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Poésie contemporaine
JYP : L’artisan
 Publié le 09/07/24  -  6 commentaires  -  715 caractères  -  89 lectures    Autres textes du même auteur

À ceux dont la poésie ne s’écrit pas.


L’artisan



Pour la millième fois, sa main guide l’outil.
Le geste est le même, mais l’inflexion subtile
Détoure la nuance qu’un art abouti
Réserve au plaisir des amateurs difficiles.

Sa parole est simple parce que c’est sa main
Qui transcende en matière ce qu’il ne sait dire
De ce feu mystique qui le brûle et l’inspire
Du fond d’un creuset inaccessible au commun.

Parfois, il souffre de ce qui n’est que très bien
Et qu’il voulait parfait, contrarié par un rien,
Accablé du doute qui rend tout dérisoire.

Dire « mon œuvre » lui semblerait insolent,
Trop humble encore pour prétendre à un talent.
Transmettre le métier suffirait à sa gloire.


 
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   Lebarde   
24/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Artisan, je rajoute artiste, tous les deux sont des créateurs.
-L'un, soucieux du parfait , travaille dans l'ombre avec sa main, sait faire plutôt que dire et est "Trop humble encore pour prétendre à un talent."
Parler de son "œuvre » lui semblerait insolent," et "Transmettre le métier suffirait à sa gloire."
- L'autre, plus égocentrique, plus personnel dans son œuvre, a en plus besoin de lumière, de reconnaissance, d'exposition...de "musée". Il recherche la postérité plutôt que de transmission.

En fait je m'égare car vous parlez surtout de l'humilité de l'artisan et de sa main qui guide l'outil avec exigence et rigueur pour atteindre la perfection et vous le faites poétiquement sans emphase, avec des mots simples qui s'accordent bien au sujet.

Bravo j'aime bien le ton de ce poème qui s'inspire du sonnet et pourrait prétendre à la forme du classique s'il n'était, mais l'auteur(e) le sait bien, quelques rimes fautives et deux diérèses passées sous silence qui rendent bancals les vers correspondants.

Du beau travail que j'apprécie volontiers.

En EL

Lebarde

   Polza   
25/6/2024
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour,

J’ai bien aimé l’idée de rendre hommage à « L’artisan ». Il y a un souffleur de verre à côté de chez moi. De temps en temps, il ouvre son atelier au public et on peut le voir dans ses œuvres, je pourrais le regarder pendant des heures et des heures.

L’IA accouplée à une imprimante 3D pourrait bien un jour créer elle-même ses propres œuvres, mais jamais elle ne pourra remplacer la beauté, la précision, la passion du geste de l’artisan et heureusement !

Quelques petites imperfections vous éloignent de la catégorie néo-classique, c’est dommage, je pense qu’elle était accessible.


« Le geste est le même, mais l’inflexion subtile » pour ne pas avoir à vous embarrasser d’une élision à l’hémistiche et de terminer sur un son en mêmeuu, vous auriez pu écrire par exemple « Le geste est inchangé, mais l’inflexion subtile » et vous auriez gagné vers en 6/6 par la même occasion.

« Détoure la nuance qu’un art abouti » la rime abouti/outil ne me semble guère heureuse. Pour détoure ça passait une fois, mais avec nuance ça fait trop je trouve « détoureuu/nuanceuu ».

« Sa parole est simple parce que c’est sa main » le « est/parce que c’est » m’a un peu gêné dans ce vers.

« De ce feu mystique qui le brûle et l’inspire » vous allez dire que je suis difficile, mais ici, c’est le « mystique qui » qui m’a gêné avec sa sonorité en « que/qui ».

Il y a dans le dernier tercet quelque chose qui me plaît (même si je ne le trouve pas parfait et qui me fait dire que l’ensemble mériterait d’être retravaillé pour rendre pleinement hommage à cet artisan .L’intention est là, pas de soucis à ce sujet, mais il manque de technique poétique (que je ne maîtrise moi-même pas à la perfection je vous rassure). Je trouve également que le rythme est irrégulier, ce qui est possible pour certains poèmes quand c’est voulu, mais pour le vôtre, je trouve qu’une douce musique en 6/6 s’imposait presque naturellement.

Malgré tout cela, vous avez déjà une base sur laquelle travailler, c’est un bon début, il n’y a plus qu’à « polir votre diamant » et ce sera le plus beau des diamants !

Polza en EL

   EtienneNorvins   
9/7/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un texte qui célèbre l'obstination silencieuse de la main - cela fait du bien en ces moments où tant de gens ne font plus que s'écouter parler...

Artisan d'abord - dans le droit fil d'Alain. Avec ce goût mystérieux du travail plus que bien fait - "je ne sais ce qui me possède", écrivit Aragon...

On hésite souvent sur la lecture du vers : mais le néo-classique était-il votre intention ? Ces 'imperfections' sont peut être voulues : elle rendent le poème plus proche de son 'sujet' - ce sonnet reste un work-in-progress, avec ses rugosités, ses hésitations, auxquelles il fait participer le lecteur. On a l'impression presque physique d'être dans le mouvement de rabot ou de lime, en train de polir le texte. La perfection n'est qu'un idéal vers lequel tendre - ce n'est aussi qu'une illusion ?

Reste un poil à gratter - "amateurs difficiles" / "inaccessible au commun"... Pourquoi ce soupçon d'élitisme ? Je préfère de loin le second tercet, sa modestie et son goût de la transmission...

   Geigei   
9/7/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,

deux quatrains et deux tercets, comme pour un sonnet.
L'artisanat !
Depuis mon enfance, depuis les aventures d'Ardéchois Cœur-Fidèle contre Tourangeau Sans-Quartier, j'ai un respect infini pour les initiés de l'artisanat.
Cela dit, il y a un monde entre les Compagnons du Devoir et le garagiste qui... je me calme.

Le texte ici est un hommage, agréable à lire.

   papipoete   
13/7/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
bonjour JYP
" ce ne sont que quelques dentelles, vous savez ; ce n'est même pas moi qu'il faut féliciter, mais ma main qui conduit le ciseau, ce fer à sculpter ! "
Et pétri d'humilité, le poète... amateur, en baisse les yeux, face à l'artisan.
NB bien que je comprenne l'auteur, admirant " l'homme de l'art " en action ( je suis pareil ) c'est dommage pourtant, de songer qu'écrire des vers put qualifier l'oeuvre d'un insolent ?
le fait d'écrire sans faute, et bellement mérite l'admiration, alors que des chapelets de bêtises sortent de certaines plumes !
mais il est vrai qu'un " meilleur ouvrier de France " exerçant son art, me comble bonheur !
je découvre ce verbe " détourer ", que je n'ai jamais rencontré !
techniquement, le 4e vers me semble maladroit, alors que le 8e me va tout-à-fait ( un imbécile, me déclara un jour.. alors que je veux toujours apprendre ! ...
- je ne vous explique pas ; vous ne comprendriez pas !
je suis acerbe en matière d'art contemporain ( une piéta à l'enfant Jésus et l'homme qui marche ) me semblent éloignés d'années-lumière, qui ne me plaisent pas ( ce marcheur en ferraille ! )
des dodécasyllabes au douze pieds, me semble-t-il ?

   embellie   
14/7/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J’aime beaucoup ce poème qui me parle énormément. Je trouve que les deux vers « Sa parole est simple parce que c’est sa main qui transcende en matière ce qu’il ne sait dire » définissent l’artisan à la perfection. La plupart d’entre eux n’a pas fait de longues études, après le certif. au boulot, mais le manque d’instruction n’empêche pas l’intelligence. Mon grand-père était illettré et excellent tonnelier. Il a formé des jeunes et pour lui aussi transmettre le métier a suffi à sa gloire. « Dire -mon œuvre- lui semblerait insolent ». C’est très juste, l’artisan est modeste, il ne se prend jamais pour un artiste, pourtant dans artisan il y a le mot art et « tapissier », par exemple, est classé dans la catégorie des Métiers d’Art. Papipoète fait allusion au Meilleur Ouvrier de France. Ces artisans recherchent la perfection, et le premier quatrain du poème reflète bien cette qualité « la nuance qu’un art abouti réserve au plaisir des amateurs difficiles. » Merci Jyp, d’avoir mis à l’honneur ces professionnels de talent.


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