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Poésie en prose
LeaHelert : Âmes laides
 Publié le 23/03/18  -  7 commentaires  -  2551 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Divagations nocturnes et cernes d'insomnie.


Âmes laides



Mais les plus viles de vos ardeurs, beaux, belles, les plus animales de vos tensions, les plus bestiaux comportements qui vous envahissent de leur bassesse primitive, sont ce qui fait tout le charme de la race humaine. Laissez-les grimper et s'agripper à vos cous, se coupler à vos pensées, vous amener à désirer ce à quoi vous n'osiez pas même penser, vous mener à tuer ce que vous avez cru nécessaire. Cet éclat dans vos yeux quand vous satisfaites les plus bas des instincts, un sourire carnassier greffé là sur vos lèvres, et le sang sur vos dents qui goutte sur le sol vous remplissent d'un éclat et entourent d'une aura à nulle autre semblable. Vous êtes beaux, démons, vous êtes beaux, êtres impurs, vous êtes belles, âmes laides, vous êtes vous, animaux. Montrez-moi vos canines, grondez, montrez vos crocs, soyez fiers de ces perles vermeilles oscillantes, et de ces filets rouges souillant votre langue. Laissez-la pendre ici, car c'est là qu'elle doit être et laissez-y goutter ce par quoi vous vivez, écorchez votre peau et votre doux prochain, encore inoffensif, au teint de porcelaine. Déchirez-lui la peau, déchiquetez ses chairs et laissez vos mâchoires arborer les lambeaux qui subsisteront de votre perverse entreprise et témoigneront de votre engagement vicié. Soyez fiers de ce meurtre qui vous définit comme nouvelle étape d'une vie plus nouvelle et plus neuve que ne l'était celle déjà pervertie que vous avez prise en échange. Consolez-vous, frères, séchez vos larmes, sœurs, et laissez poindre au bord de vos yeux des cernes noirs aux reflets rouges, et emplissez vos pupilles d'hémoïne irisée car c'est là la couleur qui leur sied le mieux. Devenez monstrueux, soyez ce qui m'effraie, effrayez-moi quand la nuit tombe, pour m'éclipser les affres noires et me réfugier dans des songes peuplés par vous et vos yeux blancs cernés de noir et de cernes rougis, rougis par des pleurs euphoriques de voir se déchirer enfin mon corps si vil et si informe, de voir mon visage se tordre sous la douleur des âges. Laissez-moi jouir de la terreur que me procure votre présence et laissez-moi enfin vous rejoindre dans la folie où je vous ai guidés. Laissez-moi vous goûter et laissez-le goutter, le jus de votre chair perlant droit sur vos plaies, attiré par ses lois droit à mon gosier sec. Je veux sentir en vous la joie et la terreur, tous les sens animaux se brûler, se débattre et s'attaquer entre eux, je veux sentir votre âme s'entredéchirer avant de s'achever en un bond vers l'avant, et puis de votre étage au pavé froid et plan.


 
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   Queribus   
11/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je dois vous avouer, tout d'abord, que ce texte me laisse perplexe par sa forme; en effet, il contient beaucoup d'images très poétiques et je l'aurais plutôt vu sous forme de poésie "en vers" , ce qui aurait rendu, à mon humble avis, son contenu plus abordable et aurait aérer le texte mais vous avez choisi le poème en prose, ce qui est parfaitement votre droit.

Le fonds quant à lui m’apparait assez ardu à suivre et demande plusieurs lectures pour en saisir tout le sens; j'aurais préféré quelque chose de plus direct , plus accessible au plus grand nombre. Toutefois, j'y trouve une écriture raffinée et une très grande maitrise de la langue française, toute à votre honneur.

En fin de compte, je suis assez embarrassé pour vous noter mais la qualité de l'écriture de votre écrit aura le dernier mot.

Bien à vous.

   Robot   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai lu un texte très visuel et d'une forte expressivité. Un récit plutôt désespéré et noir. L'horreur de ces âmes laides semblent se répercuter sur la réalité des corps. Est-ce la noirceur perçue dans le tréfonds de l'esprit dépressif ou du cauchemar. Etant donné la fin qui semble suggérer la pensée d'un suicide. "et puis de votre étage au pavé froid et plan." on peut supposer que ces visions nocturnes sont le résultat d'un mal être.

Sur la forme, quelques alinéas pour aérer le texte auraient été bienvenus. La présentation donne un abord massif un peu rebutant.

   papipoete   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour LeaHelert
le héros semble en discussion avec le Diable, loup-garou dont les crocs ne restent teinte émail que lorsqu'il dort !
Ne jamais songer à la douceur, ne rêver que d'horreur et délicieux tourments !
NB ça dégouline plus qu'à l'abattoir, où la couleur rouge s'étale dans ces vers monstrueux qui s'adressent à qui ? Le héros doit-il se flageller après avoir péché, et se rêver aux enfers ?
à la 4e ligne " et entourent d'une aura à nulle autre semblable " .... entourent quoi, qui ?
Touts est bien écrit, fort illustré, mais souffrez cher poète, que je ne vous lise pas ce soir à mon coucher !

   Annick   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Le rouge et le noir" revisité. L'esthétique prime avant tout, que ce soit pour la forme ou le contenu. Cette laideur là est beauté.
Vampirique à souhait. Pas gore. Pas de dégout, ni de vulgarité. Le crime est noble et jubilatoire, et le sang photogénique.
Bravo pour la performance. Un texte bien construit.

Par contre, je n'aimerais pas rencontrer le narrateur, la nuit. L'auteur, encore moins... :-))

   Anonyme   
24/3/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
J'ai persisté à vous lire plusieurs fois, avec perplexité d'un bout à l'autre. C'est là, un amas de mots, très prodigue en images les plus percutantes, fracassantes, les unes que les autres, l'escalade de l'abomination.

Ce texte dans tout son contenu me déplaît au plus haut point par ses formulations qui mettent en avant "la monstruosité", "la perversité" de l'être humain et surtout le comble de ce discours, c'est l'encouragement sans aucune retenue, sans vergogne, formulé très explicitement.

Proposer ainsi l'apogée de la cruauté, c'est un summum, qui m'est insupportable, au regard de l'Histoire. "Les comportements les plus bestiaux" savent mettre tout en œuvre lors de "leur bassesse primitive", pour les assouvir sans limite. Et puis l'on sait que de part ce monde, des êtres humains sont les victimes de ces "Âmes laides" qui ne font pas dans le détail et qui sans aucune hésitation se "vautrent" dans cette "folie".

Vos divagations et votre insomnie m'ont abasourdi complètement par ces termes employés.

Ce "VOUS", m'interpelle ...

Je veux en aucun cas cautionner ce genre d'écrit.

   PIZZICATO   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
" divagations nocturnes " ? Pour ma part je dirais réflexions démoniaques et perverses.

Sont-ce de telles images qui hantent les nuits du narrateur ?
" Déchirez-lui la peau, déchiquetez ses chairs et laissez vos mâchoires arborer les lambeaux qui subsisteront de votre perverse entreprise et témoigneront de votre engagement vicié. "...

Certes ce type de poésie peut plaire - il en faut pour tous les goûts - Personnellement, je n'aime pas lire l'apologie de la laideur à son extrême.

Désolé pour cette fois.

   Dolybela   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai lu votre texte à plusieurs reprises, et je suis partagée.
D'un côté je comprends le besoin de se défouler, d'être loup, de s' abandonner dans la lutte contre nos pulsions. Les images, le rythme, sont tout à propos et la pensée est vraiment bien illustrée. La haine, la colère sont assumées, la barbarie humaine aussi. C'est un texte satanique qui se joue de la morale et des bonnes moeurs. C'est aussi l'appel de nos démons que nous ne pouvons faire taire véritablement.
Cependant, un peu trop d'hémoglobine pour moi. Il y avait plus subtil dans le choix des images. Même si on voit parfaitement où vous voulez un venir, c'est un peu too much, non ? Vous vous posez en rebel mais un rebel prévisible parce que tout cela finit par se répéter.
Et là se trouve pour moi le véritable problème : je trouve que le style est au service du fond. On peut parfaitement faire de la poésie avec le mal (cf Baudelaire) mais alors il faut du sensible, quelque chose qui touche aux fondations mêmes de la perversion parce que c'est ainsi que nous nous sentons libéré. Les pulsions perverses sont un simple symptôme d'une blessure bien plus profonde qu'aucune action cruelle ne peut assouvir. La poésie seule le peut, et c'est là que vous ratez le coche, de peu, parce que la fin de votre poème y était presque. Au final c'est un peu superficiel et votre poème mérite une chute qui fuse plus profondément en nous.
A vous relire


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