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Poésie contemporaine
Laurent-Paul : L'ancienne tempête
 Publié le 02/11/26  -  5 commentaires  -  886 caractères  -  116 lectures    Autres textes du même auteur


L'ancienne tempête



J’ai contemplé le ciel et je n’ai pas pleuré ;
J’aurais voulu pourtant que la pluie et mes larmes
Désaltèrent mes yeux desséchés d’effleurer
Ton regard débordant de magie et de charmes.

Tu ne me voyais pas, j’étais moins qu’un reflet,
Qu’un écho, juste une ombre accrochée à ta robe.
Tu regardais le ciel où rien n’est jamais laid,
Où tout est toujours grand ; je n’étais qu’un microbe.

Mon sourire édenté faisait peur aux passants ;
Je taisais tous les vers qui grouillaient dans ma tête
Et qu’aujourd’hui j’écris, alors que les versants
Du ciel pleurent encore une ancienne tempête.

Les jours de pluie et de brouillard sont revenus ;
Un ciel stagnant s’oublie et laisse aller la poisse.
Je ne te verrai plus ; je reste les poings nus
À menacer en vain je ne sais quelle angoisse.


 
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   jf2   
23/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J’ai eu du mal avec ce poème mais le cinéphile s’est réveillé et j’ai établi un parallèle.

Ce qui est décrit ressemble fortement à une transposition de l’univers de Jean Pierre Melville, en particulier du personnage de Jansen dans le cercle rouge.

Jansen ancien policier alcoolique s’est retiré du monde.

L’alcoolisme (l’ancienne tempête) le fait se ressentir comme un microbe (typique de l’atmosphère melvilienne de l’homme seul).

Les vers qui grouillent prennent alors tous leurs sens, ce sont les habitants du placard (araignées, iguanes) qui hantent Jansen à cause de ses crises de délirium tremens.

Dans le film, Jansen affronte ses peurs en redevenant un tireur d’élite, ici le poète va enfin dire ses vers.

À la fin du film Jansen, pas guéri en fait, va rouvrir le placard avec l’alcool, ici le poète voit le brouillard revenir.

Il faut cependant reconnaitre qu’il faut beaucoup d’imagination pour établir ce parallèle est que le poème est quand même un peu obscur.

La forme est irréprochable.

   Lebarde   
27/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Le ciel, la pluie, l'automne, la tempête sont autant d'éléments employés par le poète pour décrire classiquement la nostalgie, les états d'âmes et les tristes souvenirs;
Ce poème en alexandrins bien rythmés, si on oublie l'hémistiche du 13ème vers, arrive à créer l'atmosphère recherchée par l'auteur(e) malgré quelques lourdeurs dans l'expression et le ronronnement du propos dans lequel j'attendrais un peu plus de surprises et d'éclats.
Dans une écriture plus appliquée peut-être aurait on pu éviter les répétitions parfois gênantes: ciel (4 fois), pleuré, pleurent, pluie...

Rien de grave en fait mais de quoi chagriner un esprit bougon, un jour maussade ...je suis confus.

En EL

   Provencao   
2/11/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Laurent-Paul,

J'ai bien aimé cette osbcurité, ce reflet et cet écho fondateurs de votre poésie qui irisent la griffe même de l'esprit du signe de " l'ancienne tempête" .

Dans sa part de symbolisation, les mots ne peuvent être qu'effacés, et cette ombre me paraît la plus accordée pour narrer ce remous de l'être.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
3/11/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Laurent-Paul
Je fais serment de t'aimer, pour le pire et le meilleur !
Voila ce que m'inspire ce poème, où à jamais l'amour s'est enfui...au ciel me semble-t-il ?
Et une tempête ancienne revient dans la mémoire du héro !
Que n'avons-nous pas essayé de se rapprocher, après l'orage ( un de plus ) tu ne me voyais plus qu'en transparence ; je n'étais plus rein pour toi, à peine un vague souvenir !
Ce jour, me voici là regardant le ciel, où tu ne m'attends pas.
NB des vers qui font mal, avec en filigrane ce regret de n'avoir pas pu resouder ce pauvre amour, qu'un vent mauvais détruisit.
la seconde strophe me fait penser à " ne me quitte pas ! " de J Brel, et c'est ma préférée.
Techniquement, il ne doits pas être gros le bémol ( ne le trouve pas ) qui empêche la forme " néo-classique " ?

   Passant75   
3/11/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J’ai aimé la manière dont le ciel, la pluie et les larmes deviennent le miroir d'une souffrance intime. Le temps et la météo jouent un rôle essentiel, ils ne sont pas de simples décors, mais accompagnent les états d'âme, du ciel contemplé aux jours de pluie et de brouillard qui reviennent.

J’ai trouvé une résonance hugolienne, celle de Ruy Blas, « ver de terre amoureux d'une étoile », c’est la même disproportion entre celui qui aime et l'objet de son amour. Cela dit, l'image du « sourire édenté » m’a tout de même surpris, elle est presque grotesque, comme si la souffrance avait fini par défigurer jusqu'au sourire.

La dernière strophe m’a aussi touché, l'absence est définitive, mais n'apporte aucun apaisement. Ces « poings nus » qui menacent « je ne sais quelle angoisse » traduisent une révolte devenue cependant sans objet. Le poème est riche en images, la tempête est ancienne, mais ses ravages sont toujours présents.


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