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Poésie classique
Lebarde : La luxure
 Publié le 07/11/23  -  8 commentaires  -  865 caractères  -  237 lectures    Autres textes du même auteur

Un péché capital qui aurait pu conduire à des propos scabreux mais n’inspire qu’un pudique sonnet estrambot s’attardant sur une poignée de chefs-d’œuvre du musée.


La luxure



Ces tableaux sulfureux pendus à la cimaise
Où des phallus brandis par des monstres cornus
Poursuivent sans pudeur des êtres moitié nus
Dans des décors d’enfer brûlants comme la braise,

Lilith et son serpent modelés dans la glaise,
Ces corps licencieux offrant leurs seins menus
À des jeux libertins diablement convenus,
L’estampe aux tons pastel, chinoise ou japonaise,

Ont rarement conduit leurs auteurs au gibet.
Gravures de Brueghel ou toiles de Courbet
Attisent les désirs et fièvres masochistes,

Comme la volupté des femmes de Poussin
Stimule les ébats des baiseurs hédonistes
Et donne aux pudibonds un regard de porcin.

De tous temps la luxure inspire les artistes
Pour le plus grand plaisir des jeunes boutonneux
Et du public expert en goûts libidineux.


 
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   papipoete   
20/10/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
classique
Luxure synonyme de péché capital, mortel même si son adepte vient à franchir le seuil du purgatoire !
Nombre de tableaux, de sculptures montrent ce sujet dont le nu, la débauche de sexe est si important pour inspirer, peintres et baiseurs de tout crin.
D'ébats de jeunes boutonneux à ceux de public libidineux, le sexe est occupation primordiale.
NB à l'heure où le sang coule de victimes innocentes, d'actes de cruauté envers femmes et enfants, rien que violence !
Que voir des scènes d'amours même débridées, des corps suant de coïts répétés ( entre adultes consentants ) des images " ohhh ! " de jeux libertins, me semblent bien légères à sourire, peut-être rosir un peu ; mais dénuées de la moindre violence, regarder même mater le petit écran devant des scènes érotiques, est si véniel que même Dieu là-haut put s'y risquer !
la seconde strophe où Lilith ( que je ne connais pas ) offre ses courbes à la glaise, est mon passage préféré.
Certes, on ne mena point Breughel, ni Courbet au gibet mais on cacha le sexe des statues dans les couloirs du Vatican...
sonnet estrambot aux alexandrins parfaitement classiques !
papipoète

   Miguel   
23/10/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une petite merveille de métrique, de poésie, et d'humour. Ce mélange donne un résultat époustouflant. Les évocations des tableaux et statues célèbres sont de véritables hypotyposes, on est au musée, on a les oeuvres devant les yeux. Le rythme et les sonorités procèdent admirablement de l'harmonie imitative, le classicisme littéraire donne à voir le classicisme plastique, et dans cet univers mignard le mot "baiseurs" tombe comme un cheveu dans la soupe, mais, comment dire, un cheveu qui serait bienvenu, qui viendrait donner du sel. Le joyeux voisinage, dans la chute, des mots "experts" "et "libidineux" nous ramène de la prétention intellectuelle à la bestialité qui nous habite tous.

   Cristale   
25/10/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Sonnet estrambot excellent.
La continuité du discours jusqu'à l'enjambement au premier tercet est un fameux tour de passe-passe et avec moi, ça passe !
Le regard nous transporte au-delà des oeuvres sulfureuses où la voix poétique met avec ses mots sa touche de couleur émotionnelle.
L'ensemble est plaisant, le sujet bien vu, et bien lu ainsi qu'apprécié de la lectrice que je suis.

   Geigei   
7/11/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Il y a comme une facilité, je trouve, à trouver l'inspiration chez les artistes confirmés. Ce n'est pas rare sur ce forum. Chaque fois, l'image me vient du poète piquant dans l'assiette d'un autre. C'est très personnel.
Ma deuxième réserve porte sur les enjambements, qui plus est, strophiques. Notre cher Joachim en abusait, mais c'est le même du Bellay qui remplaçait un "e" muet gênant par une apostrophe : "Ell' fit devant ses jours mourir cruellement." À qui se fier ?

Parce que je passais 20 ou 30 fois par jour devant une image du "verrou" de Fragonard, pendant la croissance de mes membres, je ne peux être insensible à ce très joli poème.
Il est fluide et c'est bien ce que la luxure appelle, les fluides.

Merci pour cet hommage à la beauté de la... "chose".

   ferrandeix   
7/11/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Le poème répond bien au sujet proposé par le titre. Et la finale conclut d'une manière humoristique, ce qui très bien vu pour un tel sujet. Cette finale peut être comprise comme une critique de l'étalage de luxure dans l'art, en l'occurrence critique très habile car, en ce domaine, tout contestataire des débordements sexuels se trouve immédiatement catalogué comme pudibond ou, pire, comme extrémiste politique.

Concernant le développement, je regrette son morcellement en quatrain ou tercets qui me paraissent artificiels, notamment le passage au vers:

Ont rarement conduit leurs auteurs au gibet.

à moins que ce soit une cassure volontaire.

Quant à la structure en pseudo-sonnet, Qui dira jamais quel mal cette forme absurde a commis en littérature, une forme qui tue l'effet rimique autant qu'elle est exigeante sur ce chapitre.

Conséquemment de cette forme en pseudo-sonnet, pas d'effet rimique sensible, hors, il est intéressant de le souligner, les deux derniers vers avec "boutonneux" et "libidineux" qui appuient l'effet de la finale sur le plan sémantique.

Dernier point: je ne vois pas trop ce que vient faire Poussin dans cette galerie.

   Nomad   
24/11/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Vous dire simplement que votre poème m’a beaucoup touché.je ne me risquerai pas à le commenter car je ne connais que très peu de choses à la poésie.

   Nomad   
30/11/2023
De tout temps on a pensé avec…..mais pas que !…….heureusement
Quelle belle musique des mots
La première strophe est ma préferé
Super

   Eki   
1/12/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Quelle galerie au musée des beaux mots !
Certains peintres ont fait scandale, bousculant la morale des bourgeois.
Bernanos parlait de "la grande peur des bien-pensants.
Dans le fond, ces peintres ont percé, mis à jour les vices et les travers de toute société...

De la volupté, votre texte est empreint de finesse, la plume dévoile les tons de sa belle palette.


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