|
|
|
| Curwwod
21/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Subtil et amusant ce retournement qui prend conscience que le rapprochement amoureux si délicieux entre deux êtres est une aventure dont on ne mesure pas par avance ce qu'elle recèle de nombreux dangers : la déception, la tromperie, la maladie, la mort.
Il exprime avec bonheur que tout attachement est potentiellement source de souffrance. Pourtant que vaudrait la vie sans ce frisson que vous évoquez. "Quand surpris, sur mon corps glisse un léger frisson Ce regard insistant et doux que tu m’adresses Est un signe innocent que je crois anodin;" l'écriture me paraît irréprochable et relève du classique. |
| Passant75
26/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
|
Quel est le mystère qui entoure le début de la séduction ? Le regard est d’abord innocent, voire anodin, puis apparaissent les épines qui accompagnent les roses. Je trouve que c’est là que le titre « Méfiance quand même » prend tout son sens, le narrateur voit les épines, mais les roses l’attirent suffisamment pour qu’il ait envie de continuer. Ce mélange de prudence et d’envie donne tout son sel à ce poème.
Le paradoxe m’a particulièrement intéressé, il ne comprend pas ce qui l’attire, mais il demande justement à la personne qui le trouble de le lui apprendre. À partir de là, la méfiance semble presque s’effacer devant la curiosité, il sait qu’il y a des épines, il les voit même, mais il tend quand même la main vers les roses. Finalement, ce que j’ai trouvé le plus marquant, ce n’est peut-être pas que le narrateur se méfie, mais qu’il semble avoir envie de prendre le risque de se faire piquer. |
| Cristale
6/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour Lebarde,
Muzain, oui (assez rare sur le site) et excellemment composé. Naïf, oui. La méfiance est-elle de mise ? Je dirais oui et "qui s'y frotte s'y pique", mais aussi "qui ne risque rien, n'a rien". Une affaire d'attirance vieille comme le monde qui se nomme "amour". Prémices des premiers émois, ici, les frissons font frissonner les vers et friser le regard perplexe du non-initié, tenté mais inquiet du sort qui l'attend. La versification est de bon aloi et je souligne les expressions : "Je ne comprends pas tout" "Je ne soupçonne pas" "Si tu ne m'apprends pas" Qui, judicieusement, un vers sur deux dans la deuxième strophe, expriment bien le doute et la naïveté. Bravo et merci à l'auteur. |
| Provencao
6/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour Lebarde,
J'ai Beaucoup aimé cette affirmation de ce regard insistant avec accord avec frisson. Ici, votre poésie se fait ode à la promesse et déploie toutes ses réflexions. Votre poésie devient chant : faire naître un frisson.... Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| LeChevalier
6/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Voici ce qui est un poème court mais quand même structuré : deux strophes seulement mais chacune joue son rôle. Il y a plusieurs retournements de situation, adroitement signalés par « pourtant », « quand » ou les nombreux verbes à la forme négative qui dessinent les bords d'un espace au sein duquel on aimerait bien batifoler et ceuillir des roses.
Je suis sensible aux rimes riches et alliant autant que la langue le permet des mots de classes grammaticales différentes : nom avec verbe. On ne sent pas de difficulté éprouvée par l'auteur pendant le processus d'écriture. Théoriquement, j'aurais évité trois vers dont les hémistiches font assonance (je parle du quatrain avec « insistant - innocent - naïvement ») mais ici cela semble être voulu, donc j'approuve. D'autant plus qu'on pourrait voir dans cette triple assonance une imitation sonore de l'insistance du regard. Dans mon bouquet, je mets aussi deux épines. La première concerne les deux adjectifs dans le deuxième vers : je trouve qu'on serait mieux sans le premier. La deuxième épine, c'est le mot « leçon » à la fin. Il me semble qu'avec les femmes (et les humains en général), les leçons sont différentes selon l'individu, donc impossibles à apprendre. Mais ce n'est que mon opinion. Au final, ce poème me rappelle les petits pots de confiture de pétales de rose que j'ai mangée je ne sais plus où. Bravo ! |
| Polza
6/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
|
L’exergue annonce la couleur, il n’y a rien de mal à vouloir écrire un poème (muzain) naïf après tout…
Si j’ai bien aimé votre poème dans l’ensemble, une petite chose m’a gêné pour pleinement l’apprécier, c’est l’abondance de consonnes occlusives vélaires (merci mon dictionnaire de poétique), encore plus présentes dans le quintil… « que tu m’adresses/que je crois/Qui me gonflent/le coeur » « Je ne comprends/découvrant/Quand surpris/mon corps/qu’aussi/bouquet/que de roses/jusqu’au bout » Néanmoins, « Dans ton bouquet autant d’épines que de roses » est poétique et justifie le titre et j’ai bien aimé même si cela ne relève pas de la trouvaille inédite. Cela m’a fait penser au groupe de Hard-Rock (Glam Métal) « Poison » qui chantait « Every rose has its thorn » et que j’écoutais adolescent (j’écoutais pas mal de Hard et de Heavy Métal, de Hardcore, Trash Métal etc.) Plus poétiquement parlant, on peut penser à ces vers de Victor Hugo issus du poème « Après l’hiver » : « Je suis un vieux songeur et j’ai besoin de vous, Venez, je veux aimer, être juste, être doux, Croire, remercier confusément les choses, Vivre sans reprocher les épines aux roses, Être enfin un bonhomme acceptant le bon Dieu » « Pourtant naïvement, j’y perçois des promesses Qui me gonflent le cœur et me rendent badin. » Je n’ai pas vraiment été séduit par « Qui me gonflent le coeur », j’entends bien que c’est un muzain naïf, mais je pense que vous auriez pu trouver une image plus poétique, plus inventive… C’est assez court (mais c’est ainsi que se compose un muzain), mais c’est sympathique je trouve. Je n’arrive malheureusement pas à aller au-delà de ce terme, sympathique… |
| jf2
6/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
|
Je vais être beaucoup moins dithyrambique.
Certes la forme classique est parfaitement respectée, la versification est excellente et les rimes sont agréables. En revanche, c’est somme toute une gentille histoire sentimentale, cela introduit une distorsion avec la rigueur de l’alexandrin. J’attends d’un poème qu’il me fasse partager une émotion, qu’il me transporte, qu’il me choque même. Ici je vois plutôt une scénette amoureuse sans grande profondeur. Avec de plus quelques métaphores plutôt convenues : les roses et les épines par exemple. Comme l’a dit un autre commentateur je vois « un petit pot de confiture de pétales de rose » mais je le trouve un peu sirupeux ce pot de confiture. |
| tome15545
6/10/2026
|
Je suis surpris par l'écho que cette pièce apporte aux soulèvements lycéens actuels, à la violence policière, à la teneur politique de ce poème en apparence "anodin". Derrière l'apparente aisance de quelque muzain chanté lors des premières amours, les vers correspondent tout à fait à la tension de la confrontation d'un jeune manifestant et d'un CRS décérébré. Ce face-à-face foudroyant a tout des allures d'un duel où la séduction s'analyse comme un rapport de forces, tant au sens marxien qu'au sens militaire primitif.
Le je et le tu, dès le premier vers, échangent un regard qui les isole du chaos de la rue. Ce "regard insistant et doux" passe sous la surveillance, le casque et la visière ; ç'a l'air "innocent", et le narrateur semble en effet bien "naï[f]". Pourtant, il y a menace : le "frisson" glissant et le cœur qui se "gonfl[e]" ne disent pas autre chose que l'angoisse qui monte avant la nasse, les LBD, l'odeur poivrée des lacrymos qui font chialer comme un poème de Verlaine, les coups, le sang, les bavures comme on dit. Ce n'était pas évident en première lecture, mais le "bouquet" de "roses" (symbole de l'idéal, du sang des martyrs, de la révolution, du parti socialiste — certes traître —) et "d'épines" m'a conduit vers cette piste, avec les rares indices que sèment les vers. Comme on l'entend aujourd'hui aux RG : bismillah, c'est les ténèbres. La rose est le leurre de l'Amour républicain, des promesses politiques, de la justice, de l'égalité, du progrès, mais la réalité se heurte aux épines de la répression, l'asservissement, le chantage à la misère, les coups de matraques et les yeux crevés. On dit que l'amour rend aveugle, c'est bien vu. La "leçon" est extrêmement cynique. La morale est celle du lynchage, et la manifestation poétique disperse les lecteurs avant toute explication, sans sommation, sans convaincre : c'est une démonstration de force pure et dure. Ces vers ont la douceur de nous baiser le front. National, violent, et donc très humain, ce poème peut se lire avec ce sens second qui le politise et donc le sacralise, au-delà de son allure de petit poème guilleret. Je pense avoir trouvé la juste interprétation, mais c'est toujours difficile avec ces poèmes-énigmes qui jouent sur l'implicite et la portée universelle, au lieu de tenir des propos circonstanciés ne prêtant pas à des litiges de mitoyenneté. |




