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Poésie classique
Famineur : Vent vagabond
 Publié le 01/11/26  -  10 commentaires  -  713 caractères  -  83 lectures    Autres textes du même auteur

… vêtu de feuilles mortes.


Vent vagabond



Ouvre-moi tes volets, tes fenêtres, tes portes
Et tes vierges rideaux qu’aucun jour n’a percés,
Ouvre-moi ton manoir entouré de fossés :
Je suis le vent qui vient, vêtu de feuilles mortes.

Laisse-moi tendre aux cieux le voile que tu portes
Et t’être le plus fou de tous les fiancés,
Laisse-moi désunir tes cheveux enlacés
Et donner à ta voix des voyelles plus fortes.

Je soulève une tuile et frôle un violon
Afin que l’on m’entende entrer dans le salon
Où tu demeures seule et comme ensevelie.

Et moi, souffle amoureux, j’émeus ton odorat,
Effeuille doucement ta nuque d’ancolie
Et fais vibrer sans fin tes lèvres d’apparat.


 
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   Polza   
20/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J’ai beaucoup apprécié ce poème avec quelques petites réserves tout de même.

La première concerne la technique, je veux dire, elle est (quasi) parfaite, mais dans « Et t’être le plus fou de tous les fiancés, », j’ai eu l’impression que ce n’était pas le mouvement le plus naturel du vers, que vous avez ajouté un « t » apostrophe à « t’être » pour éviter l’hiatus que ça aurait donné avec « la conjonction de coordination « Et », ce n’est qu’un ressenti…

Sur le fond, j’ai vraiment beaucoup aimé la possible double lecture de ce sonnet, une plutôt séductrice, mais assez sage si l’on considère que c’est le vent vagabond qui parle, et l’autre plutôt séductrice également, mais beaucoup plus érotique si l’on prend toutes les phrases sous forme de métaphores amoureuses, voire passionnelles…

« Et donner à ta voix des voyelles plus fortes. »

Exemple avec ce passage qui peut suggérer des cris de jouissance féminine…

ou « Je soulève une tuile et frôle un violon »

le violon pouvant être associé au corps d’une femme…

« Et moi, souffle amoureux, j’émeus ton odorat,

Effeuille doucement ta nuque d’ancolie

Et fais vibrer sans fin tes lèvres d’apparat. »

Il y avait déjà quelques « Et » dans ce sonnet, surtout un introduction de vers « Et tes vierges/Et t’être/Et donner/et frôle/et comme/Et moi/Et fais », peut-être cela pourrait-il être moins visible en essayant d’en remplacer quelques-uns, pas tous évidemment, certains sont quasi indispensables et apportent un plus au poème…

Dans ce tercet, ça fait les 3 vers qui commencent par « é », « Et moi/Effeuille/Et fais », j’ai du mal à savoir si c’est voulu ou si cela peut légèrement nuire au poème. Il y a également les 2 quatrains et 4 rimes en « é »…

Ce ne sont que quelques détails que je signale en même temps que j’écris, comme si je les pensais à voix haute, mais à part ça, j’ai beaucoup aimé votre poème…

   Passant75   
21/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Usant quelquefois d’un ton un peu précieux, ainsi le vent tutoie, mais tutoie en musique. Ce vent qui s'invite dans l'intimité d'une femme m'a rappelé le vent fripon de Brassens, avec toutefois moins de malice et davantage de lyrisme. Ici, le souffle se fait séducteur, mais son désir de libérer la femme semble se confondre avec celui de la conquérir.

Il y a des belles trouvailles, notamment « vêtu de feuilles mortes », qui apporte une touche de mélancolie à cette sensualité. Je suis en revanche plus réservé sur d’autres formulations comme « j'émeus ton odorat » ; jouant avec les mots et les sons de « j’émeus » à « j’aime », l'intention est intéressante, mais l'expression me semble un peu artificielle. Sans parler de « Et t’être le plus fou ... » qui a réussi à agacer mon oreille !

À la fin, je me pose toujours la question, ce vent se veut-il vraiment libérateur, ou n'est-il que séducteur ? Il prétend ouvrir les portes d'un univers clos, mais la femme demeure silencieuse, objet d'un désir dont elle ne semble jamais être l'initiatrice. Hormis mes réserves, le poème est agréable à lire, mais j'aurais aimé que la sensualité soit plus spontanée et la liberté moins équivoque.

   Myndie   
21/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Mon commentaire pourrait se résumer ainsi : j' ai vécu un moment de poésie pure. Il n'y a rien à analyser, rien à expliquer, c'est juste parfait. Tant au niveau des sonorités, de la limpidité musicale des vers, que des trouvailles d'écriture :
« Je suis le vent qui vient, vêtu de feuilles mortes. »
Rien ne manque à ce vagabondage zéphyrien qui conjugue avec une facilité trompeuse la technique de la versification classique, le sens du beau, une vibrante sensibilité et une douce sensualité
Ces vers ont le raffinement et le souffle des grands poèmes romantiques.
Magnifique et envoûtant.
C'est de la grande poésie.

   jf2   
1/11/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
L’idée du vent quelque peu fripon est intéressante.

La forme est bonne avec des alexandrins musicaux, on notera de belles allitérations en v pour le vent dans la première strophe.

La deuxième strophe propose une belle personnification du vent.

Cependant, j’ai noté des expressions qui semblent avoir été forcées par la rime :

Et tes vierges rideaux qu’aucun jour n’a percés : un peu long et conventionnel

entouré de fossé : pas de rapport avec le vent et on commence à accumuler les images de défense

Et t’être le plus fou de tous les fiancés : vers abstrait

et comme ensevelie : comparaison étrange

nuque d’ancolie : je n’imagine pas une nuque ressemblant à de l’ancolie

lèvres d'apparat : plutôt vague, maquillées ?

j’émeus ton odorat : j’espère que le vent n’a pas une odeur de vase après avoir traversé le fossé

Et quelques expressions quelque peu étranges :

vêtu de feuilles mortes : pas facile à imaginer

et frôle un violon : le vent qui signale son arrivée, ça a un petit aspect burlesque

En résumé, de beaux passages et des capacités d’écriture, dommage que l’auteur ait couru après la rime à cause de la publication en classique.

Une proposition en contemporain aurait été préférable pour lui permettre de s’exprimer plus librement.

   BlaseSaintLuc   
23/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Encore un commentaire entièrement perdu.

Donc 2e envoi.
L'idée de lire ce texte un jour de tempête est la meilleure que j'aie eue aujourd'hui !

Éole est convié pour nous guider dans cette métaphore amoureuse, et je le visualise plutôt nettement au regard de la météo.

Un (ou une) virtuose du classique nous entraîne dans ce courant d'air poétique.
Et ici, c'est vraiment très réussi de bout en bout : le texte tient sa double lecture, au pied de la lettre comme en métaphore amoureuse.

"Laisse-moi désunir tes cheveux enlacés
Et donner à ta voix des voyelles plus fortes."

À la fois romantique et grivois.
Ainsi que la clausule

Et moi, souffle amoureux, j’émeus ton odorat,
Effeuille doucement ta nuque d’ancolie
Et fais vibrer sans fin tes lèvres d’apparat

Bravo,un des meilleurs classique du moment!

   Cristale   
25/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Succès assuré avec ce poème si bellement composé.
Fond, forme, tout est là pour confirmer le talent d'une plume aguerrie.
Je n'ai rien à dire qui puisse aider l'auteur qui ne semble pas avoir besoin de mes conseils au vu de son écriture très aboutie, et réellement charmante.

Cristale
en E.L.

   Lebarde   
26/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ah, ce « Vent vagabond », volontiers fou, délicatement envahissant, insistant et amoureux obligeant à forcer le ton, mais votre formule est tellement plus poétique : » Et donner à ta voix des voyelles plus fortes » (jolie trouvaille)
Beaucoup de belles formules dans ce magnifique sonnet classique qui a déjà su avant moi recueillir en EL de nombreux commentaires, j’imagine très positifs.
J’y ajoute le mien très enthousiaste car il est superbe ce sonnet, il m’enchante.
Bravo.

En EL

Lebarde

   Donaldo75   
28/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Elégant, musical, voici ce qui m’a plu dans ce sonnet. L’idée du vent pour personnifier le désir amoureux est bien vue. Les images s'enchaînent avec naturel et contribuent à créer une atmosphère raffinée, presque intemporelle. Cet univers s'inscrit dans une tradition poétique dont l'auteur maîtrise visiblement les codes, où les thèmes et les symboles du romantisme prennent parfois le pas sur une expression plus personnelle. Mon impression de lecture est donc agréable, portée par un réel savoir-faire d'écriture et un goût certain pour la belle langue classique. C’est la force d’Oniris, ces écrits de qualité.

   Provencao   
1/11/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Famineur,

"Je soulève une tuile et frôle un violon
Afin que l’on m’entende entrer dans le salon
Où tu demeures seule et comme ensevelie."

Un tercet souverain où je me suis sentie emportée par cette succulente inspiration, offerte à une sorte d'extase d'où je me suis enrichie de ces reflets profonds qui effleurent sans trop l'énoncer l'âme intime des choses.
Un merveilleux instant, dans une félicité qui excelle toute pensée, il s'est distingué avec l 'éternel.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   vallet   
1/11/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour

Un beau sonnet classique sur le vent. Il n'est juste que le vers 6 avec son Et t'être qui m'interroge et peu
esthétique dans la lecture. Il semblerait que ce t' ne soit là que pour éviter le hiatus.
Mais un bel ensemble quand même.


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