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Récit poétique
hersen : Les points cardinaux
 Publié le 31/10/20  -  7 commentaires  -  2745 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur

Cardinal : qui sert de pivot, dérivé de cardo, cardinis.


Les points cardinaux



Derrière la dune est le vent.
Sous le vent est la mer.
Près de l’arbre est la pierre.
Assis sur la pierre est l’homme.

Il contemple ses quatre points cardinaux qui font tourner folle sa boussole. Dune Vent Arbre Roche. Quand la pluie vient de Roche, la montagne mouillée luit sous le miroitement du regard de l’homme. La vie ruisselle sur le minéral.
Quand le soleil vient d’Arbre, c’est un pépiement frénétique dans un froissement léger. Une embûche, joyeuse comme un leurre. Il attend le nuage, il attend une averse de coups de hache.
Quand la mélodie vient de Vent, elle porte les notes a capela, depuis la mer bleutée jusqu’aux champs humains immondes que l’homme ne peut voir ne veut croire depuis son caillou. Le discours venu de Vent lui parle. Veut-il écouter ? Il tend l’oreille dans cette direction, mais un contre-chant
indifférent interférent flotte.
Quand le silence vient de Dune, lugubre, le monde arrête ses gémissements, les grains doux s’amoncellent en forteresse ocre. Il n’y a plus d’autres lois de gravité que celle limitée par le sablier : nous n’aurons pas assez de temps pour tout réparer avant que la chape de plomb ne s’abatte, feutrée, enfouissant sous le sable les jours hideux.

Il préfère
sa pierre
trône tranquille
solide

Mais elle est là, elle couve au chaud ses œufs pourris. La tempête : avis de gros grains venant de Dune qui casse le silence dans un craquement du ciel menaçant venant de Roche, agressif en diable. Arbre changeant, de clair à sombre, manche à vert en berne, feux follets de faibles à modérés. Vent dominant.
Toujours.

Une des vérités éclate, en chasse une autre.
Vite
Mensonges d’air chaud courant froid
Précipitation



Et la boussole s’affole, elle perd le Vent. Le point Roche devient imprécis. La Dune s’efface et l’aiguille tremblotante cherche l’Arbre. Elle semble l’avoir définitivement égaré.
Perplexe, l’homme observe le cadran.
Tout danse devant ses yeux, il vacille. Il cherche une route parmi les débris qu’il a inventés. Ses pieds s’y sont égarés, il n’y a plus de chemin, il n’y a plus de traces. Sous le caillou le monde entre en éruption et le tremblement des origines menace et dépasse sa raison.
Il capitule et remet la boussole dans sa poche.
À quoi bon s’inquiéter… Il pivote, lissant de ses fesses le caillou. Il joue au tournesol.
Dune Vent Arbre Roche :
Oubli.
Arbre Vent Roche Dune :
Soleil.
Vent Dune Roche Arbre :
Vie.

Ainsi soit-elle.


 
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   Lirian   
31/10/2020
Bonjour Hersen,

On perd sa propre boussole en vous lisant, aussi singulière soit-elle.
Le nord, le sud, deviennent un arbre, une pierre , des choses que l'on a sous les yeux et que l'aiguille aimantée ne montre pas. Si j'aime assez l'image de la chape de plomb qui s'abat feutrée, je trouve qu'il est plutôt difficile ou compliqué d'emboîter le pas de vos idées. Vous me suivez ?
Merci.

   Robot   
31/10/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai vraiment pas accroché à ce récit poétique dont j'ai bien du mal a cerner les critères qui en font une poésie.
D'abord ces quatre vers libres d'entrée qui répètent sans originalité le verbe être. Je veux bien admettre que la poésie est dans la composition, mais là je ne vois que de la banalité.
La prose qui suit reprend les mêmes effets d'écriture avec par exemple la répétition du verbe "vient" auquel il faut ajouter "venu" et deux fois "venant".
Là aussi, je veux bien admettre que la poésie est dans la répétition mais je ne ressens qu'un effet artificiel, un verbiage tautologique, tout comme le sont les nombreuses répétitions d'autres mots qui parsèment le texte.

Alors, on pourra m'objecter que la poésie se situe dans la forme. Que les mots sont sans importance. Je ne partage pas cette vision.

Je ne retiens positivement que ce passage où un peu de fluidité vient s'insérer dans une rédaction plus imaginative:

"Et la boussole s’affole, elle perd le Vent. Le point Roche devient imprécis. La Dune s’efface et l’aiguille tremblotante cherche l’Arbre. Elle semble l’avoir définitivement égaré.
Perplexe, l’homme observe le cadran.
Tout danse devant ses yeux, il vacille. Il cherche une route parmi les débris qu’il a inventés. Ses pieds s’y sont égarés, il n’y a plus de chemin, il n’y a plus de traces. Sous le caillou le monde entre en éruption et le tremblement des origines menace et dépasse sa raison.
Il capitule et remet la boussole dans sa poche. "

   Luz   
1/11/2020
Bonjour hersen,

J'aimais bien le début, les quatre premiers vers :
la dune où le vent se matérialise,
le vent qui vient de la mer
le végétal et le minéral,
sur la terre (la pierre) : l'homme.
Après, j'avoue n'avoir pas compris le sens de ce récit poétique (pas facile ce genre d’exercice...)
Je pense que l'idée de ce poème est bonne et originale, peut-être à traiter différemment, pour moi en tout cas.
Merci.

Luz

   hersen   
1/11/2020

   Lariviere   
1/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hersen,

Même si je n'ai sans doute pas tout compris en terme de parabole, j'ai trouvé ton texte réussi.

Un certain pessimisme lucide mais beaucoup de poésie impreignent ce récit.

Je salue, le rythme, l'originalité du traitement et du rendu...

Il y a un ton, une force poétique qui rend agréable et très intéressante la lecture.

Merci à toi !

   Pouet   
2/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

Nors sud est incarnés en Dune vent arbre et l'homme sur sa pierre, à l'ouest.

Un peu un gardien du phare des sentiers, des impasses, de la désorientation, de soi, du monde.
Sans doute la solitude, sans doute l'espoir.
La tempête apportera la vie, sinon la désolation.

   ferrandeix   
14/11/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Les vers qui constitue une sorte de leitmotiv me paraissent bienvenus. Les parties correspondant aux points cardinaux sont sans doute symboliques, mais à mon goût plutôt hermétiques. L'idée générale du récit me paraît excellent, mais le traitement à mon avis moins bon.


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