Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 67)
 Publié le 08/04/13  -  13 commentaires  -  2001 caractères  -  249 lectures    Autres textes du même auteur


Fragment du crépuscule (morceau 67)



Un serpent d’or sommeille dans le pays des neiges ;

Au sein des cristaux blancs, la glace vitrifie l’âme mise à nu. La nuit est un miroir brisé où s’échouent nos regards, en mille morceaux de verres… Grèves blanches. Trêves des soupirs sans désirs véritables ; buste glacé, buées, essaims de sang. Sur le vif-baiser de l’hiver, les haleines du ciel sont des doigts de sorciers où les déesses en feu tombent dans l’oubli d’une urne à double-fond…


Dans les basses branches qui caressent de leurs sombres murmures les berges des présages, les envoûtements pervenche remontent l’éther de l’existence à chaque haut-le-cœur, orchestrent les complaintes du vent sur des visions antiques, bercent et liquéfient les rêves caillotés, transpercent et crèvent les yeux des étoiles ; révèlent le firmament sur des nuages lourds et sur des deuils de plomb.

Mais à la prochaine lune ; une mue mémorable…

Des éclats venus d’une autre dimension feront exploser le glacis craquelé de la nuit… Sous le gel accompli, un souffle d’opale tressé dans le silence de l’horizon fera tomber les empires factices de leurs socles d’airain. Leurs faux dieux de cobalt enfin déboulonnés, se briseront au sol. Vernis des songes combattus et vaincus. Filaments de méduses, dérivants… déposés sur nos pâles destinées empourprées de déchéances, comètes noires aux seins percés de soupirs florissants, sortilèges pulvérisés par les chants des oiseaux nocturnes, dispersés par l’aube et par les lèvres tièdes du jour ; ce taureau fabuleux aux cornes irisées de frissons, au ventre gonflé de folles espérances…

Car demain, un bain de soleil à venir, dans la forge enlacée des rayons…

Joie de tous les instants du monde, tissée dans l’osier bouillonnant de l’azur…

Alors, sur le dégel des cœurs, la lente reptation se fera arc-en-ciel

Et mille orvets vermeils ouvriront leurs paupières, aux promesses des jours, libres de tout poison…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   David   
20/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je me demande s'il s'agit d'une métaphore sur le désir, son endormissement et son éveil serait représenté par ce serpent d'or pris dans les glaces, en attente du dégel. C'est assez joli en tout cas, très coloré, parcouru de nombreuses teintes et reflets.

   Anonyme   
26/3/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Il en faut de l'imagination pour avoir des images en tête à cette lecture.
Il y en a trop des images.
J'ai simplement envie de dire:
Mais de quoi parlez-vous ?

   Marite   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Autant il m'était difficile d'arriver au terme de la lecture des premiers morceaux de "Fragment du crépuscule", autant celui-ci est agréable à lire. A quoi cela tient-il ?
Je ne pense pas avoir modifié mes perceptions. Peut-être que le "style" des premiers morceaux était "composé" avec la raison dans le but de provoquer un effet sur les lecteurs. Par contre, le précédent "Fragment" publié ici et celui d'aujourd'hui transmettent des ressentis plus naturels et humains.
Le rythme des phrases n'essouffle pas le lecteur. La richesse et la simplicité, étroitement emmêlées, du vocabulaire transmettent un "quelque chose" que je ne sais définir. Pas envie de chercher ce que l'auteur a voulu transmettre, je relis seulement ... je savoure ... et pense que ce morceau peut être utile à qui cherche un style (forum d'actualité), pas pour le copier mais pour comprendre ce qu'est un style.

   troupi   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Venir dans ce fragment. Y trouver de l’étrange. Comprendre que les mots ne sont plus ceux que l'on connait. Accepter d'avoir perdu les clés, enfin lire à voix haute et se dire que c'est beau.
J'écoute Léo Ferré depuis 40 ans, je suis loin d'avoir saisi tout ce qu'il veut nous dire mais je l'écoute encore.
Si la poésie n'avait pas de sens caché serait-elle vraiment de la poésie ?
Dans ce fragment toute la place est laissée à l'imaginaire du lecteur, pour ça aussi, merci.

   brabant   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Larivière,


Poésie ! Poésie ! poésie !

Tes fragments ne résonnent pas tous pareils à mon coeur, à mon oreille. Celui-ci résonne à me fendre l'âme sans passer par l'intellect. Qu'est-ce donc qui fait que l'osmose s'opère ? Qu'est-ce qui préside à l'alchimie poétique ? Cette pièce-ci m'est soeur ! Elle est vitrail et huile, envol et patine, promesse emportée et ivresse, exaltation/transportation, emportement/portation.


Comme il serait bon que chaque fragment ait un petit incipit pour que je puisse me constituer mon armoire à phylactères.

   tchouang   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Pas
bonjour. bon, là encore il faut saluer cette volonté de lyrisme, mais , hélas, le style n'est pas du tout à la hauteur. on est plus proche ici de l'héroic-fantasy pour adolescent attardé que de rené char. ça brasse beaucoup d'air, ça fait des phrases à rallonge comme on enfile des perles, mais bon ça n'échappe pas au ridicule. si encore c'était une parodie ou un texte humoristique, on comprendrait, mais là c'est du premier degré brut de décoffrage.

   Mona79   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il est question ici d'un pays de glace où dort un serpent, pas n'importe lequel reptile, un serpent mythique dont l'or appelle la poésie. Et la poésie est ici dans son état originel, pure comme une aube naissante :

"les envoûtements pervenche remontent l’éther de l’existence/transpercent et crèvent les yeux des étoiles/

Puis la mue, celle du serpent d'or suivant celle du paysage sans doute ? Et survient alors :

"un souffle d’opale tressé dans le silence de l’horizon/Joie de tous les instants du monde, tissée dans l’osier bouillonnant de l’azur…/Alors, sur le dégel des cœurs, la lente reptation se fera arc-en-ciel"

J'ai lu à haute voix ce poème magnifique. Une seule petite restriction pour "orvets vermeils" les 2 sons vé se suivant m'ont un peu heurté l'oreille, mais ce n'est qu'un petit détail. L'enchantement reste entier. Merci Larivière.

   wancyrs   
9/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Lari,

Le serpent est symbole de vie et de vigueur parce qu'il possède la propriété de changer de peau, retrouvant ainsi l'apparence de la jeunesse. La neige est le symbole de la pureté perdue. Elle pétrifie le temps et l'espace. Connaissant l'auteur, la clé du mystère du texte réside dans cette phrase :

Un serpent d'or sommeille dans le pays des neiges.

Il se dégage du texte deux champs lexicaux. Le premier est retrouvé partout dans les deux premières strophes, c'est le champ lexical du malheur(vitrifie l'âme mise à nue), de la peine(bercent et liquéfie les rêves caillotés), de la dépression(soupirs sans désir véritable). Ensuite, la mue est transition et introduit le second champs lexical, celui de l'espoir(des éclats venus d'une autre dimension feront éclater le glacis...), du bonheur(joie de tous les instants du monde,tissée dans l'osier bouillonnant de l'azur...) et de la paix(mille orvets vermeils ouvriront leurs paupières, aux promesses des jours, libre de tout poison...)

En conclusion je dirais que ce fragment est une tranche de vie qui commence par une profonde tourmente mais qui s'achève sur la paix.

Avec une finesse remarquable l'auteur nous fait revisiter le monde antique(serpent d'or, symbole de caducée ? Taureau fabuleux, ou veau d'or érigé par les juifs en l'absence de Moïse, symbole d'espérance ?) Avec une brillante intelligence, l'auteur amène ses métaphores(alors, sur le dégel des cœurs, la lente reptation se fera arc-en-ciel... arc-en-ciel symbole d'alliance, de paix). C'est un texte riche tant par son vocabulaire que par ses énigmes, un texte qu'on aimerait avoir écrit... On dirait chaque mot taillé sur mesure pour s'imbriquer dans un espace à lui réservé.

Merci Larivière, vous(encore ce vous, lol !!!) m'avez fait voyager et dans le temps, et dans le corps des mots.

Wan

   Pouet   
10/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Plusieurs interprétations possibles à ce texte, évidemment.
Je ne me risquerais pas à en donner une personnellement.
Simplement j'ai pensé à une forme de "résistance" ou de désaccord profond. "Le serpent d'or" étant le "résistant" et le "pays des neiges" la "moutonnerie" ambiante... Comme un appel à la révolution ou la prémonition d'un changement inéluctable.
Je l'ai compris ainsi.

J'aime particulièrement "les déesses en feu tombent dans l'oubli d'une urne à double fond", terrible!

"liquéfient les rêves caillotés" aussi me causent bien.

Le dernier vers termine particulièrement joliment ce texte.

Bravo

   Lunar-K   
14/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Lari,

Ce Fragment me paraît au fond assez proche du précédent. Mais peut-être l'ai-je tout simplement encore trop en tête pour m'en débarrasser vraiment à la lecture de celui-ci ? C'est tout à fait possible bien sûr, mais quand même, les thématiques me semblent bien se recouper dans une large mesure.

Un texte en deux temps ici, une structure assez classique à vrai dire, avec une première partie au présent (l'hibernation) et une seconde au futur, expression de l'espoir d'une mue et de tout ce que cela représenterait comme changement. Une structure très simple donc, classique, mais plutôt efficace en ce qu'elle permet bien d'expliciter d'où on part et, non pas où on arrive, car on n'y arrive pas vraiment, pas encore en tout cas, mais plutôt où on tend à arriver. Cette deuxième moitié est ainsi plus une orientation, une volonté qu'autre chose me semble-t-il. Ce qui rend ce texte peut-être moins optimiste que de prime abord (quoiqu’il ne soit fait nulle part référence à la possibilité d’une capture, d’un échec, d’un repli… ce qui donne malgré tout un petit air de fatalité à l’ensemble qui me gêne un peu, une certaine naïveté peut-être).

Là où ce Fragment me semble rejoindre son prédécesseur, c’est à vrai dire autant dans une partie que dans l’autre, autant celle qui condamne ou rejette que celle qui espère (à noter d’ailleurs que le meilleur rejet à opposer à cette première partie se trouve sans doute dans le fait qu’il y en a une seconde qui s’en échappe, de sorte que la première partie pourrait presque apparaît comme purement descriptive quand la seconde se chargerait à la fois de la charge négative et positive, mais d’un seul mouvement). C’est que l’hibernation dont il est d’abord ici question me semble bien être une forme de « sommeil dogmatique » (« vitrifie l’âme », « sans désir véritable »… et surtout, le plus explicite à mon avis : « Leurs faux dieux de cobalt enfin déboulonnés »). Je crois que c’est en ce sens qu’il faut entendre ces « nuages lourds » et les « deuils de plomb » qui en suivent. C’est en tout cas en ce sens que je l’entends.

Dès lors, ce qui se retrouve ainsi complètement anesthésié et aurait seul pu refuser de se plier aux « lentes reptations » (un autre indice en faveur d’une lecture dogmatique et religieuse, s’il en était encore besoin), c’est semble-t-il tout ce qui relève du sensible et du sentiment. Et là encore on se retrouve en plein dans le Fragment 66, dans cette espèce d’ésotérisme, non pas de la jouissance (ça me semble moins primitif que cela), mais de quelque chose comme une dispersion (difficile de le qualifier précisément). C’est là quelque chose d’assez remarquable d’ailleurs, que l’éclatement espéré du gel se confonde avec l’éclatement de ce qui s’y trouve enfermé, comme s’il n’y avait pas de distinction véritable à opérer entre les deux, ce qui est contenu et ce qui contient. C’est ainsi que le serpent d’or sommeillant du tout début devient les milles orvets qui s’éveilleront (toujours ce futur) à la fin. Ce n’est d’ailleurs pas la seule référence dans ce texte à ce mouvement de prolifération qui va de pair (s’il ne fait pas carrément un) avec le mouvement de libération, mais c’est à mon avis la plus explicite.

Un dernier point me semble particulièrement remarquable. D’autant qu’il permet je pense d’expliquer le précédent. C’est que « les éclats viennent d’une autre dimension », d’un quelconque ailleurs. On pourrait sans doute y voir un signe de passivité, comme si la libération devait être le fait de l’autre, comme si elle devait être imposée au serpent autant que l’hibernation lui est apparemment forcée. Du coup, ce que je disais plus haut serait faux : la seconde partie du texte ne porterait pas en elle-même le rejet de la première puisqu’elle ne pourrait y suffire. Et sans doute, en effet, n’y suffit-elle pas. Il n’y aurait aucune raison de l’écrire au futur si c’était le cas, puisque le simple fait de l’écrire la rendrait effective. Cela demande cependant à être nuancé, car si elle n’est pas suffisante, elle n’en reste pas moins nécessaire à mon avis.

En fait, ce mouvement du futur dans la deuxième partie s’apparenterait plutôt à une sorte d’ouverture mais qui, comme telle, n’agit en rien et sur rien. Ce pourquoi il faut absolument ces « éclats d’une autre dimension » qui se dirigent vers elle autant qu’elle se dirige vers eux. Double mouvement plutôt que simple et par lequel peut advenir la rencontre et, ce faisant, la prolifération dont je parlais. Car dans le dogme, il ne peut rien y avoir de tout cela. L’hibernation ou le sommeil qu’il induit ne conduit qu’à la fermeture et au repli, rien de nouveau ne peut apparaît (on sait que le dogme a toujours réponse à tout), rien d’extérieur donc, de sorte que le serpent d’or qui s’y trouve ne peut rien devenir lui non plus (impossible de devenir tout seul, il faut qu’une authentique rencontre l’y pousse). On retombe alors sur ce que je disais de la sensibilité qui semble bien être la seule échappatoire envisageable, en tant que c’est par elle seulement qu’on peut sortir de tout cela, rencontrer et devenir, donc proliférer en un millier d’orvets. Du coup, cette libération ne me paraît pas être aussi passive que ce qu’en présageait, pris abstraitement (donc isolément), ces éclats d’ailleurs. C’est bien plus complexe que cette opposition simpliste entre passif et actif. Il y a et doit y avoir un enchevêtrement des deux. Et l’essentiel tourne d’ailleurs autour de cette idée de mélange et d’enlacement : « la forge enlacée des rayons » ou bien « tissée dans l’osier bouillonnant de l’azur ».

J’ajouterai pour conclure que c’est justement sur ce dernier point que tu es ici parvenu, je pense, à dépasser ce précédent Fragment par rapport auquel j’ai lu celui-ci. Si tu te souviens, c’est un peu ce que je lui reprochais, un trop grand simplisme, une apparente apologie du contemplatif au détriment de la technique et de l’expérimentation qui ne rendait pas du tout justice à ce que tu voulais exprimer. Ce texte-ci répare cela d’une bien belle façon je trouve, réussissant ainsi à toucher à toute la complexité du sujet, sans raccourci ni réduction. Ça me fait vraiment plaisir !

Bravo, et bonne continuation !

   KIE   
15/4/2013
Inspiration que l’on croirait puisée chez les Ophites. L’est-elle ?
Texte surchargé symboliquement. Comme le serpent, le taureau possède de multiples aspects qui sont également contradictoires. Mais notre serpent est d’or, donc solaire ? La taureau, en général plutôt associé aux force de l’ombres est ici celui du jour, donc également solaire (genre Mithra). La lente reptation finale qui se fait arc-en-ciel, soit pont entre ciel et terre. Et pour conclure, voici que s’annonce le règne du serpent (lequel ?)
Au total, trop complexe.
Transition d’un monde figé au stade hiémal vers un épisode vernal avec la promesse de l’explosion estivale en toile de fond.
Une belle vision savamment exposée par le biais d’une écriture très contrôlée (c’est-à-dire qu’elle sait laisser au hasard la juste place qui lui est due). Un foisonnement verbal qui sait forcer l’image à se manifester mais non à se montrer car tout doit demeurer au stade « imaginaire » faute de quoi la magie n’opèrerait pas.
On serait tenté de se demander ce qui se passe l’été venu. Et après ? L’automne ? Et l’hiver à nouveau ? L’infinie palingénésie ?... L’ouroboros, autre serpent.)
Quelle importance ? Il suffit de se laisser emporter par le souffle de l’auteur. On le sait, les poètes nous mentent avec leurs fables mais les enfants que nous restons aiment l’enchantement qu’elles leur procurent. Si nous étions logiques, il y a bien longtemps que l’hiver serait derrière nous. Que vous en semble, maître Larivière ?

En peu de mots, je sors enchanté de ce voyage hallucinant, ou peut-être faudrait-il dire hallucinogène ?

   Rainbow   
3/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Lariviere !

Que dire de cet instant de poèsie ? Les images sont splendides, elles me font penser à la terre brillante d'une averse de printemps. Tout ici est sublime, avec un caractère presque mystique qui trouble le coeur.

Seulement voilà, même si on se laisse porter par la magie, la profusion des images, certes magnifiques, nous fait perdre le fil du sujet de manière volontaire peut être mais il me semble que cela nuit à la qualité du texte. Malgré quelques indices qui à mon sens laisse deviner un aspect idéologique. Le sac et le ressac des de l'histoire qui se répète, avec à chaque fois les promesses de changements, de nouveautés puis les espoirs déçu d'un peuple que l'on contentera tout de même...

Mais enfin malgré ces quelques défauts, j'ai adoré !

   jfmoods   
18/4/2017
Le poète a patiemment assemblé ici les 67 pièces constituant le recueil intitulé "Fragment du crépuscule". Cette radiographie de l'époque, éclatée, vigoureuse, portant un regard sans concession sur les dérives de notre modernité, est celle d'un moraliste. Est-il si surprenant qu'elle s'achève ainsi ? Le moraliste n'est-il pas, avant tout, un utopiste ?

Le poème se compose de deux parties, la conjonction de coordination ("Mais") en marquant, à mi-parcours, la ligne de fracture. Le serpent, image de la régénérescence, structure l'interprétation du texte. Le titre du recueil conçoit la perception du monde comme un éparpillement mortifère. Deux éléments de la première partie du poème ("miroir brisé", "mille morceaux de verre") corroborent ce regard. La thématique du froid intense irrigue le début du texte ("pays des neiges", "cristaux blancs", "glace", "glacé", "vif-baiser de l'hiver"), mettant en exergue la pétrification des existences. Livrés à des charlatans ("sorciers", "envoûtements") qui nous manipulent à l'envi ("bercent et liquéfient les rêves caillotés"), nous oscillons sans cesse entre désir démesuré ("transpercent et crèvent les yeux des étoiles") et incommensurable amertume ("orchestrent les complaintes du vent sur des visions antiques").

Une lumière chaude et puissante ("bain de soleil", "forge enlacée des rayons", "osier bouillonnant de l'azur"), surgie de nulle part ("une autre dimension"), nous décillera les yeux, évacuant nos certitudes alambiquées ("empires factices", faux dieux", "vernis des songes", "sortilèges pulvérisés"), nous libérant enfin de nos démons ("libres de tout poison"). L'avenir pourra alors se construire ("aux promesses des jours").

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2018