Quatre poèmes sur l'adultère.
Adultère (1)
Lente plainte en mon âme Longue pointe avant la lame Sa main dans la tienne A la place de la mienne
Maudit destin qui me consume Sordide vie, morne amertume Ton sein contre lui Ton sein dans son lit
Exsangue, meurtri, abattu Mon avenir n’existe plus Votre couple uni Notre amour détruit
Délicieux souvenirs de nous Salis de sceaux de boue Depuis que vous êtes Et que je perds la tête
Au loin mon cri se perd Face à vos faces de vipères Mais vous riez Vous en moquez
Mon cœur en gémellité D’amour, de haine mêlé Le sexe amer L’âme en hiver
Ton regard sans horizon Votre union de déraison Il t’a quitté J’ai respiré
Ton corps sali revient Le cœur serré, malsain Tu l’aimes Et je t’aime
Adultère (2)
Mes rêves en charpie sombrent, lentement Alanguis dans la barque de mon sentiment Iles d’espoir qui s’éloignent au firmament Sans un regard à mon amour incandescent
Jamais sur les terres de notre union futile Existera l’ombre de cet amour inutile
Tu reviendras peut-être, sûrement Anxieuse, animale, reine du moment Immobile, puis attendant mon jugement, Ma princesse aux éclats d’argent Effacera la vie de ce chaos dément
Maintes fois le souvenir de cette idylle Amer, cruel, pourtant indélébile Lacérera mon sommeil immobile. Grand amour, multiplié par mille Roi d’une vallée morte sur mon Nil Enfin me renverra cette image vile
Merveilleuse tu t’avances à pas lents Orgueilleuse, ta beauté hors du temps, Ivre de joie, Mon Amour, je t’attends…
Adultère (3)
Ans de pluie sans ton sourire Morne ennui, lents les soupirs Oubliés les temps du rire Une vie, presque un empire Ruine du poète sans lyre
Ajourné doucement notre plaisir Mélange de honte, de désir Oublié le son du pire Reste ce point de mire
A l’assaut de ta reconquête Mon cœur s’emballe, s’entête Ombre de cette chose, cette bête Ulcère de votre union, ta dette Restent nos épithètes
Ah mon amour, je reste
Magie mirifique à ton retour Orgie d’allégresse sans détour Reste encore, reste mon Amour Traîtresse, maîtresse, toujours
Adultère (4)
J’ai lu dans tes yeux, mon Amour, j’ai vu Encre sèche au bec de ta plume, j’ai su
Tes gestes sans passion, j’ai compris Encore ces baisers absents, j’ai gémi
Parfaite épouse, parfaite… j’ai douté Adorable, sans heurts, j’ai supputé Remarquable… et j’ai remarqué Désirable, inaccessible, j’ai pleuré Ostensible, un peu plus, j’ai contrôlé Nue sous mon nez, j’ai envié Nue sur mon pieu, j’ai grimpé Extase simulée, j’ai craqué
Jeu d’amoureuse, tu as menti Ennemie de nous, tu as trahi
Naturelle, cynique sans forcer Ose, mon Amour, me tromper Une dernière fois, puis rentrer Belle, si belle, à n’en pas douter Lame de fond, et se retourner Instants d’après, pourquoi pleurer Envie de toi, envie d’arriver
Paroles sans essence, ton cœur Aquarelle des sens, mon cœur Silence, je t’aime, mon Cœur !
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