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Poésie contemporaine
Ithaque : In memoriam
 Publié le 26/10/18  -  18 commentaires  -  788 caractères  -  238 lectures    Autres textes du même auteur

Je pense encore à nous...


In memoriam



À l’heure torride où s'endort
L'après-midi dans le bien-être,
Dieu s’amuse, sous un vieux hêtre,
Dans un essaim de mouches d’or.

L’air brûlant nimbe d’un duvet,
L’enluminure d’une feuille
Faisant balancelle et j’effeuille,
Du regard, sa peau de louvet,

Depuis mon lit où tu n’es plus
Qu’un lointain souvenir d’étreintes,
Qu’une fumerolle, une empreinte,
La fleur incueillie des talus,

Une jouvence dans un corps,
Des nuits, ensuées de nos danses,
L’anneau, la corbeille et son anse
Tressant nos cœurs et notre accord.

Tu n’es plus là... mais où es-tu ?...
Que j’ouvre les yeux ou les ferme,
Tout te contient, tout te renferme
Tout te recrée... mais tout me tue !


 
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   Willis   
2/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La fleur sauvage des talus
Je me souviens... Et ça me tue.

Voilà, pour ma lecture.

Très joli poème. Le souvenir est torture, on le ressent. Mélodie quasi-parfaite car la plume est légère. Avec quelques changements, on aurait eu un très bon classique. Pourtant, ainsi, le poème devrait obtenir plusieurs plumes.

   Fowltus   
10/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai trouvé sublime votre poème.
TOUT est en nuances, tout enferme tout.
C'est plutôt rare chez moi de me laisser emporter par un thème aussi éclusé.
Je n'ai rien à dire d'autre, je savoure la délicieuse beauté de l'écriture, malgré ce qu'elle dit, la tragédie qu'elle renferme.

   Ioledane   
12/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Voici un texte aux qualités inégales à mes yeux.

J'aime beaucoup :
"Dieu s’amuse, sous un vieux hêtre,
Dans un essaim de mouches d’or"
"Qu’un lointain souvenir d’étreintes,
Qu’une fumerolle, une empreinte,
La fleur incueillie des talus"
"Une jouvence dans un corps"
"L’anneau, la corbeille et son anse
Tressant nos cœurs et notre accord"

J'aime moins :
Les rimes "feuille / effeuille", "ferme / renferme"
"sa peau de louvet"
"ensuées de nos danses"
et le dernier quatrain, beaucoup moins poétique à mes yeux, moins fluide également.

J'ai quand même bien aimé ma lecture dans l'ensemble.

   papipoete   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Ithaque
je regarde dans ma tête, l'endroit sous le hêtre où nous allions ; je vois le long des sentiers ces fleurs que tu cueillais ; dans mon lit; ici tu n'es plus et fermant, ou ouvrant les yeux, je te vois partout alors qu'à moi le Ciel t'a repris !
l'ultime strophe clôt ce poème, et rouvre les plaies du héros qui le torturent, le tuent, le réveillent, le tuent à jamais !
Un infime bémol ; le sujet " j'effeuille " est bien éloigné jusqu'à " notre accord " .
je vois un " néo-classique " ( le hiatus du 17e vers " où-es-tu " ) est permis dans cette forme .
la rime " tu/tue ", masculin/féminin ?

   Anje   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a partout des nous, ces fleurs incueillies qui couvrent les talus des souvenirs, le long des chemins de la vie. Pas toujours facile de passer devant sans souffrir. La nostalgie atteind son paroxysme et l'auteur se meurt en voyant ce nous partout. Ici le saule n'est pas pleureur mais osier tissé en mots jolis. Ce qui le rend agréable à lire et relire.
Comme il a heureusement choisi l'octosylable, l'auteur a dû volontairement opter pour un contemporain.

   hersen   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème d'où émane une belle ambiance; nostalgique et douloureux, mais le beau se nourrit de tout, n'est-ce pas ?

J'aime beaucoup l'évocation du brûlant, de l'or, qui se termine en fumerolle (excellent mot, très évocateur)

et le dernier mot clôt désespérément ce qui n'est plus.

merci de cette lecture !

   Cristale   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
"La fleur incueillie des talus"
Oh là là !!! Que j'aime ce vers !
Le quatrain qui l'inclut est une pure merveille de poésie.

Encore sous le charme voici le quatrain final :
"Tu n’es plus là... mais où es-tu ?...
Que j’ouvre les yeux ou les ferme,
Tout te contient, tout te renferme
Tout te recrée... mais tout me tue !"

Et là, c'est toi le poète qui me tue !

Encore un "non-classique" qui me laisse pantoise et admirative des talents de l'auteur.

Je ne dirai rien de plus : j'aime et puis c'est tout.

   LylianR   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un néologisme agréable à l'oreille : incueilli.
Un mot rare : ensué.

Ce que j'ai moins aimé : j'effeuille du regard sa peau de louvet.
Effeuiller une peau me parait inapproprié.

Une jouvence : est-ce une fontaine de Jouvence ?
L’anneau, la corbeille et son anse : peut-être des symboles d'une alliance, comme le mariage (?)

Ce que j'ai surtout aimé : le dernier quatrain et en particulier les deux derniers vers, somptueux avec le jeu d'allitérations :

Tu n’es plus là... mais où es-tu ?...
Que j’ouvre les yeux ou les ferme,
Tout te contient, tout te renferme
Tout te recrée... mais tout me tue !

   Castelmore   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Magnifique dernier quatrain d'une simplicité, d'une évidence, qui lui donnent une force extra ordinaire ! ... désolé je ne trouve pas d'autre mot .
Avant cette chute finale , les mots sont légers mais l'on perçoit la pesanteur du décor où se joue ce drame. Double peut-être (?)

Les chants désespérés ... lorsqu'ils sont bien composés, ce qui est le cas ici bien sûr.

   PIZZICATO   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De belles images pour définir la tristesse qu'engendrent les souvenirs ; car, plus ils sont beaux, plus ils mordent le coeur.

" ... tu n’es plus
Qu’un lointain souvenir d’étreintes,
Qu’une fumerolle, une empreinte,
La fleur incueillie des talus, " mon coup de coeur pour ce passage si léger.

" L’anneau, la corbeille et son anse
Tressant nos cœurs et notre accord " une jolie façon d'évoquer le mariage.

J'ai beaucoup aimé ce texte. La plume aussi élégante que la voix est belle...

   Francis   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une émotion engendrée par votre plume ! Deux moins un et c'est le vide qui tue les jours anciens, les jours heureux dont les souvenirs dansent comme des feuilles mortes au seuil de l'automne. J'ai lu et relu le dernier quatrain pour sa musicalité et l’empreinte finale qu'il laisse dans le cœur du lecteur. Merci pour ce partage !

   Hananke   
27/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un bien joli texte sur une absence que le souvenir comble.

J'aime bien le premier quatrain avec ce Dieu qui s'amuse
et ses mouches d'or.

Oui, un joli petit poème.

   Hiraeth   
27/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le premier quatrain m'a fait penser à un poème que j'aime bien, "La sieste" de JM de Heredia, donc vous êtes parti tout de suite avec mes bonnes grâces. Du reste, l'image de Dieu qui s'amuse à l'insu de tous (sauf de la voix poétique) dans l'une des plus petites strates de sa Création relève du génie à mes yeux, bravo.

Les quatrains suivants sont plus convenus je trouve, même si j'aime bien le troisième avec son "lointain souvenir d'étreintes" et sa "fleur incueillie des talus".

Un final en toute beauté, un pur joyau rythmique et anaphorique aux formules mémorables, à enseigner dans toutes les écoles de poésie ;)
(Seul bémol, il manque une virgule après "renferme".)

   jfmoods   
27/10/2018
J'aurais placé une virgule à la fin de l'avant-dernier vers.

Le choix de l'octosyllabe confère au poème un aspect intimiste. L'embrassement alterné des rimes esquisse les contours premiers d'une dualité comblante.

Le quatrain central opère la jonction entre les deux parties du poème.

Dans la chaleur de l'été (adjectifs qualificatifs : "l’heure torride", "L’air brûlant", personnification : "s'endort / L'après-midi dans le bien-être"), le doux écrin de la nature (allégorie : "Dieu s'amuse", décor extérieur : "un vieux hêtre", "un essaim de mouches d’or", "L’enluminure d’une feuille") fait insensiblement remonter le souvenir de l'Absente (vue qui s'attarde dans la contemplation : "effeuille, / Du regard", éléments suggestifs d'une résurrection du passé : "un duvet", "balancelle", "sa peau").

L'image du lit ouvre un troublant jeu d'intertextualité. Le lecteur ne peut en effet s'empêcher de tracer un parallèle entre la femme évoquée ici et le fruit désiré là-bas ("La pomme et le compotier"). Tous deux se répondent, points de fuite douloureux d'une même faim.

La longue phrase qui s'étend des strophes 2 à 5 réactive, de la chute à l'essor, le temps de l'histoire amoureuse (locution restrictive : "tu n’es plus / Qu’un [...] / Qu’une", énumération exhaustive des vers 10 à 16).

Le désespérant constat de la perte éclate en un chiasme poignant (vers 17 : "Tu n’es plus là... mais où es-tu ?..."). Non cicatrisée, la blessure s'ouvre soudain largement, manifestant l'insondable détresse du locuteur (alternative introuvable : "Que j’ouvre les yeux ou les ferme", anaphore obsédante : "Tout" x 4, parallélisme déchirant : "te recrée [...] me tue").

À ce stade refluent les aspérités sonores qui ont jalonné la lecture : rugosité des dentales (d/t), aspect plaintif des assonances (an, ou).

Cette première lecture en appelle une seconde, plus étayée, plus structurée...

I) Un cadre spatio-temporel berceur

1) Une nature enchanteresse

Le décor est placé sous le signe électif du merveilleux, de l'envoûtement (allégorie : "Dieu s’amuse, sous un vieux hêtre", métaphores radieuses : "un essaim de mouches d’or", "L’enluminure d’une feuille").

2) La chaleur

L'ambiance estivale de l'évocation (adjectifs qualificatifs : "l’heure torride", "L’air brûlant", personnification : "s'endort / L'après-midi dans le bien-être") invite à un heureux assoupissement.

II) Le fantôme de l'Aimée

1) Des images suggestives

Dans cette atmosphère teintée de surnaturel, le lecteur croit voir surgir une ombre douce et mystérieuse (personnifications : "un duvet", "sa peau", vision suggestive d'un délassement à deux : "balancelle").

2) L'histoire d'un couple

Un jeu métaphorique réinvestit le temps amoureux, de la combustion ("fumerolle, une empreinte, / La fleur incueillie des talus") au brasier initial ("Une jouvence dans un corps", "L’anneau, la corbeille et son anse").

III) L'impossible travail du deuil

1) Une absente accaparante

Telle le phénix renaissant de ses cendres, la femme disparue redevient la maîtresse, la suzeraine, la reine de coeur (alternative introuvable : "Que j’ouvre les yeux ou les ferme", anaphore obsédante : "tout" × 4).

2) Le déchirement de la perte

Le locuteur, éperdu, terrassé, ne peut que s'abîmer dans la profondeur abyssale du désarroi amoureux (chiasme : "Tu n’es plus là... mais où es es-tu ?...", parallélisme : "Tout te recrée... mais tout me tue !").

La beauté d'un poème naît d'un corps à corps incessant avec le texte, combat exaltant - sans nul doute un peu fou - qui se livre aux confins de la forme et du fond.

Merci pour ce partage !

   emilia   
27/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les deux premières strophes évoquent le décor extérieur et l’atmosphère dépeinte par « cette heure torride à l’air brûlant… » où s’exhale un sentiment de bien-être pour un « Dieu (qui) s’amuse… », tandis qu’une feuille joue sur sa balancelle le cycle du temps qui « s’effeuille… » ; un joli tableau de la nature auquel vient brutalement se substituer le lit intime privé de la présence de l’épouse disparue, surgie « d’un lointain souvenir », quand la rime « étreintes/empreintes résonne comme une plainte tressant le regret d’un cœur désaccordé dans lequel l’être cher occupe toute la place et dont la perte s’exprime douloureusement dans cet ultime cri déchirant avec cet emploi de l’hyperbole « … tout me tue ! » soulignant la difficulté du deuil et, présent à chaque strophe, un jeu subtil d’allitérations expressives… (je ne connaissais pas cette nuance de couleur originale appelée « louvet »…) ; merci à vous pour ce partage émouvant et d’une grande sensibilité…

   wancyrs   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Ithaque,

N'eut été le titre j'aurais pensé à une rupture. Le texte est bien amené ; d'abord ce décor posé, les souvenir qui foisonnent, le manque qui est évoqué, et la question qui tombe, comme un couperet ! C'est terriblement beau. C'est un moment intime partagé et merci pour cela !

Wan

   JcJaZz   
28/10/2018
L'amour perdu, toujours présent, qui nous hante
Un thème éculé et souvent resservi
Et pourtant, c'est une très grande finesse, une douce langueur, une gracieuse mélancolie associée à la nature que l'on retrouve ici
Que de beaux vers, limpides, lumineux, satinés qui coulent et s'enroulent autour de notre cou comme une écharpe bienveillante
Merci

   Quidonc   
29/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ithaque,

Quel bel Amour que celui-là et qui résiste à l'au-delà.
On sent la douleur du poète qui a difficile à accepter son deuil.
Malgré le temps passé depuis le départ de l'être aimé, la blessure est toujours aussi vive.
Je comprends que ce n'est pas l'intention de l'auteur qui veut, à mon avis signifier qu'il souffre de cette absence depuis bien trop longtemps mais le contraste du dernier quatrain avec les 2 autres qui le précèdent, me perturbe un peu.
Le dernier suppose un souvenir toujours vivant et les précédents un souvenir lointain presque oublié.
"Depuis mon lit où tu n’es plus
Qu’un lointain souvenir d’étreintes,
etc.."

Mais ne boudons pas notre plaisir, c'est une très agréable lecture.
Quidonc


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