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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 28)
 Publié le 28/09/07  -  7 commentaires  -  1699 caractères  -  75 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment


Fragment du crépuscule (morceau 28)



Echarpes tournoyantes, dans les airs les vols noirs ensorcèlent.

Rendre de bronze bouche et doigts, rendre de pierre ponce les corps les plus sensuels, rendre de sel les lèvres les plus suaves, faire flancher les âmes les plus aguerries, les échines les plus droites, car le lunatisme pervenche de la vie se love dans les airs les plus purs, intoxiquant les poumons les plus sûrs, faisant chavirer l’azur de nos souffles dans des consistances de glaise, les marées prennent l’ascendant sur nos décisions, maîtresses incontestées des directions, la rose des vents mouillée pousse dans nos poitrines, à vue ou à l’aveugle, du nord au sud, de l’est à l’ouest, d’un pôle à l’autre de nos ambitions, le gouvernail inconnu laboure à fleur de peau dans l’étroit et fantastique chenal du sensible. Des émotions, des tempêtes, des aspirations, on sollicite des impressions difficilement compressibles, étranges présences de matières et des perceptions personnelles, les ruelles hasardeuses de l’interprétation sont toujours usitées dans un crépuscule mal éclairé, fourmillement de réverbère, tarasques berbères et tarentules, s’agrippent sur nos existences les visions pourpres, mygales bourdonnantes, miel des hallucinations, on se construit avec une fringale de luxure mal expliquée, maquillée de soleil et d’esprit cartésien, on rationalise les hululements dans le creux de la nuit…

Sinueuses malversations de saturne oxydant les printemps de fortune.

Chape de plomb standardisée sur nos envies.

Calibrage de l’intoxication, on s’étouffe, peuplé d’invisible.

Ciel de fonte.

Atmosphère… Perte de saveur.

Là encore...


 
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   Anonyme   
2/10/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est la première fois que je lis du Larivière dans le texte et j'ai été quelque peu désorienté, perdu au fond de quelque chose dont je ne voyais pas le jour. Je me suis accroché, lu et relu ce texte que je qualifierai de"dodécaphonique",ou d' "atonal" avec des phrases si longues... Puis je me suis dit qu'il devait y avoir une autre façon d'aborder ce texte. Se laisser aller au gré des mots, des images, des sensations, des atmosphères... Et là on découvre un texte d'une grande richesse.

   Pat   
19/12/2007

   Anonyme   
11/8/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Ah, c'est dans la rubrique prose ? Pourquoi pas ? j'aurais hésité entre prose et poésie.
Premier fragment que je lis sur les 28 existant. Aurais-je raté un talent si longtemps ? Bien obligée de reconnaitre que oui.
Ici je rencontre :
Tous les éléments : air, eau, terre, feu.
Toutes les formes de vie : minérale, végétale, animale
Une palette d'émotions, de perceptions, qui se promène de la douleur à l'aspiration au bien-être ( pas au bonheur, hein, tout de même ), de la sensualité à l'étouffement, en passant par l'angoisse, et j'en passe.
Une palette de réflexions qui semble tourner autour de notre condition d'être pensants.

On s'en sortira donc jamais ? Ben non !

J'ai vu aussi pour le plaisir de mes oreilles de belles assonances, allitérations, savamment mélangées au fond du propos.

Et le final " Là encore ... " ( Revient-il dans tous les fragments ? )
Laisse bien présager que non, on ne s'en sortira pas.

Merci pour cette lecture. Je découvre larivière !

EDIT : oups, il y en a bien plus que 28

   Anonyme   
5/3/2009
Un petit coup de mou et hop un saut dans Larivière.
J'aime ça, ouvrir les pages au hasard, tomber sur des mots lumineux ou sombres, refermer le livre. Une bouffée de rêve.
En attendant d'avoir chez moi ce recueil fragmentaire et d'en humer les pages.

(Désolée d'être aussi peu constructive dans mes critiques. Je fais ce que je peux.)

   Anonyme   
5/3/2009
Toujours pas. Mais il y a des choses -disons plus abordables pour mettre tout le monde d'accord - et je vais y vouar de plus près.
L'"auteur" comme on dit sur ce site m'est fort sympathique.
A bientôt
Bébert le gars qui pourrait aimer la poésie moderne mais bon

   jaimme   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il m'arrive souvent d'écouter sans écouter les paroles. Il m'est arrivé exactement la même chose ici en lisant.
Le thème, je le connais maintenant, la symphonie trouve ici un de ses meilleurs morceaux. Tiens, un instant de percussions: "tarasques berbères et tarentules".
Tiens, j'ai envie de remettre le CD!

Beau? Non, ce n'est pas ce qui est recherché ici.
Passionnant et musical, oui.

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
25/4/2009


Faut jamais rationaliser les hululements dans le creux de la nuit... (WizZzZz)

J'aime même si ça me parle de fatalité (ou de fatalisme) j'aime pas ça la fatalité quelle que soit sa forme... mais même comme ça j'aime.

- Chappe de plomb standardisée sur nos envies (Dieu que c'est vrai, Dieu que c'est bien dit mais Dieu que l'émotion là derrière est sombre)...

- Les marées prennent l'ascendant sur nos décisions... => je trouve ça zoli tout plein.

Oui, ce qui se cache derrière l'ombre, ce que l'on ne voit pas et qui finit par se montrer au grand jour, la sensation d'étouffer, la crainte, le besoin de comprendre... oui.

Et la fin...: perte de saveur... là encore.
Eternel recommencement, éternelle attente de ce qui ne vient pas, de ce qui ne vient plus... de ce qui n'est qu'éphémère en espérant être durable, et fatalité...

Lari... merci et pas merci parce que moi je ne crois pas à la fatalité (enfin si, mais je l'aime pas alors je lui parle pas trop...) mais c'est toujours beau dans les images, dans les émotions, dans le ressenti que la lecture procure.
Es


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