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Poésie libre
Lapsus : Ce soir je rêverai de runes
 Publié le 23/10/09  -  14 commentaires  -  1913 caractères  -  172 lectures    Autres textes du même auteur

Parfois les pierres gravées récitent leur saga.


Ce soir je rêverai de runes



Ce soir je rêverai de runes
de toutes ces pierres gravées qui portent leur histoire
de toutes ces pierres qui en ont assez
d'être coiffées de mousses barbues
de lichens jaunis par le sel marin
de toutes ces pierres qui portent les noms et les mots inconnus

Je mettrai mes doigts dans les encoches
je sentirai la fureur du burin
la peine et le chagrin
de la pierre de mémoire
l'adieu au marin disparu sans laisser nulle grâce
la jeunesse brisée au bas du précipice
les sanglots saccadés comme des coups de battoir sur le linge en été
la lignée qui s'éteint aux flammes des batailles

Je sentirai l'orgueil du ciseau
la joie et la fierté
de l'inscription votive
la terre nouvelle qui s'offre aux espoirs usés
le fils nouveau qui s'étire et se répand comme la belle vigne
la nation qui s'unit en écrasant les clans

Je sentirai le magnétisme minéral
intense et lumineux comme l'aurore boréale
à en virer boussole affolée des contrées de légende

Helluland
terre désolée, déchiquetée, hachée menu
par le marteau brûlant de Thor
seul l'oiseau pressé y dépose son œuf

Markland
je rêve tes forêts au goût de granit
le bûcheron aux larges épaules discute
avec sa hache de la couleur ignée de l'océan

Vinland
voici tes vignes, Odin
les raisins verts font grincer des dents
et mugir un bout d'Islande
la glace enfiévrée souffle de ses naseaux
et piétine furtivement le rêve américain

Déjà je sens se courber l'échine molle du drakkar
lui seul connaît le chemin du retour aux envols premiers
si la voile se tend
le vent d'une saga vierge me poussera loin dans la nuit
les rames pointant vers le ciel pour en invoquer la clémence

Ce soir, c'est sûr, je rêverai de runes


 
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   Astras   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qu'est-ce que ce poème est riche: en rebondissements, en vocabulaire, en émotion... Merci pour le nectaire scandinave!

   Anonyme   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Lapsus
Déjà, le titre : un appel irrésistible.
Les premières strophes un enchantement !
J'ai ralenti à Markland, à cause de la hache de la couleur de... ma licorne a trébuché ... ensuite, je suis retournée caracoler et le voyage s'est poursuivi, superbe !
Bravo et surtout merci.
Récité à haute voix... quel bonheur !

   pieralun   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des vers aux pieds inégaux et pourtant beaucoup de rythme dans ce voyage au pays des vikings.
Beaucoup de force également au sein de ces pierres qui racontent
cette ode, par Odin.

   Anonyme   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Lapsus... Un poème plein de fougue ! J'ai particulièrement aimé les trois strophes concernant les terres inconnues d'Ericson, Helluland, Markland et Vinland... Peut-être rêverai-je moi aussi, ce soir, de runes et sagas. Merci pour cette agréable et instructive lecture. Alex

   Anonyme   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici une poésie qui permet au lecteur de s'évader dans les contrées nordiques. L'auteur est maître des connaissances sur le sujet, belle odyssée.

Je ne révèlerai qu'un point qui m'est tirée du songe : répétition de comme à l'avant-dernier ver des strophes 2, 3 et 4. C'est harmonieux pour la structure du poème mais un ic sévère en travers de la gorge.

C'était juste pour comment objectivement. Le poète maîtrise déjà très bien son style d'écriture. Bonne continuation, Lapsus !

Sieb.

   jaimme   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Beau sujet et Lapsus m'a fait voyager des pierres votives jusqu'au futur Canada. Très belle idée.
Les sentiments sont forts et j'ai aimé. Pourtant j'ai une retenue car les hommes rudes de la Scandinavie m'évoquent des images de rudesses que je trouvent trop peu présentes. Ces marins auraient pu être bretons ou argentins car l'ode est un peu trop universelle.
Reste un beau voyage, que j'ai effectué avec grand plaisir.

   Chene   
24/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Lapsus

Quel remarquable rythme dans ton poème, il n'a d'égal que l'originalité du thème choisi.
Lapsus nous parle de racines auxquelles s'accrochent son présent, son futur. Et ces lieux mythiques, ces esprits ancrés sur ces terres désolées sont autant de radicelles qui s'abreuvent de la culture celte et de la divination des druides. Ces racines-là me parlent.

Il y a tant d'images forgées au burin dans ton poème que les pierres de Stonehedge ne suffiraient pas à toutes les graver.

très cordialement et au plaisir de te lire encore

Chene

   bulle   
24/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le rythme s'entend dans le sensitif, en battements...
C'est bon, très bon !

   Marquisard   
24/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vraiment prenant ce texte, une (des) histoires qui me plaisent beaucoup, sur un ton qui me plait beaucoup, avec des images qui me plaisent beaucoup, et des descritptions tout pareil.

Bref, inutile de chercher à argumenter par sections, je prend tout sans rechigner.

merci pour la ballade

   Meleagre   
25/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le rythme est asssezz prenant, et les images font voyager. J'aime bien la première strophe, avec ces pierres coiffées de lichens jaunis, des pierres qu'on a envie de débarrasser de la mousse pour les déchiffrer...
Mais certaines expressions ont entravé ce voyage, comme "le magnétisme minéral", "sans laisser nulle grâce", "à en virer boussole affolée".
De plus, la description de Helluland, Markland et Vinland me semble trop rapide, moins abouti : le rythme n'est plus aussi entraînant qu'au début du poème, et les images moins développées. C'est dommage.
Moi aussi, j'aimerais rêver de runes.

   BAMBE   
25/10/2009
Commentaire modéré

   Pluriels1   
26/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
... du rythme
... de la force
... des images comme un fleuve à descendre et découvrir.

... un dépaysement et c'est un "Tout" qui me suffit.

Des promesses à venir, sûrement.

Mes Pluriels sur un "Merci".

Ps : je ne note pas car je n'aime pas trop les "notes" et lui préfère mon "Très bien".

   Lhirondelle   
27/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je le relirai encore et tard dans la soirée, et ce soir je rêverai de runes.
Ce matin j'ai fait un beau voyage en contrée de légende au rythme de tes mots.

Une poésie superbement imagée comme j'aime, forme et fond.

Amicalement et au plaisir de lire encore.

L'hirondelle

   Anonyme   
31/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup cet univers : les vieilles pierres, les runes, tout cela me fait rêver depuis l'enfance.
Ce que j'apprécie moins : la répétition un peu abusive de "pierres", et quelques expressions qui me paraissent curieuses voire incongrues ("à en virer boussole affolée", le bûcheron qui discute).
Néanmoins, une évocation assez riche et foisonnante pour nous emporter en son sein de pierre, fort d'un passé qui ne s'éteindra jamais vraiment ; j'y ai ressenti la tristesse et la colère des batailles perdues, mais aussi l'espoir en l'avenir.
Une lecture dépaysante et plutôt agréable.

   Lunastrelle   
6/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'avoue ne pas avoir accroché plus que ça, même si pour moi il y a de beaux vers qui se dégagent de l'ensemble, qui me parlent... Et que le rythme entraîne...
Je les cite:

"Je mettrai mes doigts dans les encoches"
"les sanglots saccadés comme des coups de battoir sur le linge en été"
"je rêve tes forêts au goût de granit
le bûcheron aux larges épaules discute
avec sa hache de la couleur ignée de l'océan"
"les raisins verts font grincer des dents
et mugir un bout d'Islande"

Ils ont quelque chose en eux qui porte un goût de voyage, d'évasion...

Maintenant je vais tenter d'expliquer pourquoi je n'ai pas accroché: les répétitions du début déjà m'ont fait tiquer, avec les mots "pierres", "de toutes"... Ça m'a déstabilisée, j'attendais plus de liberté, d'éloquence... Ensuite les métaphores employées sont trop "retenues" pour moi, tu n'as pas été assez loin dans l'évocation des souvenirs, des sensations... Par exemple:

"Helluland
terre désolée, déchiquetée, hachée menu
par le marteau brûlant de Thor
seul l'oiseau pressé y dépose son œuf"

J'attendais quelque chose d'autre, qui n'est pas venu... Mais ce n'est pas grave, l'image reste tout de même belle...
Ce n'est qu'une impression personnelle, généralement je suis très portée sur l'alchimie que les mots peuvent créer entre eux, et qui s'obtient par des oxymores, des assonances, par exemple... Et ici, ça manque un peu je trouve. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas, mais ça manque un peu...

Le passage où j'ai commencé à décoller se trouve ici:

"Je mettrai mes doigts dans les encoches
je sentirai la fureur du burin
la peine et le chagrin
de la pierre de mémoire"

Mais après je me retrouve de nouveau sur terre, à ce passage là:

"Je sentirai le magnétisme minéral
intense et lumineux comme l'aurore boréale
à en virer boussole affolée des contrées de légende"

Je ne me suis pas perdue, j'ai atterri trop brutalement, pour moi il n'y a pas assez de connexion avec ce qu'il a été dit précédemment... La transition s'est mal passée, on peut dire...


Ce poème mériterait à être ciselé encore, à être travaillé... Ou alors il est possible que je sois passée à côté... J'ai ressenti beaucoup de choses, comme l'âme de la pierre, le passé qui traîne et qui nous parle au présent... Mais tout ce que j'ai pu relever précédemment m'a bloquée, dommage... A une prochaine fois...


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