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Poésie libre
jfmoods : Chasseur et proie
 Publié le 23/11/16  -  30 commentaires  -  1022 caractères  -  824 lectures    Autres textes du même auteur

Lire est une aventure.


Chasseur et proie



Au premier filet,
transpercé,
les mots des autres,
lestés.

Il se désigne un réseau
soudain
qui rabat du poing les mailles blessées,
endimanche les éclats, tamise les jonctions, adoube le souffle.
Retable dont la procédure
serpentine,
vigoureuse,
fait glisser l'horloge hors de vous.

Enchanté,
à flanc de digue,
vous errez (arrimé, giboyeux),
chasseur et proie.

La symphonie qui vous immole alors
inocule,
balsamique,
la travée de l'errance.
Vaste mâture d'un navire
dont les flancs sont de soufre, la cale aux quatre vents.
Les escaliers qui s'ébauchent en promontoire
descendent à perte de vue,
infiniment,
en vous.

Aussi, il suffira
sans doute
de tirer ce fil
du plus bas qu'il vous sera possible de l'envisager.
Puis il faudra l'agglomérer.
Patiemment.
Fiévreusement.
Toile d'araignée étoilée, solidement tendue au-dessus du vide.


 
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   Ora   
2/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'apprécié la toute dernière strophe:
Aussi, il suffira
sans doute
de tirer ce fil
du plus bas qu'il vous sera possible de l'envisager.
Puis il faudra l'agglomérer.
Patiemment.
Fiévreusement.
Toile d'araignée étoilée, solidement tendue au-dessus du vide.

Le souci c'est que je ne vois pas le lien avec le reste du poème dont pour tout dire le sens m'échappe! Je ne parviens pas non plus à faire la jonction entre le titre et le contenu poème lui-même. De plus, certains vers restent complètement opaques à ma compréhension : Retable dont la procédure?

De quoi s'agit-il exactement? Quel est ce flanc de digue où est sensé se trouver le lecteur? Il y a à mon goût trop d'images peu développées dans votre texte, qui se succèdent l'une l'autre : filet transpercé, horloge, symphonie, navire, toile d'araignée…

Tout ceci me tient à l'écart de votre message et la forme ne suffit pas à m'accrocher vraiment.

   hersen   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ah ben ça !

La découverte d'un texte !

le point de vue du lecteur à l'affût qui fait une première lecture

Au premier filet,
transpercé,
les mots des autres,
lestés.

Puis le lecteur entre dans le texte et le temps ne lui appartient plus, il est dans l'espace temps de l'auteur. (fait glisser l'horloge hors de vous)

Enchanté
à flanc de digue
vous errez (arrimé, giboyeux),
chasseur et proie.

Le lecteur est en chasse de ce qui est recélé dans le texte, de ce qu'il va découvrir, encore incertain, peut-être inconfortable (à flanc de digue)

Puis il se laisse porter (le navire) après avoir perçu une symphonie.
les différentes possibilités offertes (les escaliers) alors l'imprègnent.

Puis le travail patient de découvrir ce que le texte recèle, du fil à la toile.

Solidement tendue au-dessus du vide. Un tout qui se tient, qui est là, dans l'imaginaire, l'esprit. le lecteur est happé par le texte, de chasseur, il est devenu proie dans le filets des mots.

Etant donné que l'auteur est jfmoods, c'est tout simplement un fabuleux cadeau que d'écrire si bellement comment le lecteur entre dans le texte; puis comment il cherche;

Lire n'est pas juste lire. Il faut se donner de la peine pour entrer dans un texte et alors, quelquefois, quelle récompense !

Un texte indéniablement valorisant pour les auteurs. Savoir que le lecteur cherche son chemin. Peut-être ne le trouvera-t-il pas toujours,

il lui suffira,
sans doute
de tirer ce fil

mais le lecteur s'est penché sur le texte. Et qu'est-ce qu'un auteur veut de plus ?

La forme ? ça va pas, non, je ne vais pas me ridiculiser à décortiquer un texte de jfmoods !

Un texte qui fait énormément de bien.

Merci pour cette lecture de l'aventure d'être lecteur.

   SaintEmoi   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai rebondis avec bonheur sur les mots et les images, riches et inspirées. J'en suis encore plus convaincu qu'il existe des mots qui ne sont plus que pour les poètes, car on ne les lit plus ailleurs (giboyeux, mâture, adoube (même mon correcteur automatique ne le reconnait pas ...)...
Sur le fond, oui, le lecteur est un être magnifique et chanceux, chanceux de tant de voyage, de tant d'émotion, de tant d'aventure intérieures et extérieures, magnifique car son courage fait de lui le vrai héros de la littérature.
Merci pour ce partage

   Anonyme   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau texte pour la forme, qui dit bien cette possible aventure de la lecture. ‘Chasseur et proie’ c’est bien trouvé, ça évoque un face à face, une vraie relation entre ce qui est à lire et qui lit, une traque à double sens.
Pour ma part, je lis plus comme un promeneur contemplatif…et assez lent de surcroit, ce qui fait que m’échappe souvent ce que recèlent les entrailles de mes lectures - car si j’ai bien un couteau lors de mes sorties, la plupart du temps il reste replié au fond de mon sac – ce qui ne m’empêche pas de connaître des moments de joie pure, où certaine phrases lues bondissent jusqu’à mon cœur, et s’y lovent comme des balles tirées à bout portant, mais sans que ça saigne, par contre ça soulève.
À vous relire

   Eccar   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour jfmoods,
J'ai beaucoup aimé votre texte, j'ai beaucoup pas tout compris.
Mais est-ce important ? Grâce à l'incipit, vous nous offrez une carte qui nous permet tout de même une meilleure chasse au trésor.
Et des trésors, il y en a.
Par exemple : "La symphonie qui vous immole alors
inocule,
balsamique,
la travée de l'errance.
Vaste mâture d'un navire
dont les flancs sont de soufre, la cale aux quatre vents.
Les escaliers qui s'ébauchent en promontoire
descendent à perte de vue,
infiniment,
en vous."
C'est une plongée dans notre inconscient que vous opérez là, avec un trois mâts légendaire qui vogue sur ce trop vague océan qu'est notre folie.
Et cette toile d'araignée de la fin que nous tisserons à notre tour, pour à notre tour devenir chasseur... de lecteur. Brrr, c'est du vampirisme.
Un grand bravo à vous pour ce texte génial.

   Robot   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jfmoods,
Autant vous le dire à la première lecture je n'avais pas vraiment saisi le sens de votre écrit ou bien je m'étais complétement égaré. Heureusement je suis repassé par l'incipit qui m'a orienté.
Votre texte exprime la manière dont le narrateur se saisit de ses lectures, comme un chasseur à la poursuite d'une proie. comme l'araignée à l'affut sur sa toile.
On a l'impression que la lecture se fait souffrance: "Au premier filet,
transpercé," "La symphonie qui vous immole alors, ""rabat du poing les mailles blessées"
L'impression que la lecture est essentiellement effort:"fait glisser l'horloge hors de vous" "rabat du poing les mailles blessées" "Puis il faudra l'agglomérer."
La narration exprime bien selon moi cette plongée un peu douloureuse, cette immersion comme si lire semblait plus recherche que plaisir. Ou peut être est-ce dans cette bataille, cet affut, cette ignorance du temps, que se trouve la satisfaction de la lecture.
J'ai lu plusieurs fois en éprouvant à chaque parcours un sentiment différent, et c'est là je crois que réside la richesse de ce texte.

   Pouet   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Tiens c'est marrant votre texte me renvoie, bien modestement, au sujet que je tente d'exposer dans ma nouvelle "Sentiments sous verre", sauf que c'est l'inverse... Ou pas.

En tout cas je salue vivement cette première publication.

Je n'ai pas votre aptitude pour commenter les textes, simplement je trouve l'ensemble très bien écrit, très évocateur, laissant une grande marge d'interprétation, ce que j'apprécie.

Bravo

   luciole   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le lecteur interprète une partition avec sa sensibilité, en y projetant ses fantasmes.
C’est un aventurier esthétique qui monte à l’abordage des mots, vaisseaux qu’il fait prisonniers, où explose à tout moment la Sainte-barbe des métaphores et que pousse le vent de l’imaginaire. Ce passage du poème est pour moi une évocation de grands auteurs comme Stevenson, Melville, Conrad ou London.
Le lecteur est vu aussi comme une araignée patiente qui se nourrit de mots, le prisonnier d’un labyrinthe à la Piranèse qui cherche l’issue par laquelle il accédera à SA vérité. Ici j’ai pensé à des auteurs qui ont dépeint des mondes étriqués et mesquins où l’homme est étouffé sous le poids de la bureaucratie, dont le plus connu est sans doute Kafka… J'ai vu les escaliers du "procès"
Le grand mérite de ce poème est qu’il nous fait rêver, interpréter, « tamiser les jonctions ».
C’est une ode aux puissances de l’imagination. Il m’a beaucoup plu.

   Damy   
23/11/2016
Bonjour jfmoods,
j'avoue qu'il m'a fallu plusieurs lectures pour tenter de pénétrer votre poème et si je n'avais pas eu les lumières d'Hersen, je crois que je n'aurais pas insisté et que j'aurais lâché ma 1° lecture en me disant: tant pis, dommage, je n'ai rien pigé.
La dialectique entre le lecteur et l'œuvre lue, tous les deux à la fois proie et chasseur, vous a conduit dans des formulations poétiques très abstraites qui ne facilitent pas, à mon avis, son entreprise, notamment dans la 2°) strophe. Je reprends pieds quand la métaphore est concrète (le navire et la toile d'araignée)
Il ne s'agit pas de chasse "postée", mais probablement de chasse à courre tant la proie et le chasseur, quels qu'ils soient, sont mobiles.
J'ai, en conclusion, un peu peur d'avoir laisser filer le proie entre les buissons et d'avoir été , en tant que proie, une anguille qui a glissé dans les mains du poème.
Je suis en outre trop inculte pour donner un avis sur la forme libre du poème. Il me semble que j'ai lu une prose.

Merci pour ce partage.

   plumette   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jfmoods,

Plusieurs lectures m'ont été nécessaire avant de me lancer dans ce commentaire.
J'aime les mots que vous utilisez et pourtant ils ne font pas facilement surgir des images.Trop d'abstraction?
le lecteur jette son filet, ne sait pas trop ce qu'il va ramener, puis s'implique dans sa lecture " endimanche les éclats, tamise les jonctions, adoube le souffle" C'est étrange mais beau.

Je bute dans cette seconde strophe entre le Il ( impersonnel sans doute?) et le vous du dernier vers. Ce Il n'est donc pas le lecteur car sinon comment devient-il vous à la fin?

"Enchanté,
à flanc de digue,
vous errez (arrimé, giboyeux),
chasseur et proie."

Dans cette petite strophe aux vers courts, je me retrouve bien et j'apprécie la surprise de ces deux mots inattendus et entre parenthèse (arrimé, giboyeux)qui disent bien pour moi le chasseur et sa proie.

Plus obscure est la 3 ème strophe.Que représente le soufre ici? Et balsamique? ( je ne connais que le vinaigre!!)

Magnifique dernière strophe pour signifier le lecteur pris dans la toile étoilée de l'auteur ( écho au filet du début) avec un bémol pour ce vers qui alourdit un peu le reste "du plus bas qu'il vous sera possible de l'envisager."

Le sujet que vous avez choisi est bien en phase avec vos interventions toujours remarquées sur le site.

Merci à vous.

   Anonyme   
23/11/2016
Bonjour jfmoods... Lire est une aventure ! Ecrire aussi mais je vous rejoins totalement à travers cet incipit. Au vu de vos fameux commentaires vous êtes donc un éternel aventurier et je crois que personne ne s'en plaindra.
Cette poésie est donc, si j'ai bien compris, votre cheminement à travers nos vers. Vous êtes le chasseur, nous fournissons les proies !
Au delà du vocabulaire et des métaphores, j'ai particulièrement apprécié la dernière strophe...
Merci pour ce partage et cet éclairage sur le poète/légiste qui dissèque avec élégance, efficacité et courtoisie nos poèmes livrés parfois avec angoisse à la gent onirienne !

   papipoete   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour jfmoods,
Enfin, le voilà ce texte tant espéré ! L'incipit donne le " la ", et l'oeil part à l'aventure de cette écriture mûrement préparée .
J'avoue que votre poème ressemble plus à " Ko-Lanta " qu'à la diffusion de la messe du dimanche, et qu'il faut avancer à travers les lignes la machette brandie !
Au final, le trésor caché au creux d'une strophe, étincelle de mille éclats, pris au piège par l'épeire dans sa toile !
NB je n'ose imaginer la somme de réflexion, à quel point vos nobles neurones doivent chauffer, quand d'un poème ici publié vous faites la savante analyse !

   PIZZICATO   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A ce stade des avis, je pense que l'essentiel a été dit et je ne trouve trop rien à ajouter. Le fait d'assimiler à une aventure la lecture ou plutôt la découverte d'un texte (le vôtre en impose plusieurs) est en soi d'une grande originalité.
Cela vient corroborer la qualité de vos commentaires sur les textes que vous analysez.

   Lulu   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour jfmoods,

j'aime vraiment beaucoup la voix portée par ce poème. Cette voix qui parle de soi en disant "vous" est sensible de par une tonalité très posée qui m'a fait penser à des mots de Rainer Maria Rilke dans "Lettres à un jeune poète", notamment là :
"Les escaliers qui s'ébauchent en promontoire
descendent à perte de vue,
infiniment,
en vous."
J'ai d'ailleurs beaucoup aimé cette opposition entre le promontoire et la descente infinie en soi. Toute la strophe est magnifique.

Ensuite, j'ai été très sensible à d'autres images qui ne me sont pas apparues d'emblée, comme d'autres lecteurs, manifestement. C'est qu'il y a lieu, parfois, de prendre son temps pour déceler ce qu'une première lecture ne livre pas.

Le champ lexical de la mer ou du bateau avec le "premier filet", la "digue", le "navire" ou "la cale aux quatre vents" nous emporte loin en soi, et "à perte de vue", au grand large d'une lecture qui peut être sensible et contemplative.

Il me semble que le lecteur, ici, se fait chasseur et proie à la fois dans sa quête d'"aventures" - pour reprendre un terme clé de la présentation - pour construire du sens.

L'image de l'araignée à la fin est très fine. Sortis des esquisses dessinées autour du "premier filet", nous nous retrouvons au cœur de cette métaphore qui témoigne d'un travail méticuleux et fragile.

Tous mes encouragements.

   MissNeko   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir
Mes remarques :
Sur le fond : j avoue que sans l'incipit qui m'a guidée, j'aurais été perdue. Je trouve le sens un poil trop sibyllin pour moi !
Passé cela, on se laisse bercer par vos vers dans l'univers de la lecture.
Sur la forme : les fréquents retour à la ligne donne une impression de rapidité qui pourrait symboliser le regard qui glisse sur les mots.

Merci pour ce partage.

   Anonyme   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir jfmoods,

Ecrire est comme un navire qui tangue sous la houle, ballotté aux quatre vents. Il y a des incertitudes, des doutes, de la fièvre, des joies, des sentiers épineux, de la patience... il y a tout ce qui fait un être, car on y jète tout ce que l'on a... Souvent il nous faut recoudre les mailles du filet, et trouver la sortie du labyrinthe n'est pas si aisé. Il y a tant et tant à dire... Tantôt le chasseur, tantôt la proie... Votre poème décrit parfaitement cette aventure, tout en nuance et en finesse.

Que dire de plus. Je n'oserais pas m'aventurer dans un commentaire trop détaillé. En suis-je vraiment capable, d'ailleurs ? Commenter le maître des commentateurs, non, c'est pour moi chose impossible.

Bien à vous,

Wall-E

   RB   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il est vrai que celles et ceux qui souhaitent pouvoir comprendre et/ou commenter un poème comme il (ou elles) pourraient le faire d'un roman de gare ou d'un Goncourt frais émoulu ou de l'un de ces innombrables "textes poéiques" qui foisonnent ici, se trouvent devant ce texte de l'ami et immensément respectable membre de ce site (dont la valeur et la crédibilité se trouveraient fort dévaluées s'il venait à nous priver de ses généreuses contributions de commentateur) n'ont pu apporter ici que de bien maigres "évaluations". Quelle tristesse !
Ce texte est superbe de fine évocation du tourment de celui qui écrit et lit et doute et aime et s'interroge. il est "manié", succint, précis, émouvant de concision. Vouloir le comprendre ? C'est ne pas accepter que la poésie est bien autre chose qu'une rédaction ! Ne pas oser mettre une évaluation et se contenter d'un commentaire ? Pour quelles raisons ? Ne pas donner de ces ridicules "plumes" à un auteur qui sort des clous surannés du petit groupe d'alexandrinistes ou classiques forcenés ou des cartésiens absolutistes qui ne comprennent que 1+1 = 2 et pas je t'aime moi non plus ? JF je t'aime et ton texte aussi, moi non plus. C'est beau.

   Noran   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour JF, très heureux de retrouver ce texte ici !

Vous m'aviez fait l'honneur de le découvrir il y a quelques temps, aussi j'ai l'immense plaisir de vous avouer mon admiration.
Ce passage en particulier :

"Les escaliers qui s'ébauchent en promontoire
descendent à perte de vue,
infiniment,
en vous."

C'est magnifique et profond, l'image est très belle, elle m'évoque un surréalisme tout de Magritte, votre texte me laisse cette impression, d'avoir comme un Magritte devant les yeux.

Bravo pour ce texte, et encore merci !

   Arielle   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis vraiment ravie de découvrir en poésie libre ce premier texte de notre grand commentateur. Connaissant sa rigueur et le soin qu'il apporte à tisser ses commentaires je ne doute pas un instant de trouver ici le fruit d'un travail minutieusement tressé. Cette forme laisse aux images et aux sonorités la liberté de se développer et de se répondre harmonieusement sans le secours de la prosodie classique qui maquille trop souvent un vide profond sous son bel uniforme.
J'avoue qu'il m'a fallu relire ce texte à plusieurs reprises et que je n'en ai sans doute pas encore tiré toute la substance mais, comme l'araignée, je reviendrai avec profit dérouler le cocon de ma proie pour en puiser la quintessence. Merci !

   jamesbebeart   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Jfmoods,

Texte désarçonnant à la première lecture qui se mérite, patiemment et l'on salue alors le travail de l'artisan, maille après maille, à l'envers, à l'endroit même si l'on ne veut pas détricoter l'ouvrage...
On peut penser à un long travelling au-dessus des escaliers d'Escher ou un questionnement de Chirico et pourquoi pas, à la théorie des cordes qui envisage un autre espace-temps (lestés, réseau, mailles, horloge hors de vous, digue, errance, à perte de vue, infiniment, étoilée, vide).
A vous lire et encore merci pour vos coms magistraux.
JB

   emilia   
24/11/2016
Un texte poétique qui laisse percevoir combien la lecture peut être grisante et procure à l’aventurier lecteur un enchantement, le charme magique du défi à relever, et comment il peut, à la fois chercheur expert et chasseur obstiné mettre à jour et révéler le sens caché des mots d’un auteur qui passent dans la nasse de son filet, comme harponnés pour mieux pénétrer leur sensibilité à travers son filtre…
La démarche errante du départ nécessite une architecture, une construction progressive à partir des principaux points d’appui (travée/escaliers/promontoire), en suivant les pistes dans un processus de traduction polysémique (réseau/procédure). Les métaphores faisant référence à la musique (symphonie), à l’art (retable), enrichissent cette construction verticale, à l’image du mât d’un navire, de même que l’escalier promontoire qui permet de dominer la situation et qui, d’une façon inversement proportionnelle permet de descendre au plus profond du sens. Des verbes forts qualifient la richesse des réflexions menées ( endimanche, tamise, adoube : au sens de donner une légitimité intellectuelle, immole : au sens fort d’offrir en sacrifice, inocule : comme une transmission contagieuse qui implique une digue pour éviter la surinterprétation )…
Le fil qui se déroule ainsi de ce tissu de signes enchaînés et cristallisés procure un effet de baume apaisant dont la vertu entraîne un effort de patience face à la fébrilité…
Une magnifique conclusion que « cette toile étoilée tendue au-dessus du vide… » qui indique aussi combien un texte réticent peut être ardu quand il s’agit de réaliser une plus-value de sens nourrie d’intertextualité, comme vous le faites habituellement si brillamment et si généreusement… ; une démarche de lecteur qui peut faire référence à la thèse d’Umberto Eco définissant « le texte ouvert comme libre aventure interprétative » avec une coopération interactive entre l’auteur et le lecteur, c’est tout au moins ce qu’il m’a semblé comprendre… ; un très grand merci à vous pour ce partage et au plaisir de vous lire à nouveau…

   Marite   
24/11/2016
Bonjour jfmoods ! Très souvent admirative par la teneur de vos commentaires ( analyse étonnamment juste du moins pour mes textes) j'avoue être carrément "larguée" face à ce poème. Pourquoi donc ? Je ne peux pas vraiment l'expliquer et du coup je me sens un peu stupide surtout en voyant que les autres commentateurs ont tout compris du premier coup !

   framato   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mon aventure à moi m'a ramené dans les mailles d'un filet de pêche...

J'ai cherché (longtemps) à y voir une aventure d'auteur ou de lecteur, mais je ne l'ai pas trouvée. Ce que j'ai trouvé en première lecture dans ce texte c'est plutôt une forme de dénonciation de la pêche au chalut, une toile tressée pour ramener le fil.

Je suppose que c'est une analogie qui peut s'appliquer à la préhension d'une œuvre d'art, qu'elle soit littéraire ou non, mais l'essentiel de ce texte ne réside pas là selon moi, sinon se serait un peu comme résumer un texte à son introduction (et dès lors pourquoi en dire plus ?).

J'ai adoré ! (ça c'est mon ressenti de lecteur).

La lecture de ce texte est pluriellesssss (giboyeux, j'aime), de même que les champs lexicaux utilisés : filet, lestés, mailles, digue, fil et même toile d'araignée font référence à la pêche, il y a également pas mal de thermes marins (navire, flanc, mâture, cale, arrimé...)

Quelques thermes au lexique plus religieux (endimanché, retable, adoube - lequel a également un sens plus politique) d'autres plus "géographiques" : réseau, jonction, flanc de digue, travée, quatre vents, promontoire, vide

Comment ne pas aimer se perdre dans un tel labyrinthe ?

Un texte "solidement tendu au-dessus du vide" ai-je envie de dire avec admiration. Bravo !

   Ananas   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir jfmoods

un fort joli texte que voilà, tout en subtilité... une sorte de vade mecum de l'équilibriste que peut être l'homme face à ses jugements, ou à ses opinions pour ce qu'il en est de ma première lecture.
Ensuite, la pluralité du texte s'impose aisément, ça peut parler de tout ce qui touche à l'apprentissage, à l'échange, à la cohabitation avec l'homme tout simplement avec soi-même peut-être aussi...

Un texte fort qui pousse à l'auto-analyse aussi.

Un choix de champs lexicaux forts qui pointent la routine, le quotidien, les us et les devoirs mais aussi la liberté, la volonté de se surpasser et de regarder en dehors de soi...

Au final j'y vois une sorte d’ode humaniste qui balaie tout, tout en prônant la tolérance et l'ouverture d'esprit.

Un texte riche qui ne s'observe pas, un texte intelligent qui ne se vante pas, un texte qui laisse à réfléchir - et en se posant sur les fils personnels du lecteur en fonction de ses affinités si je puis dire, ses propres ressentis, un texte qui parle à l'individu avec universalité et bienveillance - et pour moi c'est l'essence même de l'art.

Merci à vous pour ce partage qui montre qu'on peut être un excellent lecteur tout en étant un bel écrivant !

Au plaisir, vraiment, de vous relire !

   HadrienM   
27/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Enfin ai-je l'occasion de te lire ! Le brillant commentateur nous offre là un poème intéressant.

Une étonnante et originale allégorie de l'écriture. Un portrait du poète en tenue de conquérant.

La littérature est une jolie fièvre et une magnifique patience. Le lecteur fait face à un séduisant récit de l'aventure littéraire.

C'est une mise en abyme originale. Une prophétie poétique comme j'en rencontre trop rarement.

Félicitations.

Bien à toi,

   Anonyme   
16/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bon sang ne saurait mentir.
Ce beau poème didactique ne m'a pas étonné après lecture de vos commentaires sur d'autres textes publiés.
Je n'ai pas cherché à disséquer les propositions de ce poème fil à fil. J'ai retenu deux mots qui me sont apparus essentiels pour lire ce poème:

—d'une part le retable qui expose tout à la fois les divers états d'un même propos dans son horizontalité
—d'autre part la mâture qui propose de visiter le texte dans sa verticalité.

Bien entendu tout ceci est très personnel et n'engage que moi; chaque lecteur ouvre les portes d'un texte avec les clés qu'il possède et n'y pénètre parfois que très seul et sans compagnie, pas même celle de l'auteur qui voit avec étonnement son oeuvre lue par un Autre.
J'ai aimé.

   jfmoods   
21/1/2017

   Proseuse   
12/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Jfmoods,

Voilà qui est insolite pour moi de vous lire ( en retard un peu, on dirait ! )
La découverte de votre poème, d' emblée est une véritable " aubaine" et me réjouis, car en fait vous êtes si présent et actif sur nos écrits que c' est un plaisir d' enfin visiter vos mots, alors, bien sûr, jamais, je ne parviendrai à argumenter avec tant d' à propos et de finesse votre poème ( je n' essaierai même pas! ) :-)
écrire est une fabuleuse aventure ... lire est un sacré voyage ! parfois, l' auteur et le lecteur sont dans le même - espace- parfois c' est moins évident , pourtant personne n' y perd vraiment et toujours la poésie gagne ! j' ai beaucoup apprécié de vous voir écrire avec cette sensibilité et cette subtilité le " travail de découverte" que fait le lecteur dès qu " il entre dans un texte !
Je vous remercie beaucoup pour ce partage et à bientôt de vous relire !

   Vasistas   
29/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Salut,
J'arrive un peu tard.
mais ouah !
La classe, une grande plume, je sais pas quoi dire, encore !
J'adoooooore
Oui je sais se commentaire ne sert pas à grand chose, mais ça sort du cœur.
chouette

   Bidis   
21/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai adoré certains vers, comme : "fait glisser l'horloge en vous", "Les escaliers etc" "Toile d'araignée etc." Mais la notion de lecture, chez moi, est trop liée à des moments de plaisir immédiats pour que ce texte très cérébral me touche vraiment. Je suis extrêmement admirative mais me ressens comme en dehors - non atteinte. Et pourtant, ce poème laisse sa trace... Bref, je suis perplexe.


Oniris Copyright © 2007-2019