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Poésie contemporaine
Kantique : Nuit du Nacre
 Publié le 13/09/20  -  4 commentaires  -  846 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

De la peau, des mains, des larmes...


Nuit du Nacre



J’ai vu de ton satin se consteller l’albâtre
Sous la nébule osseuse où s’irradiait d’argent,
Tout étoilé d’un grain de limaille blanchâtre,
Un astre de métal au zénith émergent.

Dans quel éclat lacté de vierge marbre blanc,
Dans quel carrare exact, dans quel paros diaphane
Ou dans quel pentélique a-t-on taillé ton flanc
Dont la voûte est sculptée de calcaire épiphane ?

Quel ivoire obsesseur laquait ta griffe aiguë !
Et quel frimas d’aragne, au givre de sa dent,
Glaçait ta main d’ombelle et l’hyaline ciguë
Perlée par ces nivées grevées d’un froid mordant !

Combien de gemmes, dis, combien de diamants,
Tout dédiant leur carat à tes écluses closes,
Ont noyé leur cristal au fil de larmoiements ?
Et combien d’ancolies en sont dessous écloses ?


 
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   socque   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Pour une fois, le caractère précieux du poème, avec son vocabulaire élaboré que je ne me risquerai pas à prétendre clair comme cristal à mes yeux, ne me gêne pas, car il me semble pleinement assumé, mis au service d'une véritable symphonie en blanc, albâtre, nacre, comme annoncé dans le titre. Pas en cristal toutefois, je crois lire une ode à la pâleur opaque, non translucide.
Je ne relèverai pas tous les termes participant à cette impression, ils tissent un réseau serré où domine la Lune sans qu'on la cite nommément, fi donc ! "Astre de métal", c'est quand même plus élégant...

J'aime beaucoup
éclat lacté de vierge marbre blanc,
moins les écluses closes où le jeu de sonorités me paraît un peu facile.

Le troisième quatrain est à mon avis le plus réussi, surtout son dernier vers. Je me permets de regretter que vous ne soyez pas allé ou allée tout à fait au bout de votre démarche, formellement parlant, que vous vous soyez permis une ou deux approximations par rapport aux contraintes du classique ; par exemple, voir traiter en synérèse "diaphane" me fait un peu grincer des dents au vu du parti pris "parnassien" de votre poème. Idem pour "hyaline", je viens de vérifier dans Littré en ligne qu'on prononce en principe "i-a-line" ; tiens, la voilà grâce à ce mot, la pâleur translucide !

   papipoete   
13/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Kantique
Une question au ciel, qui devra attendre le tour de garde du Soleil, pour se remémorer le spectacle de la nuit ; et répondre à l'auteur : " voici mon explication...sur la toile que tu admiras sous la voûte constellée de diamants... "
NB ce n'est plus un poème que nous lisons ici, mais un traité de joaillerie, un précis de sculpture, la palette d'un peintre !
Sans comprendre qui sont les modèles à poser sous les yeux de l'auteur, je devine qu'il s'agit de " très haut de gamme ! "
Ce peut être une qualité devant tant de savoir, qui peut se voir gros inconvénient, à feuilleter l'encyclopédie...
C'est très beau, mais trop " so chic " à mon goût !
le 13e vers ( en synérèse ) ne mesure que 11 pieds

   Mokhtar   
15/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Poème coloré de blanchâtre et épris de transparences.

Vocabulaire très élitiste qui peut rebuter ou irriter, mais qui est sans doute le fruit de travail et de recherches poussés qui méritent qu’on se donne un peu de peine pour être au diapason.

Mes efforts de clarification, sans doute imparfaits, me mènent à ce qui suit :

La nuit du nacre : nacre est féminin. Nacré aurait été correct, mais moins euphonique. Alors licence poétique où le son prime sur les règles ? Jeu de mot : la nuit du sacre ?

Nébule : probablement ici synonyme de nébuleuse (le substantif). Il semblerait que ce terme ne s’utilise qu’au pluriel. « Nébule osseuse » : Peut-être la voie lactée qui a la couleur de l’os ( ?).

Ombelle : fleur blanche en forme de coupe ou de parapluie.
Carrare exact : marbre de Carrare sans aucun défaut
Paros : Marbre provenant de l’île de Paros. D’une blancheur transparente.(diaphane)
Pentélique : Marbre provenant du Pentélique, montagne grecque
Calcaire épiphane : épiphane, se rapportant à des rois ou des dieux orientaux. Semble avoir été employé pour ennoblir le calcaire (marbre) et…pour chercher la rime. À moins d’un autre sens pour « épiphane »

Aragne : Araignée, terme ancien
Ombelle : fleur blanche en forme de coupe ou de parapluie ou…de main.
Hyaline : Transparent
Ciguë : La ciguë a une fleur en forme d’ombelle.
Nivées : Mot introuvable. Idée de glace ? (névé ?)

Blancheur de la roche pour décrire la peau, blancheur de la glace pour dépeindre la main, transparence de verre et de cristal pour évoquer les larmes…

C’est sans doute le troisième quatrain qui est le plus puissant, celui qui décolle vraiment de la réalité tangible pour s’abandonner à un lyrisme un peu surréaliste.

À noter dans le dernier quatrain, les trois « di » des deux premiers vers (voulu ?) qui ne sont pas très agréables à mon oreille.

Malgré cela (allez savoir pourquoi), ce quatrain à la gloire des larmes est mon préféré. C’est celui qui, à mon goût, dégage le plus d’émotion poétique.

Je crois que ce poème avait été proposé en EL en classique. L’écriture est sans conteste d’inspiration classique (parnassien dit Socque), mais mes prédécesseurs ont relevé deux erreurs de diérèse (diaphane et hyaline) auxquelles on peut ajouter « dédiant » (supprimer « tout » ?). De nombreuses terminaisons en « ée » et « ées » non élidées sont aussi hors code.

Même si ce poème paraît un peu hermétique de prime abord, je pense qu’il mérite qu’on s’y attarde pour pouvoir l’apprécier. On y perçoit l’intense application de l’auteur, mais aussi son talent. Il serait dommage que ce texte passe inaperçu.

   archibald   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Lisant ce texte, quelques idées de commentaire me sont venues. J'ai pris connaissance de l'intervention de Socque : je n'ai plus rien à dire, je pense tout pareil.
L'extrême préciosité, la rareté du vocabulaire confinent à la caricature. Or, c'est tellement poussé que ça en devient amusant, ce terme ne devant pas être pris dans un sens péjoratif.
Mais là où je suis également d'accord, c'est qu'il fallait aller plus loin en assumant le genre classique, avec tout ce qu'il a de désuet. La diérèse notamment, surannée à souhait, qui aurait encore rajouté à l'aspect maniéré du texte : « irradiait » : 4 syllabes , « diaphane » : 3 syllabes, « hyaline » : 3 syllabes, « diamants » : 3 syllabes, « dédiait » : 3 syllabes. Oui, je sais, plus personne ne parle comme ça aujourd'hui. Il y a aussi les « e » muets suivis de consonnes : sculptée, perlée, nivées, grevées. Et je ne suis pas sûr de la coupe à l'hémistiche du dernier vers. Tout cela peut s'arranger aisément pour un auteur dont la plume est manifestement habile.
Cela me fait drôle de donner des leçons de classicisme, moi qui ne suis guère féru de ses règles obsolètes, mais pour le coup le poème s'en serait trouvé rehaussé d'un certain apparat.
Un texte non dénué de charme, même si je laisse à l'auteur la responsabilité de quelques métaphores à mon sens un peu obscures.


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