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Poésie contemporaine
Jigsaw : Les tongs
 Publié le 04/09/14  -  12 commentaires  -  765 caractères  -  342 lectures    Autres textes du même auteur

Au port des tongs
Ou des talons aiguilles…


Les tongs



Je pourrais vivre en tongs, dénudé sous Hélios,
Les cheveux dans la brise, la mer en sacerdoce.
Je pourrais vivre en tongs, déridé par Chronos,
Les orteils en marquise dans la nuit albinos.

Mais ses talons aiguilles martèlent le béton,
Elle rechigne à rêver, ses cheveux en chignon.
Mais ses talons aiguilles cliquettent sous les néons :
Elle veut l’exiguïté des cités parangons.

J’aurais pu vivre ainsi, matin, soir et midi,
Mais ses talons s’aiguillent matin, midi et soir
Dans l’urbanisme vain d’une ville-dortoir.

J’aurais vécu ravi, à l’amour infini,
Mais ses talons m’aiguillent vers l’asphalté trottoir,
Et mes tongs sans blanc-seing à ses talons s’amarrent…


 
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   Anonyme   
4/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

C'est étrange de voir que des tongs et des talons aiguilles puissent avoir ce pouvoir de m'émouvoir.
"Je" est pudique et ses état-d'âmes se transfèrent dans les chaussures, la brise, le béton, les cheveux...

Un rêve mêlé à l'amertume n'ont rien de superficiel, ses états révèlent bien l'existence d'une présence même si on ne l'a "voit pas".

Sur la forme j'ai aimé la musicalité des vers sur les 2 premières strophes en revanche elle trébuche dans la dernière strophe, il y a un manque de fluidité, le choix des vers comme:

"l'asphalté trottoir" est assez lourd à la prononciation

et:

"Et mes tongs sans blanc-seing à ses talons s’amarrent."

comportent trop de "S" et donc la sonorité n'est pas très jolie.

Mais tout cela est un détail à côté de la belle émotion que vous m'avez offerte. Une poésie toute en fragilité.

ÉDIT: Concernant ma remarque sur la dernière phrase comme quoi elle comporte trop de "S", j'ai lu sur un forum que cela se nomme des allitérations et qu'il est accepté dans le style classique. Désolée de mon ignorance. Mais faut dire qu'à l'oreille..

   Cox   
21/8/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aurai du mal à émettre un avis tranché, tant le texte balance entre ses qualités et ce qui m'apparaît comme de grosses maladresses.

Je trouve très bien trouvée l'idée de l'opposition tongs/talons aiguilles qui donne un ton agréable à vos envies de retour à la nature, empalées sur le talon vengeur de votre moitié, visiblement plus urbaine.

Cependant, je trouve aussi beaucoup de points faibles qui sont dus, je pense, à la forme essentiellement. Parlons donc de la forme : la structure de rimes diffère de celle d'un sonnet classique, mais se tient, même si on peut regretter que vous choisissiez beaucoup de rimes pauvres sur un si court poème (deuxième paragraphe + infini/midi + trottoir/amarrent qui ne riment pas, en toute rigueur, il me semble).
Il y a aussi à signaler tout un tas de "e" muets que vous oubliez, alors que vous en prononcez d'autres : cela rend les choses un peu confuses, puisqu'on ne sait pas à l'avance lesquelles il faut prononcer pour garder le compte de l'alexandrin. Par exemple, vous ne prononcez pas les "e" finaux de : "brise" (v.2), "marquise" (v.4), "aiguilles" (v.5,7), "cliquettent" (v.7), "elle" (v.8), etc... Alors que vous prononcez ceux de : "martèlent" v.6, "urbanisme" v.11, etc...

Et puis il y a surtout des maladresses dans l'expression qui sont dues à mon avis au fait que vous n'êtes pas très à l'aise avec l'alexandrin et la rime : par exemple "la nuit albinos" me paraît incongru, de même que les "cheveux en chignon" dont je ne vois pas le rapport avec son refus à rêver. Pire avec "cités parangons" qui, pour moi, ne veut rien dire du tout (peut-être une expression que je ne connais pas ?)

En bref, je pense que votre plume et vos idées sont prometteuses, mais que l'alexandrin ne vous va pas du tout : à mon modeste avis vous seriez bien plus à l'aise dans une poésie plus libérée, qui collerait d'ailleurs bien aux échos de modernité présents dans vos vers. Une plume qui n'est pas mauvaise je pense, mais que je ne peux pas vraiment apprécier en l'état, à cause de trop d'erreurs.

Cox

   Condremon   
4/9/2014
Pour une rentrée sans tongs
Je m'amarre à ce texte, et me marre aussi
J'aime le rythme, ça me rappelle Queneau et son crane une boule (talons aiguilles, aiguilles de l'horloge) il me vient un doute, l'avez vous faite exprès cette coïncidence de rythme?
Et aussi une chanson d'un groupe de joyeux lurons du Sud, Moussu T
Voilà, lecture agréable.

   Purana   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Des tongs face à des talons aiguilles est une belle métaphore originale qui évoque l'envie d'être plus libre dans la vie quotidienne, de respirer, de commencer une nouvelle vie.

La forme peut faire penser à un alexandrin mais ce n'en est pas un puisque les règles ne sont toujours pas respectées.
Les mots "classiques" comme Hélios, Chronos et marquise, se trouvent presque côte à côte avec les mots et les expressions "modernes" comme tongs, talons aiguilles, béton, néons, asphalté.
C'est dommage car ce texte pourrait être un beau poème si seulement le choix de la forme était évidant.
Il me semble que le choix de le publier comme poème contemporain étant celui des éditeurs plutôt que celui de l'auteur. Mais là, je pourrais me tromper.

Cela dit, je trouve que le talent est certainement là, ainsi que l'imagination et je vous encourage de canaliser votre talent pour que vous puissiez affirmer votre propre style.

Bonne continuation,
Purana

   Robot   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je vous vois la suivant de quelques pas à peine. Un poème simple et évocateur et ce décalage Tong suggérant le bohème et les talons aiguilles, indiquant une féminité ostensible. J'ai adoré l'allitération finale: Et mes tongs sans blanc-seing à ses talons s’amarrent…

   Brisemarine   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jigsaw,
J'aime la poésie qui traite aussi des "choses" qui puissent paraître banales: des tongs! D'emblée j'ai été attirée par le titre.
Pour ce qui est du fond, j'avoue que je m'attendais à lire un poème, nostalgique peut-être, sur l'été,les vacances au bord de la mer. Eh bien non, vous avez opté pour un autre axe de traitement que je trouve original: tongs versus talons aiguilles, une belle approche de la liberté, de l'évasion et du non-conformisme (tout ce qui évoquent les tongs) et le côté étouffant et rébarbatif de la vie citadine qu'évoquent "les talons aiguilles (qui)martèlent le béton... sous les néons " .
Côté forme, je déplore l'arythmie de certains due principalement à la prise en comte ou non de E muet. Sinon les autres petites imperfections sont à mettre, me semble-t-il, sur le compte du néo-classique.
Le poème comprend de jolies trouvailles: j'ai particulièrement apprécié les allitérations des vers 5 et 14, qui soulignent magnifiquement l'opposition tongs/talons aiguilles et les états d'âme qu'elle suscite.
Merci pour cet instant poétique
Brisemarine

   Anonyme   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien cette version revisitée de - À une passante - de Baudelaire.
Enfin c'est l'impression que ça me donne.
Un texte nonchalant qui mine de rien donne ses allures de sonnet.
Juste une facilité concernant le matin, soir et midi, matin, midi et soir. Histoire de rimer en toute tranquillité.
Sinon ça va.

   Anonyme   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Pas
De mon côté, je sens "l'exercice" avant l'expression.
Oui l'idée est bonne, talons aiguilles-tongs...
Mais l'écriture semble puisée dans 1001 rimes quitte à faire quelques entourloupes à la grammaire ou au sens des mots (nuit albinos, exiguité des cités parangons "Larousse : modèle, type accompli", elle rechigne à rêver ses cheveux en chignon, ses talons s'aiguillent matin, midi et soir dans l’urbanisme vain d’une ville-dortoir....

Désolé, il y a une idée à creuser, elle ne l'est pas à mon avis, faute à la recherche de "style" ?

   ikran   
7/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Salutations Jigsaw,

J'ai trouvé malin l'association du mot "tongs" qui est je crois un anglicisme, avec "Hélios" et "Chronos" de la Grèce antique.

Le rythme laisse filer le texte jusqu'à la toute fin. J'ai seulement été troublé par la répétition sur deux vers du "matin, midi et soir", je n'ai pas trouvé ça particulièrement gracieux.

En revanche l'humour des "talons m'aiguillent" et la réalité de l'urbanisme "vain d'une ville-dortoir" j'ai trouvé tout cela très bien.

Merci pour ce texte

   Jigsaw   
7/9/2014

   Ioledane   
9/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà un texte dont j'apprécie l'originalité, que ce soit pour le sujet, le style, le vocabulaire ou les sonorités.
J'ai particulièrement aimé "déridé par Chronos", "la nuit albinos", "ses talons s’aiguillent matin, midi et soir", "l'urbanisme vain d'une ville-dortoir".
En revanche je ne suis pas fan des répétitions. De plus j'aurais plutôt vu "dans l'amour infini" à la place de "à l'amour infini". Enfin "l'asphalté trottoir" sonne un peu artificiel.
Une lecture très sympathique néanmoins, j'ai aimé.

   Anonyme   
9/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a un côté décalé qui me plaît, la prosodie laisse un peu à désirer, mais peu importe, j'en fait abstraction.

Plusieurs lectures, parce que le texte m'a amusé, il est chantant, il déclenche des images clownesques bizarres. C'est distrayant, tout en étant imprégné d'une certaine complaisance indulgente. Cela donne un côté particulier qui fait que l'on s'attarde dans la lecture, on laisse embarquer dans l'imaginaire de l'histoire de "ses talons aiguilles" et de "ses tongs", atypique mélange.

J'aime cette dernière strophe :

" Déçu, le public est parti.
Un grand silence en guise de critique.
Le spectacle est fini, tout le reste aussi. "

Et tout est dit ...


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