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Poésie contemporaine
jf2 : La montagne
 Publié le 04/09/26  -  7 commentaires  -  836 caractères  -  97 lectures    Autres textes du même auteur

Quelques vers inspirés par mon séjour dans ma Lorraine natale.


La montagne



C’est une montagne que je n’échangerais
Pour le Jura, la Forêt-Noire ou le Valais,
Une ancienne montagne à la ligne si bleue,
Écrin de velours qui accueillait tous nos jeux

Je me souviens des prés où blanchissaient les draps,
Éblouissantes taches blanches sur fond vert.
J’entends encore les cascades et leur fracas
Et le murmure des torrents en fin d’hiver

Je me souviens du temps où nos pas nous menaient
Auprès de digitales qui nous fascinaient.
Nous capturions des insectes aux reflets bleutés
Et espérions croiser le facétieux Sotré

Ils sont loin ces moments où nos rires fusaient
Et ne dérangeaient que les chevreuils qui fuyaient.
Quand nous trébuchions dans des chemins rocailleux,
Une main nous aidait et nous rendait audacieux.


 
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   Cyrill   
26/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
J’ai bien aimé ce poème qui fleure bon la Heimat. Je suis sensible à cette évocation nostalgique de l’enfance.
Deux vers particulièrement suggestifs pour moi :
« Je me souviens des prés où blanchissaient les draps,
Éblouissantes taches blanches sur fond vert ».  
D’autres sont évocateurs, mais je découvre le « Sotré », qui n’exerce pas ses talents dans mon pays d’enfance.
À côté de ça, j’ai quelques réserves. La structure grammaticale m’a semblé quelquefois pâtir de maladresses. « Je me souviens »x2, « J’entends encore », « Ils sont loin ces moments », des propositions qui insistent trop sur la qualité sentimentale de la mémoire et alourdissent considérablement les phrases sans apporter de plus-value poétique. J’ai du mal aussi avec ces 4 vers qui riment grâce à un verbe à la 3e personne du pluriel de l’imparfait, d’autant plus que ce sont des rimes suivies. Ou plates, et c’est bien ici l’effet qu’elles me font.
Merci pour cette proposition.

   Provencao   
4/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour JF2 et Bienvenue,

J'aime bien ce " je me souviens" qui permet au lecteur de s’abstraire pour s'orienter vers le sens avant le sens qui est possédé et porté par le souvenir et une histoire dans le monde de l'enfance et les rires historiés de celui-ci.

L’enfance affable, dispose de cet état de lumière qui lui offre une pose de vérité, de sincérité en tant qu’elle est aveu et perspective à l'éclat du réel et non pas projection et assignat formel à un symbole ordonné d'écriture.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Boutet   
4/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Poème du souvenir que cette montagne chère au coeur de l'auteur. Le quatrain 2 est mon préféré et le plus poétique à mon goût.
Une bonne lecture sans se prendre la tête.

   Djabba   
4/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Vous m'avez fait découvrir le Sotré, un lutin malicieux de vos contrées si j'en crois mes recherches. J'ai bien aimé votre poésie sans prétention qui évoque les souvenirs de l'enfance. Il n'y a pas besoin de grandes lettres pour chanter les jours heureux, de l'émotion suffit et l'on perçoit bien la vôtre, sensible et juste. Un témoignage d'autant plus marquant à l'aune d'un monde sec et dur dans lequel nous entrons.

   Passant75   
4/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Étant à moitié lorrain, je ne peux qu’être sensible à un texte de souvenirs de cette région. Les nombreux détails concrets donnent vie au paysage, notamment la figure du Sotré qui apporte une véritable couleur locale. Je n’ai pu m’empêcher de penser à la montagne si bien chantée par Jean Ferrat, mais, si la sienne décorait son choix de vie d’adulte, la vôtre prend sa place dans la mémoire d’une enfance.

En revanche, j’ai parfois ressenti un manque de fluidité dans certains vers, leur longueur ou leur construction rend la lecture à voix haute un peu moins naturelle. Un travail supplémentaire sur le rythme permettrait sans doute au poème de mieux respirer et de gagner en musicalité.

   LeChevalier   
4/9/2026
Il est toujours intéressant de lire un nouvel auteur. Je pense qu'on met une intention particulière dans sa première publication et il est certain qu'elle influence durablement la perception des anciens.

Vous avez choisi d'ouvrir votre carrière par un poème descriptif qui nous peint votre enfance dans une région précise de la France. A cet égard, c'est une réussite : de nombreux éléments précis rendent cette couleur locale qui évoquera des souvenirs pour certains, donnera envie de voyager aux autres. C'est décidément une description sentimentale, qui célèbre le quotidien simple d'autre fois et les aventures éphémères des enfants, chasseurs d'insectes. Je trouve un côté documentaire à tout ceci, c'est comme si le texte voulait recréer ce monde perdu ; de la nostalgie, en somme.

Sous le rapport poétique, c'est un texte qui ne frappe pas. A part le « facétieux Sotré », tout se lit et s'oublie très rapidement. Le texte échappe au ridicule précisément en raison de ce manque d'ambition. Malgré moi, en lisant les deux premiers vers, j'ai pensé à ceux-là, de Nerval :

« Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber. »

La construction est assez proche.

Le quatrain qui m'a le plus plu est sans conteste le dernier. J'en ai apprécié l'ouverture, ce « ils sont loin, ces moments », à la fois familier et profond. La fuite des chevreuils peut assez naturellement être associée à la fuite du temps et, dans le dernier vers, on lit le regret d'un manque, d'une sépration irrémédiable...

   Pussicat   
4/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bonjour jf2,
J'aime bien ce premier texte sur le souvenir, le temps passé, la mémoire, l’enfance que l’on revit à travers ses souvenirs et les sensations retenues, gardées au chaud... une nostalgie du temps passé qui vient se brûler à cette dure réalité qu’il est justement passé, ce temps de l’insouciance, de la naïveté, de la découverte, des jeux, bien décrit en forme de boucle de fin dans le dernier quatrain, mon préféré, par sa force évocatrice et son intention.

Quelques maladresses ou facilités émaillent le texte comme cette suite é-é : « Et espérions... » ou cette construction de répétition de deux vers des strophes 2, 3 et 4,

Je me souviens des prés où blanchissaient les draps,
Éblouissantes taches blanches sur fond vert. / point

Je me souviens du temps où nos pas nous menaient
Auprès de digitales qui nous fascinaient. / point

Ils sont loin ces moments où nos rires fusaient
Et ne dérangeaient que les chevreuils qui fuyaient. / point

une forme qui hache la lecture retirant toute ampleur qui ne demandait qu’à se déployer : (vous passez des draps qui sèchent aux cascades, des digitales à la chasse aux insectes, et des chevreuils qui fuient aux possibles chutes sur les chemins, sans liaison). C’est particulièrement sensible dans la dernière strophe (je redis ma préférée), quand la fuite des chevreuils aurait pu être causée par le bruit des pierres alors que vous trébuchiez « dans des chemins rocailleux », retirant le point après « chevreuils qui fuyaient. » pour le lier à « Quand nous trébuchions ».

J’aurais bien aimé que vous vous livriez un peu plus sur la longueur. Les souvenirs, l’enfance appellent tant de choses, d’images, liés à la découverte, découverte du monde, de la nature, des relations, de soi… quatre strophes, c’est un peu court pour un tel thème qui dépasse la montagne, l'élément déclencheur.

Les rimes ne sont pas soignées, riches, mais nous sommes en poésie contemporaine - ;)
alternance AABB / ABAB / AABB / AABB

Pouvez-vous me renseigner sur l’absence de point à la fin de chaque strophe – exception sur la dernière.

A bientôt de vous lire,


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