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Poésie libre
SQUEEN : Après
 Publié le 31/10/26  -  4 commentaires  -  2014 caractères  -  53 lectures    Autres textes du même auteur

Derniers conseils maternels avec beaucoup de conviction et peu d’espoir.


Après




D’abord humus-moi.

Puis sacre-toi le printemps,
celui-ci et tous les autres après lui.
Esquarbille-toi de toutes sortes de moucherons bleus.
Lézarde-toi l’été ; ici et maintenant.
Estampille-toi au ciel et à tous cieux.
Et, quelles que soient leurs couleurs, qu’elles déteignent
dans tes noirceurs. Abysse-toi.
Le noir est le bleu des abîmes.

Acharne-toi.

Et surtout, surtout, ne te désole pas : je prends tout sur moi.

Assourdis-moi pour te grandir.
Exhorte-moi à en finir.
Assoupis-toi dans tes grandes langueurs.
En long, en large et en travers.
Surtout ne t’algorythme pas,
ne te zombifie pas dans tes grandes profondeurs.
Disparais-moi pour qu’enfin je m’efface.

Consacre-toi l’été.
Massacre-moi l’hiver.
Cette année pas d’automne !

N’accepte pas que je te gesticule.
Ni personne.
Ne te détermine pas : crois-toi !
Ne te calcule pas.
Nécessite-moi.
Un peu.

Et puis… tombe,
tombe,
tombe.


Tu verras.

Le grand final sera un tumulus
bleu étrange, rempli de toi.
Les anges, en étoiles domestiquées.
La réalité n’existe pas, juste toi
dés-altérée, désaltérante.
Désaliénée, désaliénante.


Tambours qui se tendent, nos peaux sont immenses.
Vibre le souffle de nos corps à couper aux couteaux, sombre et noie-moi.
Sombre et bois-moi.

Écoute tes bruissements.
Ne fais rien de ce qu’on te dit, fleuris, fleuris, fleuris.
Drape-toi de ton sang, mange tes à-côtés.

Et surtout, sur tout danse. Danse.
Danse.

Aime-toi comme je t’aime. Toujours.

Suspends-toi à tes rêves en trois points identiques…
Et puis, dis-moi.
Dis-moi.

Où s’en vont les souvenirs quand il n’y a plus personne ?


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   jf2   
23/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
L’idée de cette mère qui s’angoisse à l’idée de la séparation avec son enfant est intéressante.

Il y a de belles images :

Le noir est le bleu des abîmes

Les anges, en étoiles domestiquées

La chute est philosophique mais bien trouvée.

L’angoisse de la mère est rendue par le style fiévreux du poème.

Cependant l’accumulation de néologismes, formes grammaticales inventées et impératifs finit par saturer le texte et à en faire perdre la finalité.

J’y ai plutôt vu un exercice de style, il aurait gagné en force évocatrice avec plus de sobriété.

   Passant75   
23/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
On nage au milieu d’un foisonnement qui témoigne d’un réel travail sur la langue, entre néologismes, jeux sonores et images insolites. L’intention, à en croire l’exergue, est celle d’une parole maternelle à la fois aimante et inquiète qui exhorte un enfant à grandir et à s’affranchir de toute emprise.

Cela étant, cette profusion verbale m’a laissé assez perplexe. L’accumulation des impératifs, des métaphores et des associations parfois obscures a fini par brouiller le propos. L’inventivité est indéniable, mais elle me semble ici prendre le pas sur l’émotion qu’elle est censée porter.

Je retiens néanmoins la fragilité qui affleure derrière certaines formules, notamment « Nécessite-moi. Un peu. », ainsi que la question finale, touchante dans son interrogation sur la disparition et la mémoire. C’est un texte audacieux, il fallait en effet oser, mais le choix de toujours détourner les verbes et de multiplier les effets sonores ne m’a pas vraiment convaincu. Peut-être y en a-t-il eu trop, du moins pour moi, mais je suis certain qu’il s’en trouvera d’autres pour apprécier ce choix !

   LeChevalier   
27/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Malheureusement, ce texte m'a déplu que je l'ai vu : il faut en blâmer les vers centrés qui font penser aux forums un peu vieillots où on publie du n'importe quoi. J'ai bien lu, tout en tâchant de me détacher de cette première impression qui relève du préjugé. Mais dès la deuxième ligne « humus-moi » m'a encore bien déplu. J'ai poursuivi, j'ai trouvé d'autres noms employés comme des verbes à l'impératif, idée qui ne m'enchante guère. « Ne t'algorythme pas », avec cet « y » que je trouve prétentieux, est sans doute l'exemple qui m'a le plus déplu : cela m'a fait penser à des prénoms comme « Pyerre » avec leurs acrobaties orthographiques qui m'attristent.

J'ai aimé la mise en page de la triple répétition « tombe » : je la trouve motivée et donc belle.

L'énumération des saisons n'est pas une idée qui déborde d'originalité. Dans l'ensemble, j'ai trouvé que le texte se voulait, justement, original, sans y parvenir. Il m'a semblé mécanique, froid, beaucoup trop cérébral et sans réel message émotif. Aussi ne l'ai-je pas aimé.

   Pattie   
31/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je suis une lectrice admirative de tout ce que j'ai lu de l'auteur. Je trouve dans ses textes une puissance à la fois narrative et évocatrice qui m'enchante, et je ne parle même pas de l'inventivité, sur les mots et la forme, les vers qui tombent : tout. Lire ce poème, c'est comme déguster des comètes : je me délecte à peine de "Humus-moi" que voici venir "Sacre-toi le printemps", et ainsi de suite, jusqu'à cette fin, à la hauteur de ce repas de comètes. C'est beau, c'est passionné, un vrai bonheur ! C'est d'la bonne, c'est d'la libre. Encore !


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