte très juste où j'aurais également bien vu... en pissant sur les fleurs ! Bravo et merci pour ce flash-back même s'il ne me rappelle pas que de bons souvenirs.

   Anonyme   
30/5/2015
Salut Francis

J'aurais aimé signer ce sonnet.
A mon goût c'est le meilleur de ceux que tu as publiés ici.
Pas seulement pour le sujet, même s'il est des plus sympathiques, mais surtout pour la qualité de ton écriture.
Je me répète de com en com, mais en poésie classique (ou néo), un poème n'est réussi que s'il se lit comme la plus fluide des proses, sans rustine ni acrobatie syntaxique.
C'est le cas pour celui-ci.
En outre les images sont plus vivantes les unes que les autres.

Le dernier tercet est un clin d'oeil à Rimbaud qui pissait " vers les cieux bruns, très haut et très loin, avec l'assentiment des grands héliotropes."

Merci Francis et bravo !
Je suis très jaloux ;o)

   leni   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
salut Francis
C'est un label garanti Derrière Alice il y a le pays des merveilles
Et le tout dans un sonnet de style Et il y a des mots qui d'emblée vous emmènent

Le soir, ils chopinaient, amarrés au comptoir

narines dans la mousse...

et mes vers préférés

Valets devenus rois le temps d’une belote
Le ballon à la main, ils s’arrosaient la glotte,
En riant aux éclats. L’atout, c’était le cœur !

Ca sent le vrai et c'est cela qui me plait

Et le monde entier a "le paletot bleu ouvert"!!!
Joliment écrit Merci à toi Francis
Salut amical
Gaston

   Automnale   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"L'estaminet d'Alice" représente un joli tableau d'antan dont l'auteur a le secret.

Des hommes amarrés au comptoir, le coude sur le zinc, chopinent... Dans la douce chaleur d'un vieil estaminet, ces compères, joueurs de cartes, trinquent à la blonde, à la rousse ! Ainsi oublient-ils le labeur, la moisson de juillet... Le ballon à la main, ils s'arrosent la glotte et rient aux éclats... Et puis, enivrés, heureux, paletot bleu ouvert, ils quittent, en titubant, l'estaminet d'Alice...

Ce tableau-poème ne manque pas de charme. Il reflète une atmosphère particulière, propre au petit monde des brumes du Nord.

J'ai simplement noté des petits soucis de ponctuation (mais ce n'est pas bien grave puisque cela peut facilement s'arranger). Je propose des virgules après comptoir... après voiles... après rousse... et après belote...

L'Estaminet d'Alice pourrait devenir une agréable chanson... J'entends, déjà, l'air du bandonéon...

J'aime ce genre de poésie.

Merci et bravo, Francis !

   PIZZICATO   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Francis
Vous nous offrez un joli tableau d'une certaine époque avec ce sonnet à l'écriture fluide, et parsemé de belles images.
Les deux quatrains sont de véritables peintures qui m'ont fait penser à " les joueurs de cartes " de Cézanne.

J'ai un tout petit peu moins apprécié le dernier tercet, mais cela n'ôte rien à la qualité de ce texte.

   Pimpette   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est superbe
je garde!

J'ai bien du mal à trouver d'autres mots que ceux des com qui me précèdent!

Aucun mot hypertrophié
Une aisance constante!
Une légèreté de ton

Le camarade Francis est décidément doué dans un genre qui allie la poésie à la simplicité et c'est celui que je préfère!

   David   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Francis,

Le poème est joli, il a un air de tableau, ça n'est pas "bucolique" mais il y a quelque chose du paysage quand même. Le ton aussi ajoute au charme, la gouaille trompe un peu la rectitude des vers avec bonheur.

   boudune   
31/5/2015
Belle écriture, c'est visuel, chantant, nostalgique. Comme on lit souvent avec d'autres échos sur l'épaule, j'ai pensé aux "assis" de Rimbaud, pour la tristesse sous les airs de ripaille. C'est vrai que le "urinant" est presque trop propret, mais pas grave, parce que le dernier vers emporte tout.

   lala   
31/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un grand plaisir de lecteur ! L'estaminet prend vie, le partage, le moment de détente, puis les rires et les émotions chaleureuses d'une fraternité de travailleurs.
Comme l'a exprimé un autre lecteur, on peut y retrouver d'autres métiers, ici agricoles, ailleurs industriels. J'ai moi-même ressenti le milieu des marins, des pêcheurs "amarrés au comptoir" ... une universalité d'un temps qui se perd.

   Anonyme   
31/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte qui m'avait bien plus en sélection et qui me fait penser évidemment à Amsterdam de Brel mais aussi Au cabaret vert de Rimbaud. Le tableau est saisissant bien qu'un peu trop prosaïque.

   Anonyme   
31/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel bel estaminet !

La fumée du tabac envahissant les lieux ; la bière coulant à flots et les lèvres couvertes de mousse ; valets devenus rois le temps d'une belote ; enivrés, urinant sur les fleurs au sortir du troquet, titubant, quittant l'estaminet d'Alice...

Et ce vers, plus superbe encore : "L’atout, c’était le cœur !"

Bravo à vous,

Wall-E

   Anonyme   
1/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ! j'ai eu simplement à pousser la porte ,l'estaminet était calme et encore ouvert ! Attablé au zinc ....il y avait Francis qui noyait sa semaine dans le fond de son verre ! rire ....juste un petit délire !
Bon j'ai aimé , un véritable tableau , on voit , on sent , on a presque envie de trinquer avec eux !Un portrait vivant de ces compères ! j'ai simplement envie de leur dire " help ....c'est de l'eau qu'il faut aux fleurs ! " :-)
merci pour ma lecture

   Hananke   
1/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Francis.

De très bons moments dans ce sonnet contemporain :

Amarrés au comptoir, comme ces barques dans les ports.
Narines dans la mousse
L'atout, c'était le coeur.

Point de classes ni de barrières dans ces estaminets
d'un autre temps.
Le tableau est magnifiquement encadré.

   Mauron   
1/6/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bien sûr, l'estaminet fait de ce texte une composition littéraire, qui fait écho aux sonnets de Rimbaud sur le sujet. J'ai pensé au "Cabaret vert" que voici:

Au Cabaret-Vert

cinq heures du soir
Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
− Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. − Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

− Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! −
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, − et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.


Octobre 70.

Mais que dire après Rimbaud sur tout cela? Vous avez bien fait de les faire pisser sur des fleurs, mais j'eusse été vous, je les aurais fait pisser et non uriner. "et pissant sur les fleurs" à mon sens, cela eût eu plus de gueule...

   Curwwod   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un superbe sonnet irrégulier ( ce qui ne retire rien à son charme), un tourbillon de sensations, visuelles auditives, olfactives et tactiles qui évoque avec bonheur, mais aussi une grande finesse tant dans l'esprit que dans l'expression la chaleur humaine qui emplit ce lieu. On aurait facilement envie de passer un moment dans la fumée du tabac gris des cigarettes roulées entre les doigts, pour l'oubli, l'espoir, un instant d'insouciance et d'amitié. L'écriture est très belle et très évocatrice.
J'ai beaucoup aimé.

   Pussicat   
7/6/2015
« Le soir, ils chopinaient, amarrés au comptoir » : pourquoi ces virgules ?
Perso, j'aurais mis une virgule après « voiles ».
Pourquoi le « Visage buriné » est seul ? au singulier... rien n'indique, ni dans le premier quatrain, ni par la suite, que vous dessinez le portrait d'un « Visage buriné », en particulier.
Je n'accroche pas vraiment, enfin pour moije, je ne lis rien d'autre qu'un sonnet sympa sur l'ambiance d'un estaminet, d'un bar, en été.
Les rimes sont attendues, peu d'inventions poétiques.
Un texte qui coule... on sent l'ambiance.
à bientôt de vous lire

   Cristale   
8/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je découvre une belle écriture, très fluide, expressive. Les images se dessinent tout au long de la lecture comme un vieux film en noir et blanc. L'ambiance enfumée, les propos gouailleurs des hommes ivres , tout cela est bien décrit . Certes, le raffinement n'était pas de mise à cette époque et en ces lieux.
Un peu plus et ce poème aurait une belle place en sonnet classique.
Merci et bravo Francis !
Cristale

   Anonyme   
31/8/2015
Bonjour Francis
J’arrive sur ce site, plutôt je le retrouve, et je découvre ce bijou. Je ne comprends pas pourquoi, il a été publié en poésie contemporaine, il a sa place en néo –classique. Quel tableau ! On est baigné par l’atmosphère." L’atout, c’était le cœur ! " superbe! des mots simples qui disent tout
En tant qu’homme de la terre, je le déguste. Aujourd’hui, avec les voitures et les engins, on n’a plus le droit de trinquer au bistrot du coin.

Merci pour ce bon moment.

A la vôtre :)

   luciole   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce sonnet d'atmosphère qui comporte de jolis vers ( notamment le 9ème, mon préféré)
Comme d'autres commentateurs, je pense que "pissant" était un choix meilleur.
Quoi qu'il en soit, j'ai pris du plaisir à lire ce beau poème.
Merci Francis


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