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Poésie contemporaine
Furax : Du coq à la vache
 Publié le 08/07/24  -  8 commentaires  -  2398 caractères  -  84 lectures    Autres textes du même auteur

Voici le début d'un recueil. Retient-il l'attention malgré son caractère hétéroclite sinon éclectique ? Il s'intègre dans un ensemble appelé Le code Arthur Rimbaud. C'est un jeu de pistes où la farce n'est jamais loin.


Du coq à la vache



1.

Je suis à la recherche, ô ciel, de tes mirages,
De tes effarements aux fracassants orages.

2.

Mon navire accosta sur quelque île de rêve
Et l'œil dit au soleil : que l'idéal se lève !

3.

Le code Arthur Rimbaud définit un système
Qui de l’image naît, à l’onirique thème.

4.

Sur la crête hérissée de mille précipices
Tu froissas dans tes mains l'eau des matins propices.

5.

Comment faire, dis-tu, pour marier l’amour
Avec les traits piquants d’un espiègle humour ?

6.

Le poète enchaîné au boulet de la rime
S’en croit libre pourtant quand au vent il l’arrime.

7.

Est-il plus avancé ce passeur d'absolu
Qui disait quérir l'or du songe irrésolu ?

8.

Les mots, sous mon bâton, dansante mascarade,
Suivent le chat luthier dans les eaux de la rade.

9.

Tout était convenu ; je m'étais décidé ;
Mon futur se jouerait sur quelques jets de dé.

10.

Il me tient en éveil comme un sage mystique
Ce fantastique jeu que me vaut le distique.

11.

Qui ne se défierait de la duplice armoire
Étouffant les secrets qui rongent la mémoire ?

12.

Le vers contemporain, ou ce que l’on dit tel,
Massacre des crapauds sur son étrange autel.

13

Le sens en est absent, on le range au placard.
De ma part, il mérite un peu plus qu’un brocard !

14.

Faites que je ne tombe en ce même travers
Lorsque mon arrosoir verse sur vous ses vers !

15.

Du reste, mon projet appelle un fin public
Méprisant les succès se jouant sur un clic.

16.

Sur son fil, le poète est tout à son affaire.
Acrobatiquement, que de bons tours à faire !

17.

Le jour vient de paraître ainsi qu'un œuf brouillé.
Je lui préfère l'os d'un vieux soleil rouillé.

18.

Le prestidigitateur ne fit rien apparaître
Qu'un lapin minuscule entré par la fenêtre.

19.

Est-il expression plus haute de pensée
Que la raideur d'esprit dans son col engoncée ?

20.

J'aime par-dessus tout le vers asticoté
Dont le sens paraîtra bien tarabiscoté.


 
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   Lebarde   
20/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Une liste de pensées "au caractère hétéroclite sinon éclectique" comme l'annonce l'exergue, auquel j'ajouterai parfois laconique et peu poétique qui aurait pu néanmoins être d'une belle écriture classique comme le revendique l'auteur(e), sans la présence fautive dans le 4ème distique d'un e non élidé rendant le vers bancal.

Il y a bien quelques réflexions qui pourraient faire sourire...mais trop peu pour me séduire complètement.

Désolé

En EL
Lebarde devenu exigeant.

   Ioledane   
24/6/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J'ai d'abord trouvé ça assez brouillon. Puis, je me suis prise au jeu. Ce qui ressemble à un patchwork de distiques semble en réalité suivre un fil conducteur, de temps en temps dérouté sur un chemin de traverse.

L'écriture est très aboutie et certains distiques sont particulièrement savoureux. Mes préférés : 6, 9, 14, 15, 19.

Beaucoup d'humour, et un peu d'absurde aussi, çà et là. Amusants, le chat luthier dans la rade, ou le lapin minuscule entré par la fenêtre.

Dans le 1, je suis restée dubitative sur "ô ciel de tes mirages". Le "ô" s'adresse généralement à la personne ou l'entité que l'on implore ou invoque, me semble-t-il, or ici le tutoiement évoque une tierce personne ? ... A la relecture, je viens de comprendre : il manque probablement une virgule après "ô ciel", et ça passe beaucoup mieux.

Le titre est d'évidence une version révisée du coq à l'âne. Cela dit je n'ai rien vu de bovin dans ces vers.

"Le code Arthur Rimbaud", voilà qui intrigue. Un recueil entier de distiques ?

Bref, une production que j'ai pris vraiment plaisir à lire, et qui a éveillé ma curiosité sur l'oeuvre plus globale à laquelle elle est censée s'intégrer.

   cervantes   
24/6/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Classique certes mais vraiment pas au sens classique.
Le registre ici n'est pas l'émotion mais le jeu des mots et de la syntaxe sans toutefois tomber dans l'hermétisme du contemporain étrillé dans le dystique n°12.
Dans cet ensemble prélude d'un recueil, il nous est possible de picorer telle image ou telle affirmation en fonction de l'humeur (de l'humour...) ou du calendrier. J'aime beaucoup cette initiative qui deviendra peut-être les varaition Goldberg de la poésie.

Je laisse à chacun le soin de mettre en place le podium des plus beaux dystiques...

Bravo, à quand la suite?

   BlaseSaintLuc   
26/6/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Au bout de la ligne, l’hameçon du “vers” a pris sa proie, tel un funambule. J’ai lu les 20 propos ; ils ne furent pas vains, j’en ai saisi l’écho. J’avoue, j’ai failli m’abstenir, mais courageusement, je me suis mis à tout lire. Bel exercice, c’est poétique, c’est intelligent. Le jeu de piste est cocasse ; il nous emmène dans l’univers d’un futur trafiquant d’armes… Le destin tragique et toujours singulier !"

   Polza   
27/6/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour,

Votre poème ne laisse pas indifférent puisque je suis déjà le cinquième à commenter en EL !

La catégorie classique me semble compromise, mais rien d’important, vous le saurez pour la prochaine fois et vous ne commettrez plus les mêmes petites erreurs (pour cette catégorie en tout cas).

La non-alternance de rimes masculines féminines entre chaque couplet me semble refdbitoire. Même si ce ne l’était pas, ça ne passerait pas avec « Sur la crête hérissée de mille précipices » et son « e » non élidé à l’hémistiche ou ailleurs.

« Le poète enchaîné au boulet de la rime » hiatus « enchaîné au » pas bon non plus pour la forme classique.

Je ne suis pas assez expert en Rimbaud pour peut-être avoir saisi toutes les subtilités de ce code. Le navire mis pour le bateau ivre peut-être. Pour le reste, je donne ma langue au chat luthier ! (vous précisez dans l’exergue que la farce n’est jamais loin, les jeux de mots en font partie, j’imagine).

« Le prestidigateur ne fit rien apparaître » dans ce passage, je me suis demandé s’il s’agissait volontairement d’un jeu de mots ou si le prestidigitateur était mal écrit ?

Si j’ai le sentiment que l’auteur s’est amusé en écrivant ces lignes, je ne suis pas pleinement convaincu par le résultat. On pourrait néanmoins classer votre poème dans la catégorie oulipienne.


J'aurais pu dire que je trouvais l'écriture aboutie, mais vous avez présenté ce poème dans la catégorie classique et quelques erreurs sont présentes, d'où le convenable.

Polza en EL

   EtienneNorvins   
8/7/2024
Je n'ai aucune compétence pour juger de la catégorie où ranger ce texte. Mon problème est que je ne sais pas à quel degré il convient de le lire, ni comment lever certaines de ses ambiguïtés - puisque l'incipit semble inviter à en voir, principe de la 'farce'...

Code : faut-il y voir une allusion à un message secret, ou n'est-ce qu'un recueil d'articles de loi / de foi numérotés - catéchisme dont les maximes en forme de distique et au ton volontiers sentencieux font penser au jeu chinois des sentences parallèles ? Il semble que le 'système' du 3è distique appelle plutôt cette interprétation ?

Arthur R. : lequel ? Si les calembours sont nets, j'ai du mal à retrouver l'auteur de la Saison ou des Illuminations - est-ce donc celui de la première lettre à Banville, lequel fut un grand praticien de la rime acrobatique ?

Pour ma part, cela sonne plutôt comme les Poésies de Ducasse ... mais je n'ai que peu de sympathie pour le goût de l'entre-soi qui affleure (15, 19) ou le dézingage gourmé d'un vers contemporain (12, 13, 14, 17, 18) : lequel ? c'est quoi ? - le texte est lui même finalement en 'contemporain'...

Si le poète s'enchaine au boulet de la rime, c'est son choix. Si ce n'est que pour satisfaire un penchant pour le tarabiscotage, il peut aussi faire des sudokus ou des mots croisés.

Reste le titre - on va de Chantecler à la Vacherie ? Mais à nouveau, dans quel dessein ?

Bref : je ne suis pas le lecteur qui convient à ce texte. Je m'abstiendrai donc de formaliser davantage mon ressenti.

   Provencao   
8/7/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Furax,

Plusieurs lectures, pour mieux en comprendre le sens.

J'y ai lu une ouverture à la conscience de la craquelure que ce sens habite : enigme...mystère .

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Yannblev   
15/7/2024
Bonjour Furax,

Si c’est signé Furax, ces pensées numérotées sont cependant un peu éloignées de celles de Pierre Dac.
Mais c’est vrai qu’il y a de quoi « penser » et dire quand on aborde « l’art poétique » et la manière parfois d’en faire. Et vous le dites avec l’humour qui ne fait que relativiser l’importance de cette réflexion qui n’est pourtant pas anodine. Merci de nous le rappeler gentiment.

Et merci du moment


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