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Poésie classique
Ioledane : L’hiver au bout des doigts
 Publié le 18/05/17  -  16 commentaires  -  1241 caractères  -  235 lectures    Autres textes du même auteur

Un paradis perdu.


L’hiver au bout des doigts



L’hiver n’en finit plus d’enrouler ses volutes
Autour de ta maison chaude et triste à la fois ;
Chaque aube pèse lourd, et même les minutes
Sont un épais magma qui s’accroche à tes doigts.

Ces tons bleus si parfaits qui tapissent tes rêves
S’attardent impuissants sur tes murs engourdis,
Vestiges sans éclat de ces audaces brèves
Que t’inspirait jadis ton île paradis.

Figé, ton chevalet amasse la poussière,
Les nuits chassent les jours et la peine l’ennui ;
L’écran qui te fait face est la seule lumière
Éclairant ton regard dont l’étincelle a fui.

Inerte dans ce bloc où tu t’anesthésies,
Tu laisses désormais à d’autres les combats,
À d’autres les couleurs, les folles frénésies ;
Rien ne t’éveille plus qui ne soit pas « là-bas »…

« Là-bas » qui ne survit qu’au fond de ta mémoire,
Éden défiguré par d’aveugles ciments ;
Reste un salon bleu-gris en ultime offertoire,
Écrin inanimé de tes renoncements.

Et le temps gourd et lent dévide ses minutes
En cet épais magma qui s’accroche à tes doigts ;
L’hiver n’en finit plus d’enrouler ses volutes
Autour de ta maison chaude et triste à la fois.


 
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   Donaldo75   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Il y a une forte charge nostalgique dans ce poème, avec des images sombres.

Les termes volcaniques (magma, volutes) font penser à l'Enfer; l'atmosphère pesante renforce cette sensation. La mort est omniprésente (les vestiges, le chevalet figé, l'écrin inanimé). Pourtant, la vie persiste (murs engourdis, regard, anesthésie).

C'est bien exprimé, un peu morbide à mon goût mais le tout passe sans impression de longueur ou de répétition inutile.

J'ai bien aimé.

Merci,

Donaldo

   socque   
18/5/2017
Ce poème me semble décliner le même thème que "Les yuccas", en nous donnant cette fois à voir une vieille personne (son "genre" est délibérément laissé dans l'ombre), autrefois peintre, dont la vieillesse a chassé l'étincelle vitale avant que la mort vienne achever le boulot.

Je dois dire que l'impression qui m'en reste est beaucoup moins puissante que celle laissée chez moi par cet autre opus cité ci-dessus. Les vers sont toujours assurés, mais me semblent moins forts, moins expressifs... Peut-être votre poème pâtit-il du fait qu'il expose un sort individuel, alors qu'avec la résidence des Yuccas c'était un affreux sort collectif qui était donné à voir : le caractère collectif appuyait sur le côté universel de la description.

Et puis, bon : si je compare
Chaque aube pèse lourd, et même les minutes
Sont un épais magma qui s’accroche à tes doigts.
à ces extraordinaires
Les jours s'entassent et s'assemblent
En un magma sans intérêt
y a vraiment pas photo ! Pourquoi l'aube ? Même en la qualifiant aussitôt de "lourde", c'est pour moi comme si vous laissiez une lueur d'espoir filtrer à travers les rideaux fermés...

Oui, je crois que c'est ce qui, à mon sens, affaiblit votre poème : la présence de mots qui, par-ci par-là, allègent l'ambiance et m'empêchent de ressentir vraiment le désespoir du vieillard ou de la vieillarde exilé(e) loin de son paradis aujourd'hui défiguré :
volutes (trop joli)
aube
tons bleus si parfaits (même si seulement en rêve)
audaces brèves
Que t’inspirait jadis ton île paradis
lumière
Éclairant ton regard dont l’étincelle a fui (le verbe "fuir" à lui seul ne parvient pas, je trouve, à contrebalancer l'étincelle, la lumière, le regard éclairé)
les couleurs, les folles frénésies
Éden
Écrin

Ce serait injuste d'évaluer en ayant à l'esprit "Les yuccas", à mon avis bien plus réussi sur le même thème ; je m'en abstiens donc. Malgré mes réserves, vos vers me paraissent fluides, la prosodie assurée et naturelle.

   Alexandre   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ioledane... J'ai lu le commentaire de socque. Oui, il y a bien quelques similitudes avec ces Yuccas qui m'avaient pris aux tripes mais, pour moi, ça n'enlève rien à l'émotion qui se dégage de cette dernière ligne droite vécue cette fois ci en solitaire.
Une très belle plume classique qui nous offre une série de quatrains où les alexandrins défilent sans le moindre accroc et ces deux vers qui ouvrent ce poème avant de le clore... Excellente idée !

L’hiver n’en finit plus d’enrouler ses volutes
Autour de ta maison chaude et triste à la fois ;

Si je puis me permettre, concernant le vers suivant :

Les nuits chassent les jours et la peine l’ennui ;

... j'aurais bien vu :

Les nuits chassent les jours et la peine et l'ennui.

Je laisse le soin à jfmoods de décortiquer votre texte que, pour ma part, je trouve vraiment très réussi tant pour la forme que pour le traitement appliqué au thème choisi.

Bravo et merci !

   troupi   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Effectivement on se souvient des yuccas que je suis allé relire pour l'occasion.
Je préfère finalement ce poème peut-être est-ce dû au rythme de ces alexandrins qui coulent si harmonieusement.
L'histoire du peintre ne peut me laisser indifférent, je peins depuis si longtemps.
Le premier et le dernier quatrains qui se répondent me parait être une excellente idée.
Pour plusieurs raisons donc j'aime cet hiver au bout des doigts même s'il résonne en moi à la manière d'une inquiétude.

   PIZZICATO   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une atmosphère sombre, inerte, pèse sur ce poème " le temps gourd et lent dévide ses minutes ".
Ce peintre a laissé « là-bas » (une île) tout ce qui vivait en lui et a perdu tout intérêt pour son art.

Il y a de très belles images dans ce texte, soutenues par la musicalité des alexandrins ; entre autres :
" Éden défiguré par d’aveugles ciments "
" Sont un épais magma qui s’accroche à tes doigts."

Ainsi que ces deux vers qui entament et closent ce poème :
"L’hiver n’en finit plus d’enrouler ses volutes
Autour de ta maison chaude et triste à la fois "

   Absolue   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A part quelques tournures que je trouve moins harmonieuses ( le temps gourd et lent, l'écran qui te fait face), ce poème me touche.
J'aime la répétition du premier et dernier quatrain et surtout:
"L’hiver n’en finit plus d’enrouler ses volutes
Autour de ta maison chaude et triste à la fois."
L'image du magma qui s'accroche à tes doigts me plaît également beaucoup...
Merci pour ce moment de poésie!

   papipoete   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Ioledane,
Il est venu le temps des frimas, celui qui même en été glace le coeur , accumule la poussière sur ce chevalet, qui ne verra plus jamais de toile ! " Et l'hiver n'en finit plus d'enrouler ses volutes ... ", l'hiver de la vie !
NB que sombre est cette toile d'où le bleu a fui, et chaque moment qui passe s'amalgame aux doigts du peintre ; même l'aube est lourde autour de sa maison chaude et triste .
Forme classique parfaite !

   Pouet   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Le titre m'a positivement interpellé et je ne suis pas déçu.

J'ai beaucoup aimé ce poème d'une grande tenue et retenue.
L'entame est particulièrement réussie et reprendre ce quatrain pour clore le poème n'est pas pour me déplaire.

On entrevoit donc une peintre, peut-être en fin de vie, sur la table d'opération. Enfin c'est ce que j'ai cru percevoir ne m'étant pas appuyé sur les précédents commentaires. La "maison chaude et triste" est-elle une métaphore de la mort, du coma? Car pour moi le vers: "Inerte dans ce bloc où tu t’anesthésies" signifie que cela se passe à l'hôpital?..."L'écran qui te fait face", un moniteur?

Quoiqu'il en soit un bien joli travail, d'une belle musicalité. Tendre et sensible tout en étant sans concession.

Vraiment apprécié, merci.

   Michel64   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ioledane,

Quel beaux poème. De la nostalgie, du désespoir et des souvenirs et tout cela très bien écrit.
La forme me paraît impeccable, même si je ne suis pas spécialiste.

De très beaux vers :
"Ces tons bleus si parfaits qui tapissent tes rêves
S’attardent impuissants sur tes murs engourdis,"

"Les nuits chassent les jours et la peine l’ennui ;"

Merci pour ce partage et au plaisir de vous lire à nouveau.

Michel

   emilia   
18/5/2017
Même si cette déclinaison du renoncement apparaît inéluctable et nostalgique à travers des images qui personnifient bien l’atmosphère de cette maison aux « murs engourdis » en opposition à « l’île paradis » qu’elle fut jadis, où ne règnent plus que la lassitude, la peine, l’ennui et l’impuissance d’un chevalet poussiéreux figé par le poids des ans qui accompagne l’inertie d’un « regard dont l’étincelle a fui », associé aux doigts devenus gourds et lents comme « anesthésiés » dans cet « écrin inanimé »…, autant de préfixes privatifs pour rendre sensible cet « éden défiguré » quand le parcours d’une vie semble se boucler avec le retour/rappel insistant de cet « hiver qui n’en finit plus… », un charme poétique se dégage de ce beau poème dont les rimes, le rythme classique et musical, offrent un vrai plaisir de lecture ; merci à vous pour le partage d’une belle écriture…

   Marite   
20/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Admirative de la forme qui, par le rythme, l'équilibre dans le choix et les sonorités des mots, offre à nos yeux une scène où rien ne manque : la maison chaude et triste, le chevalet figé et poussiéreux, l'écran et sa lumière, le salon bleu-gris. Il se dégage de ce tableau une mélancolie si profonde, un renoncement si angoissant que je me suis surprise, en terminant la lecture, à souhaiter de pouvoir hâter l'arrivée du printemps sur cette maison : alléger les aubes, éveiller les murs, y faire entrer le soleil ...

   jfmoods   
20/5/2017
Ce poème est composé de six quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines.

Les échos des première et dernière strophes rendent compte de l'aspect cloisonné d'une évocation dont le temps de base est le présent de l'habitude. La saison présentée ici ("L'hiver"), associée à des adjectifs qualificatifs et participes passés porteurs de passivité ("triste", "lourd", "épais", "impuissants", "engourdis", "Inerte", "défiguré", "inanimé", "gourd", "lent") signale, métaphoriquement, la traversée désenchantée du dernier âge de la vie. L'image de l'hôpital s'impose ("ce bloc où tu t’anesthésies"). Si la richesse de l'existence intime, à l'image de la toile d'un peintre, est liée à l'inspiration que nous savons lui insuffler ("Ces tons bleus", "ton chevalet", "les couleurs", marqueur d'intensité : "si parfaits"), aux utopies que l'on porte et fait vivre ("les rêves", "île paradis", "Éden"), alors le grand âge en représente la grinçante, la désespérante caricature (complément de temps marquant l'extrême éloignement : "jadis", métaphore : "l'étincelle a fui", parallélisme : "Les nuits chassent les jours et la peine l’ennui", passivité de l'univers télévisuel amplifiée par le superlatif : "L’écran qui te fait face est la seule lumière / Éclairant ton regard", anaphore : "à d'autres", adjectif possessif : "tes renoncements"). Des splendeurs de la vie passée, seuls points d'ancrage encore générateurs d'émerveillement (anaphore du complément de lieu : "là-bas"), seul un souvenir ténu subsiste encore (groupes nominaux : "Vestiges sans éclat" "un salon bleu-gris en ultime offertoire").

Merci pour ce partage !

   Proseuse   
20/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Ioledane,

votre poème est très beau et touchant, j' ai cette sensation en le lisant que le temps presque lui-même, ne vit plus tout à fait et tournant, lentement, péniblement presque par habitude il se cogne au jour et à l'' ennui ! une impression de solitude et de renoncement !
une fin de vie peut-être ?
bon, je n' ai pas lu " les yuccas" auxquels les uns et les autres semblent faire références ... mais, tout compte fait, je ne les lirais pas ( pas maintenant) pour ne voir que ce poème-ci qui m' est aujourd' hui proposé de lire !
un poème lancinant dont j' ai apprécié la lecture ! Merci

   Eversad368   
24/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un plaisir ... Merci, pour exprimer si bien la fuite du temps. Ce passé plein de vie, d'envies et d'ambitions qui s'éloigne pour laisser place
à l'ennui et souvent à la solitude.
Belle plume.

   Ioledane   
24/5/2017

   Simaria   
27/5/2017
Magnifique.


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