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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (Morceau 41)
 Publié le 25/09/08  -  11 commentaires  -  1670 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment.


Fragment du crépuscule (Morceau 41)



Époque déplorable, époque contagieuse où le cynisme s’attrape et se répand de bouche en bouche de stupre en stupre comme une traînée de poudre une salissure contemporaine un influx visqueux qui se propage irrémédiablement. Le cynisme, c’est un cœur devenu aride qui se drape dans les replis de soie et les dorures de l’esprit… Le cynisme, c’est la chaude-pisse culturelle de nos temps modernes.
Parcimonie terrible des pas de danse... Pastels irrévérencieux pour peindre la vie avec une peur enfantine et une jouissance de requin.

Plus aucun filtre, désormais… Cracher sa colère vidée d’espoir par les coups de boutoirs répétés… Fumée toujours, écran cramoisi la honte le dégoût des scarifications scabreuses se déploient incessantes et spectrales. Machination malodorante. Fumée recrachée, il était temps, l’implosion mentale guette son œil de léopard sur nos carotides garrottées d’intoxication et d’éphémères. Déglutir les aspics fausses couleuvres aux mues étranges. Vomir les esprits microbiens. Purger les estomacs en lisant les présages… Sauver les regards de nos illustrations colorées mises à mal par l’époque de papier glacé…

Cela suffira-t-il ?...
La poésie est un cerceau rigide posé au fer rouge sur nos émotions.

Vouloir être porte-parole d’une génération et ne plus sentir le frémissement phéromones d’une main qui se tend, d’une poitrine qui s’allume, d’un clignement de ciel, d’une accolade…

Se sentir au monde, être inexorablement en dehors.

Paradoxe ? Époque d’écartelé…

Être en antiphase totale avec ses contemporains et comme personne, les représenter totalement…


 
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   xuanvincent   
26/9/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Le côté sombre de ce poème, tout comme le précédent, a retenu mon attention.

Les idées par contre, le cynisme général qui m'a paru se dégager de ce texte, m'ont été plus faciles à comprendre.

"La poésie est un cerceau rigide posé au fer rouge sur nos émotions." : cette image a retenu mon attention. Elle m'a un peu étonnée mais j'y vois plusieurs interprétations possibles.

On est bien loin, j'ai pensé, des "Fragments de rêve"...

   David   
27/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Le cynisme, c’est la chaude-pisse culturelle de nos temps modernes."

Le sens de la maxime, des proverbes improbables, j'aime bien lire ces fragments aussi pour ça, pour la révolte sur un ton noir, charbonneux au propre comme au figuré, tel le second passage ici.

C'est peut être un genre de cynisme aussi, ou plutôt une façon d'en être lucide et de partager une lucidité dans cettte façon d'écrire.

Mais ça parle de poésie, et ça en fait.

   Anonyme   
27/9/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Toujours aussi riche de sens et de mots. Une prédication et un pamphlet ?

Le rythme effréné de l'hypocrisie, la main de dieu dan la paume du "Trader" ?


Le cercle rouge des poètes maudits et décalés ! Woauouh !

   Flupke   
20/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A plusieurs reprises, j’ai bien aimé certaines expressions imagées, certaines tournures de phrases et certains concepts exprimés.
Une certaine beauté dans cette douleur bien exprimée.

   Anonyme   
24/2/2009
J'ouvre les pages au hasard, je lis, je ne comprends rien, aucun sens et pourtant... j'en ai le souffle coupé.
Je me demande dans quel univers je suis tombée.
Je vois la vaguelette devenir vague, j'entends son souffle, je ne comprends rien à ce qu'elle me dit, abasourdie, je ne peux que la regarder.
" La poésie est un cerceau rigide posé au fer rouge sur nos émotions." Je cherche le sens. Je me dis, oui, peut-être, quoique... Je perds mon temps, je n'ai rien compris, comprendre n'est pas le but, il ne s'agit que de ressentir. Ce ne sont que des mots, des sensations, du vif argent. Des éclairs d'absurdité lucide.
Dali est là.

   Anonyme   
24/2/2009
C'est pas mal. Même pas mal du tout.

J'aime ce sens de la formule qui fait mouche "le cynisme est un coeur devenu aride..." ou encore "Chaude-pisse culturelle de nos temps moderne" Une écriture viscérale, forte. J'apprécie

Puis la façon d'écrire a changée, plus facile à la lecture, à la compréhension. Le lecteur que je suis apprécie d'autant plus.
Une mention particulière à cette dernière ligne Etre en antiphase... Elle me plaît particulièrement.
Enfin... Quand on parle de cynisme on pense à Diogène et à sa fameuse lanterne.
Ça ma rappelé un de tes textes Falaise que je viens de relire avec beaucoup de plaisir.

   FredericBruls   
3/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah toujours ce ton qui balance entre lucidité et désir d'un ailleurs, d'un mieux vivant. Toujours cette contradiction, cet écartèlement entre la réalité et l'aspiration...

Être en antiphase totale avec ses contemporains et comme personne, les représenter totalement…

J'aime ce paradoxe du poète engagé. Haïr passionnément son époque pour mieux s'en imprégner et la cerner.

   Pat   
24/5/2009

   jaimme   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Larivière revient sur le thème du poète, de son rôle.
"Le cynisme, c’est un cœur devenu aride qui se drape dans les replis de soie et les dorures de l’esprit…": cette phrase a elle seul a autant de valeur (pour moi, bien sûr!) que tout le reste. Être dedans, dehors, oui, la question vaut d'être posée. A ma façon je la poserais autrement: être en empathie, accepter de souffrir avec, ou se protéger, voire haïr... Larivière répond: "et ne plus sentir le frémissement phéromones d’une main qui se tend, d’une poitrine qui s’allume, d’un clignement de ciel, d’une accolade…". Oh, non jamais, tu as raison.
La dernière phrase: les sauver malgré eux... Sacré débat...
Merci Larivière.

jaimme

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
7/5/2009

Le poète qui décrit le monde... donne son ressenti sur le mal de son époque... ici encore...

J'aime particulièrement ce fragment...


- Le cynisme, c’est un cœur devenu aride qui se drape dans les replis de soie et les dorures de l’esprit…
=> Le jeu de mots sur repli de soi... replis de soie... particulièrement fin et juste, comme souvent avec Lari, c'est ce qui se cache derrière le sens premier qui est le plus... fort!

- Pastels irrévérencieux pour peindre la vie avec une peur enfantine et une jouissance de requin.
=> c'est bien dit, un lieu commun qui a été bien amélioré, comme le dirait un certain René...

- Fumée recrachée, il était temps, l’implosion mentale guette son œil de léopard sur nos carotides garrottées d’intoxication et d’éphémères.
=> ça j'aime. L'image est forte, le sens aussi.

- Déglutir les aspics fausses couleuvres aux mues étranges. Vomir les esprits microbiens. Purger les estomacs en lisant les présages…
=> j'aime bien retrouver les termes médicaux ou liés au domaine médical, ici c'est superbement mis en phrase.

- La poésie est un cerceau rigide posé au fer rouge sur nos émotions.
=> Oui!

- Vouloir être porte-parole d’une génération et ne plus sentir le frémissement phéromones d’une main qui se tend, d’une poitrine qui s’allume, d’un clignement de ciel, d’une accolade…
Se sentir au monde, être inexorablement en dehors.
=> Le souci du poète qui veut... qui doit... et qui n'a pas d'autre choix... faire son don au monde sans vraiment le changer... mais les écrits restent...

Paradoxe ? Époque d’écartelé…
=>"Présent crénelé..."

Être en antiphase totale avec ses contemporains et comme personne, les représenter totalement…
=> Oui... ça j'aime... phrase de cloture parfaite si tu veux mon avis.

Une fois de plus, je ressens beaucoup d'abattement, une forme quasi palpabel d'impuissance face au monde qu'on ne contrôle pas...
Une forme de mise à nu de l'incapacité à faire... puisque le rôle est de dire...
Je ressens de la colère, de la résignation... et de la passion... constructrice... de l'espoir malgr tout parce qu'on est ce qu'on est...

Merci Lari. Comme toujours, une petite claque à mon esprit SM... j'aime quand tu nous parle de nos torts, de nos défauts, en nous les envoyant en pleine face, mais toujours avec tellement de beauté et de force qu'on ne peut qu'accepter et se remettre en question...
Estelle

   jfmoods   
16/9/2018
Le thème de la maladie (champ lexical : "contagieuse", "s’attrape", "se répand", "influx visqueux", "intoxication") innerve la première partie du texte.

Au coeur de l'argumentation, un travers contemporain particulièrement détestable (anaphore assortie d'un présentatif : "Le cynisme, c’est" × 2) qui contamine les individus (gradation : "de bouche en bouche de stupre en stupre", comparaison à rythme ternaire et à rythme ascendant : "comme une traînée de poudre une salissure contemporaine un influx visqueux qui se propage irrémédiablement", métonymie : "nos carotides garrottées d’intoxication et d’éphémères") et contre lequel le poète s'insurge (métaphore dépréciative : "la chaude-pisse culturelle de nos temps modernes", constat amer : "Plus aucun filtre, désormais", verbes à l'infinitif marquant le rejet viscéral : "Cracher", "Déglutir", "Vomir", "Purger").

Notre homme mesure cependant les limites de sa révolte (question fermée : "Cela suffira-t-il ?..."), l'impossibilité qui est la sienne d'entraîner derrière lui ses contemporains vers un sursaut salutaire (métaphore délétère faisant office de constat : "La poésie est un cerceau rigide posé au fer rouge sur nos émotions", paradoxes : "Vouloir être porte-parole d’une génération et ne plus sentir le frémissement", "Se sentir au monde, être inexorablement en dehors").

La révolte évoquée apparaît d'autant plus chimérique que le poète reconnaît en lui-même, aussi, le travers qu'il dénonce avec véhémence chez les autres (paradoxe final : "Être en antiphase totale avec ses contemporains et comme personne, les représenter totalement…").

Cette ambiguïté met violemment en lumière la médiocrité inhérente à notre condition. On pense, forcément, à la pièce "Rhinocéros", farce tragique d'Eugène Ionesco.

Merci pour ce partage !


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