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Poésie néo-classique
Lariviere : Le sonnet du sonné
 Publié le 21/06/09  -  18 commentaires  -  698 caractères  -  820 lectures    Autres textes du même auteur

Sonnet vu du haut d'un sonné.


Le sonnet du sonné



Cogne le temps les vers à ta montre fétiche
Horloger de tes vents creuset des mille plaies
Tu construis déconstruis, quatrain du fissuré
Le sonnet du sonné aux murs des hémistiches

Hiatus capitonné camisole postiche
Césure sur garrots, de nos poings basanés
Tapent aux carreaux verts de la félicité
Qui n’aime ni le sang, ni les odeurs d’haschich

Ce tercet sèche à l’air dedans les colibris
Tapent comme un écho, burins de ma folie
Parmi les anges bleus et les démons de pierres

Cravate de gavial, boutons d’orvets tout neufs
Le temps des assassins a sauté sur un bœuf
Le sonné du sonnet explosa en morceaux


 
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   Anonyme   
22/6/2009
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai rien capté...
"plaies" et "fissuré" ne riment pas, ne dit-on pas "de haschich" et non "d'haschich"... par contre "pierres" et "morceaux" riment parfaitement... sinon, problème de rimes masculines et féminines, mais je ne vais pas faire la liste complète.

Bon courage pour la suite.

Salutations.


[modéré : remarque concernant le choix de publication]

   xuanvincent   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
"Sonnet du sonné" : comme l'annonce le titre, les images peuvent sans doute un peu déconcerter le lecteur. Surtout s'il n'a pas lu les précédents poèmes de l'auteur ou des poèmes d'autres auteurs de ce genre.

Pour ma part, les images de poème, malgré ou du fait de leur étrangeté, m'ont plu dans l'ensemble (je n'ai pas cherché à tout comprendre mais plutôt à saisir l'idée générale du poème).

Du plus, la forme choisie - celle du sonnet - est classique et peut faciliter la lecture du texte.

La fin, humoristique (avec en outre cette curieuse inversion de "sonnet" et "sonné"), m'a fait plu.

[modéré : remarque sur autre commentaire]

   Marquisard   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai bien aimé le jeu d'images et de sons en cascade le long du texte, trouvé très réussis. tout comme ces annimaux quasi chimériques qui jonchent les tercets après la déconfiture du "dactylographe" .
trouvé très beau le premier, sans comprendre "démons de pierre", et peut-être pas "anges bleus".
Tout comme j'ai apprécié le premier vers du dernier sans comprendre la chute.
en tout cas une lecture particulière très agréable

edit après lecture du commentaire d'Estelle2L :
le temps des assassins se jetant sur les oeufs de nos chers ovipares : qui vole un oeuf vole un boeuf, pas bete, je n'y avais pas pensé, ceci expliquerai bien cela, et donne là aussi une image magnifiquement décalée

   cris   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
bjr
Dans le ton du"sonnet du sonne" je commence par la fin. "le temps des assassins a sauté sur un boeuf "muscical?
Dans l'ordre: "les vers à ta montre fétiche" me fait penser au premier travail de Dali et ses montres molles "persistance de la memoire". Un travail qui m'interresse dans le coté paranoia definit par Dali. Si je suis complètement à cote j'ai passé un agréable moment en lisant ce texte.

   Anonyme   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Moi j'aurai bien vu "ni l'odeur de haschich", plus mélodieux me semble-t-il. Sinon j'aime bien. Décalé, un propos...
Après, qu'une poésie soit "compréhensible", n'est pas gage de qualité, la réciproque aussi... Continue d'écrire pour ceux qui "veulent", qui "essaient" de comprendre. Quant à ceux qui pensent que la poésie n'est qu'une question de pieds, de rimes... C'est ben triste pour eux. Une "bonne" rime n'a jamais fait un "bon" poème... Car la poésie, ce n'est pas cela.
Comme si la réussite d'une poésie se mesurait à la soi-disante "perfection" de sa forme Comme si la poésie n'était qu'un écrin (cage) doré(e)... De l'égo; de l'orgueil ridicule Comme si la poésie n'était que "règles mathématiques", "application d'un manuel de rimes", "adoration de dogmes préhistoriques"... Pour moi, ceux qui pensent ainsi (et qui méprisent ceux qui ne pensent pas comme eux bien sûr) nient l'essence même de la poésie, en ignorant son caractère vaporeux et indomptable. Connaitre les règles et les appliquer est digne de respect. Connaitre les règles et ne pas les appliquer, aussi.
Larivière fait partie des "autres"... J'en suis aussi.

Force et inspiration!

   FredericBruls   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'accord avec Notrac sur ni l'odeur du haschich, plus mélodieux et grammaticalement plus heureux. Pour le reste, j'ai bien aimé. Reprocher à ce sonnet son côté déstructuré est ici un non-sens, puisque le but est d'insister sur la déstructuration. La poésie n'est-elle pas une recherche permanente d'adéquation entre le sens et le son, la structure et le sujet abordé ? Parler d'un sonnet déjanté avec des règles classiques totalement respectées eût été une aberration pour le coup. On pense ici aux expériences oulipiennes d’un Roubaud ou d’un Perec…
Je ne rouvrirai pas, pour ma part, la vieille querelle des anciens et des modernes. D’une part, parce que je n’en ai ni l’envie ni le courage, d’autre part, parce que cette querelle est sotte et sans fondement ; la poésie est pour moi la résultante de deux forces que tout oppose : Apollon et Dionysos !
Et vouloir congédier l’une ou l’autre est se hasarder sur des chemins bien escarpés où ne poussent que les fleurs rudérales de l’académisme ou du je m’enfoutisme. Qu’on se le dise : la poésie n’est jamais là où on l’attend : elle n’est ni dans l’émotion pure (les animaux seraient poètes aussi si l’on prenait ce seul critère), ni dans la raison pure (je n’ai jamais pleuré à la lecture d’un théorème). Elle est dans l’équilibre des contraires, rigueur et fantaisie, passion et raison, calcul et inspiration, voilà ce qui, à mes yeux, fonde l’esprit poétique.

   Anonyme   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Raf, une chouette déstructuration... ça m'aurait bien plus, à moi, de "rater" un truc comme ça !

J'aime beaucoup l'absence de rime pierre/morceau qui donne tout son sens au sonnet sous sa forme de "déconstruis" comme écrit ds le sonnet...

Heu... pour ce qui est d'exploser, ce serait sympa d'attendre d'avoir plus aucune envie d'écrire, car nous (moi au moins) on a encore envie de te lire!

Ce qui m'amène à ceci: ce "sonnet inattendu est sans doute un des plus beaux que j'aie lu... classique ? non pas, et alors, il est juste à ton image, inventif... et ténébreux !

pour le sèche, j'ai failli lire seiche, comme une encre incongrue...

J'ai aimé, bcp

   Anonyme   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Larivière ! Une caricature moderne du sonnet classique où j'aurais bien vu, comme d'autres, l'odeur du haschich... ce qui coule mieux, le reste ne suscitant chez moi aucune émotion particulière.

   Anonyme   
21/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'aime ce que tu écris, et je m'y retrouve ! jusqu'à l'odeur du H qui flotte autours de nos mots

sur la structure, tu annonces de suite la couleur, ce sera déstructuré, et tans pis pour ceux que ça dérange...moi, j'aime !

   Anonyme   
22/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
J'ai un peu de mal grammaticalement parlant. J'aime l'inspiration cabalistique mais je pense qu'il manque un peu de travail et, partant, de fluidité.

   nico84   
22/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je ne comprends pas trop le poéme malgré l'analyse d'Estelle. Je suis trop peu sensible à ce sonnet.

Ca sent le travail, un travail gigantesque. Mais je ne ressens pas grand chose, je ne suis pas transporté dans tes mots.

La fin me plait tout de même, un bon tacle au sonnet. Défragmentation comme le dit Estelle.

Bone continuation Lariviére.

   FIACRE   
29/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des associations sonnantes et sonates également : " Horloger de tes vents, hiatus capitonné " qui me parlent sans que je cherche à tout prix à leur faire rendre gorge d'un sens qu'elles refuseraient de me donner.
J'aime bien.

   Anonyme   
29/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'approuve ce sonnet déjanté, inattendu, amusant. Un sympathique ovni est passé dans le ciel onirien...

   BAMBE   
29/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un style inspiré du Spiralisme! J'aime ces mots qui tournent en bouche, qui donnent du son et bousculent les limites en créant de surréalistes images.

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai déjà dit comme j'aimais ce sonnet...

La structure déstructurée... le sonnet du sonné est la torture mentale qui transpire sur l'esprit du poète... moi ça me correspond aux règles qui régissent l'imagination quand on essaie de mettre une forme sur quelque chose qui sort brut et qui se fout des règles...

J'aime beaucoup le côté déclassicisation de quelque chose de classique... le côté défragmentation des vers... du sonnet...
C'est audacieux... et puis c'est très bien écrit.

Dans la forme du sonnet, j'aime les imperfections (j'aime pas ce mot je trouve que ce sonnet est parfait, mais disons que si je me calque sur les règles classiques, les choses pourraient s'apparenter à des imperfections aux yeux de celui qui lit avec les yeux scellés), qui viennent souligner tout le processus de destruction que le chaos peut engendrer sur l'oeuvre, et à quel point il peut nuire à la santé mentale du poète (ou de quel artisan que ce soit par extrapolation).

Tout, de la forme utilisée aux mots choisis a été fait pour qu'on ressente cette fêlure, cette opposition qui revient souvent chez toi entre "ce qui est Bien" et "ce qui est Mal", ce qui devrait et ce qui est.
Le temps... qui a ses propres valeurs, son propre déroulement...

La folie oui, mais la folie assumée, le sonnet du sonné s'assume comme tel, je me demande même si tout n'est pas dans le titre qui à lui seul explique et motive le sonnet.

Le rythme est cohérent aussi, ça se cogne contre la camisole... ça rebondit dans tous les sens... tout en étant fluide.

J'aime particulièrement:

- Cogne le temps les vers à ta montre fétiche
Horloger de tes vents creuset des mille plaies
=> J'aime ici que tu soulignes le temps venu, celui qui s'impose... pas le temps que l'on choisit...

- Tu construis déconstruis, quatrain du fissuré
Le sonnet du sonné aux murs des hémistiches
=> construis déconstruis / sonnet du sonné ils se parlent et se répondent: la construction du sonnet, la déconstruction du sonné... l'un découlant de l'autre et son contraire...
les hémistiches... moitié, césure... les premières allusions sur la folie sous-jacente.

Hiatus capitonné camisole postiche
Césure sur garrots, de nos poings basanés
Tapent aux carreaux verts de la félicité
Qui n’aime ni le sang, ni les odeurs d’haschich
=> le rappel avec hiatus (hiare) aux règles classiques (les choquants, les agréables), les lacunes et imperfections, et la césure à nouveau...
la félicité chère à l'homme, au poète... le postiche qui parle au haschish (paradis artificiel), les garrots qui parlent au sang...

- Ce tercet sèche à l’air dedans les colibris
Tapent comme un écho, burins de ma folie
Parmi les anges bleus et les démons de pierres
=> ici moi je ressens l'allusion au travail et au moment où il faut se détacher de son oeuvre pour la laisser reposer (sècher)... les colibris ^^ les anges bleus et les démons de pierres opposés entre les bruissements d'ailes... et la folie à nouveau.

- Cravate de gavial, boutons d’orvets tout neufs
Le temps des assassins a sauté sur un bœuf
Le sonné du sonnet explosa en morceaux
=> j'aime les images du premier vers, qui rappellent avec le gavial aux choses en voie d'extinctin, et avec les boutons d'orvets tous neufs me renvoie aux oeufs je sais pas ça me parle...
Le temps des assassins, en réponse au premier vers du poème en réponse au premier vers du tercet, le boeuf (qui explose la grenouille qui voulait se faire plus grosse que lui...) et la correspondance à l'oeuf (qui vole l'un vole l'autre)...
Et le dernier vers, qui exprime finalement la défragmentation du fragment... le sonnet du sonné... l'explosion finale...

Voilà.
Une technique et un boulot impressionnants pour parvenir à un tel sens dans ce qui ressemble à des détails insignifiants, un sens profond dans l'utilisation, le placement de chaque mot ici autant que dans certains de tes fragments les plus aboutis... une façon très cohérente d'exprimer la lutte entre le poète et le poème... entre le fond et la forme, entre les règles et l'émotion, entre la nature de l'artisan et la rigueur de l'art qui n'a en fait pas de règles mais quand même... enfin je crois.
Une folie qu'on contient mais sans y parvenir vraiment...
La forme qui convient parfaitement au fond, et une façon d'illustrer tout ça toujours riche en images fortes, en flamboyances et en violence...

Merci, je répète que j'aime vraiment beaucoup ce sonnet... vraiment.
Estelle

   silvieta   
14/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Quand un texte d'auteur m'interpelle j'en lis un autre, du même auteur, pour voir si le voyage sera différent.

Cette fois j'aime beaucoup ce sonnet sonné au rythme efficace, dont les rimes sonnent et résonnent et qui cogne et qui nous claque des images surréalistes d'une grande audace pour se parer d'un élégant costume composé de
" Cravate de gavial, boutons d'orvets tout neufs ", fantaisie qui nous entraîne dans un monde incongru captivant.

Petits bémols sur les odeurs " d' " haschisch ( ce n'est pas un " h " aspiré ? ) et sur le tout dernier vers qui, est ce sous l'effet du changement de temps grammatical , sonne à mes oreilles comme hâtif, mais sinon ce voyage fut magique.

   jfmoods   
24/3/2017
La construction de ce sonnet obéit à un impératif précis : épouser une forme fixe, normée, pour la dynamiter (virgules manquantes, points absents, non-respect du h aspiré, chute non rimée) et, ainsi, signaler les limites de cet exercice poétique.

De fait, le poème, construit sur une mise en abyme du travail d'écriture ("sonnet" x 2, "les vers", "quatrains", "Hiatus", "Césure", "tercet", antithèse : "construis déconstruis", métaphore : "murs des hémistiches") est fortement marqué par la thématique de la violence (participes passés : "fissuré", "sonné", anaphore : "Tapent" x 2, métaphore : "burins de ma folie", métaphore assortie d'une hyperbole : "creuset des mille plaies", noms communs : "camisole", "garrots", "poings", "assassins", "Cravate", verbes : "Cogne", "a sauté", "explosa en morceaux"). Le sonnettiste a une conception ordonnancée, mécanique de l'écriture poétique (groupe nominal : "ta montre fétiche", métaphore laudative : "Horloger de tes vents"). Il vise, au prix d'efforts considérables, à une certaine perfection formelle (métaphore valorisante : "carreaux verts de la félicité"). Cependant, tout cet attirail est trompeur (adjectif qualificatif : "postiche") car il endort la véritable créativité (participe passé : "capitonné", verbe : "sèche", négation : "n'aime ni le sang, ni les odeurs d'haschich", double sens du mot boeuf, renversement du rapport de force avalisant l'échec de la tentative : "Le sonnet du sonné" / "Le sonné du sonnet").

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
23/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Larivière,

J’exhume, j’exhume et j’exhume encore des poèmes de mes auteurs de prédilection sur ce site vivant qu’est Oniris. Aujourd’hui, c’est pour ta pomme. En plus, je viens de m’apercevoir que je t’ai peu commenté depuis mon arrivée en Onirie. Alors, je pose sur la platine un bon vieux disque de Serge Gainsbourg où Jane Birkin nous fait profiter de sa voix fragile et je lâche les chevaux.

Dès l’exergue, j’ai compris que ma lecture allait tomber dans le psychédélique ; un sonnet de sonné, c’est un peu du Méliès mélangé avec du John Lennon. Et j’aime beaucoup cette vision du sonnet, cette version contemporaine qui sort du champ lexical bien sage des fanatiques de la prosodie classique, des malades du Sorgel, j’en passe et des plus orthodoxes. Je souligne – c’est pour la modération, ça me ferait bien mal de voir ce commentaire effacé alors que je me suis arraché pour l’écrire – que c’est une image, une allégorie, une tournure d’auteur qui continue la littérature même quand il commente ses pairs. Ici, Méliès a demandé à John Lennon de lui présenter Lewis Carroll et il a eu droit à Jerome Bosch. Il y a pire, il aurait pu rencontrer Richard Dadd entre deux séjours à l’hospice des fous. Le deuxième quatrain va dans ce sens et le premier tercet renforce cette impression. Le dernier tercet montre Richard Dadd tuer les fées, comme dans son plus célèbre tableau. C’est ça la magie de la forme libre déguisée en sonnet.

Bravo !

Donaldo


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