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Poésie contemporaine
Ithaque : Puis, un jour… Santiago
 Publié le 10/10/19  -  10 commentaires  -  1094 caractères  -  193 lectures    Autres textes du même auteur

C'est l'histoire de deux êtres, à qui la vie offre un cadeau...


Puis, un jour… Santiago



« Papy, si l’on allait au col de Roncevaux !? »
L’homme remercie Dieu, qui a croisé sa route,
Dans les mots délicieux de l’enfant qui déroute
Ses vieux jours de fadeur vers un chemin nouveau.

Le moral en carême et l’âme à l’agonie,
Il escomptait la fin, harassé d’en découdre,
Ne buvant plus la vie qu’au fond d’un dé à coudre,
Comme ces loups chassés loin de leur colonie.

Mais sa petite Anja l’entendait autrement !
Anja, fée du berceau, l’astre de ses prunelles,
Anja, qui l’écoutait chanter ses ritournelles,
Quand l’étoile du soir montait au firmament

Et que ses yeux tombaient dans un profond sommeil...

* * *

Demain ! sans réfléchir ! ils partiront ensemble,
Tant que la joie dira « marchez ! » ils iront l’amble
Le long du Camino, qui teinte de vermeil

Le sang noir de nos vies fouettées par le destin.
Il reviendra léger, creusé par chaque étape,
Elle fera le plein de bisous et de tapes,
Dès qu'il la pressera pour se lever matin.

* * *


 
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   Corto   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Où Santiago sert de beau prétexte.

Oui prétexte à une relation privilégiée entre un grand père et sa petite fille, car c'est bien de cela qu'il s'agit: "Dans les mots délicieux de l’enfant qui déroute Ses vieux jours de fadeur vers un chemin nouveau".

'Le vieil homme et l'enfant' pourrait être le vrai titre de ce beau poème, où l'énergie de la petite fille supplée celle de l'ancien.

Une belle complicité est au rendez-vous avec: "Elle fera le plein de bisous et de tapes, Dès qu'il la pressera pour se lever matin.'

La strophe finale fait une jolie synthèse entre le Camino et les deux personnages, là où " Anja prendra la main noueuse en sa menotte".

Un poème qu'on lit facilement et avec plaisir, tout en profondeur et en délicatesse.

Merci à l'auteur.

   troupi   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème auquel je ne saurais rien reprocher.
Cette complicité entre les deux générations si éloignées est un vrai bonheur à lire.
Cette énergie insufflée par l'enfant à son grand-père le tire du gouffre où il sombrait.

"Le moral en carême et l’âme à l’agonie,
Il escomptait la fin, harassé d’en découdre,
Ne buvant plus la vie qu’au fond d’un dé à coudre,
Comme ces loups chassés loin de leur colonie."
Cette deuxième strophe est superbement écrite et l'image du dé à coudre une vraie trouvaille.
J'aime beaucoup les deux derniers vers qui racontent la complicité qui les unit.

   Provencao   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Le sang noir de nos vies fouettées par le destin.
Il reviendra léger, creusé par chaque étape,
Elle fera le plein de bisous et de tapes,
Dès qu'il la pressera pour se lever matin."


Quand l'Amour est réunion, communion...

Ses mots délicieux, comme vous le dites, d'enfant qui rend le cœur simple et complice....où il n'y a plus la moindre différence entre papy et petite fille. Entre aller au col de Roncevaux et partir ensemble dans la joie de marcher à l'autre bout du destin, prend toute sa dimension d' amour.

Merci pour ces vers délicats.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ithaque
" dis papy, on va se promener ? du côté de Roncevaux, ça te dirait ? " Le grand-père n'a pas plus envie que cela d'aller baguenauder, mais c'est sans compter sur le pouvoir de persuasion de la petite-fille... et demain en route pour le col !
NB il y a " boire un coup " et ça ira mieux ; il y a " avoir un vieux copain " et refaire le monde ; et puis il y a " le petit-enfant " qui, d'un sourire rallume toutes les ardeurs, même celle d'un volcan " qu'on trouvait trop vieux " et un jour nouveau renaît !
Pour avoir connu ces moments-là, je comprend le ravissement de papi !
Le bonheur est bien illustré après ce " ne buvant plus la vie qu'au fond d'un dé à coudre " et je vois dans ces lignes comme immense est l'amour entre ces deux êtres !
Un texte " néo-classique " où seul me gêne au dernier vers, l'absence d'article ( lever...matin ) infime bémol

   PIZZICATO   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une poésie tout en douceur et sensibilité pour traduire l'affection profonde entre " Anja " et son grand-père ; cette petite Anja qui vient illuminer la " fadeur " de ses vieux jours.
" Dans les mots délicieux de l’enfant qui déroute
Ses vieux jours de fadeur vers un chemin nouveau "

" Elle fera le plein de bisous et de tapes,
Dès qu'il la pressera pour se lever matin."

Une bien agréable lecture !

   Pouet   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

j'ai été touché par la sensibilité se dégageant du texte. Cette relation intergénérationnelle et cet homme "sauvé" par sa petite-fille.

J'ai aimé le ton, les métaphores et le mélange des styles comme par exemple ce vers "Le sang noir de nos vies fouettées par le destin." d'une grande tenue métaphysique, d'un abord plutôt "sérieux" et dégageant une certaine âpreté suivi de "Elle fera le plein de bisous et de tapes," plus léger, enfantin, sautillant.

Il y a bien quelques passages un peu "convenus" à mon goût, mais que je n'ai pas envie de relever ici, tant cela semble coller au fond.

Une lecture agréable, touchante.

   Michel64   
13/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un sujet émouvant très bien mis en forme. J'ai beaucoup aimé.

Mon préféré, le deuxième quatrain qui exprime bien le grand âge avec ce reste de vie qui tient au fond d'un dé à coudre.

Mon seul petit bémol, cet "amble" qui est une manière de marcher en avançant simultanément les deux membres d'un même côté mais seulement chez certains quadrupèdes comme la girafe par exemple. La nécessité de la rime bien sûr...

Merci pour ce voyage familial.

Edit:

En revenant sur ce poème et mon commentaire, il me vient à l'idée que l'image de l'amble pourrait venir de l'impression donnée par le grand-père et sa petite-fille marchant l'un dernière l'autre, et avançant le même pied en même temps.
L'image d'un "quadrupède" marchant l'amble, pour peu qu'ils soient très proches l'un de l'autre, est alors envisageable. Peut-être qu'un explication de votre part lèvera mon doute.
Merci encore

   Cat   
11/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne sais pas décrire le sentiment tellement troublant qui se dégage de ce beau poème, fait d'infinie tendresse et de quelque chose terriblement plus mélancolique. Ce sentiment qui ne me lâche pas depuis ma lecture la nuit dernière...

Je ne sais pas le décrire mais je comprends tout le clair-obscur qui se joue ici. Et dans ce poème qui parle de joie je me blesse à cette pointe de tristesse qui fleurit tout le long du Camino.

Une belle eau, vraiment.
Merci Ithaque.


Cat

   emilia   
11/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
À la croisée des chemins, un papi « harassé » par la vie et sa petite fille « Anja », « l’astre de ses prunelles » (y-a-t-il un lien avec la récente chanson d’Amir intitulée « ANJA », « cette enfant de lumière porteuse d’espoir… »?), se rejoignent pour partir à l’aventure, escortés par l’amour qui réunit leurs pas sur un « nouveau chemin », et toute la symbolique qui lui est attribuée, en lien avec ces noms prestigieux que sont Santiago et Roncevaux, des étapes connues du fameux chemin de St Jacques de Compostelle représentant une forme de quête de lumière, de lieu à atteindre et d’accomplissement, une ode à la joie de la marche pour retrouver l’espérance, à travers cette tradition de la transmission initiatique des valeurs et la richesse d’un échange mutuel dans le partage à la fois du plaisir et de la contrainte (bisous et tapes…) ; merci à vous pour ce beau message réconfortant…

   jfmoods   
11/10/2019
Ce poème est constitué de 5 quatrains en alexandrins, à rimes embrassées, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

J'aurais mis un point-virgule en fin de vers 14. Je n'aurais pas mis de virgule en fin de vers 19.

Le poème nous présente un grand-père qui vit seul (comparaison : "Comme ces loups chassés loin de leur colonie") et dont l'existence se délite lentement ("Ses vieux jours de fadeur", locution restrictive : "Ne buvant plus la vie qu’au fond d’un dé à coudre") dans l'attente de la mort ("l’âme à l’agonie", "Il escomptait la fin, harassé d’en découdre").

Sa petite-fille adorée (métaphores laudatives : "fée du berceau, l’astre de ses prunelles"), qu'il enchanta dans ses jeunes années (imparfait de l'habitude : "l’écoutait chanter ses ritournelles, / Quand l’étoile du soir montait au firmament / Et que ses yeux tombaient dans un profond sommeil"), survient, résolue à agir ("sa petite Anja l’entendait autrement").

Par une douce invitation ("les mots délicieux") se dessine, de manière impromptue (forme exclamative : "Demain ! sans réfléchir !"), la perspective d'un pélerinage ("Santiago" - nom espagnol de Saint-Jacques de Compostelle -, "col de Roncevaux", "Dieu, qui a croisé sa route", "chemin nouveau", "Le long du Camino", "creusé par chaque étape").

Cheminant de concert (futur : "ils partiront ensemble"), selon leur fantaisie (subordonnée de temps : "Tant que la joie dira "marchez ! " ils iront l’amble"), ils vont retrouver la tendre complicité qui les unissait (entête assorti d'un présentatif : "C'est l'histoire de deux êtres, à qui la vie offre un cadeau...", subordonnée relative : "qui teinte de vermeil / Le sang noir de nos vies fouettées par le destin", futur : "Il reviendra léger", "Elle fera le plein de bisous et de tapes, / Dès qu'il la pressera pour se lever matin").

Merci pour ce partage !


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