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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 58)
 Publié le 03/03/10  -  12 commentaires  -  15912 caractères  -  368 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment.


Fragment du crépuscule (morceau 58)



Nos gosiers sont des glaives brisés.

Nos hécatombes des salles de bals, des salons de danse.

Neige qui dure. Blizzard persistant. Nos pas résonnent de mille bouches. Cumulo-nimbus somnambules, l’hiver traverse nos yeux givrés. Saison durcie sur rempart de plomb, cliquetis d’opéra-bouffe sur les apparats de nos cœurs, costumes, cérémonie des varioles ramollies de foins et de calicots coagulés. Flamboyant apatride. Rivages percés, averses renversées sous les piqûres de taons. Girouettes morales de nos résolutions, ce sont les cendres mouillées d’un calendrier humain devenu pierre mousse verte obsolète… Misère et séisme interplanétaire, nous rentrons le monde en collision de nos désenchantements et nous habillons nos névroses de ballerines et de poussières, de lavandières, de pots à sucres, d’antidépresseurs et de myorelaxants. Nos circonvolutions n’aboutissent pas. Passives et diluées dans l’air irrespirable du temps, nos humeurs sont expérimentales. Qui saura deviner l’aspect fusion du métal froid une fois les tergiversations passées et les écorchures du ciel digérées ?

Contempler les catéchismes froids, dépôts séchés sur les vitraux grevés de l’histoire brisée de rouge. S’arracher du désastre. Recracher les canicules. Saison d’aspic. La vie est crochetée. S’accrochent de substance laiteuse et d’arythmies, les passages et les paysages tissés sous le tenace du venin et de ses fluides.


Mais nous sentons encore parfois les lumières extraordinaires déposer un futur de couleur possible sous nos peaux. Faire la différence entre les haleines lourdes et la part du divin. Recueillir des présages d’instant, sourires brillants, oriflammes des primevères. Les affluents du crépuscule se frayent un chemin de sureau, oripeaux de fortune doigts soulevés de feuilles camouflés sous les décombres de nos peaux mortes, miroir coulant sur le jour de craie, éboulis comptable de lui-même où jadis, les murmures tonitruants se colportaient de porte en porte chargés des rêves aux couleurs écarlates jusqu'à ce que soudain ces rêves choient ; croulants écrasés dans les limons de nos visages, sous le poids hurlant des civilisations. Alors détraqués par l’immonde et sa saveur de miel, nos sens noueux se sont découvert malaisés, incommodes, polymorphes ou esseulés, endoloris par des pluies de facettes glacées et des râles à rallonges, laissant nos perceptions se dérouler comme une pelote d’eau trouble repue d’indécision où les veines se nouent et se dénouent, végètent et croupissent, torrents multicolores et marécageux, amorphes comme nos rampes à tendresses, affolées comme les toupies ravinées de nos propres précipitations qui se recueillent dans des tiroirs à cadrans… Ainsi éparpillé de fragments perçants, l’écoulement du temps frôle l’écoulement des songes et l’homme dans les roulis de sa folie murmure des sourires feints aux baïonnettes virevoltantes pigmentées de splendeurs, on s’élève pourtant, soupirail aperçu… Puis on retombe, déchus, et l’or et la sagesse et les scaphandres et les soupirs et les éthers trempés s’échappent dans les débris de nos mains où se brisent parchemins maudits les figures vitrifiées des contemporains errant dans nos propres chapelles. À l’intérieur, il dort, tranquille le pape de ses propres dieux mâche sa sieste s’allume de soubresauts, saphirs fissurés, cœur zigzaguant, cri de métal, syntaxe liquéfiée, brisure, imagerie de fauve, remue-ménage malsain et ménagerie de l’imaginaire crépitant, manigances obscures, un geste, une once, un brin d'alizé sur le feu qui sommeille la louve se lève une nouvelle fois et couve dans tous ses pores le soleil de demain, la nuit tombe, perdue, affamée, progressant dans ses propres langes tissés de cerceaux sombres. Le jour mourant déploie ses agonies… Les plutoniums des échos lointains résonnent dans le silence, c’est l’hallali des consciences, le tumulte tranquille des rideaux tirés, le silence convoque, la ligne d’horizon écrase nos poitrines et les rayons arapèdes vidés de vie lèchent et s’agrippent sur les basses rives porteuses d’humus, de mirages, de fumées et d’illusions irisées. Église absorbée un vent nouveau. Catarrhés des quais de gares, rues vitrées ensoleillées de trapèzes, de losanges et de cônes carmin. Les gravats nous donnent mauvaise conscience et nous paralysent les muscles de leurs curares impropres. Franges de nuit, les estompes nacrées se croisent dans les évaporations du jour et les humeurs se gèlent, alors se nourrissent dans la buée des chocs, les esquisses de tissus fins précurseurs de nouveaux poumons, et les yeux ouverts sur les berges d’un avenir serein, respirent insouciants les fruits gelés des premiers acomptes. Le vespre de l’automne se charge de soupirs et de ses propres tranchants, basse terre, marcher dans le sol spongieux, survoler de nos genoux d’airain de nos têtes d’azotes les cuvettes marbrées de brume violine qui enserrent nos possibles et libèrent nos respirations, nous marchons, même malades de doutes, sur les contreforts d’une charbonnière à moitié consumée, brouillard, pâle espérance du tison et des braises essaimées par des semelles de vent, l’homme erre dans sa lucidité poussé au devant par le silence de la terre. Il sait qu’il lui est impossible d’aller en arrière, il serre les poings sur des herbes bombées d’amertume et des mousses gorgées d’espoir. L’allumette explore.

Qui prend encore le temps de brûler ses analyses sur l’éternité de ton visage et de ses étincelles ?...

Merveille, des mélancolies vagales naît une lame de fond qui résonne sur tous les sommets alentours. Présent, mais rafistolé d’indécisions, notre destin décalcifié est promis aux fractures. Nous sommes habillés de triste en souvenir du passé, en prévision de l’avenir. Une combustion extraordinaire est attendue. Essence volatile de nos tempéraments. Nous consumons nos chances, nos dogmes et nos facultés, éclos aux équinoxes des carrefours humains, cendres et diamants de nous-mêmes… le monde, sous ses yeux de cyclopes déboussolés et son sourire de sphinx, nous observe narquois et reste d’une étonnante patience. Floraisons des chiens et des chenilles de la veille. Charniers des superpositions d’horizons anesthésiés, sur le dégel des sarments, les rayons fondent. Nous ne croyons à rien. Les chevaux de Troie de nos paupières ne coulissent plus que rarement sur des réalités comestibles et Phébus, quand il soupire, s’emballe sur sa couche, ivre de nos chairs, de nos éclairs, et de nos amertumes… Pelote, globe, toupie, glotte enrouée derrière le velours rouge du cœur. Les réponses de l’air renforcent nos respirations de cascades halogènes, de jaunes de damas, explosions de céramiques et de cristaux bleu cyan, taches pourpres, gouttes de cotons, crachats célestes, fétus de pailles épouvantés, vendeurs d’or et de vin sous les huit continents, les sorcières déclament leurs mélopées, on ne finit rien car il n’y pas de fin,

nous préparons nos parades,

un violoniste triste s’empare de nos humeurs et des coulées d’oranges sucrées résonnent dans les rebabs du Caire, l’Euphrate, le Gange et l’Orénoque laissent expirer leurs sabliers de boues, vaches sacrées et oies du Capitole, souvenirs tigrés de Sarajevo, tiges de Malaisie, feux de Bengale, bons baisers d’Haïti, nos yeux soumis à leur propre absurde se délectent abreuvés à outrance de sensationnel puis se détournent jusqu’au prochain séisme, nos soifs sont remplies d’orties, hantées de cressons bleus, les frissons de nos nerfs mis en jachère voient les feux d’artifices acidulés des hémoglobines écrasées détonations, cris, ruines dégoulinées, explosion de mille échafauds fuseaux de flammes sur nos rétines ; de Gaza à Bali, nos prunelles se promènent. Nos chants sont taciturnes. Millénium abattoir. Rien ne se distingue. Les échiquiers des vicissitudes terrestres tracent les carrelages du malheur, personnel. Triomphe. Dionysos palpitant, un œil crevé. Que ma joie demeure. Nos pièces sentent le soufre. Ouvert en torche sur nous-même, nous cherchons la parole. Nos doigts fouillent le substantiel et mettent à nu les gaines innervées des sentiments meurtris…

Déplorable… De nos ailes nucléaires et d’un pas volontaire, d’un seul bond, nous pourrions pourtant atteindre l’Olympe.

Nos aînés nous regardent et nous baissons la tête, mais dans la pénombre de notre solitude, nous rions sous cape. Nous préparons avec labeur nos lendemains… Au loin, un athlète s’entraîne, gâchant l’énergie brute d’une génération, une trompette joue en solo, Un madrigal. Il neige dans le cœur des Carpates. Indisponibles, les cheveux de poudre des saules pleureurs glissent dans le vent leurs amours jaunes et leurs gémissements humides soumis aux sons des succubes. Coulée de cire chaude. Le Moi perdu. Langue inerte. Auto-combustion démoralisatrice. Redondance affichée. Cheval d’abattoir ou taureaux fabuleux. Parole, boussole dorée énuclée. Mille corridas et autant de mises à mort placides sur la mappemonde brûlante découpée en quartiers. Marigots de nos âmes, les larmes sont des souillures. Lymphes et Copeaux de toi. Arènes, sols célestes coagulés sur les méridiens, les jours se font liquides et les spectacles ballets de chairs toujours bouffonesques mais sanguinolents. Mémoire. Madeleines de Madrilènes aux seins percés, Bilbao sous les condors, les vrombissements des avions, les gémissements des enfants, les visages de la peur, frayeur, intense, déchirure du ciel, salles des machines éventrées aux larges de Malte, on pêche des cadavres, espadons de spahis, arabesques maudites, flamenco de papier, dame du lac orbites vides, poitrines de sang, canard décapité marche, danseuse mécanique surgit, pour dépecer l’humanité, crocs, césure, boucheries bestiales, mandibules et toisons, veaux d’or et moutons de panurge, tarentules velues et cafards inquisiteurs sous les mâchoires brutales des lilliputiens habillés en peaux de géants. Lustre à l’agonie au chevet de l’homme éternel, les rayons mutilés du soleil broient crissent nos os nos malversations de leurs molaires d’or puis Croisent et décroisent leurs jambes chaudes sur des tangos funèbres. Les peaux et les cuirs se replient, se teignent de gravité mate ou de pâleur extrême. Puis le sable s’effrite et le vide s’installe. La nuit. Noire. Les élagueurs des songes œuvrent assis sur les branchages en broussailles de nos consciences bouffies de parasites et de suffocations. Pureté soumise, Les précipices s’ouvrent. Dans leurs bras mécaniques, les grues de nos cœurs remontent des supplices, des carquois bigarrés et des stèles déchues.

Arriverons-nous encore à affleurer les desseins collectifs sous la poésie vulgaire de nos machinations ?...

Bures, blasons carminés des corps serinés sous les aléas moites. Le disque solaire ploie sous ses propres serres de Milan et nous comprime le crâne de ses déprimes et de ses envoûtements… Des milliers de bras à l’allure de faux planent dressés et tournent lancinants au-dessus de nos têtes… Ruelles ternes et rétines vides. Lueurs byzantines. Couleurs, saveurs et souvenirs persans. Les rêves sont en travaux. Expulsés sur la mappemonde désarticulée, nos vies de pantins…

Il n’y a pas de thème, il n’y a plus de trame.

Le moderne est un drame ancré sur des planches pourries, sur des parvis de rocs. Sur les échafaudages écroulées de l’histoire, le verbe a tout englouti et enseveli, déployé ses spasmes, sorti ses griffes, virgules, lacérant phrases, démonstration, colonisé de fureurs sauvages les rythmes avachis, les veaux d’or et les dieux, les bergers troupeaux de l’expression…

Instantané de nos tempes, diapositives fondues sur le rouge du givre, l’ébullition des métaux durs remonte la buée des horreurs aux narines de l’existence. Mais, pas de providences. Incisives anesthésiées. Gemmes. Émeraudes. La bile nous fascine et nous façonne. Nous ne voyons plus clair. Absurdes et volcaniques, nos cœurs se nourrissent d’images numériques et de technicolor. Nous aimons le goût de cendre, de suie et d’amertume, nous voulons calquer nos respirations sur l’azur mais, affreux musiciens, nous nous délectons du tempo de nos renvois gastriques, suceurs de sucs la nausée, talc diabolique, placentas violacés, les cahots, magma de mygales, fœtus de rictus suppliciés… Fureur sincère, nos fièvres sont sans frontières, mais elles ne réchauffent n’éclairent ne brûlent guère plus qu’une chandelle de bougie. Bourbillon d’égo, barbouillé de nous-même. Nous sommes les propres victimes des sceptres de l’universel et l’acier solide des convictions se ramollit jusqu'à se confondre avec la mélasse inconsistante des essaims de passions. Alors,

Tout tangue et c’est tant mieux. Car,

Nous sommes avides des hoquets planétaires.

Se coordonnent pourtant les mailles vermeilles de nos poumons comme les derniers remparts en fils d’algues et lumières vertes échevelées chargés de drainer les décombres de l’univers et de laisser filtrer de leurs longs doigts la couleur de l’espoir…

Au milieu de nos vies, coule une rivière. En son œil irrigué, un maquis mystérieux…

Sur les amandiers, le mistral dégrafe le printemps de ses boutons de chairs. L’été est mort-né. Quarantième rugissant. Fresque d’une nature ébouriffée de déchéance. Mascaras de pervenche. Oranges amères. Les lèvres se font déchets. Ne reste de la beauté qu’un moignon de genou. La poésie du monde est une femme-tronc. Mydriase et rococo. Baroque, albâtre piquant, coulée de boue, larmes, pus et venins pigmentés de rouge. La cornée cuirassée de nos visions protège le foyer tendre de ses corniches vulgaires, cuirasse faite de châteaux de cartes, de sphères d’illusions et de raffineries. Trancher les fleurs bleues de nos refrains purs avec la violence primaire de nos convictions. Nos expressions s’amenuisent et se courbent sous le poids des chimères. Axe des frayeurs. Trigonométrie vacillante. Sous l’échine de nos feux, les cuirs couleur de mûres écrasées de nos vieux cartables d’écoliers, chancèlent. Le soleil est nourriture du cœur. Sur les galaxies, nos tableaux noirs sont indomptables.

Regarde pourtant et souris, souris à la mélancolie. Demain déjà, sur tes vapeurs d’alcool et les coteaux grisés des ébriétés académiques, l’esthétisme rompu. Les pousses des vignes seront des fleurs de poubelles.

Nos racines souffrent, s’asphyxient et se sclérosent puis se tissent amarantes jusqu'à s’ouvrir sur des boutons aortiques tendus qui retentissent sur le globe en mille gerbes d’azurs et de tissus.

Car, nous sommes toujours dans l’inconcevable.

Désormais, avec les repères éblouissants de nos propres feux de forêt. Cyclope en gestation. Sur les plaines d’Argos, nos yeux sont plâtres percés d’émail, fragments, solitaires, limailles de fer forgé, regards coiffés de herses ou voiles purulents.

En dessus, de l’autre côté de la rive, nous contemplons le vol sombre des dimensions dans le soleil couchant. L’homme marche. Réceptacle confluant. La lune pointe son museau d’Ours polaire. La nuit tombe sur des interrogations en crues et en décrues. Crépuscule des jours naissants ou frises vespérales des épouvantes qui se déploient. Crépuscule. Angoisse des soirs suceurs de raisons. Mais parfois Éclats célestes des rosées, sur l’infini des rosaces enfin réconciliées… Parallèle au sol, les corbeaux dessinent leurs présages, et toujours plus haut… la voie lactée serpente le ciel encore indiscernable. Ses étoiles naissantes projettent leurs métamorphoses sur la toile du crépuscule.

La candeur crève le voile sombre

Et la déraison se cambre, colombe ou feu galbée dans le reflet des limbes, en fredonnant de ses vols rasant les merveilles de nos jours futurs, dans l’opéra du vent…


 
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   colibam   
6/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tic....................................................................................................................................................................................... tac.

Entre ces deux top s'est écoulée une demi-heure. C'est le temps qu'il m'a fallu pour patiemment, phrase après phrase, ingérer cette longue réflexion anaérobique au goût amer en m'efforçant de raccrocher ma concentration au wagon à plusieurs reprises.

Englués dans les affres de tes neurones enfiévrés, les hommes ressemblent à une armée d'insectes au regard poisseux.
Le ton est désenchanté. Radical. Piètre vision du monde, entre réalité effrayante, parfois, et excès de maquillage du poète sur les mots et les maux.
Il y a pourtant, entre la fange immonde et le limon obscur une éclaircie, une lueur d'espoir qui traîne ses guenilles.

Dans ses désormais célèbres et bien nommés « fragments du crépuscule » Lari nous dévoile une part de lui-même, le Lari penseur et cérébral.
Chacune des phrases qu'il nous offre pourrait donner lieu à un long développement, contradictoire ou pas. On pourrait piocher un passage, n'importe lequel, et ouvrir un forum enflammé à son sujet.

Le texte est donc dense et constitue une orgie de matière pour neurones en mal de cogitation. Mais cette compacité peut justement rebuter une majorité de lecteurs, décrochant au bout de dix lignes dans ce magma organique, ce bouillonnement créatif qui peut rapidement devenir écœurant ou étouffant.

Quoiqu'il en soit, même si je m'oppose en contradicteur à certaines de tes visions, j'ai trouvé ce fragment particulièrement réussi et travaillé.
Je zappe volontairement le fond car il y aurait tant à dire, à débattre... Vraiment, j'y passerai des heures et la fenêtre du commentaire n'est pas le lieu dédié à ce type d'exercice.

Bravo pour la performance. Tes fragments, même s'ils s'adressent à un public restreint, patient, érudit, averti, participent, par leur originalité, leur qualité, la profondeur de réflexion qu'ils suscitent, à la richesse d'Oniris.

Que dire de plus ? J'ai l'impression d'avoir fait court, beaucoup trop court pour décrire cette perle que tu déposes aux pieds de nos regards gourmands, de mon regard admiratif.

Je verrai bien chacun de tes fragments accompagner un dessin, une peinture, une photographie au sein d'un « beau livre » ou « livre d'art » ; tu sais, ces ouvrages lourds et précieux que l'on feuillète lentement, ces fenêtres ouvertes sur d'autres mondes, ces visions différentes du monde pour lesquelles on offre volontiers son temps dans le silence du soir qui tombe, au coin du feu.

   LeopoldPartisan   
7/2/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Et ce n'est qu'un fragment...
Voilà encore un texte magnifique et merveilleux de La Rivière. Il y a dans ces écrits en prose des mondes entiers contenus dans des bribes de phrases; il y a pourtant une cohésion inouïe qui m'interpelle et me séduit très rapidement après un paragraphe.
L'auteur d'une rare intelligence et d'un sens incroyable du rythme, n'ennuie jamais, même lorsque cela pourrait sembler dépasser notre intellect ou carrément être hermétique, tant la rigueur de son écriture et belle et épurée. Je sais que mon commentaire ne vas pas faire avancer le smilblick d'un iota, mais que voulez-vous en ce qui me concerne, je suis FAN...
Peut être même un petit peu jaloux, mais FAN, inconditionnellement FAN.

   xuanvincent   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte m'a paru dans la lignée des précédents "Fragments du crépuscule" : bien écrit et original (notamment sur la forme), sombre pour l'atmosphère.

Certains paragraphes, du fait de leur longueur, m'ont un peu gênée lors de la lecture (mais d'autres lecteurs pourront davantage apprécier).

Ce volet m'a semblé pouvoir bien se prêter à une lecture à voix haute, de type théâtrale (celle d'un monologue de théâtre).

Quelques coquilles toutefois sont restées dans le texte (vues lors d'une lecture rapide), dont :
. "vagales nait une lame de fond" : accent circonflexe manquant sur le "î"
. "nous même." : j'aurais écrit plutôt "nous-mêmes"
. "gout de cendre," : accent circonflexe manquant sur le "ô"
Ces coquilles (non exhaustives, il en reste quelques autres, au milieu d'un texte par ailleurs bien écrit, à l'écriture soignée) pourraient indiquer une écriture un peu rapide, et surtout une relecture un peu rapide (ce texte aurait mérité je pense d'être relu un peu plus attentivement avant d'être proposé aux lecteurs).

Petite question : "d’or puis Croisent " : pourquoi cette majuscule, au milieu de cette phrase ?

Les amateurs du genre pourront sans doute apprécier.

Bonne continuation à l'auteur.

   Anonyme   
12/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est très beau. Comment dire le contraire ? C'est un regard poétique très particulier et ça m'est si hermétique. J'ai hésité à commenter, je n'en vois pas l'intérêt, mais je le fais. Voilà, je n'aime pas ce genre de poésie, comme c'est dommage, sans doute comme un grand vin qui ne donnerait rien si je le goûte. Tant pis. Ma note pour l'effort, mais lire m'a demandé un effort aussi, parce que j'ai pensé que tous ces mots n'avaient pas grand chose à me dire. Je ne suis pas bon public et je m'en excuse.

   Marite   
14/2/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai vraiment essayé... plusieurs fois. C'est trop intense et condensé. Pourtant ce ne sont que des mots. Mais ils transportent un tel foisonnement d'images et d'idées que j'ai laché prise. Pardon à l'auteur. Je ne suis pas au niveau et j'ai crains de "basculer" ... Cependant je commence à percevoir ce qu'est la poésie en prose. J'ai retenu une phrase dans le peu que j'ai réussi à lire: "Mais nous sentons encore parfois les lumières extraordinaires déposer un futur de couleur possible sous nos peaux. Mon appréciation, puisque c'est obligatoire, sera "exceptionnelle" dans le sens où ce genre de texte n'est pas courant ou commun.

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai pris le fragment en apnée... j'ai tenu jusqu'au bout, deux fois...
Et je reste bluffée par la richesse de la prose.
Pas seulement dans la maitrise du rythme, et j'adore entrer en apnée dans la prose, sans savoir où je vais aller...
Effleurer une vision loin des clichés d'un monde à la dérive, d'un Homme et ses doutes,... du poète, toujours, d'un hiver qui dure... les neiges ne sont pas éternelles, elles durent...
C'est difficile à commenter parce c'est tellement profond et riche, tant dans l'axe poétique pur que dans le fond et chaque axe balayé par celui-ci...

Un fragment paradoxal qui alterne absurde et terre à terre dans un affrontement à la limite de la "folie" logorrhéique...

En terrain connu, je me suis trouvée dans ce fragment plongée dans un monde fait de contrastes, de couleurs vives (le jaune de damas est nouveau et assez inattendu dans le contexte, perturbant par son rappel aux inconnus... pardon, on a les références qu'on s'offre...^^), d'images percutantes, ...

Et j'ai vibré... de Phébus à Haïti, d'Argos au Brézil... J'ai vraiment été perturbée par le passage du moignon de genou qui m'a filé la chair de poule... en association avec le passage qui précède surtout et que je trouve très joli, tant sur les sonorités que sur les images :

- "Nous sommes les propres victimes des sceptres de l’universel et l’acier solide des convictions se ramollit jusqu'à se confondre avec la mélasse inconsistante des essaims de passions. Alors,

Tout tangue et c’est tant mieux. Car,

Nous sommes avides des hoquets planétaires.

Se coordonne pourtant les mailles vermeils de nos poumons comme les derniers remparts en fils d’algues et lumières vertes échevelées chargé de drainer les décombres de l’univers et de laisser filtrer de leurs longs doigts la couleur de l’espoir…

Au milieu de nos vies, coule une rivière. En son œil irrigué, un maquis mystérieux… "
=> Tout le jeu sur l'univers, l'espoir, les yeux les couleurs, les sonorités me plait...

- "Le moderne est un drame ancré sur des planches pourries, sur des parvis de rocs. Sur les échafaudages écroulées de l’histoire, le verbe à tout englouti et enseveli, déployé ses spasmes, sorti ses griffes, virgules, lacérant phrases, démonstration, colonisé de fureurs sauvages les rythmes avachis, les veaux d’or et les dieux, les bergers troupeaux de l’expression…"
=> je pense que j'ai pas besoin d'expliquer ce que j'aime dans l'intervention "poète" de ce fragment (oui je me découpe les fragments en "narrateurs" : L'Homme, le Poète, le "Politicien", l'homme, ... j'ai pas encore vu tous les axes... mais je versifie les fragments... no stress^^)

- "loin, un athlète s’entraîne, gâchant l’énergie brute d’une génération, une trompette joue en solo, Un madrigal. Il neige dans le cœur des Carpates. Indisponibles, les cheveux de poudre des saules pleureurs glissent dans le vent leurs amours jaunes et leurs gémissements humides soumis aux sons des succubes. Coulée de cire chaude."
=> J'aime beaucoup les saules, les cheveux de poudre, les succubes... les amours jaunes... correspondances Estelliennes obligent, je trouve ce passage très réussi...

-"Contempler les catéchismes froids, dépôts séchés sur les vitraux grevés de l’histoire brisée de rouge. S’arracher du désastre. Recracher les canicules. Saison d’aspic. La vie est crochetée. S’accrochent de substance laiteuse et d’arythmies, les passages et les paysages tissés sous le tenace du venin et de ses fluides."
=> j'aime beaucoup.

Et le passage sur Haïti, que j'ai trouvé bien amené, parce que difficile de ne pas tomber dans le pathos, vu les circonstances... la récupération ne se présente pas ici, et c'est bon de lire des choses qui sonnent réfléchies sur le sujet.


Comme à chaque fois, le défaitisme, le regard mélancolique, en colère, impuissant et révolté... l'espoir en pointillés...

Merci, même si ça veut rien dire merci pour une jolie oeuvre, un travail d'artisan bien réalisé dans la fougue, la passion, et ce brin de folie tumultueuse que j'apprécie.

Au plaisir, vraiment...
Es

   Anonyme   
3/3/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un "sacré morceau"... Fragmentation des coeurs, mascarade humaine.

Que dire? On savoure et pis c'est tout.

Bon je vais faire mon ronchon quant à la longueur, sur deux trois "expressions" un poil "classiques", mais qui, "noyées dans la masse" passent assez bien.

Beaucoup, beaucoup de passages à relever, trop- et ma fainéantise est incommensurable.

Bravo, palotin, continue à ravir Oniris avec ta plume.

   Mellipheme   
12/3/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Sur les amandiers, le mistral dégrafe le printemps de ses boutons de chairs. L’été est mort-né."

"Et pourtant, que la nature est belle" répond Paul Cézanne dans une lettre où il fait part d'un pessimisme épouvanté sur la nature humaine.


"Nos racines souffrent, s’asphyxient et se sclérosent puis se tissent amarantes jusqu'à s’ouvrir sur
des boutons aortiques tendus qui retentissent sur le globe en mille gerbes d’azurs et de tissus.
Car, nous sommes toujours dans l’inconcevable."

«Qu'est la vie de l'homme si vous lui enlevez ce que l'art lui a donné? Une vue, découverte à jamais, de la destruction», Schiller, lettre à Kôrner.

Peut-être un fragment à venir nous dira-t-il plus fermement ce qu'est l'art comme phare dans cet inconcevable pour Lariviere lui-même ? Vos fragments éclairent-ils votre crépuscule ? (mettre "votre" en italique).

En termes simples, votre musique poétique nous renvoie à nos propres interrogations : pourquoi écrire, pourquoi peindre, quand ce n'est pas seulement "pour faire joli" ? Optimisme de la création et de l'esthétique partagée ?

   jamesbebeart   
12/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je relis ce texte qui m'apparaît : intimidant, reluisant, déroutant, envahissant, bluffant, baroquisant, confondant, exhubérant, pétaradant, dérangeant, détonant, inventant, irradiant, bouleversifiant, contondant, dynamisant, vibrant, anamorphosant, fracassant, lancinant, abracadabrant. Noir de jais. Insensé. Bref j'ai aimé.

   Anonyme   
12/3/2010
Probablement trop con ou cartésien, je ne sais pas ; je n'ai rien pigé à ce texte. Les mots me semblent tirés d'un chapeau comme les lapins du même nom. Il y a certes du vocabulaire, mais dans un dictionnaire aussi. Pour autant fait-on d'un dictionnaire un livre culte ?
Le titre : "fragment du crépuscule" est resté pour moi bien... sombre.

Tant pis car je suis peut-être passé à côté d'un chef d'œuvre si j'en juge par les autre appréciations.

J'y entrave que dale.

   Lunastrelle   
13/5/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Qu'est ce que je peux dire, sincèrement? Ça fait une bonne heure que je me triture les méninges pour savoir quoi dire, que ce soit du positif, du négatif, n'importe quoi... Malheureusement, je ne trouve rien d'autre à dire que "c'est magnifique"...


Je n'ai pas vu la longueur dans ce fragment... Je n'ai pas vu la temporalité, ni le souffle d'une quelconque lourdeur... C'est ce genre de prose qui me donne envie d'aller au delà de moi, d'aller m'élever sans peur de la chute... Car je sais que l'ascension en vaut la peine...


Ce genre de texte, il ne faut pas le "comprendre" (je mets le terme entre guillemets, parce que bien sûr les thèmes évoqués dans ce fragments sont plus que clairs: réalité de la vie, guerre humaine à tous points de vue, famille des âmes... Ce sont nos vies, nos saisons, nos "soi"... Et voilà, à partir de ça, il est possible d'y chercher ce que l'on veut, et de prendre ce qui nous cause...), il faut le VIVRE, le ressentir, le voyager et l'artiser avec nos émotions de lecteurs...


Un grand merci donc, je suis plus que comblée...

   JMLedru   
26/10/2010
Commentaire modéré

   sousmarin   
20/2/2012
Commentaire modéré

   sousmarin   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Un catalogue de phrases qui alternent le peu clair (« Les pousses des vignes seront des fleurs de poubelle. »), le simplisme (« Le moderne est ancrée sur des planches pourries.» - toujours ?) et l’abscons (« Instantané de nos tempes, diapositives fondues sur le rouge du givre, l’ébullition des métaux durs remonte la buée des horreurs aux narines de l’existence. »)

Les mots sont puissants mais vides de sens. A force de vouloir être profond, ce « poème » tourne en rond, il vacille sur lui-même…

Ici ou là, quelques phrases sauvent les meubles (« Sur les amandiers, le mistral dégrafe le printemps de ses boutons de chair ») mais l’ensemble n’a rien de poétique et ressemble à une « diarrhée » (à prendre comme métaphore et non comme insulte) verbale qui ne s’arrêtera jamais…


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