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Poésie néo-classique
inconnu1 : Le vieux chêne
 Publié le 24/01/21  -  19 commentaires  -  1131 caractères  -  300 lectures    Autres textes du même auteur

Il n'est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère. (Dante - La Divine Comédie)


Le vieux chêne



Le vieux chêne est tombé ce matin. Le sais-tu ?
Je l’ai trouvé brisé quand l’orage s’est tu,
Serein dans le soyeux d’une herbe humide encor,
Bercé par le fumet sucré du pétrichor.

Tout gisait sur le sol, l’arbre, nos souvenirs,
Les promesses d’un temps qui n’a pas su tenir,
Le houppier qui logeait nos cabanes branlantes
Où venaient s’épancher les humeurs chancelantes,
La corde sur la branche où tu te balançais,
L’odeur du galbanum lorsque tu m’embrassais,
Et fendue au volis, à peine gribouillée,
La courbe de nos noms sur l’écorce mouillée.

J’ai dénoué la corde. On ne la verra plus.
J’abandonne aux achées les lambris vermoulus.
Le volis, le chicot, la branche charpentière,
Sauront nous réchauffer plus d’une année entière.
Et lorsque les rondins, dans l’âtre brûleront
J’aurai le front pensif et mes yeux rougiront,
Fixés sur le linteau de notre cheminée
Qui fige ton portrait depuis presque une année.

Je n’ai gardé, tu vois,
Que le billot de bois
Qui supporte enlacés
Nos prénoms effacés.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Gemini   
10/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime ces poésies où parait un faux dialogue avec un disparu. On pense de suite à Hugo, bien que son "Vois-tu" ne soit pas à la rime.

J'aime aussi les textes parsemés de mots sans doute simples qui me sont inconnus : "petrichor" "houppier", "galbanum", et "volis", "chicot" (qui m'ont fait découvrir "chablis"). Mots qui ne font pas partie de mon vocabulaire, mais que je prends plaisir à découvrir, d'autant que, manifestement, ils ne sont pas là pour la rime.

Un texte bien ficelé, fluide et prenant, dans lequel le "vieux" chêne abattu symbolise la séparation définitive entre le narrateur et son aimée (j’ai opté pour un narrateur masculin à cause du travail de débit).
Peut-être a-t-il fallu que l’arbre soit déraciné pour que le déni s’efface et que le deuil soit enfin surmonté ?

En tout cas, on sent dans la lecture une sorte d’apaisement, un calme après la tempête, une sorte de paix intérieure sur laquelle on flotte jusqu’au quatrain final posé comme une signature en bas d’une lettre, mais avec deux prénoms.

   socque   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'ordinaire je me méfie des poèmes de nostalgie, ici la forme nette et ample à la fois emporte ma réticence initiale. Je trouve qu'il y a de la noblesse dans ces vers, celle d'une vie ancrée dans le concret mais aussi la tendresse d'une longue vie commune, d'un amour évident dès l'enfance (je pense à une vie commune à cause du portrait sur la cheminée, qui ne date que d'un an, mais rien ne m'interdit d'imaginer que ce portrait est signe d'un amour empêché, vécu à distance... ou que l'objet aimé est mort depuis un an ; j'apprécie ce flou). J'apprécie aussi l'expression de cet ancrage dans des mots renvoyant à des choses précises, réelles, voire techniques ; des mots que je ne comprends pas tous, et justement, leur sens que je devine bien précis et qui m'échappe m'apporte paradoxalement un halo de rêve, une envolée... Effet réussi pour moi.

J'ai trouvé les alexandrins fluides, le rythme assuré.

   Queribus   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un bien joli texte que le votre, sans pédanterie avec des mots simples qu'on comprend à la première lecture, avec un vieux sujet souvent traité en poésie: le vieil arbre et les souvenirs attachés (Le grand chêne de Brassens,...), comme une ode au passé enfui. J'ai bien aimé la forme: un quatrain, deux strophes de huit vers, une conclusion avec quatre vers de six syllabes qui fait contraste avec ce qui précède. Une petite remarque quand même en ce qui concerne la forme:vous faites souvent rimer des adjectifs, des verbes, des passés simples entre eux: branlantes-chancelantes, balançais-m'embrassais, gribouillée-mouillée, charpentière-entière, brûleront-rougiront, cheminée-année, enlacés-effacés; ce n'est pas vraiment une faute mais c'est quand même à éviter.

En conclusion, malgré les petites remarques ci-dessus, un texte que j'ai beaucoup apprécié.

Bien à vous.

   Anje   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je n'ai pas envie de chercher un défaut à ce poème tellement il éclabousse le lecteur d'émotion. Oserais-je avouer que la fumée des rondins de ce vieux chêne dans l'âtre ont piqué mes yeux ? Même les mots que je ne connais pas n'ont pas perturbé les sentiments qui exhalent de ces vers.
Bravo !

Anje en EL

   sympa   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour inconnu1,

Une bien jolie lecture matinale où le souvenir et la nostalgie d'un amour qui n'est plus, je pense, ont une place prépondérante .

Le premier quatrain donne envie de lire la suite et l'émotion l'emporte tant ces vers sont beaux, fluides et sans accrocs .

Je n’ai gardé, tu vois,
Que le billot de bois
Qui supporte enlacés
Nos prénoms effacés.

Cet ultime quatrain en hexasyllabes marque encore plus le souvenir et l'émotion qui exhalent de ce très beau poème.

   ANIMAL   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Un très beau poème que ce parallèle entre la mort du vieux chêne et la fin d'un amour. C'est imagé, plein de nostalgie et sans amertume.

Sur la forme, je ne vois rien à dire, le rythme et les sonorités sont équilibrés et harmonieux et le poème coule comme une eau calme. Tout me plaît mais si je dois retenir un passage préféré, ce sera celui-ci :

"Et lorsque les rondins, dans l’âtre brûleront
J’aurai le front pensif et mes yeux rougiront,
Fixés sur le linteau de notre cheminée
Qui fige ton portrait depuis presque une année."

Bravo pour ces souvenirs superbement évoqués.

   Corto   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
La première qualité de ce poème est le mélange de souvenirs et de sentiments qui semblent impérissables.
Le "vieux chêne" a eu tant d'importance dans la naissance de cet amour que même à terre il reste un support robuste à l'évocation du temps où l'émotion de chacun était à son comble.
Droit ou abattu peu importe, il fait partie de ce couple. Il est quasi immortel car témoin jadis du vécu, il reste aujourd'hui solidement implanté dans les souvenirs.

La description minutieuse de cet arbre brisé est remarquable, comme s'il fallait que le narrateur s'imprègne lui-même de chaque détail sans oublier "L’odeur du galbanum lorsque tu m’embrassais".

L'auteur garde pour lui le secret du devenir de ce couple amoureux en plaçant tour à tour
"Sauront nous réchauffer plus d’une année entière"
puis: "Qui fige ton portrait depuis presque une année".

En toute simplicité le dernier quatrain vient à nouveau enlacer une réalité concrète et un sentiment trop fort pour s'effacer.

Ce texte est de toute beauté. Bravo.

   papipoete   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour inconnu1
Votre pseudo ne vous va vraiment pas, tant votre écriture nous marque l'esprit chaque fois !
Et cette histoire, que certains pourraient trouver rebattue, me fera toujours le même effet, celui d'un moment que tous nous vécûmes, par l'entremise d'un parchemin ou tronc d'arbre marqué de deux noms.
Ce vieux chêne, combien d'idylles abrita-t-il ? combien de serments d'amour entendit-il ? mais aussi de combien de ruptures fut-il le témoin ?
NB en plus de la tristesse de voir cet arbre à terre, avec lui tous les bisous, puis baisers corsages défaits, les jupons soulevés, ce regard va aussi à cette compagne, pour qui tous ces témoignages se rassemblent, devant l'âtre sous le portrait de celle qui n'est plus !
De forts beaux vers, que vient enrichir un vocabulaire savant ( pétrichor, galbanum, volis etc... ) et surtout toutes ces images qui s'ajoutent au récit, sans jamais l'alourdir !
la fin de la 3e strophe ( et lorsque les rondins...) et la conclusion embueraient le regard du plus endurci !
comme tout est beau dans ce dialogue à un...
( je suis aller voir mon ami Bébert, dont la moitié Nisou partie à l'hôpital est sur le chemin du départ... Il ne l'a point revue depuis deux mois...covid oblige ! ils s'aiment depuis la maternelle du haut de leurs 75 ans )
les dodécasyllabes et petits frères hexa se sont faits si beaux pour ce néo-classique sans faute !

   Vincente   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
S'il n'était que le fruit d'une âpre mélancolie, j'aurais laissé ce vieux chêne à son extinction, mais un regard est passé par là qui a trouvé le bon cadre, la bonne expression et l'attentive intention pour raconter cette histoire émouvante. En lui donnant avec justesse des mots, ce poème a su éterniser ces conjonctions sentimentales, elles parleront à nombre de lecteurs, pour ma part elles m'ont beaucoup touché, je dirais doucement, tendrement ; rien ne m'y a dérangé dans la forme, au contraire l'écriture y est souple, modeste mais "efficace". Oh que la poésie peut être goûteuse quand elle parvient à cette pertinente justesse !

   Cristale   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Encore un beau témoignage des qualités de cette écriture dont les pleins et déliés n'ont d'égal que l'essence poétique diffusée dans un langage soutenu, autant dire, s'élevant vers le haut.
Émotion, nostalgie, tristesse...

"...
Et lorsque les rondins, dans l’âtre brûleront
J’aurai le front pensif et mes yeux rougiront,
..."

Que c'est beau, tout est beau dans ce poème.

Bravo et merci Inconnu,
Cristale

   Myo   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Décidemment, j'aime beaucoup votre style et cette nostalgie pleine de pudeur que vos mots insufflent.

Je n'ai pas les compétences pour une fine analyse mais je vous parlerai juste de cette émotion partagée et ressentie qui est pour moi, la raison d'être de toute poésie.

Avec en prime quelques mots de vocabulaire supplémentaires pour notre culture.

Un grand merci et bravo!

Myo

   Lulu   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Inconu1,

Je trouve qu'il y a de très belles images dans ce poème. Je me représente si bien ce "vieux chêne".

Cependant, j'ai très peu été touchée par ce poème. Je crois que c'est lié au choix des rimes suivies qui donnent une tonalité particulière à ce poème sans parvenir à m'émouvoir. J'ai l'impression que c'est aussi lié, mais c'est là plus subjectif encore, au fait que nombre de mots m'échappent. De fait, je regrette le manque d'une certaine simplicité au coeur de ces vers qui m'apparaissent comme peu authentiques.

Il y a néanmoins, à mon sens, et selon ma sensibilité, autre chose que la forme, et c'est le fond, finalement, qui ici, me touche le plus.

Les mots que je n'ai pas su : "pétrichor" ; "galbanum" ; "volis" ; "achées" ; "chicot"... Bien sûr, j'aime découvrir et apprendre. Je trouve juste dommage d'avoir été gênée par certains de ces mots que je n'ai su comprendre dans leur contexte.

Bonne continuation.

   Edgard   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Inconnu
J’aime beaucoup votre poème qui ne s’enferme pas dans un carcan trop classique et sait très bien communiquer cette nostalgie de l’absent(e). Il est plein de délicatesse, et riche d’un vocabulaire recherché. Je chercherai les mots que je ne connais pas…
J’aime votre musique qui génère de belles images. Et qu’est-ce c’est d’autre la poésie, que de la musique, des images et de l’émotion ? Peut-être aussi surprendre le lecteur…
«J’abandonne aux achées les lambris vermoulus » me chagrine un peu… mon pôpa était forestier et les achées n’étaient pas dans le bois et les lambris étaient dans le futur des arbres.
Merci.

   Robot   
24/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La chute du chêne ravive les souvenirs. Un être cher dont on garde le portrait sur la cheminée pendant que l'arbre des amours dans l'âtre réchauffe la mémoire du disparu (ou de la disparue).
Les images parlent au narrateur comme elle parle au lecteur.
Un beau final par ces quatre vers courts.

   Quidonc   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Inconnu1,
J'ai beaucoup aimé ce dialogue avec l'amour d'enfance du narrateur, amour d'enfance qui s'est avéré l'amour de toute une vie.
L'être aimé a disparu depuis un an et aujourd'hui le vieux chêne où était gravé leur histoire est tombé à son tour.
Tout en sensibilité et en nostalgie ce poème vous arrache un soupir en fin de lecture. Avec en bonus des mots nouveaux (pour moi) comme pétrichor, galbanum, achées. Que demande le peuple ?
Merci pour ce partage

   Provencao   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
" Je n’ai gardé, tu vois,
Que le billot de bois
Qui supporte enlacés
Nos prénoms effacés."


J'ai beaucoup aimé la posture du souvenir enfoui et qui se logeait dans des cabanes branlantes.... en profonde écriture intuitive et émotionnelle , avec des révélations de la douleur chancelante.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Ioledane   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un très beau poème néoclassique, auquel je ne trouverais à reprocher qu'une légère surabondance de termes végétaux pas nécessairement connus du grand public.
Mes passages préférés :
"Tout gisait sur le sol, l’arbre, nos souvenirs,
Les promesses d’un temps qui n’a pas su tenir,"
"Fixés sur le linteau de notre cheminée
Qui fige ton portrait depuis presque une année."
et le dernier quatrain, saisissant avec ses vers courts et sa douloureuse simplicité.
En relisant, je me demande pourquoi le chêne tombé paraît serein, alors que tout n'est que tristesse ? ...

   Miguel   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bien beau poème quasiment classique, mais sa valeur est ailleurs. Ce dialogue avec l'être cher disparu a sa charge de pathétique, mais du vrai, pas du pathos ; cela parle à l'âme. Les vers évoquant le chêne et son environnement sont d'une grande poésie, la nostalgie qui s'exhale donne à l'ensemble un ton élégiaque très émouvant. De la belle ouvrage.

   inconnu1   
26/1/2021


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