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Poésie en prose
hersen : Le message
 Publié le 05/04/18  -  18 commentaires  -  1126 caractères  -  282 lectures    Autres textes du même auteur


Le message



Un matin.
Le voilage blanc contre la fenêtre, feu follet du vent. L'arbre chuchoteur, l'oiseau voyeur. Et toi sur le lit. La peau trop blanche sur le drap bleu, dos si maigre en pleine lumière d'un nouveau jour. Ma joue sur ta fesse, toute fraîche, l'instant en suspens. Mes lèvres, ton soupir, mon visage dans ta chair. Alors ton rire. Ton rire encore, égreneur de bonheur.
Ah ah ah chatouillis,
assez,
rire,
assez,
ah !
non encore ! Grain d'amour, encore ! Un dernier rire puis soupirs, à l'unisson.


Un autre matin. Sans soleil, sans plus rien. Sans ton rire et nos soupirs. Le silence plus fort que le vent inlassablement follet dans le voilage.

Seule sur la plage et ses galets, l'océan, réservoir de mes larmes, l'attente lisse, et triste, d'un message.

Bouteille à la mer, coton arabesque des nuages ?

Non. Un galet au jaspe en ruban, pierre millénaire. Et son pétroglyphe :

« Mon amour,
La mort ? Même pas peur !
D'autres rires et d'autres grains de bonheur pour toi.
Pour toi sur la Terre entière. »


 
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   kreivi   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Une rupture. Sujet archi archi usé. Tellement qu'il est difficile de trouver queqlue chose d'original pour décrire sa douleur.
Glyphe sur un galet, voilà une bonne idée.
Mais cela ne suffit pas à donner de la personnalité à votre écrit.

   Cat   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Il y a du flux intense, écrit dans le marbre, puis du reflux plus volatile mais pesant qui grave des moments éphémères dans l'infini, à tout jamais.

C'est l'impression première qui persiste à ma lecture.

Devant mes yeux, une scène, en toile de fond, le vent follet, imperturbable quoi qu'il se passe.
Un matin, il y a eut l'amour, fait de chairs mêlées, de rires à l'unisson.
Un autre matin, l'absence, l'abandon.

Je ne suis pas arrivée à comprendre s'il s'agit de la mort ou de la vie qui a éloigné les amants. "L'attente lisse, et triste, d'un message.", ce vers me fait douter.

Cependant, c'est un sentiment fort qui rejaillit et brûle dans le ressac de tes mots posés. Celui du vide laissé par un amour partagé au plus intime des choses, qui s'éloigne inexorablement...

La forme, elle, renforce cette impression : l'intensité de la première partie - où pas une miette vécue ne se perd - tend à se distendre dans la deuxième partie, où les phrases deviennent plus espacées, comme une hésitation à croire ce qui est en train de se produire. Puis vient au final, le poème dans le poème, message énigmatique, dédié à l'être aimé. Lequel des deux a gravé le galet ?

Il va sans dire que j'attends avec impatience les lumières que tu ne manqueras pas d'allumer en forum.

Merci pour ton poème. Il m'émeut et m'est muse...


Cat

   Eccar   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
L'amour toujours, le matin de la vie, toujours en pleine lumière, l'instant en suspens.

Mais le temps ne se suspend pas. Le silence est plus fort que le vent, les feux follets de la jeunesse.

L'attente est lisse. (Magnifique)

Et le message sur le galet.

Refrains de la vie, ces messages sont ce qui reste de nous quand l'amour a fui.

La poésie aussi.

Je ne suis pas très poème en prose d'habitude, car pour moi la poésie doit chanter un chouia. Mais ici c'est le chant de la vie qui envahit ces matins.
Bravo à toi, j'ai beaucoup aimé.

   Papillon26   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

Ce poème m'a donné la chair de poule, tellement il est poignant. Quel beau témoignage d'amour de part et d'autre.

Le vent follet, l'arbre chuchoteur et l'oiseau voyageur, allège quelque peu le côté dramatique et inéluctable de ces derniers instants.

J'affectionne tout particulièrement les deux derniers vers :

D'autres rires et d'autres grains de bonheur pour toi.
Pour toi sur la Terre entière. »

Quel Bel Amour et que de générosité dans ces mots. Magnifique !

   Robot   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte composé d'images et de métaphores. Couleurs, instants et sentiments.
L'exclusion des verbes permet d'aller à l'essentiel sans altérer le sens et permet au lecteur le contact immédiat avec l'expression.
Le texte s'arrête juste à temps pour ne pas lasser. Plus long aurait été abusif.

Je pense que le dernier vers contient ce qu'on appelle une "périssologie" c'est à dire l'ajout d'un mot inutile à la compréhension.
"Pour toi sur la Terre" se passe aisément de l'adjectif "entière" puisque le simple mot Terre avec une majuscule suppose un tout. je trouve que l'adjectif entière affaiblit la conclusion. Et j'aurais inversé les deux derniers vers pour terminer sur le souhait de bonheur.

Pour toi sur la Terre
D'autres rires et d'autres grains de bonheur.

Ce souvenir de bonheurs passés s'achève non pas sur un pardon mais sur une générosité. Un altruisme qui fait fi de la perte en accordant à l'autre de vivre encore de bons jours.

   papipoete   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
Des matins qui se suivent, se ressemblent, fleuris de rires enivrés de soupirs à l'unisson .
Puis, ce matin-là, le silence qui tonne comme le glas ; la fin de l'amour, sa mort et sa stèle ; un galet gravé d'une épitaphe " ci-gît le souvenir de nous " ;
NB j'engrange, une fois encore un mot dans le tiroir de mon vocabulaire ( pétroglyphe ), le ramassant sur cette plage où roulent des galets nonchalants, sauf un à l'écart gravé d'un message en forme de défi " la mort, même pas peur ! "

   Palrider   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C’est simplement beau, évocateur, les images nostalgiques alternent avec le live et cela fonctionne, simplement...beau, comme de la tristesse soyeuse

   plumette   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La première partie est une évocation magnifique et pudique de l'amour, de la joie qu'il procure.
j'ai une toute petite réserve pour le grain d'amour, je ne sais pas pourquoi cela me chiffonne...
Souligner "la peau trop blanche, le dos si maigre " dans ce passage m'entraîne vers la peur de la disparition de celui ou celle dont le corps semble si fragile.

Et puis la solitude arrive, avec les larmes et l'attente d'un signe, j'y vois plutôt le désir de pouvoir lire un signe dans les éléments extérieurs, cette tentative de faire dire un espoir , une renaissance
au ciel, à la mer , au galet qui délivre son message de générosité de l'absent.

Un texte à la fois simple et beau, évocateur et profond.


Plumette

   PIZZICATO   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Deux matins, deux tableaux :
Le bonheur, l'étreinte empreinte de sensualité " Mes lèvres, ton soupir, mon visage dans ta chair " ; et des chatouillis en intermède...

Le chagrin, généré par l'absence, la disparition.

Des images très visuelles, dépouillées de verbes, comme des touches impressionnistes.
J'ai bien aimé " l'oiseau voyeur ".

Et puis, " Le message " ; attente d'un signe depuis l'au delà. Celui qu'on imagine, que l'on attend, que l'on voudrait.

C'est ma façon de percevoir ce texte.

.

   Luz   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,

J'ai bien aimé aussi, comme toute cette série de beaucoup.
Le texte est simple et très très émouvant.
Je trouve cependant que le mot pétroglyphe fait un peu bizarre (peut-être pas très poétique), il faut sans doute que je m'habitue à ce mot...
Merci.

Luz

   Marie-Ange   
8/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
"Le message" est vraiment plus que bien passé, pour moi, c'est sans réserve aucune.

Dès que je vous ai lu, les mots m'ont happé avec puissance. Les images sont retranscrites avec chaleur et précision dans le bonheur comme dans la douleur.

Un grand plus pour votre texte, il ne manque à aucun moment de poésie.

Mais quelle fin vous nous faites partager, elle est poignante :

" Mon amour,
La mort ? Même pas peur !
D'autres rires et d'autres grains de bonheur pour toi.
Pour toi sur la Terre entière. »

J'ai été troublé, déconcerté c'est si terrifiant cette phrase "La mort ? Même pas peur ! "

Beaucoup de subtilité dans le fond comme dans la forme, je vous ai lu et relu, très attentivement.

   wancyrs   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut hersen,

Réussir à inculquer des émotions, raconter une histoire avec des non-phrases, juste des mots est quelque chose que j'aimerais bien essayer...
Seul le mot "à l'unisson" a troublé ma lecture. La fin est un peu énigmatique mais pleine d'espoir. J'aime !

Wan !

   Lulu   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

J'ai bien aimé ce petit texte qui sait bien rendre compte, au début, d'une relation heureuse. J'aime notamment cette phrase : "Ton rire, égreneur de bonheur".

Ensuite, même si j'ai apprécié la première partie du texte, j'ai davantage aimé la seconde. Le ton y est beau, je trouve... C'est lié à la dynamique des phrases. Courtes au début, puis, de plus en plus longues : "Un autre matin. Sans soleil, sans plus rien. Sans ton rire et nos soupirs. Le silence plus fort que le vent inlassablement follet dans le voilage."

Puis, même si le mot "triste" apparaît, je trouve que c'est plus la poésie qui domine que la tristesse même... En effet, l'environnement de la plage, des galets et de l'océan semble l'emporter dans l'image, bien que le mot "message", placé en fin de phrase, dit l'attente ou l'espoir. Le dialogue n'est pas rompu...

Ensuite, le message... Je ne connaissais pas le "pétroglyphe" et, même si j'en devine le sens, je ne l'ai pas trouvé dans mon petit Larousse de poche...

Enfin, je n'ai pas trop aimé l'expression "Même pas peur", trop utilisée pour être apprécié dans un poème, à mon sens...

En tout cas, j'aime beaucoup l'atmosphère de ce poème habité par le souvenir.

   Cristale   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà, le décor est planté là devant nos yeux :
les rires
les silences
l'absence

La peur de la mort ? non un défi "même pas peur"

C'est dit, c'est sobre, les mots chantent, pleurent...et c'est beau.

Merci Hersen,
Cristale

   Louis   
6/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème dominé par la discontinuité et le morcellement, l’inconstance et l’impermanence, sous la figure imagée, insistante, du « grain ».
Discontinuité du temps, qui sépare le poème en deux parties, en deux « matins » : une présence heureuse, une absence douloureuse.
Une présence elle-même faite de moments « égrenés », moments de « bonheur ». Bonheur qui n’est pas présenté comme un état permanent, mais par une somme de joies et de rires, un bonheur discret d’intensités passagères. Un bonheur lié à l’amour, lui-même en « grains » : « Grain d’amour, encore ! » Grains entrecoupés de moments qui ne sont ni de l’amour ni du bonheur.

L’absence est silence, et attente. Attente en un lieu particulier, un lieu couvert de grains, grains de sable, une plage, grains géants, les galets. En ce lieu de profusion à l’infini des grains, elle attend un message. L’être aimant était "égreneur" de bonheur et d’amour, il est maintenant la plage où s’égrènent sans fin ces moments désirés, qui désormais manquent cruellement, grains à vide.

D’un côté l’océan : l’infini chagrin, « réservoir » illimité des larmes ; de l’autre la plage, substitut de l’être manquant, dans l’infinité du désir.
Deux infinis face à face.

Elle cherche un message. Un signe encore. Une parole qui rompe le silence. Qui rompe la solitude. Une parole qui fait revivre.

Le message ne sera pas porté par « l’oiseau chuchoteur », ni le «vent inlassablement follet », mais par la pierre la plus dure, la plus résistante, par la pierre polie par l’océan.
Sur la plage, des galets millénaires.
Pas de traces, pas de signes écrits dans le sable, Prévert l’avait dit : « « Et la mer efface sur le sable / Les pas des amants désunis », non, des mots gravés pour toujours, dans la pierre. Des mots en grains d’éternité.

L’amant n’a pas laissé des « feuilles mortes » qu’il faudrait ramasser à la pelle, mais une marque de vie.
Dans la parole de pierre, glyphe inflexible, inaltérable, l’amant a rejeté la mort, les craintes et les tourments qui l’accompagnent : «La mort ? Même pas peur ! »

Lui, malade, à la « peau trop blanche », « au dos si maigre », il a fait preuve dans son courage de cette constance qui manque à la vie. La mort n’est rien, semble-t-il dire, comme dans la sentence d’Épicure, mais la vie est tout.
La vie est tout, et elle est partout, en grains de vie que l’on peut «ramasser à la pelle », alors il y aura « d’autres rires et d’autres grains de bonheur » partout sur la Terre, partout où les choses s’égrènent, parce que l‘être aimé n’est pas absent, mais partout présent, lui l’égreneur des bonheurs et des chagrins, des peines et des joies.

Merci hersen

   Donaldo75   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour hersen,

Chaque fois que je lis ce type de poème, j'ai l'impression de regarder un court métrage de la « Nouvelle Vague » cinématographique française, avec Jean-Pierre Léaud ou Marina Vlady commentant des images tournées comme en Super 8.

Je ne suis pas un fan de la « Nouvelle Vague ».
C'est pourtant réussi, dans le cas présent, parce que j'ai pris goût à cette lecture.

Merci.

Don

   hersen   
9/4/2018

   Pepito   
11/4/2018
Hello Hersen,

Tu as fait l'effort d'écrire en "normal", comme tout le monde, il fallait bien que je me penche sur l'oeuvre (comme on dit). ^^

"feu follet du vent" quoi ça y'en a vouloir dire ? Contrairement à "le vent inlassablement follet" où là, cela se comprend. ^^
"Ma joue sur ta fesse, toute fraîche" je me suis dis, soit il est mort, soit les ébats n'ont pas été à la hauteur. ^^
"pétroglyphe" m'a fait sursauter... koi, kesse ? Un dinosaure ? Ke nenni, juste un glyphe sur un caillou. Merci pour le mot ! ;-)
Pas compris le "entière" de "la Terre entière"

Sinon plein de petites trouvailles très agréables à lire.

Bon, ce n'est peut être pas que les vers qui me rebutent. L'amouuuuur, toujours l'amouuuuur... ce n'est pas trop mon genre non plus. ;-))

Merci pour la kriture !


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