Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
hersen : Ceux qui cueillent les olives
 Publié le 06/11/22  -  10 commentaires  -  852 caractères  -  282 lectures    Autres textes du même auteur

Ya no hay locos
(Leon Felipe - Paco Ibañez)
Andaluces de Jaén
(Miguel hernandez - Paco Ibañez)


Ceux qui cueillent les olives



ils cueillent des olives en Andalousie, mais à qui, à qui sont les oliviers ?
demandent-ils

ils sont à la terre, leur répond le poète
ils sont au soleil
ils sont au vent
au nuage qui passe
à l'âme qui s'émeut

ils sont au temps qui passe
que les puissants
même les puissants n’arrêtent pas

il leur dit
le poète
que la poésie élargit les poumons asphyxiés par des soleils factices
que les mains talées
ne caresseront pas les machines
qui écrasent leur pain du jour
dessèchent leurs espoirs

mais
Deus-ex-machina
a parlé
plus fort que le poète

un poète qui chante que la poésie, la poésie…
qui dénonce que l'argent, le gros argent…
un poète qui dit que les fous, les fous

qui sont les Fous ?


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Eskisse   
6/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Un poème-dialogue, sobre, épuré, qui me rappelle par la forme L'étranger de Baudelaire et qui s'en approche sur le fond: les aspirations.

Un poème dont la dimension sociale est servie par l'intervention du poète qui souffle les vraies valeurs : que l'idée de possession est illusoire, que les puissants sont impuissants, que seule la poésie est vraie, que la raison est du côté des démunis.

J'ai aimé la simplicité du lexique et du titre pour dire la dignité des plus modestes. Et la dernière question laissée en suspens, invitation à voir le monde autrement, à renverser les valeurs.

Merci du partage.

   Pouet   
6/11/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut,

Comme je ne suis pas poète j'aurais répondu que les oliviers sont à ceux qui veulent se faire le plus d'argent possible en embauchant des personnes en "situation irrégulière" qui ne pourront pas venir se plaindre de leurs conditions de "travail".

Un poème sobre qui dit bien ce qu'il doit dire.
Un poème marqué du sceau de l'humanité.
Un poème marqué du sceau de la poésie.
Un poème marqué du sceau avec lequel on ne ramasse pas les olives.

   Angieblue   
6/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème bien énigmatique, mais qui ramène à l'essentiel, la terre qui n'appartient à personne ou à tout le monde.
Un poème qui interroge aussi sur le rôle de la poésie qui élargit le regard et n'asservit pas:
" élargit les poumons asphyxiés par des soleils factices"

Mais, hélas, la poésie ne fait pas loi car :
"Deus-ex-machina
a parlé
plus fort que le poète"
(je ne connaissais pas l'expression "deus-ex-machina" donc je ne sais si je l'ai bien interprétée dans ce contexte...)

Mais le poète continue à chanter, à dénoncer le factice, ce qui n'est pas l'essentiel : la nature libre...

Un poème également bien rythmé avec un jeu sur les répétitions.
On passe du "ils" (les oliviers) à "il" (le poète). Ainsi, les oliviers sont assimilés au poète qui chante cette nature pure et libre.

Un poème qui se termine par une interrogation rhétorique " qui sont les fous ?"
Ici, le poète suppose que le lecteur connaît la réponse ou l'invite à se la poser...ou peut-être se demande-t-il s'il ne serait pas fou à chanter, chanter...la poésie, la poésie...

A la lecture, je me demande juste si je n'aurais pas mis un "ne" dans les passages suivants:
qui (ne) chante que la poésie...
qui (ne) dénonce...
Ou l'omission est-elle volontaire pour comparer le poète à un enfant assez pur qui ne comprend pas la violence du monde et garde son innocence et son émerveillement... ?

En somme, un poème délicat et subtil qui, comme je l'ai déjà dit en introduction, ramène à l'essentiel.

   StephTask   
6/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

Quel joli poème qui distille à travers le pressoir d’une plume très fine un élixir poétique et révolutionnaire ! A travers un texte qui pourrait être raconté par un sage, mi-conteur mi-poète, à ces ouvriers agricoles, plusieurs thèmes sont abordés : la lutte des classes, la surexploitation des ressources, la folie des hommes… Que dire de plus.

La poésie est au service de l’éveil des consciences : j’aime beaucoup !

   Lotier   
6/11/2022
Les aèdes et les troubadours propageaient les nouvelles, c'était l'internet de l'époque. De nos jours…
Ce texte est un cri, celui d'un poète noyé, bien au-delà de ce qu'il dénonce. La question initiale « à qui sont les oliviers ? » qui semble remettre en cause le droit de propriété, ne fait que l'entériner, car réponse il y a : « ils sont à la terre… ». Alors bien sûr, cela peut-être lu comme une figure de style pour dire qu'ils ne sont à personne. Mais cette propension à approprier est tellement ancrée dans notre modernité qu'on ne peut s'en débarrasser…
Le poète suit la même voie que ceux qu'il dénonce : écrire, faire valoir son droit d'auteur, obtenir des prix littéraires, des plumes, que sais-je encore…
Et donc… qui sont les fous ? Où est la gratuité ? La question reste posée.

   Charivari   
7/11/2022
Andaluces de Jaén, aceituneros altivos... Bel hommage à Miguel Hernández, ce qui m'étoinne quand même, c'est que tu ne cites par le poète qui te sert d'inspiration (tu parles de León Felipe et de Paco Ibañez). Justement, à propos de Paco Ibañez qui a popularisé cette poésie, sais-tu qu'il y a un groupe de Huelva avec une autre version (qui, pour le coup, me parait plus intéressante que celle de Paco)
Version de Jarcha
https://www.youtube.com/watch?v=dNpXVzCwvjs

Après, pour ton texte, j'aime bien ces phrases inconcluses, il y a pas mal de force dans certaines images, comme "la poésie élargit les poumons asphyxiés par des soleils factices".

Par contre, aujourd'hui, le paradoxe, c'eest que ce ne sont plus les journaliers andalous qui cueillent les olives, mais les migrants, pour une misère.

   hersen   
7/11/2022

   Luz   
7/11/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,

Un poème doux et révolutionnaire, comme la chanson de Brassens "Pauvre Martin", par exemple. Un poème d'indignation qui aurait plu à Stéphane Hessel.
Les puissants n'arrêtent pas le temps..., pas sûr, peut-être qu'un mauvais jour le temps continuera à courir sans l'être humain. Malgré les fous...
Merci pour cette poésie que j'aime.

Luz

   Donaldo75   
7/11/2022
Salut hersen,

Bon, je préfère préciser en préambule que je n’ai pas écouté la musique mise en lien dans l’exergue parce que j’étais en plein album « Louder than love » du groupe américain Soundgarden et que c’est addictif cette musique.

Le début du poème est intéressant avec les deux premières lignes qui amène les vers suivants un peu comme dans un conte philosophique. Cette tonalité est à mon avis un peu gâchée par le tercet sur les puissants qui colore de marxisme la poésie. Je n’ai rien contre le marxisme – je cite d’ailleurs souvent Karl Marx ou des analystes marxistes dans mes textes – mais là sous cette forme ça jure je trouve. C’est mieux amené dans la strophe suivante. Puis vient « Deus-ex-machina » dans un quatrain intéressant mais qui n’est pas suivi à mon goût par une strophe forte mais au contraire manichéenne et faible en termes de tonalité. Et je ne parle pas de la question de fin ; pourquoi terminer ce poème avec un point d’interrogation ?

Je trouve cette fin ratée, gâchée par rapport à ce que le poème promet par endroits.

Une autre fois, je suppose.

   Damy   
9/11/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel beau poème inspiré par Andaluces de Jaen !
Sensible, il pose avec beaucoup de délicatesse des questions fondamentales. Il m'en a posé une, en tout cas: les oliviers d'Andalousie seraient-ils mis en danger par la surexploitation ?
Ils m'apparaissent si fragiles dans la musique de vos vers. Fragiles comme le sont les poètes comme vous, mais qui auront raison des fous assoiffés de capital.

Ah ! L'Andalousie que j'ai visitée dans ma jeunesse. Vous m'avez fait revivre, avec beaucoup d'émotion, de merveilleux souvenirs et je vous en remercie et qui me plongent dans une profonde nostalgie, moi qui ne peux plus, sur mes vieux jours, me déplacer que difficilement à l'aide d'une canne et n'ayant plus pour horizon de mes rêveries que quelques parcs boisés près de chez moi, résistant encore à la folie vorace et lucrative de l'urbanisation. Qui sont sur les chantiers, croyez-vous ?

Où sont les fous ?


Oniris Copyright © 2007-2023