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Poésie libre
hersen : La huppe fasciée
 Publié le 30/09/19  -  18 commentaires  -  794 caractères  -  248 lectures    Autres textes du même auteur

Si la poésie s'en va, ne pas l'effrayer, surtout, pour qu'elle revienne...


La huppe fasciée



un champ ébouriffé
laisse traîner ses fétus
cachant un trésor de grains tombés
dans l'air lumineux
d'un soir d'été

l'œil vif et rond
volette la huppe fasciée

se pose
s'interroge

le calme alentour
aura conquis l'affamée

elle regarde vers la mer
elle regarde vers la forêt
épie le chemin poussiéreux
désert

pas d'ennemi !

alors
frénétique
elle pique
et picore
encore et encore
le cou monté sur ressort
elle pique et picore

puis
un attrait un éclair un son un mouvement
qui sait la raison ?
oh !
elle s'envole

de peur d'effrayer son départ
je reste sans bouger

pour qu'elle revienne demain


 
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   natile   
8/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On peut imaginer la scène et être dans la situation d'émerveillement face à cet instant naturel. lL'espoir qu'elle se renouvelle le lendemain promet encore de biens beaux moments de communion avec la nature et ses trésors. C'est une belle poésie finement découpée pour amener le lecteur vers cet espoir. Bravo

   FANTIN   
9/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème sympathique qui nous livre, sans mots recherchés ni ton déclamatoire, la magie d'un instant au plus près de la nature.
C'est quelque chose de simple et d'inspiré: la rencontre d'un oiseau sauvage et d'un poète discret qui l'observe sans le déranger.
Une économie de moyens exemplaire qui me fait penser à des textes et des dessins orientaux; très peu de ponctuation, voire de mots, mais une musique rythmée, un œil aussi vif que celui de cette huppe; peu d'images mais bien choisies et évocatrices (champ ébouriffé... cou monté sur ressort...).
Au total un moment de lecture plein de charme. J'en redemande!

   papipoete   
15/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
je la vois, elle non ; elle s'est assurée de sa tranquillité et picore, se gave de grains dans ce champ telle une glaneuse ! Mais soudain, tel un éclair invisible, la voilà dérangée qui s'envole à tire d'aile... la huppe fasciée
NB narratif dira-t-on ? non, juste un moment capté par le poète photographe !
la première strophe est comme une nappe du dimanche, que l'on déploie pour s'y régaler ! et nous guettons sans faire de bruit, ce spectacle gratuit dont bien des regards blasés pourraient se détourner...
( le cou monté sur ressort ) est bien observé !
papipoète

   Anje   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le titre m'a trompé. Ce poème peut concerner n'importe quel oiseau qui se nourrit au sol. Il pourrait être pigeon, corbeau, pie, moineau, queue-rouge, rouge-gorge... Je suis un peu déçu de n'y avoir pas vu ce magnifique oiseau très remarquable avec sa huppe érectile, ses couleurs chamois rayées de noir, son long bec effilé légèrement arqué (qui lui permet d'attrapper vers et insectes) dont on entend de très loin le oupp-oupp-oupp caractéristique. Même si j'y ai reconnu son air affairé lorsqu'elle mange.
Je comprends bien l'auteur, la huppe fasciée est poésie à elle seule. L'observer, immobile et silencieux, me ravit toujours. Elle a dû repartir pour ses quartiers d'hiver africains et ne reviendra qu'au printemps mais j'espère que votre poésie ne migrera pas.
J'ai trouvé la lecture légère, simple, juste surprise par "effrayer son départ".

   troupi   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tout en légèreté ce poème présente bien l'oiseau que tout le monde connait.
Bien sûr en si peu de texte on ne peut pas prétendre à une description complète de l'animal et l'auteur s'attache surtout à nous montrer le côté sautillant, l’œil vif et rond mais aussi la prudence de la huppe car au sol le danger est partout et elle le sait bien.
Très mobile, ses ailes rondes lui donnent un aspect de grand papillon, sa recherche d'insectes l'oblige à voleter sans cesse, et sa huppe érectile trahit son inquiétude.
Tous ces traits sont bien retranscrits dans ce poème simple mais efficace.
Bonne observation pour les jours suivants.

   TheDreamer   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est si joli une huppe fasciée. Je n'ai jamais eu la chance d'en voir une dans la nature.

Un poème simple pour dire la beauté de la nature. J'aime beaucoup l'image sur la première strophe. Dans ce poème se mêlent à la fois la beauté de l'instant et fugitivement la cruauté de la vie qui voit l'animal demeuré sur le qui-vive.

Certains instants sont une contemplation pure qu'il ne faut surtout pas déranger.

Merci.

   Cristale   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème aussi fin et élégant que cet oiseau dont enfin je connais le nom.
Il y a quelques semaines à peine, sans bouger je suis restée, retenant ma respiration, devant l'oiseau magnifique qui picorait sous un pin parasol. Même mon portable est resté tétanisé dans ma poche...pas de photo mais une image gravée dans ma mémoire. C'était ma première fois avec une huppe fasciée.
Et voilà qu'aujourd'hui je retrouve en tes mots ce plaisir de quelques instants privilégiés que nous accordent les beautés de la nature.

Ton poème lui ressemble, des vers vifs, posés, nonchalants, qui picorent la ligne de ci delà...qui frôlent l'aile de l'étonnement, et frrttt...qui s'envolent dans les hautes sphères du questionnement mais l'oiseau est si rapide qu'aucune réponse ne viendra satisfaire ta curiosité de poète.

"puis
un attrait un éclair un son un mouvement
qui sait la raison ?
oh !
elle s'envole

de peur d'effrayer son départ
je reste sans bouger

pour qu'elle revienne demain"

C'est exactement cela...mais je ne l'ai jamais revue. Et toi ?

Merci pour la photo dans le diaponiris, c'est bien elle, inoubliable apparition, la grâce dans toute sa fragile splendeur.

Cristale
quittant cette page d'un soupir retenu pour ne pas effrayer l'envol de ta poésie...

   Vincente   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'exergue m'interroge "Si la poésie s'en va, ne pas l'effrayer, surtout pour qu'elle revienne" et me propose de comprendre à demi-mots : "Si de cette carte postale, la poésie s'en va, c'est qu'elle évoque un oiseau farouche, porteur de poésie…" ; ou dans l'autre versant des demi-mots : "la huppe/poésie s'en va, ne pas l'effrayer…".

Ceci dit, ce n'était que l'exergue où se dissimulait à peine cette ambivalence. Donc, j'ai tenté une lecture qui en tiendrait peu compte.

L'évocation est très sympathique, elle fait penser à une description du moment d'un oiseau d'un livre d'enfant, c'est sautillant, plein de vie, séduisant. Mais je n'ai pas vu de huppe dans le poème, il faut avoir recours au titre pour se convaincre qu'il s'agit bien de ce bel oiseau dont il est question. J'en vois trois ou quatre chaque année autour de chez moi, à la fin du printemps. Rien dans ton poème ne me signifie ses particularités, un port à l'élégance rare, une huppe prétentieuse à ravir qu'elle arbore à tout venant, un façon presque provocante de se montrer, comme si elle se jouait de l'humain, elle n'est jamais loin mais reste très prudente, etc…

Si bien que en final, je me suis demandé si ton geste poétique n'était pas ce clin d'œil, pour dire trêve de poésie dans le texte, voici la poésie de la nature en poème.

   Pouet   
30/9/2019
Slt,

bien sincèrement, il m'a manqué un peu "d'envolées", de métaphores un peu plus décalées dans cette description au final plutôt plaisante, mais à laquelle je ne suis pas parvenu à adhérer totalement, faute de ne pas percevoir vraiment au-delà de ce qu'elle décrivait. Oui, la beauté, la fugacité, la fragilité de l'instant... C'est je crois la forme qui m'a paru en brin en-dedans.

J'aime beaucoup le "champ ébouriffé qui laisse traîner ses fétus" du début. Par la suite, j'ai un peu moins été captivé par cette huppe fasciée. J'ai été un peu scotché au sol par "le soir d'été", le "calme alentour" ou le "chemin poussiéreux", je ne sais pas trop, la description s'est peut-être faite trop descriptive pour moi... :)

On ressent bien le côté "attentif", sur le qui-vive de l'animal, sa circonspection face aux choses et au monde, sa "picore" frénétique de l'existence, son appétit de vie en retenue existentielle: ce coté-ci est réussi.

Toutefois, je suis un peu resté sur ma faim de grains (poétiques) pour ce coup-là.

Je ne suis pas certain d'avoir été très clair, mais bon j'ai essayé...

Au plaisir.

   ours   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen

Ce que j'ai ressenti en lisant ton poème, c'est d'abord la fragilité, la fugacité de cet instant où l'observateur voudrait s'extraire de la scène, que sa présence n'ait aucun impact sur les évènements, qu'il puisse vraiment contempler le spectacle de la nature qu'il a sous les yeux. La longueur de tes vers ainsi que leur rythme agité témoignent de cette instabilité latente.

Avec l'exergue, je me suis permis une lecture plus "philosophique" de ton poème, avec cette vision du poète qui ne serait qu'un messager, un vecteur de la poésie qui serait extérieure à lui même, qui existerait en dehors de lui. Le poète ne serait-il là que pour apprivoiser ces instants afin qu'ils reviennent, capturer leur essence sans les enfermer, pour ensuite en témoigner...

Merci Hersen !

   Castelmore   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’un de ces instants privilégiés
où l’homme touche le sauvage, une rencontre éphémère avec la nature.

Les vers courts au rythme irrégulier, les mots simples, les images directes qui nous sont offertes rendent parfaitement le comportement de l’oiseau, la fragilité du moment et l’émotion du narrateur -spectateur.

Un très beau libre
Bravo

   Luz   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

J'aime bien la poésie nature et la huppe fasciée m'a toujours émerveillé. J'en vois quelquefois qui cherchent à s'installer au fond de mon jardin, puis elles se sauvent.
C'est un oiseau qui n'a pas l'air très craintif, mais qui pourtant s'en va ; elle est à l'image de la poésie : fugace. Un éclair à saisir, fragile comme le verre. C'est peut-être un peu cela aussi ce poème...
En tout cas, c'est très beau, bravo !

Luz

   solo974   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,
Le titre et l'incipit m'ont beaucoup plu, car l'un comme l'autre attestent - selon moi - que derrière cette "huppe", au sens de "touffe de plumes érectiles", se cache une sorte d'allégorie du poète qui, comme cet oiseau, recèle en lui "un trésor de grains", "s'interroge", "regarde" et "épie" pour nourrir son inspiration.
C'est ainsi que, personnellement, j'interprète ce poème et le "pour qu'elle revienne demain" qui le clôt.
Un grand bravo !

   hersen   
2/10/2019

   ANIMAL   
3/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
S'il n'y avait eu l'incipit, je n'aurais jamais songé au parallèle entre le farouche oiseau et l'inspiration poétique.

Pour moi il s'agit d'un très beau poème naturaliste qui raconte de délicate façon la rencontre exceptionnelle d'un oiseau élégant et racé. Et puisque le titre nous invite à contempler une huppe fasciée, la description physique de l'oiseau ne me semble pas nécessaire.

Je ne peux relever de vers préféré car tous illustrent à leur façon la charmante goinfrerie de cette huppe toujours en alerte qui sort à découvert pour se nourrir au risque de sa vie. C'est le lot de tous les animaux et parfois des humains.

Un voyage plein de charme et de délicatesse, donc, dans ce champ fraîchement moissonné qui regorge de nourriture pour les hôtes des bois et des prés voisins.

L'allégorie poétique m'est moins apparente mais c'est un joli tableau qu'a composé l'auteur.

   Davide   
3/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour hersen,

Ce joli oiseau personnifiant la poésie m'apparaît comme une invitation tout à fait charmante, mais le poème ne "fouille" pas davantage ce parallèle, ne l'interroge pas plus avant, se contentant d'une description "animalière".
Pourtant, ces quelques mots de l'exergue ont suffi à chatouiller mon imaginaire, mon plaisir ayant été de m'inventer une autre histoire à partir de celle que l'on découvre, où plutôt, à ressentir ce poème, à devenir le "complice empathique" de la narratrice.

En effet, ce petit texte n'a rien de bien surprenant, mais il a du rythme, beaucoup même ("vif", "frénétique", "éclair" etc.), des vers courts, haletants, happant toute notre attention sur cet instant de beauté... La poésie émerge de cette rencontre "hors du temps", de ce regard sans filtres, nu, mariant la dimension sensible et l'œil photographique.

Une belle réussite, dont on peut toutefois regretter la froideur du titre.

Merci du partage,

Davide

   jfmoods   
4/10/2019
Comme le laisse entendre l'entête du poème et ses trois derniers vers, l'oiseau merveilleux (mise en relief par inversion du sujet : "volette la huppe fasciée", métonymie : "l'oeil vif et rond") se confond ici avec l'inspiration, état de grâce provisoire (jeu antithétique : "se pose" / "s'envole") octroyé par le ciel.

En ce moment éblouissant ("l'air lumineux / d'un soir d'été") et suspendu ("le calme alentour / aura conquis l'affamée"), que rien ni personne ne saurait troubler ("pas d'ennemi !"), se profile une somptueuse récolte de mots ("un champ ébouriffé / laisse traîner ses fétus", "un trésor de grains tombés").

C'est dans un état de fébrilité extrême que se dévide alors le texte ("frénétique / elle pique et picore / encore et encore / le cou monté sur ressort / elle pique et picore"). Car le temps de l'inspiration est compté. Elle disparaîtra en effet aussi mystérieusement qu'elle est apparue ("un attrait un éclair un son un mouvement / qui sait la raison ?").

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

Dès l'exergue, je sentais qu'il allait se passer quelque chose à la lecture; la promesse a été tenue et le dernier vers reboucle avec cet incipit. Ce que j'aime le plus dans ce poème, c'est sa force évocatrice. Je ne me suis pas retrouvé dans "30 millions d'amis" ou un reportage sur les animaux sauvages de nos beaux territoires mais dans de la vraie poésie où il n'est pas utile de savoir à quoi ressemble l'animal pour imaginer la scène.

Tu vois ce que je veux dire ?
(J'adore ce gimmick d'un de mes ex collègues new-yorkais, je le trouve presque animal, un peu comme le rire de Woody Woodpeeker)

Bon, tu peux bouger, maintenant, elle est partie se coucher, cette huppe fasciée.
(Il ne faut pas rester là, madame, vous faites peur aux enfants)


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