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Poésie contemporaine
GeorgesSang : Au Caire de la lune
 Publié le 21/09/17  -  5 commentaires  -  819 caractères  -  163 lectures    Autres textes du même auteur

Au Caire, place de la Révolution, si loin de tout le calme de ce monde, je m'asseyais souvent pour regarder le désordre, comme lorsque enfant je regardais les fourmis dans la fourmilière.


Au Caire de la lune



L'ombre des échiquiers ouvrait une bataille
De paix, de brume claire, où des têtes fendues
Riaient. Raillées des lignes sombres défendues.
Chacun comptait ses forces au galbe de sa taille.

Le millier de fous jeunes dès le soir jouait,
Brisant l'acier vague au bruit des bataillons
D'une chevalerie armurée de haillons :
La tour à les prendre brillamment échouait.

Une charge nouvelle emportait en un flot
D'autres armées de fer où les déments meurtris
– Par le poids de l'hiver au pied d'une patrie
Déguisant en guerre l'ocre de son tableau –

Sont gelés et confondent toute leur misère
Aux murailles blessées du Caire de minuit,
Ils savent un damier les appelant à lui :
« Le fou des cases noires n'a pas de lumière ! »


 
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   Donaldo75   
3/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Je suis mitigé à la lecture de ce poème.

Les (+):
* Le thème.
* L'idée de l'échiquier et de ses pièces.
* Le mouvement.

Les (-):
* Le rythme, parce que même en libre, le lecteur attend du rythme, de la fluidité. Ici, il y a pas mal de scories, cela d'autant plus que le format ressemble, à une exception près, à des alexandrins. Le problème, c'est qu'ils sont parfois mal découpés, avec des incidentes.
* Quelques formules un tantinet artificielles, à l'instar de "La tour à les prendre brillamment échouait." qui sonne carrément faux.

Je pense que débarrasser ce poème de ces scories le rendra franchement plus puissant.

   PIZZICATO   
21/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Connaître le jeu d'échecs doit peut-être aider à apprécier le cheminement de ce texte. Ce n'est pas mon cas et je fais abstraction de ces allusions.

J'ai relevé de belles images qui illustrent cet affrontement de forces inégales.
" Chacun comptait ses forces au galbe de sa taille. "
" D'une chevalerie armurée de haillons "
" Par le poids de l'hiver au pied d'une patrie
Déguisant en guerre l'ocre de son tableau "

" Sont gelés et confondent toute leur misère " la construction, sans sujet apparent, m'a un peu gêné.

   jfmoods   
22/9/2017
Ce poème est composé de quatre quatrains à rimes embrassées, suffisantes et riches, l'alexandrin de rigueur débordant légèrement au vers 4. Afin de lever cette irrégularité, je suggère l'utilisation d'un verbe pronominal à sens réciproque qui opérerait un glissement de l'individu au groupe...

Les forces s'estimaient au galbe de la taille.

J'aurais ajoute deux virgules au vers 8...

La tour, à les prendre, brillamment échouait.

La partie finale de l'entête ("comme lorsque enfant je regardais les fourmis dans la fourmilière") suggère au lecteur que le regard porté par le poète est assimilable à celui d'un observateur émerveillé.

L'évocation des événements qui débutèrent en Égypte le 25 janvier 2011 (marquage temporel : "le poids de l'hiver au pied d'une patrie") est structurée autour des champs lexicaux du combat métaphorique ("échiquiers", "La tour", "un damier", "Le fou", "cases noires") et du combat réel ("lignes sombres défendues", "Chacun comptait ses forces", "Une charge nouvelle", "guerre", "murailles blessées"). Une tonalité épique s'impose, issue d'un rapport de force entre une foule pacifique et déterminée à imposer ses droits et l'armée du pays (oxymore : "une chevalerie armurée de haillons", complément de manière avalisant la différence de proportion : "au galbe de sa taille", marqueur de quantité : "Le millier de fous jeunes", hyperboles, la première assortie d'une diérèse : "brisant l'acier", "emportait en un flot / D'autres armées de fer", "confondent toute leur misère"). La confrontation est marquée par l'échec espéré du plus fort (oxymore : "brillamment échouait"). Une révolution pacifique était en marche. Dans cette partie d'échecs, les blancs allaient jouer et gagner. La clarté allait l'emporter sur les puissances de l'ombre (oxymore : "une bataille de paix", image d'un apaisement à venir : "Déguisant en guerre l'ocre de son tableau", forme exclamative finale : "Le fou des cases noires n'a pas de lumière !"). À la lecture du rejet du vers 3 ("les têtes fendues / Riaient"), on pense d'abord à l'exaltation de tout un peuple libéré. On pense ensuite à une description possible de la figure du fou, au jeu d'échecs. Fous blancs contre fou noir : le combat était perdu d'avance. Cependant, l'Histoire ayant une fâcheuse tendance à resservir les mêmes plats avariés, l'immense espoir d'une Égypte enfin débarrassée de ses démons allait bientôt s'envoler. Le titre du poème, jeu de mots construit à partir d'une comptine pour enfants, semble bien traduire ce regard désabusé porté par le poète sur une chandelle trop vite étouffée.

Merci pour ce partage !

   FABIO   
23/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Il y'a un véritable travail derrière ce texte mais j'ai vraiment du mal avec le style qui désaccorde la mélodie.
L'idée de l’échiquier est bien développée et j'aime beaucoup les derniers vers.

   Marie-Ange   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Plusieurs fois de suite, je suis revenu vers votre écrit.

C'est une lecture qui se fait sans difficulté.
Par contre, ce poème en lui-même n'est pas
évident à saisir.

Cependant, il a su me séduire, il y a ce petit quelque
chose, dans la force de ces mots étranges, un
événement se passe sur le "damier" de la vie,

"Ils savent un damier les appelant à lui :
« Le fou des cases noires n'a pas de lumière ! ».

Je perçois des images "le millier de fous jeunes dès le soir
jouait", mais tout cela reste quand même un peu abstrait,
"une brume claire" me voile ma réflexion.

Parfois un écrit vous accapare sans vraiment en comprendre
la raison, c'est le cas ici.


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