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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 63)
 Publié le 21/08/11  -  8 commentaires  -  21012 caractères  -  115 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment…


Fragment du crépuscule (morceau 63)



Sentir une dernière fois couler sévices et sarcasmes, crier expulser une dernière fois la sève des angoisses et des soirs de cafards, transmettre une dernière fois les copulations craquements et coarctations gluantes aux garrots de la nuit, subir tracas les mandrins des prémices, encaisser le fracas, amortir les saltos, sauts périlleux, crachats, balbutiements, cabrioles, moudre abattage les grains venimeux, déglutir cloques et véroles du monde, sauts de l’ange, bougies, herses, averses, viols, infanticides, abats de madones, foies de moutons, cœurs et verges de macaques, fientes de poules et de coqs, pètes de rats, éclaboussures noires des vomissures séchées aux soleils morts des utopies, horizons ligaturés aux lèvres des prières qui n’en finissent plus de pourrir, offrir dans le velours épineux des serre-têtes la primeur des fruits mûrs tombés à terre et voir les prunelles se flétrir, désenchantées, souffrir, marcher, se décoller le bulbe, s’enfuir, tomber, se perdre, courir ramper aux fonds des idées noires, croupir mauvais sujets, dernier salut, coup de masse, sous les pluies acides et glissantes des compromissions, se regarder étouffer sous la suie de son âme, se regarder s’éteindre jusqu’à plier la voûte céleste et laisser mourir les finalités sous le poids des évidences, supplices antiques et marche forcée, devoir cueillir les fruits crépitants cousus graviers aux cris purulents des conjonctives et des points cardinaux, odeurs de crabes, de feuilles d’or, de sables fins, de fenêtres closes et d’albâtres écrasés dans les latrines des langues mortes, évanescences satinées de syntaxe finissante aux naseaux épileptiques des chevaux soumis aux grandes épopées, dessous les sabots, grand mal ; mais aussi opéras bouffes, tragédies grecques, crânes et aspirine, plaintes, barbarismes et éructations, alchimies sifflantes, gouttières de chairs, envoûtements, étouffements et ligatures, oreilles suturées de fil d’argent sur des doigts musiciens, ligaments et tombeaux, rêves, cavalcades, marigots sinistres, voix blanches, magies noires, ministère de la foudre aux pourtours des mascarades, hantises et pieds dans le plat, sourcils en gelée, molaires, gencives, couilles et potage, paupières confites parfumées à l’encens, compotier débordant de foutre et d’éternité, fringales des ailleurs, grosse soupe, écœurante soupe, autodafé de comptoir, pavés de mots, malaise, mélasse, échappée des méninges, fumée blanche, alors qu’au quartier des mille saveurs les quatre archanges bleus sont désossés et dégringolent, tombant dans le double fond du temps et de l’espace, se désintégrant dans des nuages de poussières, plomb et pétales de roses, météores les os en feu, la bouche détruite, laissant s’échapper de leurs salives des fusées d’images aux écrous futuristes qui coupent et recoupent le jeu de cartes du ciel, étages étoilés, transpirations rances, étrusque candeur, des pardons vermillon pendent aux lobes des rideaux, des écrins d’ovaires et des métacarpes brillent aux vitres des frissons, prisons puantes, avenirs borgnes, crevures, assoiffées d’absolu les pénétrantes moissons respirent, odeurs fastes de chaux, saisons gonflées de frelons pourpres collés en essaims fétides grondant leurs haleines frelatées de nitroglycérine, leurs vrombissements d’holocaustes s’entendent sous les chaumières, lumières jaunes, crises de gouttes et nausées assourdissantes, diarrhées existentielles, lits parés de punaises vertes qui fouillent, complotent, pullulent, creusent et produisent sur l’épiderme de nos sommeils des pustules de sang, plaies béantes des pestes qui se creusent dans les soubresauts flasques de nos cœurs écrasés, artères visqueuses, charpies de conscience, amarres arapèdes, chancres, pollutions des émois, un grappin de questions et des œufs de papillons bleus s’accrochent à nos espoirs, mais le temps d’un cillement de paupières, des grappes de fièvres et de transpirations noires colonisent notre réel…

sur l’ensemble des hémisphères, un amas de microbes, pensées, furoncle glaireux de nos voies lactées et de nos empressements, des lentes de poux, des pluies de pavés et des tergiversations pleuvent et recueillent culpabilités et remords, coups de sabres, cris de hussards, nausées, sollicitudes et déraisons, silence épiscopal, espace-temps pasteurisé à la mixture des conventions, emballages misérables, formatage de nains, sentiments suants sous cellophane, cerveau perméable à la date de péremption écrit en lettre de bile sur le fronton dépassé, craquelé des académies, dégoût de l’hermine, vermine, famine mentale, décomposition des astres formant les salmonelles soyeuses et redoutables de nos renonciations, vomissements en jets, c’est un nœud ferroviaire sur nos parcours de sel, rigole écœurante courant sur les vertèbres des cieux, un soupir de remords et de rêves crasseux, mains et yeux essuyés sur les dorures au grand salon universel du cambouis de l’âme, carton d’invitation amidonné et décousu des viscères, lambeaux de tissus brodés au fil des fièvres jaunes et des stupéfactions feintes par des singes hurleurs trépanés, dépouillés de leurs nerfs primitifs, peints aux vernis des grandeurs absurdes, brillants de clair-obscur d’opérettes, baignés dans le soir synthétique où le prix de ma poésie est déchirements d’âmes, crachats de phtisiques, flot de typhus, peaux de lépreux, glaviots écœurants, ampoules brisées, alambics tordus, pour qui ma poésie est parricide, pompes à protons, cauchemars, ulcères, litres et ratures, urine animale, incontinence et prurit, décharge bactérienne, charge virale, tir de chevrotine, tics, staphylocoques dorés, pour qui ma poésie est allergies, allégories puériles, farces, péritonites aiguës, concertos désaccordés, cantatrice folle et paillassons, descente d’organes, pour qui ma poésie est démence, outrance, hystérie, radotages sans fin, éructations bruyantes, salmigondis, galimatias, verbiages, babillages, cacophonies, dégoûts, coulée de boue, chants de lamantins, cadavres chauds, pour qui ma poésie est décadence, flots de trémolos, tangos hideux, psoriasis et impétigo, fétiche de plâtre, tête réduite, pour qui ma poésie est aphte et trophées de fête foraine, citadelle noire, salves de soufre, salpêtres et charbons, mélancolie de peintures à l’eau, épistaxis et hématémèses, descente aux enfers et remontées acides, pour qui ma poésie est mauvais goût, bouchon muqueux, aberrations, artefacts et arythmies, pour qui ma poésie est rayure de casque, perte d’esprit, folie, cancer de la langue, protubérances mates, miroirs, paillettes, ciguë et arsenic, entrechocs, exubérances, miasmes, agonies, œuvres mulâtres, pour qui ma poésie est fièvres palustres, dégueulis négroïdes, crises de nerfs, fistules malodorantes, cris aphones, images sans queue, femmes sans tête, masques, rigole de foire, giclée de pus, cris de dingo, abcès dentaires, couleurs grossières, ombres géantes, requiem, fibrillation, rage de dents, malformation, orgelets de princesses, rires de hyène, glaires, caillots d’or, glaviots, fœtus et méconium, art dégénéré, Shoah et chaos, nez de clown, fragments d’ivresse, chansons de gestes désordonnées, charognes, défécations de chiens, coliques hémorragiques, danse de saint-guy, cholédoque en furie, postillons de feux follets, salives d’épileptiques, spasmes coronaires sur le sourire des sages, mosaïque des mondes maintenus à l’envers, tilleuls souillés de doutes au sol tapissé des promenades, corps dépouillés jetés glacés dans la chair des dimensions, zombies défigurés, poupées russes aux rires fous, cerbères à gueule de feu, doigts jaunes des ricanements et des métamorphoses, boulier bleu illuminé des nuits provençales, remous flamboyants des Caraïbes, poumons violets de l’univers, liserés d’écumes sur les vapeurs arc-en-ciel serpentant dans l’alambic abrupt du merveilleux, écho bouillonnant donnant le zig facétieux de son zag, trajets des sinus ambitieux sur le toit du monde, cérémonie sous les grimaces des gargouilles ruisselantes, pluies de forçats traînant au bout de leurs nombrils enchaînés des aiguillages d’horloges et de trains perdus, des éclairs lumineux et des gouttes de pénitences, ictère et sceptres blancs, mentons inquisiteurs fendant l’atmosphère étouffante où tout se ramollit et se désintègre, où tout se tord, tangue et tournoie… le cérumen gluant du millénaire permet le pire... étend, silencieux, le rayon cireux de ses astres de polichinelle sur l’as de pique des mines de sel ; mais désormais, c’est l’ancre des songes qui remplace au pied levé l’antidote assassin qui pourra crever les yeux du jour anormalement sale…

Pour l’instant, les linges des oracles ne présagent que des nettoyages pénibles, des lavements harassants ; les saints ont la jaunisse et parlent au superflu, rayant le nécessaire ; mais dans les chuchotements, c’est misère noire, pain des soucis, révoltes sourdes et rages déraisonnables, armée cannibale, fantasmes, frustrations, spectre de transe et de strangulation, hystéries, fatalisme et coït animal, embarcadères de l’apocalypse dévisageant fragments visages, ligne de mire les spectres des vague à l’âme, écoutez, si on éteint les étoiles, détendre les doutes et s’écraser les espoirs, nouer les tissus nerveux des accessoires, vomir les rayures pourpres des violons et les mandolines suantes de nos neurones, renier les notes désaccordées de nos pianos de chairs, dés, archets, gongs et gorges chaudes, gonds gluants de fenêtre noire aux orbites blanchies, squelettes et gondoles sur les eaux vertes, clavecins étouffant sous les gants de cuir des gardes-frontière au chevet de nos charniers merveilleux, pistils essoufflés, une pissotière en souvenir, c’est le belvédère des télépathes, un royaume de cauchemars passe sa langue de soude et d’acide sur l’aisselle des désespoirs, ici on amène et on sert à la louche les sources productives de sa toux nocturne et de ses expectorations malheureuses…

Une lueur brille, au fond du jardin…

Mais l’odeur vert-de-gris devrait nous dissuader d’en chercher l’origine. Jaillir penserie perfide. Été ibère, saison de rouille, parchemin empalé, massacre, mercerie de scorpions, fusillades, nurserie d’oiseaux de proie, pouponnières buboniques de tarentules,

parloir de tes seins sensationnels,

c’est l’enluminure aux reins des pendus, jardins suspendus de foutres et sculptés de valeurs obsolètes, odeurs fortes au vent ascendant, arracher, crier, prendre, suspendre, écraser sous la tempe la terrible représentation, tétanie des autres et fulgurances, sous le pouls filant de l’air du temps abandonné aux geignements haletants du crépuscule, l’engoulevent aspire le ciel des mauvaises fièvres, vernis, sangsues, commémorations, sacrilèges des sarabandes, laisser couler aux glas des statues la glu bleu cyan des saintes larmes, les peurs sont enracinées sur la glie vermillonne des fauves et la glaise blafarde de la pie-mère, fausses crinières, les sémaphores sont bouquets satellites et salmigondis, tickets de métro, page de livre, sérum, annulaire, ongles vernis, numéros de loterie, morceaux de lèvres, bouts de carton, pièces de monnaie, vapeurs et placentas, bouillon des cultures, tendres cressons de fosses communes, tessons brisés de bouteilles, essence de toi et de térébenthine, tétanos, murs de fanges et tas de viandes, veaux-oraisons aux yeux en bouillies, vaste pluie méningée aux éponges souillées de chairs, l’horreur, détruire les quais des poumons et les bûchers des épanchements, au cœur des clairières, des ventricules au service de la poisse, une mansarde, des arsenaux, une clé et de la miséricorde, des échasses, des couleurs et des doigts de sorcières, tapis volants, insectes rampants de feuilles rouges aux vents des fusillades, paupières lourdes de vices et trajectoires bègues d’époques vides de sens, remplies de stupres et d’écholalies, de lots de consolations, de bichons et d’as de trèfle, vaste clameur s’élevant au-dessus de la foule des suicidés, situations et salives des rois nécromanciens

Rêves perdus…

Comme un arrière-goût de sel, à la source évaporée…

Puis essorer peur et lassitudes, éventer temps et contretemps, idéaux et marinades, sur l’amour plus rien à faire plus rien à dire, essorer déjà fresques et frasques sur des montagnes colossales de larmes et de frissons, raconter déjà les drames des cœurs en jachères, décrit déjà premier printemps des émotions chaudes comme les premiers soleils des prête-crimes, rabâcher déjà ensuite les complaintes terribles des douleurs en morceaux de peaux vitrifiées, partager déjà les rêves satiriques, érosions sulfureuses qui vous ouvrent les os en deux, joues et âmes, corps et clavicules, sternums et galaxies, manœuvres vagales de mantes religieuses aux bras de barreaux d’acier, sur la tour et la reine noire, étreinte forcée, fourchette par le cavalier blanc au cap cadenassé, fouillis de nuages et de glaives, mandibules, taillis des miséricordes sans fin, une jungle s’ouvre sur l’infini des anthrax et des feux de Bengale carbonisés. Terminaisons ou diphtongues. Borborygmes et onomatopées. Hallali des cuirassés aux ongles des citadelles. Iambe à la langue tranchée. Brûlots des syntaxes, coiffures de poupées brisées et de serpent-corail.

Les mots mannequins défilent dans l’habitude et les routines des rues et des palais gutturaux empoisonnés de superflu, de lumières dégoulinantes et de panneaux publicitaires. Une nonagénaire érotomane se pend bave aux lèvres, sous les cris des pélicans versificateurs ; et la parole gît sans métrique, électrisée, convulsive, retrouvée multiple, frénésie épileptique au milieu des détritus. Croix et doigts d’honneur, codes ponctuels et carrefours, octosyllabes et césure à facettes, espace plat libre construction, pour le beau momifié place aux oubliettes, phlegmon de chambellan, pitoyable liqueur, caniveaux et rigoles, farandoles des pleureuses et des vierges sans fards enneigées sous les décades alexandrines des bons sentiments cloués sur canevas, abominations divines aux mille sermons et serments, brasier crépitant de part en part, le monde est transpercé par sa créature, dactylographié par sa propre trace de soufre, écrasé sous sa propre convenance d’apparat, sa faillite, imposture, comme un trou comme un cratère, une bouche de volcan au sommet crénelé de nos têtes, nouvelle fonte, un parfum de prodige suit le défoulement des éléments, langue, pensée, spirale d’or, saveur byzantine et ardeurs taurines, la peur déroule ses splendeurs et ses attributs sauvages, mythes dépecés, défragmentés, puis recousus au fil d’Ariane sur le triangle humide de l’aurore.

Les vindictes sont populaires comme des veines tranchées ; les yeux révulsés, et soumis aux misères tentaculaires mes mots se laissent rouler au gré des caillots de sang dans le flot salé des larmes et des horreurs, mes phrases se traînent comme se traînent les ombres sombres de mes pas chargés de monstres, doigts de goudron, poids de titan égaré, se traînent mes ennuis aux relents des complaintes des métaux lourds, languissants, gémissant loin de notre pays, mondes confisqués, les yeux, le foie les viscères étouffés sous le poids des machines, obstrués de crasses mentales, écrasés de doutes sous l’amas des sédiments, les gravas des échafauds, strates et trappes de plombs, sacrifices, frissons, l’héritage prolifératif et obstructif des fantômes et des fissures…

Voyage au bout de la métrique. Émotion. Aux phalanges de l’impossible nul pourceau n’est tenu, mais à cœur vaillant, rien n’est promis…

Alors, en marche, fontaines et panthères en diamants !

En marche, chevaux ailés !

Griffons, cerbères de feux, tumeurs molles !

En marche, tout ça ! Monstres et merveilles !…

L’échiquier se craquelle, les vents se font furieux ; nous tremblons et c’est normal… le froid de l’heure de vérité comme une fistule de flammes glacées à pourvoir se répand dans nos os et sur l’hiver de nos angoisses naissent des flocons de rancœurs…

Glacier. Glissement de terrain. Explosion. L’unique son de la cloche est une enclume en ébullition, l’horizon est une meule aux étincelles de têtes de perruches vertes, un beuglement jaune aux creux de l’oreille, soleil frisson jaillissant soudain comme écho des combes au fer rouge saison de nos peurs, cracher souche sournoise et jactance, verbe et repentance, jeter anaphore en jachère, grammaire et prosodie, sauve qui peut famines et déraisons, phonèmes et mandragores, normalangage et vieux couplets, expression rassise, conjugaison à coups de pierres, règles de primates en nœud-papillon et académies creuses, poésie vide, mystique dévalisée, métaphores et péroraisons, anathème, télophase, macrophages et métaphysique, trinité comme litote, oxymore, hyperbole, figures sidérées, visages pourpres, traîneaux laissés libres aux poussières des fous, chacun pour soi, ses cris et ses parjures, hurler vengeances gutturales pavés rouges de sang, rouler les mécaniques à la face du monde des bienséances crasses et des puissants, taper et tinter aux portes des genoux endormis, il y a de l’ombre pathétique en supplément, des miasmes brutaux et des microbes, crever silence satisfait des guignolesques rétributions aux gueules ravalées des puits de savoirs béants, éruditions stériles comme ridicules vagissements manufacturés, doigts d’écoliers terrassiers du sublime, rimes plates ou embrassées, sourires amorphes, plume des pitres, mâche-siestes établis, couturiers de l’ordinaire, jockey de chevaux de bois, cracheurs de sucre glace, graisseurs d’intestin d’oies, briser coups de poings les tables de marbre et les passions molles, recracher les strophes débonnaires, les refrains niais, gifler les visages ronds et les colères ovales, les rêves de jambes bronzées éclats de langues de bois, gorge froide, carotides tranchées et dilution, cosmos, trou noir, supernova, machine sidérale dans l’espace décérébré, limbes prurigineux de l’azur jaillissant, soupirs montant comme chimères de glace aux seins tranchés des amazones.

Mines. Paupières volées, funestes orgies gelées dans les têtes endormies. Babillages et élucubrations de brocanteurs. Le feu de notre temps ne s’accorde plus aux balivernes précieuses du passé simple. La parole de velours jadis est incompatible avec les visions furieuses de nos frissons. Métastase de mots. L’imparfait colonise et empiète sur le présent… Le conditionnel vampirise l’avenir.

Synesthésie triomphante sous l’empire des sens. Une planète bleue, le cordon spermatique d’un seul nerf en pelote. Cancer agréable des sensations aux multiples faisceaux accessoires. La perception est ouverte aux grands vents, lavée à grande eau des typhons, soumise aux courants d’air des multiples, ses cils vibratiles se soulèvent sur le souffle ébouriffé du monde à tête d’hydre. Avalanche et courant continu, cascade d’électrons et de singes crieurs. Les influx sont danaïdes affolées, aimants vermeils et flux transcontinentaux.

Les oreilles sous le poids chauffant de la masse des météores se dilatent sur la croix du cœur où roulent le monde et ses catapultes de sons.

Projectiles liquides, flaques de couleurs comme tourbillons permanents de sang, de larmes, de joies et de sueurs.

Le moi submergé, reste seul, hagard, échoué sur son radeau sifflant à cheveux de méduse. Fleurs de printemps amer, vidées de l’azur jadis butiné à l’abri du pollen des inconstances et des reptations de miroir. Nous sommes les reflets vides d’une immense glace sans teint. De l’autre côté, l’inconnu nous regarde.

Se souciera-t-on un jour trop tard, du peu de chaleur de nos mouvements sans fin et de leurs piteuses évanescences ?…

Le combustible humain encaisse toujours plus loin ses dévaluations croissantes tout en feignant de croire à une quelconque condamnation rédemptrice. L’issue se trouve ailleurs. Nouvelles peaux…

Mais, attention !…

Au-delà, le terrain de la vie et de la poésie est un dé pipé à la source…

Ivresse. Maldonne. Paisibles assagissements. Aseptisation de ses lumières d’égout, l’homme… qui s’époussette et se débarrasse de ses pellicules, de ses troubles et de ses étranglements dans l’éther de ses visions, mais qui tient absolument à ce que dans l’ouragan d’asphalte, le cuir de ses chaussures reste impeccable et brille intensément.

Assis dans un coin, à l’intersection de la rue des fous et de celle des fantômes, il attend le passage du cireur, avec sa boîte à cirage et ses malices.

Rue. Immaculée. Poussières…

Un monde affamé se prépare à l’assaut.

Tigres aux tristes mines de cire blanche.

Gisement diamanté des miséricordes forcées, soleils enfouis…

Potences des loups d’argent à forer dans les règnes sinistres des sols mus par l’averse.


 
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   socque   
26/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quel dommage, quel dommage ces "où le prix de ma poésie est déchirements d’âmes", "pour qui ma poésie est allergies", "pour qui ma poésie est démence", etc. du deuxième paragraphe, où je lis une énième lamentation de poète incompris !
Parce que le reste me plaît, oui, j'aime cette tempête de mots où le lecteur peut se laisser porter ou se noyer. J'apprécie l'attention aux sonorités, les associations qui font passer d'évocations de chairs en déliquescence, de corps malades, à une lumière plus douce et claire. J'aime moins les moments où l'articulation du discours reprend de l'importance au milieu de la litanie d'idées et d'images, notamment "c’est l’ancre des songes qui remplace au pied levé l’antidote assassin qui pourra crever les yeux du jour", lourd pour moi avec ses deux relatives imbriquées.

Je ne sais pas si ce texte a été produit par écriture automatique, si tel est le cas je trouve qu'elle produit un torrent assez passionnant. Il est difficile de terminer ce genre de texte, sans doute, ici vous pratiquez me semble-t-il par apaisement, épuisement du flot qui se perd dans les sables ; je ne sais pas si c'est le meilleur choix, peut-être aurais-je préféré au contraire un jaillissement encore plus délirant coupé court. Mais c'est affaire de goût.

"langue de soude et d’acide sur l’aisselle des désespoirs" : j'adore !
"mythes dépecés, défragmentés, puis recousus au fil d’Ariane sur le triangle humide de l’aurore. " : ça aussi, notamment le triangle humide et érotique de l'aurore.
"sur l’hiver de nos angoisses naissent des flocons de rancœurs" : oui !

   Lunar-K   
10/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Eh ben... C'est un vrai défi de commenter un texte d'une telle ampleur, longueur et densité. Heureusement, la cohérence et l'égalité du tout permettent de rester relativement général sans être réducteur pour autant... C'est toujours ça !

D'après ce que j'en ai compris, ce texte parle de lui-même, ou plutôt de l'élan qui le sous-temps, de la poétique qui y est développée. Un texte/poème miroir donc. Cela est assez explicite dans le second paragraphe, notamment, ainsi qu'à plusieurs autres endroits plus ponctuels.

Une poétique de l'horreur et du chaos qui s'assume en se positionnant par opposition avec la poésie classique, ses contraintes, son ordre et son harmonie. Qui oppose le cri décomposé aux mots mannequins et enluminés. Une poésie qui ne cherche pas à atteindre l'origine de la "lueur qui brille au fond du jardin" mais qui se complaît plutôt dans le chaos qui la fait naître afin d'en rendre compte la plus justement possible : par la forme plus que par la sémantique.

Même si, bien sûr, la sémantique aide grandement, l'essentiel me semble davantage être mouvement, donc forme, et non signifiance figée. Il s'agirait donc, en quelque sorte, de déconstruire le sens, mais aussi la syntaxe académique et la grammaire, afin de remonter à leur origine commune : une sorte de magma originel, à la fois vide et infini, imprégné d'horreur et de renaissance. D'où la quasi omniprésence de termes violents, destructeurs (beaucoup en rapport avec le jargon médical), et d'autres ayant davantage trait à la reproduction (foutre, sperme, ovaire,...). Comme si vous aviez voulu, par la coprésence de ces deux registres, illustrer la fécondité du chaos, déconstruire pour reconstruire quelque chose de radicalement nouveau ou, du moins, illustrer cette dialectique "déconstruction/naissance".

Je l'ai dit un peu plus haut, cette dialectique est mouvante et, en tant que telle, se dégage bien plus de la forme du texte que de sa sémantique. Et cela est heureux car il est très difficile de tirer quoique ce soit de véritablement signifiant dans ce texte sinon ce que j'en ai déjà dit et l'insignifiance même, comme fil conducteur (notez que par insignifiance je qualifie, assez paradoxalement peut-être, l'extrême richesse, presque écoeurante, comme vous le dites vous-même, de votre texte, richesse qu'il est malaisé de saisir dans sa globalité sans se perdre ; mais y a-t-il vraiment une telle "globalité" ?).

Soit, la forme donc (j'y arriverai !)... Si je dis qu'elle illustre parfaitement cette dialectique entre déconstruction et naissance, c'est par ce paradoxe qu'on retrouve à peu près tout au long de votre texte : les phrases sont (très) longues, et pourtant leur découpage est pour le moins haché par ces virgules qui encadrent rarement plus qu'un seul mot ou groupe nominal (assez peu de verbes)... Je pense que c'est là la clé du texte : cette opposition interne entre déploiement et contraction. Comme si, en contractant ainsi au maximum la sémantique, vous parveniez à la démultiplier, à rendre possible une infinité d'associations possibles dont l'infinité, précisément, est le dénominateur commun.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre... Je rapprocherais ce procédé de celui des mots-valises qui contractent, en un seul mot, une multitude de significations. C'est à peu près ce qu'il se passe ici, mais à une toute autre échelle. La phrase est constituée de plusieurs phrases, sujets, verbes, etc. de sorte que, au final, on ne sait plus si on est en face d'une phrase unitaire ou, au contraire, d'une phrase chaotique, sans queue ni tête.

A ce propos, différentes images et expressions me paraissent tout à fait explicites, comme : "Monstres et merveilles" (discorde et chaos d'un côté, harmonie et signifiance de l'autre). De quoi ressort une "mystique dévalisée", une métaphysique vide qui n'a d'autre objet qu'elle même, que sa propre forme et son propre processus-mouvement. Une poésie décousue qui, semble-t-il, en appelle une autre, qui ne se laisserait plus aller aux remous chaotiques mais parviendrait enfin à les dominer.

J'espère avoir été clair... Comme je le disais en introduction, il est difficile de commenter un tel texte sans se perdre soi-même. Difficile d'être complet également, d'exprimer exactement son ressenti face à pareil jaillissement poétique, face à pareille originalité. Difficile aussi d'être complet, tant le texte est long et dense. Toutefois, cette longueur et cette densité ajoute encore davantage à l'étouffement, l'écoeurement dont il est question. Ce pourquoi, même sans entrer et saisir tous les détails, on peut néanmoins saisir un fil conducteur par le biais de cette difficulté même.

Inutile d'ajouter que j'ai beaucoup aimé ce texte, ce déferlement, cette maîtrise de l'idée, cette réflexion poétique et linguistique,... J'y reviendrai certainement pour affiner cette première analyse.

   Anonyme   
11/8/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Un texte long, beaucoup trop long, surtout quand on a choisi de s'exprimer dans un langage surréaliste. Déjà qu'il n'est jamais facile d'en pénétrer les arcanes, si en plus on en rajoute des tonnes !

J'ai l'impression d'un orgasme verbal qui part dans tous les sens, qui balance des associations de mots à la volée sans se soucier de leurs significations. Une loghorrée vaine puisqu'au bout du compte elle ne veut rien dire, ne porte aucun message, aucune émotion, une profusion baroque qui veut éblouir mais ne fait qu'étourdir.

J'ajouterais même que c'est facile. Facile de balancer des phrases pêle-mêle puis de crier au génie; facile d'entasser du vocabulaire comme on enfile des perles puis de dire au lecteur débrouillez-vous avec.

Ne vous méprenez pas, j'apprécie l'écriture automatique ou du moins l'expression surréaliste, mais il faut qu'elle soit plus subtile, qu'elle dépasse l'esbrouffe égocentrique pour toucher l'autre.

   Anonyme   
26/8/2011
Dans quelques siècles peut-être... Comme la musique sérielle. J'ai trouvé ce fragment relativement indigeste. Mais peut-être est-ce dû à ma compréhension de primate ?

Un espoir quand même : "une lueur brille, au fond du jardin...".

Gros soupir !

   Anonyme   
22/8/2011
Face à ce poème de 21000 signes il faut savoir briser l'os pour sucer la substantifique moëlle.
L'opération se fait sans grand effort tant les lignes de forces sont apparentes.

« Sentir une dernière fois couler sévices et sarcasmes, crier expulser une dernière fois la sève des angoisses et des soirs de cafards »
« Pour l’instant, les linges des oracles ne présagent que des nettoyages pénibles, des lavements harassants »
« Une lueur brille, au fond du jardin…
Mais l’odeur vert-de-gris devrait nous dissuader d’en chercher l’origine »

« Les vindictes sont populaires comme des veines tranchées »

« L’échiquier se craquelle, les vents se font furieux ; nous tremblons et c’est normal… le froid de l’heure de vérité comme une fistule de flammes glacées à pourvoir se répand dans nos os et sur l’hiver de nos angoisses naissent des flocons de rancœurs… »

« Le moi submergé, reste seul, hagard, échoué sur son radeau sifflant à cheveux de méduse. »

« Assis dans un coin, à l’intersection de la rue des fous et de celle des fantômes, il attend le passage du cireur, avec sa boîte à cirage et ses malices.

Rue. Immaculée. Poussières…

Un monde affamé se prépare à l’assaut.

Tigres aux tristes mines de cire blanche. »

C'est très fort et on se demande bien pourquoi l'auteur a éprouvé le besoin de noyer son propos dans un amoncellement d'images surréalistes dont il faut cependant souligner que certaines sont géniales ( "cascade d'électrons et de singes crieurs" )
Dans un souci d'esthétisme ( j'ai noté au passage le terme « synesthésie ») ?
En référence aux voyants du XIXème siècle ?

En tout cas, paradoxalement, j'ai pris plaisir à la lecture de ce texte au charme suranné, terriblement pessimiste et moins hermétique qu'il ne paraît.

Merci

   Anonyme   
22/8/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dans la suite du 62, le calme après la tempête, "Il" contemple.

Beaucoup de violence, de culpabilité, de remise en question de tout ce qui peut composer le monde qui attend de pouvoir attaquer, mais aussi une forme d'introspection commune aux fragments "longs" comme le 15 mais pas que... on prend tout (et quand on prend tout, les coulées de merveilleux, les branches de méchanceté humaine, la connerie, le préjugé, les idées reçues et d'autres formes de monstres moins flagrants en premières lectures, on prend tout) dans le visage, sans respiration parce que notre "Il" le voit comme ça.

Bon.

La progression est assez intéressante, on pense un peu à une forme de rêve étrange et prémonitoire, où on a des sensations fortes de ce qui va arriver une forme de préscience sans ancres, juste, on sait que quelque chose se tapit derrière...

Et c'est là que je viens faire ma petite parenthèse perso : C'est la première fois que je ressens une réelle forme d'épouvante dans la construction, dans la forme et le fond, on dirait que je lis du Stephen King provençal à la sauce Poe. Une vraie montée en puissance qui serait presque exclusivement musicale (je sais pas si Until it sleeps de Metalica te parle, mais j'ai eu la sensation en te lisant là que j'ai en écoutant ce morceau) dans ma façon de la percevoir.

Tu manies comme toujours le rythme et la ponctuation avec les accengs lariviérens, sifflements, roulements, alternances de sons violents et de douceur... ça s'abat dans le vocabulaire qui pleut pour noyer le poisson sous le tumulte, sous les roulis, sous la nausée sous l’épilepsie des chevaux et les paupières confites.
Et ça marcherait presque. C'est le seul sens de l'observation du lecteur qui permet de suivre son propre fil dans ton fil d'ariane, dans le monde qu'"Il" connait et qu'"Il" contemple... je retrouve quant à moi des clins d'yeux à certains de tes autres poèmes ici, certaines correspondances qui partent dans tous les sens, mais comme on retrouve les gravats et les murs abattus après l'ouragan ou le tremblement de terre.

Pour terminer j'ai l'impression de plus en plus forte que l'axe des fragments est en train de changer. Qu'on part dans quelque chose de plus "intimiste" dans le sens où le fragment me semble se retourner vers son narrateur au fil des au-delà-de-60... (voir si ma théorie des nombres est bonne on approche de la fin hein) et que de la stricte observation "romantico-désabusée" du monde "Il" s'intègre de plus en plus dans ce qu'il peut voir, "Il" s'en sent peut-être aussi plus proche, dans les regrets ou la culpabilité, dans la jalousie qu'il ressent ou la haine qu'il perçoit ou toutes ces petites choses qu'"Il" observe une dernière fois...

Un fragment qui fait mal partout... désabusé... et une fois de plus cette impuissance révoltée face à ce qui ne peut changer... à ce qui change inexorablement.

Et ce qui fait ta poésie fonctionne encore ici, magma bipolaire lâché à pleine puissance, déversement de poésie, si fort qu'on a l'impression d'étouffer, de renaitre, d'être enseveli et de contempler à notre tour, statue de cendres devant ce que nous offrent tes yeux par ta plume.

Et je suppose maintenant qu'il va te falloir un an pour terminer le 64, sadique va!

   fouzh   
22/8/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
bonjour
une colére a la ferré
des images qui s'enchainent ,parfois d une réelle beautée
parfois d une réelle lourdeur aussis
le rythme est bon mais la longueur du texte ma trop souvent fait decroché
il a fallut que je m y reprenne en plusieurs fois
avant de definitivement abandonné
debordé par le flot imagé qui ne representé plus rien ....

   melancolique   
23/8/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Lariviere,

Je n'ai jamais pu lire un fragment jusqu'à sa fin pour pouvoir en juger, le sens est la plupart du temps obscure, je commence en ayant l'espoir de comprendre, je m'accroche, inondée par le flots de ces mots , je perds le fil, et j'abandonne...

Cette fois je me suis accrochée un peu plus qu'avant, j'ai trouvé de belle découvertes, des images fortes qui percutent l'esprit, d'autre hermétiques, puis j'ai abandonné malheureusement...

Je note donc juste la partie que j'avais lu.
Peut-être qu'un jour je saurai finir un fragment...
Au plaisir donc de vous relire


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