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Poésie libre
fugace : Merci
 Publié le 10/07/13  -  10 commentaires  -  1437 caractères  -  220 lectures    Autres textes du même auteur

Que dire ?
Il y a des moments où on a besoin de faire "retraite", de se fermer aux autres.
Quand on revient de ce "no man's land", il est bon de trouver une affection compréhensive.


Merci



Suivre l’instinct qui protège…



Dans ces moments où la vie m’englue,
Quand mal partout,
Quand bien nulle part,
Quand mon corps ombre chinoise
Ne vous dit pas mon absence.

Je m’enfuis en solitaire,
Je pars en solitude,
Loin, si loin, dans un ailleurs
De vide sans souffrance ;
Sans ressenti, où j’oublie ma mémoire.

Quand l’instinct, le sauvage,
Se réveillent, prennent le pas, je les suis.
Amitié avec un bourdon sur une euphorbe :
Splendeur du contraste pain brûlé mordoré
Posé sur goutte de menthe à l’eau diluée.

Ne pas parler, ne pas me retenir !
Me laisser partir libre, seule.
Ne pas s’inquiéter : les taillis,
Les fossés m’ont élevée,
M’ont toujours protégée.

Quand je reviens, les cheveux hérissés
De ronces, les mains écorchées,
Le visage maquillé de traces de terre ;
Regarde juste mes yeux, plus clairs qu’avant.
Mais tu sais déjà tout cela, sans les mots.

Au retour de ces nulle part
Où l’on ne peut m’accompagner
Puisqu’il faut que j’aille jusqu’au fond
De mes peines pour qu’elles ne gagnent pas,
Tu m’ouvres les bras : « Viens ! »

Avec un sourire de jour de pluie
Je vais me réfugier dans ta chaleur,
Y trouver sécurité, tendresse.
Dans l’épaule de ton pull bleu marine
Je murmure : « Merci. »


 
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   Pimpette   
10/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Quand l’instinct, le sauvage,
Se réveillent, prennent le pas, je les suis.
Amitié avec un bourdon sur une euphorbe :
Splendeur du contraste pain brûlé mordoré
Posé sur goutte de menthe à l’eau diluée."

C'est bien Fug' dans sa poésie et ses contrastes!
Entre niaque et tendresse...
Entre solitude et amour...
Entre fuite éperdue et retour sur l'épaule bleue marine!

Je me sens chez moi dans l'écriture tellement libre de Fugace!
Rien de corseté ni de tarabiscoté!
Un vrai bonheur!

   leni   
10/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fugace
Quand ta vie s'englue tu pars en solitude Tu suis ton instinct sauvage C'est ton contact avec le présent Nature Entre j'ai été et je serai Un moment "Fugace"De retour de nulle part:"Viens" la tendresse
est dans l'épaule de ton pull bleu marine
Comment être plus simple dans la manière d'exister et comment mieux le faire partager Tu perçois dans l'aigu des ultrasons Comme "les chauves-souris"Tu as de la Chance!!!! Superbe moment Bravo Fugace Leni

   Marite   
10/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Je m’enfuis en solitaire,
Je pars en solitude,
Loin, si loin, dans un ailleurs
De vide sans souffrance ;
Sans ressenti, où j’oublie ma mémoire."

C'est, je crois, le seul et unique remède capable de protéger notre équilibre psychique quand il est mis à mal par certains évènements passés ou présents. Peu de gens le comprennent et souvent la réaction c'est "médicaments, psychothérapie ...etc et pourtant, la Nature est là.
"Merci" à vous Fugace d'avoir si bien décrit tout cela en une expression vraie et libre, comme je les aime.

   Robot   
10/7/2013
Redécouvrir le monde qui nous entoure, comme au sortir d'une dépression quand tout ce que nous avions oublié de beau remonte éclatant à notre mémoire. Et qu'un être aimé vous retrouve, que vous le retrouvez aussi. "...jusqu'au fond de mes peines pour qu'elles ne gagnent pas" Une lutte contre soi-même pour sortir vainqueur dans des bras protecteurs. Votre poème m'a profondément ému.

   troupi   
10/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Fugace connait les secrets bien cachés à l'ombre des brins d'herbe, l'insignifiant détail indispensable à l'âme quand animal blessé notre vie est au sol. Savoir se ressourcer où les gens ne voient rien est une grande chance merci de nous la faire partager.
"Je m’enfuis en solitaire,
Je pars en solitude," il me semble que l'un de ces deux vers est en trop. En supprimer un des deux allègerait la strophe. moi je garderais : je pars en solitude. A bientôt Fugace pour une autre enrichissante lecture.

   Elmousikas   
10/7/2013
Commentaire modéré

   brabant   
17/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fugace,


J'ai aimé ce ressourcement où le langage lui-même devient bancal en prélude, et puis c'est la nature qui reprend le dessus, ce poème est donc profondément païen, la nature est brutale, elle remodèle sans ménagements ; et elle est magnanime et clémente, elle revivifie et rend.

Combien de temps entre deux liftings ?

Dolphin amoureuse d'un marin ?

"Mets ton habit, scaphandrier.
Descends dans les yeux de ma blonde
Que vois-tu, bon scaphandrier ?

...

Je vois une source très pure,
Je vois des rires et des deuils,
Une oasis près d'un écueil."

Jacques Douai, Léo Ferré, Claude Nougaro... Il y a même une version des Quatre Barbus :)) Le texte est de René Baër ; la musique est de Léo Ferré. ["Merci" à toi Léni ;)) Très amicalement. brabant]

:))) ))) ))) )))

   Anonyme   
17/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Fugace,

J'ai un faible pour ce poème. D'abord le titre: "Merci" est assez étrange. Il sème presque une sorte de confusion, car on n'emploie jamais ce mot pour parler d'amour, d'affection, ou même d'un autre sentiment. On le réserve plutôt à la reconnaissance d'un service rendu, à quelque chose de prosaïque, j'allais presque dire, de "monnayable".
Ici, la narratrice est tellement peu sûre d'elle qu'elle ne trouve pas d'autre mot que "merci", et ce mot procure au texte toute son émotion, lui donne rétrospectivement une force qu'on ne soupçonne pas toujours à mesure qu'on le lit. Car vous restez souvent à la lisière de vos sentiments, par pudeur peut-être; vous nous dites les choses sans en dévoiler l'origine, sans qu'on en sente toujours forcément la gravité, jusqu'au mot "merci" qui m'oblige à vous relire.

J'aime aussi beaucoup la forme. Elle traduit bien la recherche de sérénité (strophes régulières), en même temps qu'elle montre le désordre de la vie, puisque ces strophes se chevauchent et viennent rompre cette tranquillité tant souhaitée.
Et puis ces deux vers : " Quand mal partout / Quand bien nulle part " où l'apocope du sujet et du verbe (Quand j'ai mal partout) efface complètement votre personnalité, comme si vous l'aviez perdue.
Pour le reste, j'aime toujours autant votre manière de parler des sentiments, quelquefois par un échange direct : " Regarde juste mes yeux, plus clairs qu’avant." (magnifique vers!), d'autres fois par des métaphores subtiles : " Avec un sourire de jour de pluie ".

Très ému par vos mots.

Cordialement
Ludi

   irisdenuit   
20/2/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Comme je me suis absentée d'Oniris parce que ma plume m'avait délaissée, je suis passée à côté de cebeau poème.

Je vais me contenter de te dire que ton poème me touche.

Je le ressens comme un moment de dépression où l'âme a besoin de prendre son temps.... pour mieux porter le corps.

Bref, très bel écrit.

Merci.


Iris

   Anonyme   
25/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fugace,

« Amitié avec un bourdon sur une euphorbe »
J’ai particulièrement goûté ce vers, à la fois riant et triste.
D'où vient notre émotion en poésie ? Pour ma part, je suis ému par les aveux de faiblesse, et par la difficulté de dire.
J’aime, par exemple, votre syntaxe cabossée, qui a du chien :
« quand mal partout, quand bien nulle part, quand mon corps ombre chinoise […] ».
Mais la difficulté n’est qu’apparente. En réalité vous dites très bien ces nullepart où l’on ne peut vous accompagner, et sur lesquels certains seront prompts à coller des étiquettes sinistres. J’aime le souffle sauvage qui traverse votre texte, la liberté que vous vous donnez de vous taire et d’aller. Vous partez, puis vous revenez. Entre les deux, une fugue, une éclipse ; une aventure presque charnelle, aux accents rimbaldiens, avec les taillis et les fossés. Que s’est-il passé ? Celui ou ceux qui vous aiment ne posent pas la question. L’amour c’est sans les mots. C’est jour de pluie, c’est chaud. Le pull bleu marine sait cela mieux que quiconque.
Quel splendide contraste, en effet, entre poésie et dépression, entre extrême solitude et tendresse vraie, entre le « merci » murmuré dans l’épaule, et les appels furieux et envoûtants de la grande matrice. J’ai trouvé ce texte très émouvant. Je vous félicite.

   Anonyme   
7/12/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
" Au retour de ces nulle part
Où l’on ne peut m’accompagner
Puisqu’il faut que j’aille jusqu’au fond
De mes peines pour qu’elles ne gagnent pas,
Tu m’ouvres les bras : « Viens ! » "

C'est la strophe la plus forte, la plus puissante, qui exprime vraiment tout ce superbe écrit.

J'ai aimé le lire et relire avec beaucoup d'attention, c'est un poème remarquable, tout est dit avec une vérité dès plus sincère, très poignante, sans en faire de trop. Vos mots sont allés me chercher et me sont très très parlants.

Le titre "Merci" paraît si simple, tout comme cet écrit, sont un moment de lecture inoubliable, tant la portée de vos propos a une résonance indéniable.


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