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Poésie contemporaine
Gaspard : Noiraude callipyge
 Publié le 22/08/21  -  3 commentaires  -  2064 caractères  -  105 lectures    Autres textes du même auteur

Petite peinture érotique allusive d'où monte l'inquiétude d'un être à la recherche du plaisir, je vous propose un texte assez classique, ponctué de clichés et d'expressions un tant soit peu détournées. Bonne lecture.


Noiraude callipyge



bbbbbbbbbbbbbbbbbI

Notre pauvre amour ne vaut pas bien cher !
Je le brade pour des frémissements de chair,
De longues cuisses où s'agrippent des mains,
Conquêtes et douceurs des premiers matins !

Se vautre, débraillé, ivre de lui-même !
Sans cesse appelé à d'autres festins,
Blême, à la traîne, ignorant de lui-même !
Jeune maraudeur travaillé par la faim.

Je vais le retrouver, cet insensé,
Il n'a plus que simulacres d'ardeur,
Dégingandé et battant le pavé,
Des boucles brunes tombant sur sa maigreur.

Son œil est profond, son cerne presque noir,
Sa voix cassée, contrefaite d'alto,
Me murmure la douceur du désespoir,
Perché, ce drôle d'oiseau aux trémolos !

Elle me domine de toute sa hauteur
Et ma main glisse sous sa robe fendue,
Cuisses sublimes qui font battre le cœur,
Je veux saisir cette perche tendue,

Je la veux dans la fureur de l'aveu :
Hermaphrodite noiraude callipyge,
Nos baisers nous embrasent à qui mieux mieux,
Déjà cet éblouissement nous fige !

Froissement affreux du temps qui meurtrit
Et nous éloigne chaque jour un peu plus
Du frémissement de l'être, sauvagerie
Des heures tumultueuses qui se sont tues !

Me voici dans de beaux draps de percale
Encore suant de l'orgie de nos âmes !
Me perdant dans ces curieux dédales,
Valet de cœur aimant ce jeu de dames.

bbbbbbbbbbbbbbbII

Loin, sans nul retour mes jeunes années !
Quelques signes sur le trottoir, à côté,
Ici passent des demoiselles aux sangs mêlés,
Leur bouche ourlée, créatures sans paroles,
Ont une haleine de souffre et de mots orduriers,
Et comme mon cœur en souffre de tendresse privé !

Je ne garde d'elles-mêmes que leur langue acérée,
Petites putes juchées sur leurs pattes d'échassier,
La résille d'une trame sur la chair ajourée.


 
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   papipoete   
22/8/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour gaspard
Hum, ça sent le souffre de bonne heure !
je me mets dans la peau du héros, tantôt le modèle tantôt le peintre, traçant d'une plume érotique les pourtours d'un corps désirable.
Masculin ou féminin, c'est selon le client qui doit errer non loin du Bois de Boulogne, où tous les " genres " foisonnent.
NB je suis quelque peu désemparé, la lecture est ardue ( comme à la seconde strophe ) où l'on ne sait qui est qui ?
D'emblée, je n'aime pas le titre, dont le portrait me renvoie auprès de la Vénus Hottentote, cette fameuse " curiosité " qu'il fallait absolument venir voir...
La prosodie est résolument " contemporaine ", avec ses vers irréguliers, ses rimes approximatives...

   Provencao   
22/8/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Gaspard et bienvenue



J'ai bien aimé cette "fureur de l'aveu" où il m'a semblé lire que l'érotisme existerait donc d'être dans et sous l'oeil profond, qui drape, cadenasse et agrafe, telle une cage et cloisonne les premiers matins...

Le " je la veux" fait place à une certaine passivité devenant une véritable soumission aux désirs de l’autre...dans un milieu clos, réduit à l'ambiance des désirs venus de l'autre.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
23/8/2021
J'ai mal commencé… Dès les deux premiers vers, ces deux rimes qui rapprochent dans une connivence convenue, comme de gros clignotants, les "faux-amis" amoureux "cher" et "chair" bien paresseux. Bon ! vu que l'on comprend dès lors, c'est formulé, qu'il s'agit de "brader" le beau sentiment, soyons indulgent et voyons la suite.

L'on apprend tout d'abord que le "pauvre amour" est ici personnifié en une entité très charnue, essentiellement organique, dont ne subsiste même plus de sensuelles "ardeurs" ("simulacres d'ardeurs"), bien loin des passionnelles envolées amoureuses.

Ensuite apparaît ce qui est à mon sens un accident narratif. Le narrateur s'adressant précédemment au "pauvre amour" commun, considère désormais ("sans prévenir") non plus cette entité globalisante, mais la dame qui en est le versant féminin ; j'ai regretté que ce changement brutal nous soit imposé sans éléments transitionnels.

Jusqu'à la fin de la première partie, la femme est représentée alors en objet exclusivement érotique, bien qu'une tentative d'élévation s'essaye là, "Encore suant de l'orgie de nos âmes !", comme pour se dédouaner d'une trop impérieuse nécessité sensuelle, ou dans ce "Froissement affreux du temps qui meurtrit". Et d'autres enchevêtrements stylistiques viendront saturer le poème ("Perché, ce drôle d'oiseau aux trémolos !" ; "Et comme mon cœur en souffre de tendresse privé !" ; etc...).
J'ai trouvé bien dommage de se complaire dans cette formulation alambiquée, qui sème autant d'embuches stylistiques alors que le déroulement narratif demeure bien embué. Dommage car l'intention était vraisemblablement originale et propice à une accrocheuse proposition.

Me reste des questions :
- pourquoi la "Noiraude callipyge" serait "hermaphrodite" ?
- notre pauvre amour ne serait-il pas une expression générique convoquant l'amour du genre humain, le geste amoureux au sens large, mais alors pourquoi ne pas lui donner un "A" majuscule ?
- quelle est cette fusion/confusion qui dans la deuxième partie évoque l'amour tarifé, alors que la première évoquait, semble-t-il des rapports plus classiquement binaire, un homme une femme, voire homosexuels ?

Trop de questions surnagent à la lecture pour que ce poème puisse créer un terrain de partage ou un terreau suggestif.


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