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Poésie libre
jensairien : L'oiseau
 Publié le 26/03/08  -  13 commentaires  -  1280 caractères  -  167 lectures    Autres textes du même auteur

Un poème pour dire.


L'oiseau



Il fallait juste être là
Respirer sans faire de bruit
Laisser venir les heures
Se moucher dans le bonheur
Plumer les chevaux légers
Démonter l’océan
Se ranger des fermetures éclairs
Jeter des mots en pâture
Comme des fleurs
D’un geste négligé
Comme on fouille le vent
Comme on se détourne
Surtout éviter de fabriquer
Éviter toute volonté
Fuir toute nécessité
Ne plus s’imaginer
Ne plus célébrer
Ne plus espérer ni désespérer
Comme feuille au vent
Tout finira par retomber
Doucement
Dans la langueur de la stupéfaction

Respirer seulement
Chagriner le malin
Tempêter l’incertain
Frapper des mains dans l’eau
Comme le noyé
En vain
Affolé
Juré craché
Un petit pas de danse
Un petit pas de deux
Ce n’est pas demain la veille
On ne sait même pas
On ne préfère pas
Pas savoir
Pas voir
On saute, du perchoir à la mangeoire
On n’aura jamais rien compris
Jamais su dire

On aura été aussi vide de sens qu’un ciel
Comme l’enfant on aura cherché des signes
Dans la forme des nuages
Mais il est déjà trop tard
L’oiseau est mort en cage




 
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   clementine   
26/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime ton univers Jensairien avec cette vision à la fois légère et grinçante.
Et j'aime énormément cet oiseau symbole de la vacuité de notre existence.

   Anonyme   
26/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Oui m'sieur!
"Se moucher dans le bonheur"
"Se ranger des fermetures éclairs"
J'apprécie ce genre de vers.

Tu pourrais pousser encore plus, un exemple:

"Frapper des mains dans l'eau", pourquoi pas:
"Frapper dans des mains d'eau"?

Mais l'ensemble est bien dit, le fond percutant.

Du bon jensairien

   Anonyme   
26/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très belles images poétiques au début...

Vraiment..

   i-zimbra   
27/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est le verbe falloir auquel on règle ici son compte, jusqu'à cette fin désespérante, non pas à cause de la cage, mais du ciel.
Je n'ai pas compris les chevaux légers, ça ne m'évoque que "Plume de Cheval". Les chevau-légers, oui-da ! (oh tu peux souligner en rouge, correcteur automatique d'Oniris) ça a des plumes.
On admirera la rare économie de moyens, typographique, avec laquelle cet oiseau donne son unique coup d'aile, pour aller becqueter.

   AnGer   
19/4/2008
que dire sinon s'envoler dans vos mots juste pour le plaisir de vous relire,

   Absolue   
21/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'adore la forme de ce poème. C'est clair et le rythme coule naturellement... De plus, les images sont très belles sans être inaccessibles. Le fond me plaît aussi beaucoup! Je crois franchement que ce genre de texte peut toucher beaucoup de gens. Si j'étais éditrice, je le publierais:-).

   Anonyme   
21/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui, il aurait juste fallu. C' est regretable de n' avoir pas su ! Et c' est trop tard. C' est triste à pleurer, à mourir, et c' est beau.
Identification totale ! j' en ai des frissons.
J' aime particulièrement :
" On aura été aussi vide de sens qu' un ciel "
et le dernier vers.
Je suis bouleversée et sans voix.

   Anonyme   
24/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon ben j'ai tout simplement été emporté dans la poésie.
Je réserve ma préférence à la première strophe, ce qui ne veut pas dire que les deux autres ne sont pas bien !
BRAVO jensairien pour ce texte.
Edit. : j'avais mis "Bien +" mais après relecture du texte je pense que le "Très bien" est ici mérité.

   Flupke   
2/1/2009
Oh la la . Un peu trop cryptique pour moi. Je n’ai pas réussi à rentrer dans le poème. Ou bien le poème n’a pas réussi à m’interpeller. Désolé je ne pense pas être en mesure d’évaluer.

   Anonyme   
31/1/2009
Voilà quelque chose de très beau ! Je viens d'arriver sur ce site et ce genre de poésie là me bouleverse. C'est à la fois désespéré et fragile. Cela parait enfantin, et pourtant, quelle maitrise !
Je n'ose pas donner d'appréciation. Trop nouveau pour cela.

   Anonyme   
15/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'avions point vu c'ui là.
Si j'osais je dirais comme les djeun's qu'il déchire sa race !!!!!!!
Attention pouet pouet, vré de vré.

   Anonyme   
2/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Tout finira par retomber
Doucement
Dans la langueur de la stupéfaction"

Oui, sans doute... encore que je me morigène ne ne pas avoir été là, au bon moment, au bon endroit, pour sauver l'oiseau.

je retrouve, avec un plaisir mêlé d'angoisse, mon âme d'enfant, lorsque les oiseaux étaient encore importants.
L'époque où l'on préférait voir, et comprendre.

Paradis des mots.
Heureuse d'être passée par là.

joceline

   aldenor   
30/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Jensairien a l’art d’une poésie dite simplement.
Cet oiseau est le constat de toute une vie. Ce qu’il aurait fallu faire. Ne pas faire. Mais on préfère ne pas voir, pas savoir, on saute du perchoir à la mangeoire. La fin est superbe.
Très gracile aussi :
« Comme feuille au vent / Tout finira par retomber / Doucement / Dans la langueur de la stupéfaction »
D’autres passages ne me disent rien : « Plumer les chevaux légers / Démonter l’océan / Se ranger des fermetures éclairs….
Respirer seulement / Chagriner le malin / Tempêter l’incertain / Frapper des mains dans l’eau / Comme le noyé / En vain/ Affolé / Juré craché…. »
Mais dans l’ensemble le message est bien rendu, le poème ne manque pas d’unité, on suit toujours l’intention de départ. Une profonde méditation poétique.


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