Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Quidonc : Marie
 Publié le 26/10/18  -  10 commentaires  -  1706 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

... Quand la culture
fait rimer dictature...


Marie



Un poète érudit, reconnu de ses pairs,
À l’écriture claire et au style éthéré,
Crut par son fils puîné son panache de père
Pouvoir dépoussiérer.

Il lui fit tricoter des rimes indigestes,
Une rime à l’envers, une rime à l’endroit,
Sans un pied de travers, de ces voûtes célestes
En monter le piédroit.

Il aboyait ; « le but est d’exprimer l’émoi »,
En allumant ses feux, il tablait que des braises,
« Des muses étant l’amant, ce qu’il sent, ce qu’il voit ! »
Naissent des diérèses.

Or le fils insouciant n’avait pas de rigueur,
Ne prenant d’intérêt qu’à ce qui est joli,
Cependant, travailleur, endurait la vigueur,
Du Maître le poli.

Du matin jusqu'au soir, il buvait les laïus
De l’auteur de ses jours poursuivant sa chimère,
Mais l’art est tant ardu qui fait de l’hiatus
« La » faute de grammaire.

Et à force de zèle et saumâtres repas,
Le rêveur acheva de sertir un poème.
Malheureusement, hélas, il était trop bohème
Pour plaire à son papa.

L’ombre en prière alors, ne se voyant sémème,
Qu’anagramme d’un père et jamais son confrère,
Affligé de folie, honteux, pauvre carême
Résolut de s’extraire.

L’aède l’apprenant en pleura de colère,
Fleurirent de son cœur meurtri ses plus beaux vers.
Cette ire le suivit tout au long de sa nuit,
Ce n’est que bien plus tard, à la fin de l’ennui,

Quand le glas retentit, qu’enfin l’homme comprit,
Pas l’enfant d’Apollon mais le père accompli,
Que la vraie qualité, le talent de son fils,
Était faire jongler les lettres de Marie.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anje   
3/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Contemporain.
Il existe malheureusement des parents qui poussent leurs enfants à devenir ce qu'ils rêvent pour eux. Le résultat n'est pas toujours celui escompté. Ce harcèlement peut même mener jusqu'à "l'extraction". Et il est trop tard quand on comprend qu'il préférait "jongler avec les lettres de Marie". Ce poème nous dit bien tout çà.
Techniquement, puisqu'on y cite le hiatus, je ne relèverai que ce an an qui meurtrit un peu ce vers 29.

   Gemini   
5/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'exergue et le début du texte font penser à Hugo qui dans « À propos d’Horace » s’insurge contre les marchands de grec et de latin.
Tout débute comme une fable et c’est plutôt bien écrit avec des bonnes tournures, un ton de circonstance et puis… et puis arrive ce « Hors » au quatrième quatrain, qui alerte. Le sens alors devient plus flou (ou plutôt les choses sont moins bien dites), on trouve un « Malheureusement, hélas » évitable, et survient le septième quatrain à partir duquel je perds pied (sémème quel mot ! mais est-il à sa place ? pas de sujet à affligé, qui s’extrait de quoi ?). À partir du huitième, la forme qui jusqu'alors offrait aux strophes un sizain au dernier vers, passe à l’alexandrin. Les rimes se relâchent, les pieds traînent, on enjambe ; bref, fond et forme se désagrègent, et si je pose comme anagramme de Marie, le verbe aimer, je reconnais comprendre un peu la finalité, mais je dois dire qu’elle est mal exprimée.
À mon humble avis, il faudrait simplifier la fin (voyez Hugo qui dit seulement : « j’avais... rendez-vous avec la fille du portier », ça suffit pour qu’on comprenne !).

   izabouille   
8/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a des mots compliqués (que j'apprends par la même occasion et je vous en remercie) comme "sémème" "aède" "diérèse"... Du coup, j'ai un peu de mal à tout capter. Cela dit, je comprends où l'auteur nous emmène et c'est très beau, bien écrit. J'aime beaucoup.
J'ai bien aimé "tricoter les rimes indigestes, une rime à l'envers, une rime à l'endroit"
Merci pour ce bon moment de lecture

   Miguel   
9/10/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Quelque adresse à écrire l'alexandrin (non sans quelques approximations cependant) mais ce récit embrouillé et cette expression amphigourique donnent un peu de mal au lecteur. Il y a des erreurs car l'hiatus n'est pas une faute de grammaire mais une faute de prosodie, et certains mots semblent ici employés de manière approximative. Au bout du compte, on ne comprend pas bien de quoi il est question, et on n'est pas aidé par ce mélange de ton ironique et de tragédie. Quant à faire jongler les lettres de Marie ... ? Faut-il y voir l'anagramme d'aimer ? C'est la seule possibilité que je vois.

   Absolue   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai compris que le père essayait, d'une main de fer, de faire écrire des alexandrins à son fils... Bcp de vocabulaire inconnu pour moi dans ce poème, que je découvre. Ce n'est pas mon style car je trouve que l'ensemble manque de musicalité et est très "rigide"(c'est peut-être voulu?) Néanmoins j'applaudis la recherche et le travail accompli! Je n'ai pas compris la référence à Marie...?

   PIZZICATO   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Ma lecture fut laborieuse presque ennuyeuse, malgré le ton de fable.

Des mots comme "pûiné, sémème " me semblent mis là pour la vitrine...

Que certains parents, le père de surcroît, veuillent que l'enfant prenne le même chemin professionnel que le leur, c'est dans la tradition.
Qu'un poète tienne à ce que son fils ait la même vocation et le même " panache " est assez surprenant, à mon avis.

Même en prenant ce texte sur le mode de la fantaisie, je n'ai pas pu m'y intéresser.

A vous lire une prochaine fois.

   Cristale   
26/10/2018
Densité du discours, longueur des scènes, vocabulaire volcanique, bon-sens tragi-comique, un don scénique indéniable, enrubannent et nourrissent le travail d'un auteur qui met tout son coeur et son allant à la pointe de son art.
C'est bien, ça sent bon le travail et l'abnégation de la facilité dans la difficulté et ça, pour moi c'est positif.

Je dirais juste pour ce texte : sabrez, épurez, allégez.
Une plume qui a juste besoin d'un petit coup de peigne et que j'encourage vivement.

Du potentiel, à suivre...

   LylianR   
26/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Il y a du potentiel dans cette poésie. Il y a de l'éloquence pour certains quatrains. D'autres sont plus confus. C'est dommage !
Il aurait fallu une syntaxe plus classique, des tournures et un lexique plus simples et un ensemble plus concis. C'est longuet.

Un quatrain que je trouve plutôt bien réussi :

Et à force de zèle et saumâtres repas,
Le rêveur acheva de sertir un poème.
Malheureusement, hélas, il était trop bohème
Pour plaire à son papa.

   papipoete   
26/10/2018
bonsoir Quidonc
Ce père, poète si parfait, voulait que son fils aime le même art ; mais à la baguette il entendait transmettre ce don qui n'était pas dans le coeur de l'enfant !
ça hurlait, ça glaçait le sang de cet aède apprenti rimailleur contre son gré, et jamais le vers n'habita ce fils ...
NB l'auteur se fait le sosie de ce père maléfique, jouant de sa plume par trop d'emphase, de mots érudits, et ces inversions pléthoriques ne servent pas ce texte, qui n'en finit pas, égare le lecteur .
Mon " maître " comptait le nombre de vers de mes longs poèmes, et ne lisait plus, me disait << sabrer, il faut sabrer ! bien trop long ! beaucoup trop long ! >>
Aussi, quand je regarde ce que j'écris aujourd'hui ( 6 strophes au maximum ), je pense avoir compris ; il avait raison !
je ne note pas, car il y a un travail remarquable, et j'espère lire prochainement un autre titre de Vous avec plaisir !

   wancyrs   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Salut Quidonc,

Je comprends l'intention de ce texte, mais étant réfractaire au langage classique, la préciosité de l'expression et les tournures de vers m'expulsent du chemin de la dégustation de l'ensemble du texte, ce qui pour moi est dommage. J'ai des émotions troubles à la lecture de votre poème, et je n'arrive pas à les démêler ; ça m'embête !

Merci du partage et bonne continuation

Wan


Oniris Copyright © 2007-2018